iJ,i
! ; CB, I. 286. J07. <ji 9. CB, u. 72 ; I, vi.
LA COMMUNE
Toutes nos coutumes fuient codifiées dans le cahier primitif de la Coutume de Bruges, entre 072 et iSqj, et dans la Coutume homologuée, promulguée par décret du 26 août 1619, c]ui resta en vigueur, sauf rares modifications, jusqu'à la Révolution française.
4. Le foi- privilégié. — • Le droit du for privilégié consiste à ne reconnaître, sauf cas excepliiinnels. au civil et au criminel, d'autre juge que le tribunal de la commune, ou le tribunal des pairs, comme on pouirait l'appeler.
Le for privilégié éiait de droit commun, dans nos villes. Nous voyons affirmer le principe, tant en 1 127 et en 1128, que sous Marie de Bourgogne et dans la Coutume homologuée '. Etaient justiciables des Echevins. vers 1 190, même les marchands et les étrangers ^ Le comte était tenu de respecter cette immunité du for privilégié, et Philippe le Bel le rappela à Gui de Dampierre ^.
* Le régime des Centaines sous lequel nous avons vécu — le Capitulaire de Servais, 853, en fait foi t. — puis le régime domanial avaient fait place au régime seigneurial. Mais les hommes du suburbium, venus de partout, ne sont attachés à la Cour du Bourg ou des autres seigneuries par aucun lien féodal. La Ville naissante se soustraira au châtelain et devient une immunité. Bruges avait ses juges spéciaux, avant 1094 *.
Ces juges siégeaient sans doute au Bourg. Mais, la commune satfranchissant davantage, ils eurent sans doute leur v'erscare au Marché, notamment aux Halles. Ils rentrèrent au Bouig après l'incendie du campanile du Beffroi, 1280. cl siégèieiit au rez de chaussée de l'Hôtel de Ville, jusque vers la fin du XVH 1'= siècle.
* Le droit du for privilégié était complété par celui d'avoir une prison, un banc de torture, des fourches patibulaires.
La prison comtale du Steen servit à la Ville jusqu'en 1689, où ce bàiimeiit fut incendié. 11 fut cédé à la Ville avec le terrain sur lequel il était construit, en 1752, à condition que celle-ci recevrait dans ses autres prisons, les détenus et criminels de la justice royale °.
Il y eut, en i58i-), une maison de correction pour hommes, annexée à l'Hospice de la Maiielaine. Lllrlui ulnitie, en 1673. La Gouvernante des Pays-Bas y créa, en 1737, une AJdisnii d'ami uamunt, et le Règlement de 1762 l'appelle Maison fni te ^ .
Le Spiiihuis ou l'tditu'cn Raspliuis existait ceitainement vers le milieu du XVll"^ siècle. 11 lut installé, probablement en 1722, dans un bâtiment de la rue du Foin {toi Ooie), dont les façades nous reportent au type en usage vers i525. Ce bâtiment, encore connu sous son nom ancien, a servi de caserne jusqu'en 1862 *.
En 1671 eut lieu l'entreprise pour établir un Tuchthuis sur l'emplacement de l'ancien Pciii(i des Récollets '^. où l'on construisit, en 1861, la piison cellulaire.
: Le droit de haute justice est prouvé par le pilori et les fourches patibulaires.
On dressait des échafauds pour exposition publique au Bourg ou au Marché,
et au-dessus du coupable on affichait la cause du supplice, écrite en gros caractères
sur un parchemin cloué sur une planchette '°. Mais, en outre, Bruges eut deux
piloris permanents, l'un au Galgereld, à St-Michel, qu'on vcit sur les cartes de
1. GP, q6 97; 148; - I. VI. 124. :Mt. 26; en. 1. 17, tiliel. ^ 2. CB, M. .>=q. ^ ô. CB, I. 240. 271. 273. ^ 4. BCRH. 1807.01. ^ 5. Cai/„r Heigurs S/ U'iiwi:. c.iit. F.iiiul,. I. 80. ^ 6. liEAUC, Ptmschc, 157-S ; RDH. m. 19 ; CB. 11. 740 ; GB. 5o. ^ 7. Atni. Soc. dh(st. et dm-cliM. di Cnud. ht. 197. 190; IJ. 16 ; AE, XLVm. 3i3; CB, II. 749- * 8. Auu soc. Hisl. et Arcluol- de Garni, m s63. ^ 9- G*IL., Krott.. 277. * 10. Textes du XV' s., 1, 11. 421 ; v. 255-256. 319. 525.
