‹ BrugesChapitre 25 sur 137 · DlBOBKlCK · texte numérisé non relu

DlBOBKlCK

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LES HABITANTS

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Flandie, dans la première moitié du XIV<^ siècle '. Or, le Transport de Flandre, de i3oq, qui fixe la force financière de nos grandes villes, porte le pourcentage de l'impôt pour Bruges à plus de i3 "/o, pour Gand à un peu plus de i3 "/» et pour Ypres à lo "/„ et une fraction. L'on y voit l'importance relative de notre ville. Mais qu'est-ce que cela dit, quant au chiffre de la population ?

La peste de 1438, dont parlent nos chroniqueurs et dont nous ne trouvons pas de trace dans nos documents ", aurait enlevé vingt-quatre mille habitants, soit le septième de la population ^ Si cela est vrai, il faudrait porter celle-ci à prés de 170 mille âmes, à l'époque de la splendeur de notre ville. D'autres chroniques donnent 1 5o mille habitants, vers l'an 1400, dont cinquante mille ouvriers inscrits dans les corporations, soit le quart de la population +. Il est vrai que l'échevinage était fort étendu, et que c'est peut-être de la population de celui-ci qu'on a voulu parler.

Mais pour toute l'époque de la prospérité de Bruges, nous n'avons que des ren-

queur

y a manque absolu de documents, fi.xant le chiffre des

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PORTE DES BALDFTS a BRLCES

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Projet (Cliché du

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Bruges, il est vrai, semble n'avoir jamais eu cette large ceinture de rues concentriques autour de l'enceinte, que nous montre la carte d'Ypres, citée tantôt. Il n'y avait de quartiers avec des rues, qu'autour des Annonciades, et à Schipstalle hors la porte des Baudets ; mais il y avait, sur le territoire de l'échevinage. ou contre sa limite, les paroisses de Ste Croix, Sie Catherine, St Trond, St Michel, St Bavon, St André, St Pierre sur la digue, Coolkerke. Toutes ces paroisses existaient au Xlll'î siècle. La population de la banlieue de l'échevmage peut avoir été assez grande. Les marchands étrangers, établis dans les hôtels et les consulats des nations, avec leurs familles, d'où le nom de naliehuh. donné encore aujourd'hui aux immeubles occupés par de nombreuses familles, peuvent avoir été comptés dans le chiffre de la population donnée par les chronique urs.

Les documents graphiques, que nous avons, sont de ± 1480 et de i562. Or, la dépopulation, dès 1417, plus encore vers 1440, et surtout depuis 1496 est certaine : elle est affirmée dans les documents 5, et

confirmée par les efforts que la Ville fit pour se repeupler *=.

Le Magistrat tâcha de contrecarrer la dépopulation en a

à la bourgeoisie. Ce droit était, en 1349, ^^ ^ livres parisis

laissant le droit d'admission il s'était accru, en i352,

^ 3. Mkver, Anu., 293 V ; Dbsp., ni. 418, etc. ; Kervyn, H. de FI., éd. 1847, II. ^ 5. Régi, de 1440, CB, l. 55o ; — 1496, ibid., 552. ^ 6. Voir plu

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jusqu'à 6 livres pour les Flamands et 12 livres pour ceux du dehors. Le taux d'achat de bourgeoisie était devenu uniforme pour tous, à 12 livres, en 1384. En 1417, l'on en était revenu au taux différenciel de 6 livres et de 12 livies, comme en i332, soit 10 ou 12 sous de gros. Le 24 janvier 1440, on abaissa le droit à 5 sous de gros, pour quatre années, en faveur de tous les gens de méiieis qui voudraient jouir du droit de bourgeoisie ; et la délibération dit que c'est parce que la Ville « a esté et est fortement desieure dépeuplé », par suite des chevauchées guerrières, et « afin quelle puist estre repeuplée plustost et légièrenient.» En 1450, le taux était remonté à 12 sous; mais, le 20 avril 1490, le taux fut de nouveau réduit à 3 sous de gros, itp hope de stede daerby te populenie '.

Ces mesures produisirent peu d'effet. Du 20 aoiit 1496 au 3 1 décembre i5oo, seulement 309 personnes vinrent acquérir le droit de bourgeoisie. Entre celte dernière date et i525, le nombre annuel des inscriptions ne dépasse jamais quatre-vingts.

