Cfr iMrtepeinte, Muséede ondeIJ.472.*5. I, m
88 LE TERRITOIRE
C'est en 1402, que le célèbre .lan vaii Oudenaerde reconstruisit, avec Martin van Lueveiie, les portes de Ste Croix, de Gand, de Ste Catherine ', dont les deux premières existent encore en partie, bien mutilées cependant, et attendent une restitution qui présenterait peu de difficultés. Les comptes de la première moitié du XV« siècle renfertnent beaucoup de détails, sur les travaux d'entretien, de renouvellements partiels et d'ornementation de ces ouvrages de défense. Détail à noter : l'on n'avait pas abandonné le système des liiinen ou claies en osier, pour compléter la défense. Le compte de 1479-80 mentionne qu'on envoya un charpentier à Ypres pour y voir ces ouvrages en osier, et l'on fit venir quelques ouvriers de cette ville, habiles à tresser ces claies ^
Il reste de toutes ces grandes maçonneries défensives de notre enceinte, outre les deux portes mentionnées, une des deux tours du Minnewater.
Elles étaient bien belles, ces constructions militaires du XI V<^ siècle, de l'époque de nos giands mailies-niaçons, que nous vcNdiis sur la carte de Marc Gheeraerts, avec leurs tourelles. Icuis IkisHoiis. Icni s rcli,MiL;iieltes, les pa'rapets ornés, les têtes de pont, portes et poicriies, où I an s'était enip.iic Jcs moindres détails. Elles pouvaient rivaliser avec les constructions militaues d Avignon, d'Aix en Provence et de Carcassonne.
Les Italiens introduisirent, vers id25, les bastions triangulaires, pour la défense des villes. Ce système fit son tour d'Europe occidentale.
Le 7 novembre 1577, eut lieu 'une réunion de nos bourgmestres et de deux échevins, pour prendre connaissance des plans dressés par plusieurs ingénieurs, pour la fortiticaiioii de notre ville '. Une lettre du Roi, 17 février 1578. vint accorder à notre magistrat la faculté de démolir léglise de Ste Catherine, la maladrerie de la Madelaine et le couvent des Sœurs rouges, hors la porte des Baudets, pour réaliser ces projets 4. Ces démolitions furent faites. Le 18 mars 1578, le magistrat décide de procéder aux travaux de fortification =. 11 paraît que les travaux furent continués d'après les projets du capitaine Rivas, Gouverneur de la ville et du château de l'Ecluse et superintendant de la gendarmerie de ce quartier'^. On vota, en ôgS, une augmentation d'assise sur le blé et la bière, pour continuer la ligne de circonvallation de la ville, depuis la Speipoorte jusqu'à la porte de Gand '.
Entretemps, les ingénieurs militaires avaient continué leurs études. Notre Simon Stcvin, mort en 1620, se trouve parmi ceux qui ont perfectionné le système, en Hollande, où il était castraméteur du prince Maurice d'Orange et quartier-maître général des Etats de Hollande, depuis 1600. Son influence paraît avoir été décisive. En France, le traité du comte de Pagan, paru en 1645, servit de base aux travaux de Pierre Mallet, mort en 167g; mais le système devint complet avec Sébastien le Prestre, Marquis de Vauban, qui commença par suivre son prédécesseur, mais créa le système, dit de Landau, qu'il perfectionna à Neuf-Brisac, et qui est devenu le type complet de ce genre de défense.
D'après le nouveau système fut construit le fort St-Donas, près de l'Ecluse, «n i6o5. Damme fut fortifiée, sur les ordres d'Isabelle, en 1621. 'Vers la même époque, on se préoccupa encore de la défense de Bruges. En 1616, la commission chargée de ce souci s'adressa au collège échevinal, pour représenter qu'il fallait pousser les travaux *.
Ce n'est néanmoins qu'en 1621-1622 que les travaux furent menés avec vigueur.
. I.in 477. * 1: I.
A A. Src: r,sol,U„b. ^ 6. CCE. 546. ^ 7. CCE, =46. * 8. AA. Etrslf, register. fortificalie de, Sladt Brugght 1614 eude eyiidende deu 3t december l63i. Les renseiifueiuenta suivanl». qui sont inédits, on
htrg iiitimde di-ii 1 0 octobe.
