‹ BrugesChapitre 24 sur 137 · LXVII.LXXIX · texte numérisé non relu

LXVII.LXXIX

LE TERRITOIRE

,i;*,,; La Ville avait un ensemble de propriéiés de nature allodiale, dont elle ne disposait pas en faveur dt-s particuliers. C'est ce qu'on appelait die aventure, soit l'ensemble de propriétés de la communauté, qu'on désignait à '^'pres sous le nom de Obstal (à Gand fjbstal), et sous des nom similaires, ailleurs.

C'est la terre exceptée et commune aux habitants, telle que l'appelle la Charte de la reine Mathilde.

Nous avons des lenseignements sur les places publiques et les rues. Aux termes de l'arlicie 20 de la Charte de + iigo, le marché était au Comte. L'emplacement sur lequel étaient construits la Halle avec le Beffroi, originairement terre du Comte, chargée par lui, en 1239 ', d'une rente au profit de l'Abbaye de Clairvaux, avait passé à la "Ville avant 1281. Cette rente figure encore au compte de 1789, valant alors 12 livres de gros. D'après le compte de 1281-2. la Ville perçoit le droit de place des détaillants sur la voie publique du Marché, aussi bien que dans ses locaux, comme la Halle =. elle y établit sa grue, en 1288, et y fait les travaux publics en 1282.

C'est la Ville qui, à la fin du XIII' siècle, fait tous les travaux au Marché du "Vendredi, à la place St-Jean, dans les rues; tels que travaux d'établissement ou de réfection aux pavages, aux puits publics, aux tuyaux de la distribution d'eau, aux ponts, à la Reie, à la Boterbeke, etc. Voir plus loin le paragraphe des travaux publics.

1, , / Un registre de i355 nous indique Vervachtechede de la

W , Ville de Bruges, en nous renseignant Syo locations de locaux,

^^ boutiques, parcelles de la voie publique et places aux marchés,

^^ occupés à rente annuelle par des industriels ou des étalagistes ■'.

La Ville faisait des expropriations pour la rectification de les Aiguiiies. 1 alignement ou pour 1 élargissement de la voie publique, pos-

Dessin d Illustration par sedait de vastes terrains, ou même en achetait, pour y établir

M.Flor.Van Acker. , , , „ ^ , : .

les esseletles (Ramen) ; nous la voyons autoriser des changements d'alignement, entre, autres, par un acte de 1434, oii il est dit qu'on pourra avancer la façade du Looden busse dans la rue Slipstock. sans aucune indemnité ni reconnaissance, soit à la Ville, soit au domaine ^.

Elle achète en 1294 et en i335 des terrains pour élargir la Cour de Gand : elle accense nombre de maisons à des particuliers, elle en retient d'aunes qu'habitent ses fonctionnaires, en concède aux Anglais, par exemple, pour y établir leur poids public ; possède des celliers, des corps de garde pour sa police, une maison d'aliénés, etc.

La Ville concède au métier des Tanneurs, en i3i6, l'usage de la place à laquelle ils ont donné leur nom ; mais lui défend, en 1468, de placer les armoiries de la corporation sur les murs de la place, afin de ne pas laisser obscurcir son droit de propriété ^

Les rues, les fossés, le Minnewater, le Zwijn, la Zuudleie et ses bermes, des terres à Damme, à Ramscapelle, les prés bannaux, les glacis de l'enceinte, la pêcherie, le chausséage ou droit d'entrée à payer aux portes de la ville, les étaux de la Halle, les maisons de Poids public, les étaux sous la nouvelle Halle, au pont du change et à la chapelle de St Pierre, les celliers, les marchés, les halles au beurre, des maisons au Burg, sous St-Basile, ou ten Wyngaerde, etc., la Halle de Bruges ainsique la maison de

lliH, II. 37.1 ; F. xm.

LES HABITANTS

l'éclusier à Damme, formaient V Aventure ou ensemble des piopiiélés de la Ville, qui était aussi de nature allodiale '.

Voilà donc comment s'est formée la propriété publique et privée sur le teriilone de l'échevinage de Bruges.

Ticg habitants.

nombre

d'iiabitants que

de deux

églises parois-

sans pa

rler des églises

1. La population. — Il est difficile de traiter la question du comptaient nos anciennes villes.

Pour ce qui concerne Bruges, l'existence certaine, en 961, siales, dans le centre de la ville actuelle, fussent-elles petites paroissiales suburbaines de Ste Croix et de St Michel, fait croire à une population ayant une Certaine importance -.

Ne tablons pas sur les douze mille décès de la peste, que mentionne, en 1006, une chronique écrite vers i5i2 '\

La ville de Bruges de 1 1 27 a été assez décrite plus haut, pour ne plus devoir l'être ici -f.

Je crois que l'hypothèse que j'ai

produite en 1884 ^d'un chiffre de huit

à dix mille âmes, pour cette époque,

n'est ni exagéré, ni trop restreint.

En rectifiant son erreur de cinq

paroissiales au lieu de trois, M. Van

Houtte pourra peut-être se rallier à

notre avis *, surtout s'il se figure les

espaces encore vides de maisons,

comme du côté de St-.Iacques, le Sa-

blon, et lenormité de la place du

Marché, allant du Vieux Bourg au

Théâtre, ainsiquela petitesse des neuf

dixièmes des maisons.

Phf/..g>.je.u..Vrh. Aux archives d'Ypres se trouve

La „.„ie ,i.s liandeis, iços. ^,,g g^jjg ^^ p^pg Innocent IV, du

22 mai 1247, adressée à l'évêque de Térouane, demandant à celui-ci, de lui faire rapport

sur divers points, notamment sur une demande du magistrat de la Ville qui lui avait été

faite, d'augmenter le nombre des paroisses, qui n'était que de quatre, ce qui était insuf-

sant, disait le Magistrat, pour une population d'environ 200.000 âmes ". Les échevins

n'auraient-ils pas exagéré? Un abrégé de dénombrement d'Ypres, de 1689, dit, qu'avant

le siège de i383, Vpres comptait 80 mille habitants. Cela paraît plus vraisemblable, et

semble mieux concorder avec la couronne de rues, qui entourait le fossé d'enceinte,

d'après une carte représentant la ville d'Ypres en i325-3o ".

Quoi qu'il en soit, on croit généralement que la population a été le plus dense, en

ni Brui^g:!'. .SV(ï/cr/? ([434-35) et son supplément, AA. 1. 38 3o. ^ .i. Ar». Ducios. h'nirl de GoeJf. ict. «fc s Analectes Vfirois, ùu même. 4Q. jjfe 8. AE v. 275.

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