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XGG, Ô84. 804; 363. S7S. ^ 3. CE

Il est certain que la concurrence était rendue impossible et que le monopole tendait au préjudice du consommateur. Mais n'y avait-il pas à cette organisation un avantage, dont nous ne jouissons plus? La Corporation répondait de la qualité de l'ouvrage livré. L'ouvrier connaissait son métier. Où sont-ils aujourd'hui ceu.x qui le connaissent? Et ceux qui sont de vrais « maîtres » ne doivent-ils pas se voir préférer bien souvent les tripoteurs qui servent à meilleur marché ?

11 faut ajouter encore que la Ville surveillait les métiers. Elle avait un préposé ou doyen des machines à lustrer, les viiidei s des ramen ou essejettes, le doyen des peseurs de pains, etc. qu'on a eu tort de confondie avec des doyens de métiers.

Nos métieis — nous l'avons dit — réalisèrent un grand progrès politique au commeiicemenl du XIViî siècle. En 1280 encore, toute léunion de gens de métiers au-delà de sept personnes, le doyen et la majorité des Viuders compris, était punie d'amende. Les gens de métiers, sans être comptés parmi les poorlers, comme les marchands drapiers, jouissent, après résidence d'un an et jour de tous les privilèges des bourgeois, compatibles avec leur métier. Des hommes importants se faisaient inscrue dans les métiers '.

Nos suhjectivisles, qui dépeignent le moyen âge à la façon moderne et qui tiennent à faire passer les ouvriers du XIV^ siècle pour des socialistes, ont parlé récemment des grèves au moyen âge. Nous avons traité la question en 1902 =. Il y eut bien, de temps en temps, des difficultés entre ouvriers: des foulons réclamant contre des tisserands qui ne payaient pas assez bien. Mais aucune des grèves, dont nous connaissons les circonstances, n'est économique : toutes ont des causes soit administratives soit politiques: l'introduction d'une mallôte, une tendance trop absolutiste du prince. 11 en est de même des commotions populaires. En 1280, l'émeute de septembre à Bruges était dirigée contre les lignages, les futurs Leliaerts: celle d'Ypres était l'explosion du mécontentement contre l'administration des échevins, celle de Bruges en 1281 est encore de nature politique. Telle est encore la nature des émeutes de Douai et de Tournai, pendant ces mêmes années; de celles de Gand en i3o6 et de Bruges, en i32i. Aucune de ces commotions n'est de nature économique: elles protestent toutes contre l'accaparement des échevinages par les lignées, par la bourgeoisie aristocratique. Rien de plus, rien de moins: tendance vers la participation à l'administration de la chose publique, de la part des hommes de métiers, au.xquels le Comte concédera ce qu'ils désirent.

Le commerce et l'industrie furent pour Bruges une source d'influence et de richesse incomparable.

Les événements de i3o2 et la guerre contre la France en fournissent une preuve palpable. On peut due que celte guerre'esl la guerre de Biuges contre Piiilippe le Bel. C'est Bruges qui mit le branle dans le pays, appela les tils du Comte prisonnier, fit tous les fiais de la giiei le ' Ri Liges ici ce sont les corporations des métiers. Les grandes corporations empi uiitèieiit des sommes considérables pour mener campagne-*. L'étude des te.vtes a amené M, Franz Funck Brentano à le reconnaître \ L'importance des métiers de Bruges était encore telle, à la fin du XV<: siècle, que le corps de la "Ville dût se constituer garant, par acte du 3 avril 1483 ", de la pai.\ que le Roi de France signa à Arras, avec

1, EPR, 1. .w. ^ 2. Ac. ncrl.os. 0«=^ NeMct, ,■„,, ,.!,i.-. '^- uitt'-. 17.' * ■'■ An. Duclos, 0,iz^ HeUeu va,i ,3o!. 2' éd., 466-470. ^ 4. C. ijnj, AR. XXXV, 191-192. ^ 5. Fk. Funck-Urentano, Philipjie le Hel en Flandre, 412. ^ h. kk. Roodenb.. fol. S7Ô.