été empruntés à ce registre
LE TERRITOIRE
GERARD DAVID.Cambysefaitécorcher le juge prévaricateur Sisar sur le siège, sur le dossier duquel est étendue la peau du juge prév
1^97-1498. — Musée Communal
fond, le lils deSisamnès, refuse l'argent qu'on lui offre
On commença par le Steenen bohverl; ou Forl-Lapin. au Bassin de commerce (162 1- 1622), qui ne figure pas encore sur la carte de Bruges, de Sanderus.
Le double fossé fut muni d'escarpes avec courtines garnies d éperons, de ravelins ou demi-lunes et de contre-escarpes. La porte de Damme fut construite; devant les
go
LE TERRITOIRE
autres portes on établit des corps-de garde ou bastions à raveliiis. Nous voyons ces travaux sur les cartes, à partir de celle de Sanderus et jusque dans le XVII I^ siècle. Nous regrettons de ne pouvoir donner ici le détail de ces intéressants ouvrages. Ce sont ces fortifications qui sont représentées sur les bas-reliefs de la maison de M™"-' Wante- Banckaert (1634), rue aux laines, 26.
Pendant le XVII' siècle, nous voyons travailler souvent à ces défenses. En 1666, on place des palissades ; les terrassements sont renouvelés entre la porte des Maréchaux et celle de Gand, en 1673. Un texte de 1679 nous apprend que tout le pourtour des remparts était palissade '.
En 1692, la Ville fait un emprunt pour répondre aux exigences des Anglais. On devait palissader la contreescarpe à la porte de Ste Croix et fraiser les trois ra vélins ; raccommoder les glacis, de la porte de Gand à celle de Ste Catherine ; ferrer les diverses gorges ; rétablir l' ouvrage couronné, Kroonwerk (appelé Hoovnwerk à Ypres) du Fort-Lapin ; restaurer les parapets des remparts et les mettre à l'abri du canon ; fournir des fascines, des gabions, des chevaux de frise et des mandelettes.
En 1695, sous menace de siège, on se fournit de munitions, et prépare l'inondation. Six mille pionniers sont mis au travail ; on emploie i5o mille fascines, longues de six pieds; 12 mille palissades, de treize pieds ; 3oo chevaux de frise, de douze pieds de longueur, chacun de ceux-ci étant ferré; 12 mille sacs de terre; 1600 gabions, de huit pieds de haut, sur cinq de large.
En 1744, on met encore des palissades, quand les armées de Louis XIV Rue aux bines, 20: llaisomle m- Wame-lSnntlae.t. .034.
s'approchaient de Bruges.
II existe de ces travaux de 1621 et années suivantes un bout de mur couvert de pierre bleue, taillée en doucine, au jardin de feu M. Pardoen, rempart Ste-Catherine; une maçonnerie en pierre bleue, à l'éclusette derrière la tour du Minnewater, avec tourelle pleine semblable à celle de l'éclusette de Walwein, au Bassin.
Joseph II décréta le démantèlement de notre place. On vendit publiquement, pour démolition, le 2 avril 1782, toutes les barrières, glacis, pont-levis, piliers, corps-de-garde ou bastions avancés devant les portes, les vieilles fortifications du Vlamingdam, les tours et autres accessoires anciens. D'où il vient qu'il ne nous reste plus que quelques
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fragments signalés plus haut, puis l'une des tours du Minnewatei- et quatre portes — car on démolit, en i863, ce qui restait de la porte de la Beuverie et la porte de Ste Catherine, et, en 1871. la porte de Damme, qui datait de 1621.
4. Les sections de la ville. — Au point de vue administratif, la ville de Bruges, dès avant la fin du XI I h siècle, était divisée en sections, quartiers ou métiers {officia, ambachteu).
La charte pi imiiive, dont nous avons un fragment du XI ll*^ siècle ', nomme les ambachteu du Vieux bourg, de la Rue des pierres, du Nord, des Tonneliers, des Flamands, du Bourg, en tout déjà six. Nous restons dans l'enceinte primitive de la ville. Cette division correspond à celles qu'on trouve dans le compte de 1 281-2, le plus ancien parmi les comptes communau.x qui soient conservés. Le compte de i3o2 — la ville ayant son extension actuelle — nomme six receveurs : ceux des métiers suivants : Caimers, Sint-Jaiis, Sint-Saluatoi s, Btirch et Vlaming \ mais le cinquième receveur doit être celui du Siiit-Jacobsamboclit, qui n'est mentionné que comme cinquième ^. En i3i6 apparaissent les six sections, qui resteront jusqu'à la fin du XVIII' siècle, savoir : les métiers de St Jean, de Si Donatien, de N. D., de St Jacques, de St Nicolas et des Carmes. La dénomination à'Ambacht fait place à celle de Sestendeel dans le compte de 1334, fol. 23.