Nous apprenons par une lettre « destat et atterminacion » de Maximilien et de Philippe, du 11 décembre 1494, que la Ville de Bruges avait exposé, qu'à la suite des troubles, son commerce est perdu ; que les navigateurs se dirigent vers d'autres ports ; que la Ville est endettée pour près de 600.000 écus et que son revenu n'est pfus que de 00 à 70.000 ; que nombre de bourgeois et autres habitants l'ont quittée et que de quatre à cinq mille maisons sont « vagues, closes et venans en ruyne ^. u

C'est dommage que nous n'ayons pas les dénombrements généraux, que nos comptes de 1480 et 1482 nous annoncent comme ayant été faits, en vue des approvisionnements de blé, pour éviter la disette, et en vue de la constitution d'une garde urbaine '.

Eti 1493, il y avait de quatre à cinq mille maisons vacantes ; or Bruges en avait un peu plus de huit mille vers 1379 t.

La mortalité moyenne de la paroisse de St .lacques était, vers le milieu du XV<= siècle, de 117, d'apiès les chiffres relevés dans les archives de l'église ; alors que maintenant elle est de 71, pour la paioisse consignée dans l'enceinte de la ville, mais qui s'étendait jadis jusqu'à Schipstalle.

Nous pouvons estimei-, au moyen des documents, que la mortalité moyenne des paioissesde N. D., de Si .lacques et de St Gilles, dans la première moitié du XV1<= siècle, s'élevait ensemble au chiffre de 35o cnvijon ; mais il est malaisé de tirer de ce chiffre des conclusions par lapport à la population de la ville.

Le lecL-nsemenl du 3o juin 037. en vue de l'impôt sur les foyers, suppute, pour la ville elle-même. 14683 foyers ^ Ne pourrait-on pas dire qLie ce nombre de foyers lepréieiiteiait aujourd'hui plus de 70.000 âmes ? Mais alors t

Si la population de la ville comptait, vers i33o, trente huit mille communiants, sans les religieux, les ecclésiastiques, les étudiants et les élèves en peinture", nous pourrions croire que la population, à cette époque, s'approchait encore de 60.000 âmes.

Après les troubles religieux le chiffre de la population diminue encore. Mais il ne faut pas oublier qu'à cette époque tombèrent les églises paroissiales de la banlieue et des environs de la ville et le quartier des .«Xnnonciades, hors la porte des Baudets ; et qu'ainsi la banlieue — les paellandeii — perdit une grande partie de ses habitants. Vers 1584, on constatait à Bruges 2q.ooo habitants, dont quatre mille protestants '. Ce phénomène de la chute du chiffre de la population, à cette époque, est général dans la Flandre maritime. Mais en 1699, d'après un dénombrement de cette année, on était remonté à 35.i56

I. I. IV, 4007 ; 14O-7. ^ 2. I. VI. 385. •)(> 3. AA, c. 1480, 1482. * 4. 1, vi. 386 ; — IJ. t(i. ^ 5. .Vem.nie Viin tien Cnmerr, 1536-37. fol.bl, apuii CE, IV. bii. jfe 6. Sandbrus, i^/., i//., 11. 5 b. g:i.. copié par Gramave. .•/«//jr. F/., 94 b, et par V.an Mâle, mi.4J2, Bibl. Brug., écrit vers 17J0, bl.9'. ife ;• GB, 29.

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âmes '. La population est supputée à 40.000 âmes, en 1722; elle n'était plus évaluée qu'à 26.000, en 1768 ^

Jusqu'à la Hn du XVIlle siècle, les dénombrements sont peu nombreux. Nous n'avons que les registres d'acquisition de droit de bourgeoisie, dont le plus ancien est de 1418, et les registres du droit d'issue. Les registres paioissiaux servaient d'Etat civil. Maigre l'initiative prise par les Archiducs, en 16/ I, ce tut seulement en 1732, que le Conseil de Flandre émit une ordonnance au sujet de l'Etat civil. La Ville chargea, en 175Ô, le curé de St-Sauveur, .lacques Roeis. de tiure le recolement des légistres paroissiaux et d!en dresser des tables. Son travail fut continué, en 1784, par Louis Caytan, curé de N.-D. En 1796 la tenue des registres de l'Etat civil devint une des attributions des administrations municipales.