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Pourbus et de Sanderus ; l'autre, au Marché, au coin de la Nouvelle Halle et de la rue de la Bride. Celui-ci fut reconstruit, en 1435 ". C'était une estrade longue de vingt pieds, avec balustrade, garnie d'une double échelle, et surmontée d'une croix. Elle portail un poteau, sur lequel s'attachait l'écriteau avec le nom de l'auteur du crime ou du délit, et l'e.vtrait de la sentence. Ce pilori était décoré de peinture et de dorure. On l'appelait de Stoc, parce que le criminel y était e.vposé avec les pieds dans le bloc ou stoc cadenassé. On enlevait le pilori quand il y avait de grandes fêtes au Marclié ; ainsi, à l'occasion du Pas de l'Arbre d'or, en 1468 '.
P/„.l ,/,■ M. J.r. />•■ ln„,„.k
d"après une aquarelle du XVIII' siècle, appartenant à M"* Vander Meersch-Vander Hofstadt.
Le pilori fut reconstruit au XVI'' siècle.
Nous en avons le dessin tel qu'il se trouvait au coin sud- ouest de la Waterhalle, d'abord sur la vue cavalière de la ville, de i562, puis sur une gravure de Sanderus, tout autant que sur une gravure du XVII1<= siècle, reproduite par Gailliard, dans sa Revue pittoresque ; mieux encore sur la première planche du recueil de .l.-B. Rudd. C'était alors une construction en pierre, à double escalier formant un vrai perron, avec porte de cave, et au-dessus duquel se' trouvait accrochée, sous la corniche du bâtiment, une tribune couverte en bois.
C'était là le Perron de Bruges, signe de sa puissance et de sa juridiction, comme celui de Liège, que Charles le téméraire lui enleva, en puniton de sa révolte.
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I.es exécutions capitales par le glaive, se faisaient d'ordinaire au Bourg, devant le Steen, quelquefois au Marché; rarement au Sablon, comme cela se fit en 1 127, ou hors de la porte de la Bouverie, comme cela s'est fait en 1280. Mais c'était au Marché qu'on appliquait les autres supplices. C'est là que nous voyons rouer, et appliquer la maïque au fer rouge sur la joue, trancher le poing qu'on cloue au Stoc etc. '. Quelquefois, pour certains faits très scandaleux, la coupable était promenée par la ville, sur une charette, et on la marqait au fer rouge ou la flagellait, au Bourg, au Marché et à certains carrefpurs ^. La pendaison était appliquée quelquefois au pilori du Marché, quelquefois devant le Steeti.
'■' Les fourches patibulaires du haut justicier sont d'ordinaire à deux piliers et le nombre des piliers augmente jusqu'au Duc, qui en pince iiuit -'.
L'on croit trouver la trace - de nos plus an-
ciennes fourches ï patibulaires dans
le nom de Galgeveld, que portait encore, à la fin du XVI Ile siècle, l'endroit iui nord du Bourg, où Roliert le Frison
Hi\i ià '^^'^ i < s#«"» ?f?.5 m
•V» lifllH
P/wl. de il/. Jir. De Coninck.