On trouve cependant une division en sept. Ainsi, la levée extraordinaire du quatrième denier, en i3o3, se perçoit dans les sections des Carmes, de Ste WalGuige, du Bourg, de N. D., de St Sauveur, de St Jacques et de St Nicolas -\ Même en 1372, la paie des miliciens du métier des tisserands, se fait d'après les divisions suivantes : de Buerch, doiide muelne, cupperin, Vlamincporte, loiideubiiei sclie, tselveiin et tvordinne +. Mais il s'agit ici d'organisations éphémères.
Nos archives possèdent une série de 117 registres des Sestendeelen, espèce de Cadastre, Registers van alienatien en affectatien, où toutes les maisons ont été inscrites, en 1579, et sur lesquels on a entretenu les mutations, les hypothèques, etc., jusqu'en 1796. Les têtes de pages de ces registres ont été publiées en 1893 par M. Gilliodts, dans les Annales de la Société d'Emulation.
Chacune de ces sections avait son gouverneur, son receveur et son clerc. Le chefhomme (Hoofdman), qu'une pièce de 1384 appelle Connétable, à élire tous les ans, veillait à l'ordre intérieur de la cité. Il devait habiter sa section ; mais chacun d'eux avait une maison où il siégeait, à la Grand'place.
La section avait une organisation militaire, ses trompettes d'argent, sa bannière ; ses voiiden étaient commandés par des Di^eniers. Toutes les compagnies se trouvaient sous le commandement de Y Upperhoofdman. A l'intérieur, la section était employée au service du guet {awette], de concert avec les hommes d'armes appelés scaera/etters.
Ces sections ont été désignées par des lettres, A à F, en 1790 5. Depuis l'extension du territoire de notre ville, en 1899, °" ^ ajouté douze sections, désignées par les lettres G H I, sur l'ancien territoire cédé de Coolkerke ; K et L, sur la commune supprimée de St- Pierre sur la digue ; M, sur une partie de l'ancien St-Pierre et la partie cédée de St-André ; N, la partie cédée de Dudzeele ; O, la partie de Lisseweghe ; P Q R S, à Bruges-sur-mer, comprenant des parties des anciens territoires de Lisseweghe et Uitkerke.
i.IJ,3d4. ^ 2. C. i3o3.éd.J.Colens,AE,xxxv. loô-io;. * 3. IJ, 365. « 4. EPU, I. JSqôgi. ^ 5. AE, XLIII, 357.
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5. Les diverses juridictions . — Tout le territoire compris dans les bornes de l'Echevinage n"était pas soumis à l'autorité du magistrat local. Il y avait les Seigneuries.
Le Franc ou châtellenie de Bruges, het F/ ye, était une grande communauté rurale, qui avait son Bailli, ses Bourgmestres et ses Echevins siégeant à Bruges ; mais l'éclievinage de la ville était une enclave indépendante, au centre de son territoire. La Cour du Franc fut supprimée en lygS.
La Cour féodale dit Bourg faisait partie du Franc de Bruges. Elle tenait ses séances au Bourg '. Elle fut confondue avec le Franc, par ordonnance royale du g novembre 178 1 -. Cette seigneurie avait dans sa dépendance une multitude de fiefs, parmi lesquels le Hoiitsche, véritable « fief en l'air » très considérable, qui siégeait au Steen, mais ne s'étendait pas sur l'échevinage de Bruges. F^lle avait encore dans Gravure du xviif siècle. sa mouvancc plusieurs fiefs à Bruges même:
le droit de Grute, le tonlieu du poisson, de nombreuses rentes. l'Hôtel de Ghistelles, IHôlel de Richebourg, le Béguinage, le Prieuré de St Aubert, le Couvent des Chartreux, une partie du Steen — fiefs du Comte ^.