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Maximilien. Ne voyons-nous peut-être p;is brillei- ici une deiiiière lueur flambeau qui va s'éteindre?

que )etie un

Le faste du XV'' siècle.

— Au XVe siècle Bruges était arrivée au comble de la splendeui-. Il ne f;iur cepeiili a n t pas confondre ces deux notions bien différentes : le faste et la prospérité.

Le XIV= siècle vit l'apogée de la grandeur et de la prospérité de Bruges.

Cette pros-

royaume du milieu, entre la France et l'Allemiigne. était mr le point de prendre son ampleur, qu'il aurait acquise sans ce fourbe de Louis XI qui sut profiler de la fougue de caractère qui s'est incorporée jusque dans le nom du vaillant et génereu.\ Cbarles le Hardi, que la postérité a nommé n le Téméraire u.

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Etablie autour du splendide hôtel dit la Cour du Prince, construit avec tant de munificence en 1429, cette cour si splendide et si généreuse attirait à soi toutes les lumières, pour les répandre de nouveau autour d'elle plus éclatantes et plus vives.

Les arts ont leur place marquée près de celle des lettres dans les fastes de la maison de Bourgogne. Jean van Eyck et Hans Memlinc marchent les égaux des George Chastellain et des Philippe de Comines. Les uns racontaient avec le pinceau, les autres peignaient avec la plume, et la postérité a recueilli avec admiration les chefs-d'œuvre qu'inspira la même inHuence et qui rappellent la même civilisation.

Olivier de la Marche, Chasiellain et Piiiiippe de Comines nous ont conservé le souvenir des fêtes brillantes, dont Bruges fut le cadre à cette époque de faste; et nos archives communales viennent encore renchérir, par les détails qu'elles fournissent, sur les descriptions que nous lisons dans les chroniqueurs '.

Ne parlons m des fêtes qui accompagnèrent l'inauguration de l'ordre de la Toison d'or, en 1430; ni de celles qui eurent lieu à l'occasion du mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal, en 1430. ni de tant d'autres que la nature de ce travail ne permet pas même d'énumérer, pendant lesquelles on vit le duc établir au marché des fontaines qui débitaient du vin de Malvoisie offert ;iu public.

Lors de fêtes du mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite d'York, en 1468, nos lues étaient tendues de drap d'or, de soie et de tapisseries Le cortège féerique qui reçut le couple princier, dut s'arrêter jusque dix fois, devant les estrades où l'on représentait des tableaux vivants, empruntés à l'histoire sainte et à l'histoire profane. La ville était jonchée de verdure et de fleurs. Devant la litière couverte de drap d'or de la princesse, de jeunes vierges effeuillaient des roses.

On vu marcher dans le cortège les diverses nations, représentées par des députa-

tions ; il y avait soixante porteurs de torches, quatre pages, dix marchands, dix facteurs

et vingt quatre valets, pour les Florentins seuls. Les Espagnols étaient représentés par

soixante porteurs de torches, trente-quatre marchands et vingt-quatre pages; les Oster-

. //H^i' par cent et huit marchands et six pages.

Le soir, il v eut des feux de joie au Marché.

C'est l'époque brillante des joules. De 140:1 à 1482 nous ne trouvons pas moins de de vingt-quatre grands tournois citées dans les comptes de la ville, qui furent tenus à la Grand'place ou au marché du Vendredi. C'est l'époque de prospérité de la société chevaleresque des P^oiestieis de l'ours blanc, dont les joutes, les behourds et les quintaines étaient si renommés de 1179 à 1487. et dont les « preux » étaient reçus avec tant d'honneurs à Damme. à Gand ei à la fête de l'Epinelie de Lille.

Pendant le XV«= siècle la ville de Bruges se pare de quanlilé de monuments, dont quelques uns ont échappé aux injures du temps et aux vicissitudes des choses humaines. Nos maçons étaient alors autrement forts comme artistes que la plupart de ceux qui s'intitulent si pompeusement aujourd'hui du nom d'architecte.