En 1804 la population, la banlieue

fiiiicriui. lie Woiitei Coiîiniii, dcct-iie en

Cathédrale oe Hru^es

iJiot.),! mille publiée iiir M Artlmr Verliaej

Dim.mbrement cite par J. P. VaN Male,

Citheit , ^ 2. Requête 0

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étunl viiiuellemeiil supprimée — était portée, par TEvèque de Gand. h iiidis que les Etais la portaient à 5o mille, et l'adminisiiation du Dépar- '. De 32.990, en 1811, elle était montée, en i83o, jusqu'à

de réclievinai 30.826 âmes ; tement. à environ 35 41.472.

En 1841. l'on était à 46.020 âmes. I.a population de fait était montée à 5o.6g8, en i85o. Sauf la baisse de 1880-84, où la population descendit jusqu'au dessous de 48 mille âmes, elle a, depuis i85o, assez réauliéiement progiessé. Au 3i décembre r8c)8, avant les e.\tensions territoriales, la population était de 54.241 âmes. L'année suivante, avec les annexions de territoire, elle était nioniée à 55.q36. et, au 3i décembre iqoS, la population de fait était de 56.587.

2. Condition juridique de cette population. — Il faudrait se mettre ici à plusieurs point de vue. Des indications sur sa situation au point de vue législatif, administratif et judiciane, en matière militaire et devant l'impôt, trouveront leur place plus loin.

Le lecteur doit se souvenir, qu'avant le XIX^' siècle, la situation de la population pouvait difféier, suivant qu'elle habitait sur la juridiciion de l'Echevinage ou d'une .Seigneurie y enclavée.

Le territoire de la ville de Bruges a dij être occupé primitivement par de libres propriétaires, descendants des peuplades primitives et des Francs qui s'y étaient établis, vivant sur leur courtil, et reliés entre eux par certains liens d'une organisation agraire, se rattachant au.Y anciennes traditions germaniques -.

Mais nous avons vu la Seigneurie féodale d'établir. Dès la fin du IX<^ siècle nous voyons les vii i haeieditati, les optimales ; et à côté d'eux, il y a les serfs. Déjà très entamé, du temps de Charles le Bon, le servage' ne survécut pas au XII'' siècle, et Marguerite de Constantinople le déclara supprimé en Flandre, en i252 -f. Peul-éire pour-

-fol., im , ;>i.

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rait-on trouver sur notre territoire des tributaires : l'abbaye de Clairvaux peut y avoir eu des droits '. On y trouvait des manants de la Prévôté, qui étaient encore des hospites comilis, eii 1067 -. Cette diiecte disparut en 1089. Etaient aussi hôtes du Comte, tous ces gens venus de lu campagne, qui s'établissaient en ville sur la terre du Comte et y exerçaient un métier.

A côté de la richesse immobilière des propriétaires fonciers, apparaît au XI« siècle, hi richesse mobilière ■', Le marchand, qui pour la plupart du temps, s'était détaché de la population rurale, arrive en ville. Il est un être mobile, détaché de la terre, et par suite de son seigneur. Partout on le traite en homme libre. Ses propriétés sont sa barque, ses chariots, ses chevau.v de charge. Les serviteurs qu'il prend, lui sont attachés en vertu d'un contrat de louage de service, et ne sont pas ses serfs. Le Comte le protège parce

285, édition de Cologne, 1641.

qu'il paye les tonlieus au passage des rivières et des gués, au.v marchés. C'est lui qui fait écouler la monnaie que le Comte fabrique dans ses ateliers monétaires. Puis, il est seul à avoir les étoffes, les épices, les pelleteries et les orfèvreries, dans lesquels consiste le lu.ve du seigneur, et celui-ci pourra, en cas de guerre, équiper ses chaloupes en flotte. Ces marchands formeront une classe moyenne. Mais ils sont libres dès l'origine. Ils sont couverts par la protection du Comte et de la Municipalité.

Semblables à ces marchands sont les industriels, comme les brasseurs, les drapiers, les foulons ; puis les bouchers, les poissonniers, les banquiers et les changeurs ; gens dont les professions exigent des capitaux.