11 n'est pas possible de donner ici la liste complète des seigneuries qui avaient des enclaves dans le territoire scabmal de Bruges. Il suffira de citer les principales. D'abord le Sijsseelsclie. qui comprenait la paroisse de N. D. et, dans la banlieue, la très grande partie de l'espace entre la ville actuelle et les limites de l'échevinage. Le Voorme^eelsche, seigneuiie dont nous ne pouvons suivre la trace territoriale. Le Maatidagsche, comprenant des fonds bâtis ou non bâtis, dans la banlieue. Puis le Praelsche. qui comprenait à peu près tout le territoire de la paroisse de St Gilles, fondée dans le hameau alors suburbain appelé le Wiic *.
L'on ne sait comment e.\pliquer lorigine de cette terre de Praet. Nous osons émettre une conjecture. La châtellenie de Bruges était héréditaire dans une branche de la famille du Prévôt Berihulf. Elle était occupé, en 1127, par Didier Hacket, frère du Prévôt. La châtellenie lui fut enlevée pour haute trahison, car il avait trempé dans le meurtre du Bienheureu.x Charles le Bon; et elle fut donnée à Gervais. Dès ii33, le fils de Didier Hacket, ayant établi son innocence, rentra dans le fief de son père. Ne seraitce pas alors que, pour indemniser Gervais, le comte lui aurait concédé ces prairies basses de Bruges, qui forment actuellement la paroisse de St Gilles, établie au Wiic, qui devinrent ainsi le Praetsche ou fief des seigneurs de Praet, dont le manoir était à Oedelem ?
Il y avait encore, à Bruges, deux seigneuries ecclésiastiques, organisées en seigneuries en 1089 : celle de la Prévôté de St-Donation et celle du Canonicat de la même église. Elles étaient enclavées dans le Franc, comme contribuantes, cest-à-dire, que leurs rapports avec le Franc se bornaient à la participation proportionnelle, suivant l'échelle du transport, dans les aides et subsides. Mais elles étaient de la mouvance immédiate de la cour féodale du Bourg. Le territoire de ces deux seigneuries qui
LE TERRITOIRE
avaient droit de justice et autres, s'étendait en 1687, en douze sections {belonpen) sur celui de la ville '.
La judicature de la seigneurie sombra sous Joseph H, la seigneurie elle même périt à la Révolution Française.
Il existait donc dans les limites de
'échevinage, diverses enclaves ressortissant celles-ci à la
à l'iiutorité scabi
L'on comprend tous les conflits nés de ces enchevêtrements, des divergences entre les pimcipes économiques qui dirigeaient les magistrats du Franc, organisation rurale et féodale, et ceux de Bruges, organisation urbaine ; de la subjection diverse des personnes habitant dans les limites de l'échevinage ; de l'existence d'agents spéciaux établis par chaque juridiction spéciale, pour constater les crimes et délits; tout ct'la malgré les bornes ^ sculptées aux armes de la Prévôté, qui servaient à indiquer les limites de sa juridiction.
De même que la Ville percevait l'assise sur le territoire de l'échevinage, de même la Prévôté la percevait sur les sections enclavées dans la ville qui se trouvaient sous sa juridiction. Et quand l'assise, par exemple, sur la bière, était moins élevée chez elle que sur l'échevinage, on désertait les cabarets de celui-ci pour courir à ceux de celle-là.
Le collège des Echevins fit tout ce qui était possible pour arriver à rendre le territoire quelque peu homogène.
. Bfschr. frccsscftft 32
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Ainsi la Ville racheta, en 1273, la partie du Sijseelsche qui se trouvait dans les limites de Féchevinage, ainsi que le Vormc'^eelsche et le Maendagsche ; en 1283. le terrain du seigneur d'Assebrouk, entre le Béguinage et le Sablon ; en 1288, l'ammanie de Rave Dauwilt. du Maendagsche ti la partie de la Seigneurie de Praet, sise dans 1 echevinage ; en 1290, le droit féodal du sire d'Assebrouk, de pèche dans la Reie ; en 1292, le terrain de la Grue, appartenant au sire de Ghistelles ; en i2()3, certains droits de tonlieu de la dame de la Woe.stine et de Jean de Ghistelles, fief relevant du Comte '.
L'on pourrait allonger cette liste, en y insérant des rachats moins impoitants.