La ville construit ses splendides portes et donne à son enceinte fortifiée l'aspect d'une œuvre d'art unique; l'hôtel de ville s'agrandit de son aile méridionale (1401-21) qu'on dût développer en 1456; le Greffe civil est restauré (1421-31-42); la splendide Vierschare du Franc est construite (1434-40); la halle au beurre est reconstruite (1404. 1420); la Monnaie esi rabàtie (1429); on commence la Cour du Prince, en 1429.

.Mois on voit s'elevei. de 1373 à 1390, les hôtels des Français (Halle de Paris), des

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/V/u/ui/ . ,ir M. y,-! . De Cvnuick

Le Baptême du Christ. Panneau central du triptyque de Gérard David, pe Jean de Trompes, achevé en i5o8. Provient de hi chapelle des clercs, à S- Basile. — Mi

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Ecossais, des Iih\iu1 Florentins 1 1430) ; Espagnols, en i4()4.

hôtel, à HiunL's, déi

lis. des Liicquois et des Anglais: puis, l'hôtel des Génois i 1 399). des Lelui des Castillans (±1450); l'hôtel des Portugais el celui des Les Orientaux, marchands de la Hanse d'Allemagne, avaient leur 1405 ; mais ils reçurent de la ville celui du Cromme Gentlinf, qu'ils firent reconstruire luxueusement, en 1478, par le grand maiire-maçon .lean van de Poêle.

Aux hôtels de Houtmarck, de Maie (Zeveiitorrc) et de Bladelin viennent s'ajouter, pendant le XV^^ siècle, les hôtels de Croy, dit d'Espinoy (Fluii'eelhof). de Cuba, de Ghistelles, de Gios. de Charolais, ^'«^££4. ^^^^^^^^^^KV flB ^'i Portunari. des Médicis. de

S-;4-«r' ""^^^B^^^^^i^^^ ^B l'érèz de Malvenda. de Baenst,

^C-\-. ^.^^^^^^mBT n '■''^ Luxembourg.

^^..^..^^^m^H^^^l^^li, jjH de Gruuiluise

Les Gildes des .archers de Si Sébastien et le jeune serment se conti rusent des locaux, dont la bâtisse est confiée aux meilleurs de nos maîtres-maçons.

Malgré toutes les vicissitudes - des choses humaines, il n'y a pas un coin de Bruges, où l'on ne retrouve, comme nous le verrons dans nos promenades, des restes du faste de notie XV'' siècle.

Les particuliers suivaient les exemples de la cour. Le f'réie .lean Floieins, Maître de THÔpiial St .lean, devient le Mécène de ~ Memlinc, comme les ducs de

Bourgogne fuient ceux de van i Eyck. Nous verrons tous nos aits ï somptuaires prendre à cette épo- ; que un élan sans pareil.

5 Ce brillant XV-^ siècle vit

"^ s'ouvrir dans le Pand ou cloître des Frères Mineurs, en -1473, la fameuse foire au.\ bijouteries; et il n'y avait pas une seule production luxueuse du midi ou de l'orient qu'on ne put se procurer alors sur notre marché.

Au XV|c siècle même, nous voyons la ville s'enrichir de plusieurs hôtels splendides. Notons la construction des portes monumentales de Zeventun c, vers 1 53o ; la reconstruction de l'hôtel Bladelin. i5.^o ; de Ghistelles, rue du Receveur. 1 545 ; de Pithem, 1549 ^ de Puebla. rue Pouiinis ; de Ravenstein. ancien Hôtel St-Pol ; d'Uitkerke, rue des Baudets ; de La Tone, rue Espagnole. i36o ; de Dudzcele, vers la même année ; etc.

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Mais tout ce faste cachait déjà un déclin: d'une part la mer nous qiuttait ; d'autre part le faste de la cour était payé par le sanj; même de la ville, absorbant des aides et subsides continuellement plus lourds.

La décadence. — Le commerce de Bruges monta jusqu'à la fin du règne de Charles le Téméraire et commença à baisser snus Maximilieii.