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Le fiiit matériel de celte coli;ibii;iiion en des demeures juxtaposées ; le lien reliaieux qui ijioupe ces gens autour de leur paroisse commune ; leur soumission à une même magistrature, qui ne peut tarder de s'établir : voilà les sources du lien social, qui deviendra de plus en plus foit '.

Nous constatons à Bruges, en i 127, l'emploi du terme cives iiostri, qui se trouve continuellenienl sous la plume de Galbert : ils agissent de concert. Nous y trouvons encore les scabini teriae ; un des seniores. qui parle devant le peuple assemblé ; les meliores civitim. \ei, opliiiiales ' ; et milites iiostri. Mais nous y trouvons aussi un cordonnier qui est désigné comme Htiif^ensis, c'est-à diie bourgeois, et des pauvres ■'. Ces Btirgenses et les citoyens, c'est tout un. Mais tous les Rrugeois n'étaient pas des bourgeois. Galbert parle des Burgeuses Brudgeutiiim 1. et il y avait des brugeois qui étaient « hommes de Gervais >i. vivant peut-être sur la Seigneurie qui ne fut incorporée à Téclievinage qu'en 1288. En II 27, tous les Brugeois habitant la terre du Comte devinrent des bourgeois, erfaclitige liedeu et propriétaires d'alleu, par l'abolition du cens foncier =.

Le lien social des habitants de la ville devait être assez accentué dès le XI« siècle, puisque nous constatons, au commencement du siècle suivant, que les habitants de Bruges possédaient bien des droits publics et politiques. Droits publics : d'être traités en toute circonstance, dans leurs personnes et leurs biens, par droit et sentence ; de

ne pas êlre distraits de leuis juges naiurels. désignés par chartes et coutumes ; de ne payer au prince que des impôts conseniis; de circuler et de commercer librement ; de se défendre. Droits politiques : d'intervenir dans l'inauguration du Comte ; d'être admissibles, sans être nobles, aux fonctions et offices municipaux '\

La Kcure de la Ville, donnée vers 1190, ne connaît plus qu'une sorte de personnes, toutes juridiquement égales ; et, de même, tous les manants des sections de la Prévôté et du Canonicat étaient d'égale condition, et tout immigrant pouvait y acquérir sa liberté.

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Cfr. VUE, 85. ^

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Mais bientôt des classes sociales se dessinent. Les marchands enrichis deviennent les majores, et ils vont s'emparer de tout le pouvoir ; les gens de métiers resteront les w/Hor^s. Les événements du commencement du XI V^ siècle, ainsique l'augmentation de la richesse générale, appoitèrenl de profondes modificatons à la situation, comme l'ascension des gens de métiers. ;i ladmiiiisl 1 ,ii mu locale; el l<obert de Béthune disposait, le 28 mars i3o6, quêtons Ks \..:\w^r,,\:, >i incinant dans l'échevinage de Bruges, gens de métiers ou autres, lusbcii! liants « aussi .ivanl li uns ke li autres ■. ■. Malgré cela, ils restaient les minui es, même dans le langage populaire, aui leur donnait .le nom de It'veretcrs. mangeurs de tripes '-.

La personnalité jinidique de l'iiahiuml élan étab Le droit de bourgeoisie s'acquérait par naissance.

par achat, pai- maim^f Ceu.\ qui avaient eubourgmestre, éche\'in.

conseiller ou Irésorici

qui

acquéraient le poortersclmp, par le tait mèirc.

Tout homme de méiicr.

habitant la ville depuis le mois d'août 1280, pouvait acquérir la bourgeoisie, en vertu de l'ordonnance du 28 septem bre I 280, moyennant cei taines formalités K La grande Charte de i3o4 stipule qu'on don tenu pour bourgeois de Biuges. quiconque, pendant un an et jour, habite comme justiciable dan^ les limites de la franchise de la ville, et y contribue aux assises et impositions-*. Mais on pourra acquérir bourgeoisie plus tôt, moyennant remplir

, r , . . . • = P/w/„::-r. ,ie .1.

les formalités requises ' et payer la ta.ve. On appliquait, par grâce, ces dispositions

Nos bourgeois virent, au XI IL' sié Le 20 septembre 1232, tous ceu

e, tomber plusieurs redevance ser des huit l'ierscares habitant l'é

, 1418-03, ap. CB,

^ 2 . Régi, du '.42o;CB. 1. 55:

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