6. La propriété foncière du territoire. — Nous avons vu qu'à l'époque des invasions franques. se trouvait, à l'extrémité de l'ancien territoire des Ménapiens. une zone basse, occupée ''riVcuin'"Jri'à'nie'sVv'é"^etril'i'."' ^^ Partie par la Suéne. Les parties hautes de ce territoire et rue-Waiioiiiie. Certains polders abandonnés par les flots, étaient occupés
par quelques familles ménapiennes, peut-être plus ou moins romanisées par mariage ou par contact. Parmi elles s'établirent des envahisseurs appartenant aux Francs saliens, aux Frisons ou aux Saxons. .lusqu'ici, tous les habitants sont propriétaires du sol sur lequel ils sont établis depuis longlemps. ou sur lequel ils viennent s'établir. Ils sont établis sur des terres libres, qu'on appellera plus lard des alleux.
Quand la royauté franque se fut constituée, le Roi retint le droit de haute propriété sur le pays conquis. Il en donna des parcelles en bénéfice à ses compagnons.
11 pouivut au gouvernement par ses Missi dans les divers Pagi. Au coiiics romain, auquel était confiée une administration spéciale, succède le cornes, u compagnon du Roi », du régime établi par les Capitulaires. Le titre de Comte, qui était celui d'un fonctionnaire royal, donné surtout à un grand propriétaire foncier, changea radicalement de sens dans la suite.
Le roi avait constitué ainsi dans le Pagns flandreiisis un comte ^ ; et il paraît vraisemblable que celui-ci, choisi parmi les grands propriétaires du pays, jouissant d'une prééminence naturelle, se soit installé, près du pont de la Suéne. dans l'ancien dii'ersoriiim romain palissade, qui fut l'ancien Bourg.
Nous assistons après cela à la naissance de la principauté de Flandre.
Nous y voyons un comte héréditaire, qui était sans
I. Rachat du Sijseehche. WG. iv. 5? ; CBB, l, 149; Coiit. pelilrs villes, v. 32. — Vorviez. el Maeud; — WG, iv. i^ ; CB, l. 2 Coul. t,el. villts. V. 32 - Hnmen. IJ. 33o. - .Immanif. WG. IV. Sq; IJ. 353. - Prattsche. WG. IV. 55 ; CBB, 1. ii3; CB, I. 5l4 Pèche Reie, WG.IV. 05: IJ. ôgo. - G.v<f, WG. 5q ; IJ. 35l. — rofi/iW/. WG. IV. 285 ; 1,1.34. * 2 VDK. Lecapitulair Seitian et les 01 igines du c/imii de Planât e, BC KH, 1*07, 97. C'était Engilram, en 853.
LE TERRITOIRE
doute grand propriétaire du pays, Baudouin I, dit bras de ter. institué sur le Pagtts Flandretisis. Ce comte n'est plus i.ni fonctionnaire : il est un grand vassal.
Car. il se présente ici un double fait qui est d'une grande importance. Le premier, c'est la constitution d'un régime, le régime féodal ; le second, la naissance d'une bourgade. Dans le système féodal, loute propriété prend la teinte du fief, de la censive, de la tenure. Le droit de propriété change en droit de superficie ; droit, il est vrai, héréditaire ; mais le fonds n'appartient ni au vassal, ni au censitaire, ni au manant : la « directe » est au Seigneur.
Restaient e.\clus de cette notion, les fonds possédés depuis longtemps par certaines familles. Ces fonds prennent place dans la féodalité, sous le nom d'alleu.v. Leur nombre, dans notre contrée, devait être important du 1X<= au X1I"= siècle, car ils s'étaient multipliés par fraction- Com .i.i Vischpaansir.iatet.ie
nement ■. C'est Veigen goed en erve de nos documents. '°" *" Gemwet.-.
Le second fait est la naissance de la bourgade de Bruges. Voir ci-dessus, au.x pages 17, 21 et 26.
Jusqu'au VlIIf^ siècle, les marchands avaient mené, en général, la vie plutôt nomade de colporteurs. Ils s'en fi.xa alors à Bruges, dont la situation géographique était favorable à leur commerce. Bientôt naquit et se développa l'industrie.