Une multitude de faits, que nous aurons à énumérei- quand nous paileions de la population, des finances, de la bienfaisance, etc. accentueront la marche de cette décadence. Le lecteur pourra aussi revoir ce que mais avons écrit à ce sujet, en i885 '.

l,e mouvement de notre port était encoie prospère en 1.486-87. Le compte de cette année mentionne l'entiée de soi.\ante-quinze naviies, d'un total de plus de 8000 tonnes. En i^qq, il n'y en avait plus que trente-trois, jaugeant 3460 tonnes. Le service du pilotage n'amena du 12 seplembie i5oo au 16 août de l'année suivante, dans nos eaux que quarante-quatre navires, qui jaugeaient ensemble 45i5 tonnau.x ''. Un de ceux-ci venait de l'Orient, deii.x ^\\\ Portugal, quatre de l'Espagne, un de l'Ecosse. Leur plus grand tonnage était de 3oo tonnes, niais vingt variaient de 40 à 90. L'année suivante, il n'en entre que trente-six. Ils apportaient du fei', des laines, du vin, des fruits, des sucres, du sirop, de l'alun '. Une lettie du 16 décembre i5i3 expose que, depuis trente ans, les navigateurs et marchands avaient déserté la place, non seulement à cause des guerres et dissensions civiles, mais paice que les vaissaux n'osaient plus s'aventurer dans le Zwijn sous peine de sombrer *.

En 1540, il ne restait plus à Bruges que les consulats de Castille, de Biscaye et de Navarre 5. La demande d'octroi d'emprunt, en 1342, arguait de la grande et quasi totale décadence de la ville ". Un document de 1544 nous apprend qu'il y avait alors pour les sept paroisses de la ville, comprenant celle de Ste Anne et de Sie C.ioix, 7696 personnes inscrites aux Tables du St Esprit'; alors que le nombre des pauvres qui étaient à charge de la commune, parait n'avoir atteint que le chiffre de 3 16. en i^bC)^.

Notie industrie cependant n'était pas moite. Bi uges expédiait, dans le dernier quart du XVe.siècle. des marchandises ti es vai iccs. paimi lesquelles nous notons, outre les grains, le beurre de Flandre et le poisson Iraii de Blankenberghe, des produits de son industrie tels que du sel, du savon, des tourteaux de colza, des toiles, des draps, des serges, des hougrans, des futaines et des tiques, des filets de pèche, des épingles, des boutons ouvrés, des passementeries, des tapisseries bi ugeoises, des carpettes, des coussins en tapisserie, des tableaux '\

Mais les troubles religieux eurent des etl'ets que ceux du temps de Maximilien n'avaient pas produits.

Jusqu'au milieu du XVI'^ siècle, l'on n'avait permis la démolition des maisons que sous la condition de reconstruire. L'on dût bientôt se relâcher de cette rigueur. Dans la seule année i 590, on laisse ainsi démolir dix-huit petites habitations et la moitié d'une grande. C'est surtout depuis 1597 que les démolitions se multiplièrent ■". Un octroi des Archiducs, 161 3, constate qu'un grand nombre de maisons, soit par négligence, soit faute de moyens des propriétaires et hypothécaires, étaient ruineuses, vagues et abandonnées, au préjudice et à (( grande déformité )i de la ville. Malgré ses semonces au

I, KDH. XX. i8q. 21.V 220- * 2.

!J|.Ô.AE.luv.,o. *7.F.v.. I62.JS.8.

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cours des six années piécédentes. le magistrat n'avait rien pu obtenir. La Ville fut enfin autorisée à les vendre publiquement, après nouvelle sommation '.

Les monuments publics eux mêmes pâtirent de la situation financière, de moins en moins prospère. Un règlement de 1682 défendit à la Ville de faire aucun ouvrage excé dant la dépense de 3oo florins, sans autorisation du Roi; et, en 1780, elle fut réduite à 200 florins par bâtiment public, et ne pouvait excéder, au total, 3.5oo florins par an '-.

Zeger van Maie nous nomme, en tiois pages, les personnes de distinction qui ont quitté Bruges, vers la tin du XVI': mccIc ' 11 nous dépeint le départ des Ostci liiigs. des

Portugais, des Bretons, des Ecossais, des Castillans, des Bisca'iens et des Navariais ■». Cusiis iiiuisdonne uneiisie de pins de cinquante noms d'Espagnols, dont l'exnde date de .57<v\

Nous parleions de 1.1 dépopulation, au chapitre suivant.