Le nouveau Bourg devient le centre d'habitations de plus en plus nombreuses. Mais ce Bourg est tenu en fief parle seigneur établi par le Roi pour défendre sa Marche de Flandre. La souveraineté se confondant, par fiction féodale, avec la propriété, le grand vassal héréditaire confondra sa part de souveraineté avec une part de propriété. 11 considérera son fief comme son bien. Il s'entouiera lui-même de vassau.x et de tenanciers, s'attribuera 11 la directe s et les dioits régaliens de guerre, de monnayage, de justice. Le terrain adjaçant à son Bourg, sera également à lui, au même titre de souverain, sauf ce qui est occupé comme franc alleu. A lui appartiendra aussi bien que son Bourg, toute terre qui entoure celui-ci dans son domaine comtal, l'alleu seul toujours e.xcepté ; à lui les marécages, les bruyères incultes, les bois ; les prairies, les plaines sablonneuses, les abords inondés où viennent s'abattre les courlis, à marée basse ; les bas-fonds où s'ébattent les oies ; enfin toutes les choses qui deviendront d'usage commun ou le sont déjà : les vaines pâtures, les eaux, les voies publiques, les places de marché : tout le terrain du futur suburbium ^.
Et de tous ces biens, le Comte pourra disposer. Ainsi, le Comte se dépouillait de sa directe quand il disposa, en g6i,en propriétaire, de courtils et de piés dans les paroisses de St Sauveur et deN.-D , en faveur de St-Donatien. C'était là un amortissement.
Après avoir bâti son nouveau Btiig, le Comte laissa le Casti tint fuiinscciim ou Suburbium à la disposition des habitants qui n'y possédaient encore aucun alleu, sous charge du cens foncier, ceiisus mansionuin, cens récognitif de la directe •'. que certains croient avoir été un impôt sur la succession, ou de main-morte, par lequel l'héritier
* 2. WG.
>4. - GO, .^7 * ;v JoAN :
littf. Gaiid. Eiitekke, 1898.
gô LE TERRITOIRE.
rachetait du comte le bien qui lui survenait en héritage • ; que d'autres cependant disent avoir été la reconnaissance de la « seigneurie » du prince, comme justicier, et nullement la reconnaissance de sa qualité de propriétaire foncier -, ce qui paraît difficile à admettre.
Tout le sol urbain de Bruges semble être devenu allodial à Bruges, à la suite de ce qui se fit en 1 127.
Après la mort du Bienheureux Charles le Bon, en cette année, les brugeois ne consentirent à reconnaître Guillaume de Normandie, comme Comte, que contre la concession d'une Charte conventionnelle, aujourd'hui perdue, par laquelle il leur concéderait, outre la liberté du tonlieu, l'affranchissement de leurs habitations, du cens foncier dij au Comte ^. Cette double concession fut faite.
Du chef de cette dernière remise, le sol urbain devint libre de charge. UJiitus ende erve devint un héritage (erfachtighede), une nouvelle espèce d'alleu, l'alleu urbain, ce qu'un acte de 1481 appelle van de natiiere ciide coitdicie vau eyf;lien goede ende erve''; et l'occupant devint propriétaire, d'un bien transmisible par héritage, par vente, pouvant être chargé d'arrentement et d'hypothèque.
La distinction entre vrij erve et onvi ij erve était inconnue à Bruges * ; et la Keure de I ic)o donne à enlendie qu'à ce moment les fonds bâtis à l'extérieur du Bourg, situés dans l'enceinte de la ville, formaient la possession libre des habitants. Nos archives ne possèdent aucun de ces registres de cens, de la ville, qu'on trouve à Gand.
Bruges est ici encore en avance sur bien des villes. Le cens foncier e.xistait encore à Bru.xelles. en i326. A Gand, le vrij liuits ende erve n'apparaît qu'au XV^ siècle.
La propi lété allodiale ne relève que de la coutume urbaine et des magistrats municipau.x, et donnait au propriétaire tous les droits du propriétaire moderne. Sa propriété cependant connaît toutes les charges, sauf le cens. Quand l'alleu 11 était chargé d'aucune rente, ni héréditaire, ni rachetable, ni viagère, ni de suriente, ni d'aucune hypothèque, l'alleu était nécessairement onbelast ende :^iiver ".
Ce n'est pas en un jour que la situation est devenue Celle, et la proclamation de l'indépendance de la commune n'a pas brisé tout lien féodal, en ce qui concerne la constitution juridique du territoire de la commune ?. Le malheur est que peu de documents ont échappé à l'incendie de nos archives, en 1280 ; mais ce qui est conservé prouve la tendance du XI 11^ siècle et nous voyons les efforts de la commune secondés par Marguerite de Constantinople. C'est vers cette époque aussi que les ([lomtes vont s'établir à la campagne ", notamment à "Winendale, construit par Robert le Frison, ou au château de Maie, qui doit dater du XI1<= siècle.
Le rachat du Sijseelsche '>, comprenait non seulement la seigneurie ou la judicature, mais tout « fief, héritage, domaine, seigneurie ou justice ». Ce rachat fait passer les biens acquis, en franc alleu de la ville ; elle en revend des parties à des particuliers et en exploite d'autres en y mettant des esselettes '°. Le rachat du Tonlieu, en I2q3, convertit le fief relevant du Comte en héritage ou franc alleu de la Ville. Le droit de pêche racheté du sire d'Assebrouk, devint un franc alleu de la Ville. 11 en est de même du terrain de la Grue, en 1292, dont le bourgmestre fut adhérité pour la Ville". Le fief d'Aishove, à Ramscapelle, est converti en franc alleu de la Ville, pour y établir sa tuilerie, en i33i ". Quand, en 1292, la Ville acquit du chapitre de St-Donatien la maison de Cruninghe,
I. VHE.fiS. ^ 2, G. nESjiARHZ.l. c. i.î. ^ .î, (;P. 87. — C. Uesmarbz. I.c, 2i. ^ 4. I. VI. aïo. ^ 5. CE, iv. 577. ^ 6. G. Desmarez, 1. c. i5. 22j. — Charte de Dr utes. rie laSl. ti- 22. WG, IV. 261. * 7. IJ. 358. ^ 8. G. UesmaruZ, I.c. 18S ^ Q. Plus haut. p. 04. II,3.i2. - Cou/, petites vi//es,y.i2. ^ 10. Ij. Ô.S4. ^ 11. Von documents cités à la page 04. note i. fi
LE TERRITOIRE
rue de la bride, pour y établir le L'oiitiôlc ou poinçonnage du drap, celte propriété ne lui tut pas accensée. mais passée « avec le trefons dessous « et convertie en « héritage » ■. Nous voyons acheter par la Ville, en 1204, une pariie de Hef, pour élie comprise dans la
Photosy^ de M. Jcr. De Crtiiick.
GÉRARD DAVID, peut-être v
20 (Eglise de N. D.^
nouvelle Halle -, et. en 1481, une cave sous la prison du Steeii '\ Le vivier que la Ville possédait bien avant 1281, était un franc alleu ; et le nouveau vivier qu'elle creusa, en 1293, près de St-Bavon, fut fait dans un terrain qui était un « héritage » de la Ville ■».
.CP, 11. 5i:I.T, 26.40,474 * -U
LE TERRITOIRE
Vers la fin du XI II"^ siècle, nous voyons la communauté disposant de biens compris dans le territoire de l'échevinage, soil en vendant à des bourgeois, à prix d'argent, des terrains à bâtir, soit en accordant des droits de superficie. C'est une autre manière de constituer en alleu urbain, une partie de territoire qui n'était pas occupée par des habitations.
La charte
vait pas la portée féodale du redite landchense ou leenreiilc. Nos censil simples débiteurs ; les biens, même hypothéqués, étaient à Bruges, de la i alleu, comme l'exprime l'acte de i48i,que nous venons de citer.
Tout cens à Bruges était rachetable, même « les cens fonciers et autres renies héritables et perpétuelz qui grevaient maisons, héritages » etc. Ainsi le déclare une pièce de 1466 ; et Charles-Quint vint encore défendre de constituer en Flandre des rentes non rachetables '.Même, le privilège du i^ Août i3o2 décrétait qu'on ne pourrait prélever droit de vente ou de succession ' : ce qui ne dura guère ; mais se rappelait-on la chaite de 1 127 et l'abolition de la directe ?
Le Steen féodal, tel qu'on le trouve à Gand, était inconnu à Bruges.
L' Encomiitm Emmae nous parle d'une « maison « royalement somptueuse à Bruges, mise à la disposition de la reine Emma, vers loSy, par Baudouin IV. Le récit de Galbert, qui nous reporte à 1127, ne parle que de « maisons hautes » et de la maison d'Isaac, qui était stitix fortis, mais qui n'est pas appelée doiniis lapidea ou Steeu.
L'on n'a le mot Steen qu'à l'état de souvenir, dans VOiide Steeu, rue au.\ laines ;
. ^ 2. WG, IV.
LE TERRITOIRE
dans le de 1270
BlHldou
Gi aven
; dansl nsde
Sieen, nom donné à la Loove, palais comtal au Bouig, dans un acte ;5/c'f», construit peiit-èlre sui l'emplacement du sGraven Steen de IVr. à l'ouest du Bourg =.