Le Transport de Flandre, de i3i3, taxaU Bruges à plus de I 5 centièmes du total de l'impôt à payer par la Flandre ; celui de iSiy.

1 cote-part ne vaiia

le 5 "/„. L;

à i3 Ib. 8 s. En i63i, Bruges n'avait plus la force q plus jusqu'en 178g ^

Les étaux de la vieille Halle qui produisaient plus de 660 livres, en 141 1-12, après défalcation des frais et de la part du Duc, ne produisaient plus que 1 2() livres et une fraction, en i63o, et un peu plus de i35 livres, en 1789 ?.

La misère atteignit toutes les classes. A preuve, un édit royal, du iq mai 1694. qui autorisa les nobles à faire le commerce en gros, sans déroger **,

C'en était fait de la gloire de Bruges: mais la ville vécut encore un temps sur le renom de sa puissance de jadis.

Au XVn<= siècle, la décadence était profonde ".

La Flandre entière d'ailleurs était en décadence Les IV Membres exposèrent déjà, en 1572, la triste situation du pays "'.

La cause primordiale de la décadence de Bruges est la perte de sa communication directe avec la mer : l'ensablement de la Suène. L'action de la mer, après peu de

I. CE, m. ISg. ^ j. F, ,\Ill. 367. ^ .s. Ecllt. F/. Hiblioph. H-%(,. ^ 4. Ibid.. Jo-4l ; CCE./nwmi. suitoul 5io. 5l.S .VÎ7. .xIq. ^ 5. Jnetboecketi. 111. 47-49. ^ 6. I. iv, 26; Pince, l.55o ; Pkium. Doc.z. vi.i5; F, xill. .î55. ^ 7. AA, comptes île ces années : F.XIII.267. ^8. GB,43.jJ(;9. JJocumci.ls de 1619. Jt67,i6j0, CE. IV. 479, 072,379. ^ 10. CE,Iv.j59.j6o.

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siècles, ferme les estuaires à petite pente qu'elle a ouverts. Anvers commence à s'en ressentir. Ce malheur était pressenti à Bruges, dès le XIV« siècle. Nos ancêtres ont lutté pour le conjurer, jusqti'à e.vtinction de ressources. Lii navigation jusqu'à Bruges, difficile dès 1410, devint quasi impossible, à marée basse, vers l'an i5oo.

L'art hydraulique plus avancé aurait sans doute pu sauver la situation. L'on travadla à pure perte, du côté du Honi, dès 1470. Le projet du canal vers Blankenberglie, 1401, paraît meilleur. Celui de Lancelot Blondeel, vers 1545, qui avait des analogies avec celui de feu le baron de Maere d'Aei trijcke, eût garanti nos communications avec la mer. Nous aurons à parler de tous les efforts qu'on tit, quand nous traiterons des travaux publics.

L'ensablement de la Suène coriespondit avec l'ouverluie de la passe des Willingen, qui déblaya le Hont et le rendit navigable, et avec l'augmentation du tonnage de navires.

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En i56i, le pilote de Blankenberghe annonça que trois vaissaux espagnols, chargés de laine, étaient trop grands pour entrer dans la Suène '.

Le Hont, au contraire, s'approfondissait et avait son libre accès à la mer. Anvers en profita ^. Malgré les lettres du duc Philippe, sur le privilège d'étaple de Bruges, 1498 3, Anvers avec Berg-op-Zoom comrriença à faire le commerce des marchandises, dont Bruges avait le marché privilégié. Depuis 1420, le privilège de notre étaple était

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entamé '. Anvers parvint à attirer la puissante maison allemande des Fugi,'er, vei s i5io, ce qui précipita la migration du commerce -.

On peut cependant croire que le havre de la Suène n'ait pas été impraticable à la fin du XV1« siècle. En effet, un décret du 6-12 novembre 1572 défendait de débarquer dans les ports des provinces rebelles ; et une liasse de déclarations, allant de septembre 1574 à i58o, nous fait connaître des navires de toutes provenances, du nord, du midi et de l'orient, qui apportèrent à Bruges, par la Suène, les marchandises les plus variées, dont rénumération prend huit pages du Cailulaire de l'Etaplc, et qui étaient réexpédiées par la Liere, à Gand, Anvers, Tournai, etc. ■=. Transbordait-on peut-être pai- des allèges?

A côté des efforts d'Anvers, il faut placer le mauvais vouloir de l'Ecluse.

L'Ecluse nous faisait la gueire commerciale, depuis le commencement du XV'-" siècle, et Bruges finit par perdre, vers la fin du XVI'= siècle, le 11 Bailliage en l'eau » ■>.

Nous vîm'es au XVI^ siècle, les gouverneurs miliiaircs de Damine molester notre commerce. 11 y en eut qui e.vigèrent jusqu'à 10 "/o de la valeur des cargaisons venant de la mer en destination de Bruges. En 1604, Maurice de Nassau s'empara de la ville de l'Ecluse et de l'embouchure du Zwijn, ce qui contribua à la ruine du commerce de Bruges. Mais le coup fatal fut frappé par le Traité de Munster, 1648. qui déclara la Suène fermée comme voie commerciale '.

Poursuivons l'étude des causes de notre déchéance.

Dès 1494 notre ville languissait, en matière politique, sous les mesures de gouvernement du nouveau régime ; eu matière commerciale, par le blocus de la Suène, le départ des nations, l'ardente rivalité d'Anvers, pour laquelle tous les moyens étaient bons ; en matière financière, par les charges accablantes des traités de Tcjurs et de Damme.

Mais d'autres causes encore vinrent s'adjoindre à celle de la perte de nos communications avec la mer.

L'on signale d'oidinaire la série de troubles sanglants qui caractérisèrent le temps de la régence de Ma.vimilien, après la mort de Marie de Bourgogne, à partir de 1482. Ces ti oLibles étaient envenimés par les intrigues de Louis XI et par la concession de foires et de franchises commerciales accordées par le Régent au port d'Anvers.

Ces troubles, il est vrai, firent perdre à notre ville le calme qu'exige le commerce. Mais ce peu d'années d'inquiétude ne pouvait e.\ercer qu'une influence énervante, passagèrement désastreuse, si d'autres causes n'étaient venues s'y ajouter.

Ainsi ces troubles avaient encouragé les pirates, et les Hanséates d'Allemagne s'étaient retirés de notre ville. Mais par acte du 7 avril i5oo, donné à Lûbeck, ils promireni de revenir à Bruges et de s y fi.\er de nouveau, à partir du i' juillet de cette année. Plusieurs Ostreliiigs étaient même revenus, dès 1493, et la Ville leur avait offert un festin *.

Mais d'autres troubles vinrent, près de cent ans plus tard, produire des effets autrement désastreu.x. Les dates des faits que nous avons signalés plus haut, prouvent que notre décadence suivit chronologiquement ces troubles. Ils amenèrent des ruines irréparables et coïncidèrent avec l'ensablement plus prononcé de la Suène.

Nous voulons parler des troubles politico-religieux du XVI^ siècle. De 1567 à i534 les menées des Gueux troublèrent notre ville d'une manière presque continue; mais ce fut surtout à partir de 1577 que leurs attaques devinrent redoutables. L'évêque de

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Biu^CN Remi Diiein Lst lui p ses. poites 1 R)h()\e en mus 1 un magisti it qui \ m i^c sts pc iiaueb Les cglises boiit Iivilli boiit bdiinib et 11 hiiiti'-mc 1 nnciges et li loiite des lIolIik LUi.ont.t UH.L II el ut quL 1 1 iic^

iiibonmei et incarcéré à Gand. et la ville elle même ouvre 378 Le \ainqueur institue à la lèie de l'administration, ju^cs qui n accortle plus de subsides qu'à des coreligiontii pilhge plusieurs leligieux sont hiûlés vifs, d'autres

tlieve son n s La hbeitt uu.n de h I

de destruction par la dégradalion des ciille, proclamée et attichée en toule ' dii culle catholique '.

Quelle désolation aussi, autour de la ville : les églises paroissiales de St Bavon, de Ste Cailierine et de Ste Croix, démolies; le couvent des Char-

■Lngelendnle,

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