Les habitations des seigneurs sont désignées sous le nom de i/o/ (Hôtel, Cour), nom qu'on applique aussi à certaines maisons consulaires ou Hôtels de nations étrangères.
Peut-être l'ancien Hôtel deGruuthuse, existantavant 1290, près de la porte Ste- Ciitherine, et celui qui fut construit, à cette époque, près de N.-D., étaient-ils des habitations foititiées : nous n'en savons pas grand' chose.
L'Giid)i)arks castcel. ou Rosenbur^, rue Sie- Claire, avait bien jusqu'à un ceriam point, l'aspect d'une forteresse, et la carte de Marc Gheeraerts nous offre quelques propriétes.qui semblent avoir été plus ou moins défendues autrefois, mais ne l'étaient plus. Tout cela ne forme que l'infime e.\ception, et le nom de Steen ne leur est donné, à notre connaissance, dans aucun texte.
Le Biugeois, vers l'an 1 3oo. ne parait pas avoir été d'humeur à tolérer des forteresses dans sa ville, .lacques de Châtillion re.vpérimenta quand il voulut construire le « Château » près du Mirtnewater.
Nous n'avons pas à nous
cuper spécialement de la
Miistitution de l'alleu ur-
\Ojtigits lit Garni.
LE TERRITOIRE
bain, pur l'amoitissement aux établissements ecclésiastiques, qui ne leur assure pas seulement la liberté foncière, mais aussi l'exemption de tout service public.
On peut donc dire qu'à Bruges le territoire était allodial. Même les propi léiés dans les enclaves de la Prévôté et du Caiionicat restaient libres comme franc alleu. Nous ne trouvons que deux Hefs relevant de la Prévôté, consistant en rentes sur des maisons à Bruges; et le Ligger de iS^i parle, dans son litre, de juridiction, mais nullement de domaine, héritage '. Les actes de bail, concédés par les Seigneuries de la Piévôté et du
C.uionicat,ne parlent que de condiic- ' ~ ~ I lia, locatio, à prendie dans le sens
: Ju droit romain ; tandis que le mot ' iCimts est appliqué aux biens rulau.v -. Cela tient-il aussi à la remise Au censiis mansionitm, en 1127?
Nous ne tiouvons, sur tout le iL-rriione de Biuges que peu de Hefs en deliois du Bourg, et quelques tciiures dans notre banlieue. Ainsi, .|iielques comptoiis de changeurs, inféodés par le Comte ; le lonlieu de Dudzeele ou du maiché au poisson ; s tonlieus de Ghistelles non ra- Jietés en I2g3 : le droit de Giittc.
dioit de banalité, et l'Hôtel de Ciuulhuse, piés de N.-l)., jusqu'en i632 ; l'Hôlel de Ghistelles. jusqu'en 1349; l'Hôtel de Richebourg, Liigé en fief en iSyS, jusqu'en 1760; un tief, dcii Lrffinghfii muer, rue pi c-aLi-mouliii. Ajoutez à cela les iieize fiefs du Bourg et diverses (18..21. L-i. luiM .iu ,|ni,i l„.,^;c.l^)ct,.l,lv. reutcs foncières; trois rentes héié-
i'eii.iureàrii..iie p... Fio. v.,ii .^cke. . ditaires relevant de la Prévôté; trois
appaiteiiaiit a M. le Ciiiiite Hi-i wvn. . i i i
maisons rue de la plume et une. rue N.-l). ; quelques rentes liéiitables et une censé, en 1735, dans la Schottinne.slrael '\ Avouons que c'est peu.
Le Bourg resta le plus longtemps une terre féodale. Cependant la moitié septentiionale fut amortie à St- Donatien, par Thierry d'Alsace (+ 1128) et par son fils Philippe (1161). La place entre l'église et l'Hôtel de ville était au Comte, d'après la Keuie de ± I igo, article 17. Mais, en i3o4 et postérieurement, la Ville répare la Hofbruggc. Il semble que le Gliiselliuiis, plus tard Hôtel de Ville, appartint déjà à la Ville, avant 1282, car elle y fait des travaux. La Loove resta au comte jusqu'à sa vente au Franc de Bruges, en 1434. Le S^t'eH n'était que partiellement la propriété de la Ville de Bruges.
. Al.:
h. Evéché. Ubtr copiât.
^%^^i■. CP, !.. 74-75; A