Côté septentrional de la Grand'Place. — La chapelle démolie en 1786. D'après une aquarelle, a
construisit, en 1080, l'église de St Pierre, devenue plus tard la
jhe loiulée avant 01 Cliapclle dcS fa-
iruuiimse. bricants de Chau-
delles(//('/A:ef/-.vkcn)''. C'est peut-être à l'occasion delà construction de cette église que les fourciies patibulaires furent transférées, hors la ville d'alors, au Sablon, notamment à l'endroit oij le Hangwarghstrate { 1299), actuellement Hauwerstraat. rue de la iiàche (!) nous rappelle la potence 5. L'emplacement du juvenat des Pères Capucins était encore connu, parmi le peuple, il y a trente ans, sous le nom de Galgenhof. C'est là que Benkin fut roué, en 1127^. Un acte de 1261 ' nous apprend qu'en cette année, les fourches patibulaires étaient déjà transférées hors de la porte de la Bouverie, derrière la Madelaine, dans la paroisse de St Michel, à peu près au point central entre les églises de St André, de St Michel et le château de Tilleghem. C'est là que nous les font voir les cartes du Franc de Bruges de Pourbus {i56i-i6oo) et de Sanderus. Elles y restèrent jusqu'en 1795. L'emplacement est encore connu. Le Galgemeiilen qui s'y trouve, a été incendié, il y a trois ans. La toponymie de St-Michel conserve encore le nom de
VI, m ; GG. 627. etc. ^ .69,, 44. ^ 4. VS, AE, :
Angvjarchsirate. * 6. C
..H.deFl.,n. 20; -1,11. 421; m. 11-12; y. 4^ n. 352. ^ 3. Phil. Wjblant, CommenlarieH 1 24. — Cfr. plus haut, pp. 17. 28. ^ 5. IHd. ; . ^ 7- AA.Evêché
481 ; VI. 352 ; - CB, il. i38 ; I, m. aci ; v. 8l-!5; m y. B. de CUrck op de Leen-rec/ilen, Ginl,
GT, 388 ; C, 1291 : H anc-Mar strate ; C, 1207
Galgeveld et de Galgeweg, et le Kaakstraat conserve le souvenir tiii pilori qui s'y trouvait, et qu'on voit sur les cartes anciennes. Les fourches patibulaires de la Seigneurie de Tilleghem se trouvaient un peu plus à l'ouest des fourches de Ri ut^cs, au sud du couvent des Chartreuses.
Nos fourches, d'après le compte de 1450, étaient une construction en maçonnerie et en bois '. La tradition rapporte que les deux piliers en pierre, du XVI' siècle, à l'entrée de la première maison de campagne, passé la ligne du chemin de fer actuel de la Flandre, sur le pavé de St-Miciiel, proviennent des fourches patibulaires de Bruges. Cette tradition est admissible, vu les profils de ces piliers. Les graphiques des cartes de Fourbus et de Sanderus semblent ne nous montrer que des potences en bois. Mais ces dessins nous rappellent les potences postérieures au temps des Gueux, pendant lequel tout fut ravagé, autour de la ville.
Les corps des suppliciés étaient, d'après le cas, enfouis dans le champ de la potence, par les soins des religieux de l'Hospice de la Madelaine, ou enterrés au cimetière de l'Hôpital St-Jean. On transférait, en général, au champ de la Madelaine, les corps de ceux qui avaient éié suppliciés ailleurs ^.
Le Hangeman suspendait à la potence, les cadavres des suicidés \
3. Le sceau. — La possession d'un sceau est considérée, par plusieurs* comme une simple conséquence de l'existence collective de la communauté organisée, et de la reconnaissance de sa double indépendance judiciaire et administrative. Peut-être était-ce un droit féodal et un symbole de la délégation de la puissance : la commune pouvait, en eti'et, perdre son sceau pour forfaiture. Gui de Dampierre appliqua cette peine au.v XXXiX de Gand, en 1297; Termonde la subit, en 1410 et en 1411. Le Franc de Bruges, qui avait son sceau, en 1272 et en 1294, n'en avait plus en i3i7, et n'en obtint un que de Charles-Quint, en i532. Est-ce qu'il y avait eu bris de sceau et suppression d'un droit? La question est obscure. 11 semble que Bruges avait son sceau vers l'an 1000 ■•. D'où lui venait son sceaux Apparemment du comte; mais nous n'avons pas le diplôme de concession. On lit pourtant de ces diplômes. Nous connaissons un acte de la lin du Xllh siècle, par lequel Robert j' Artois concède à la Ville de St-Omer d avoir un sceau, pour en garantir les contrats qu'elle conclurait ■\ Pour Bruges même, la charte de Philippe de Thiette, autorisant, en i3o5, le bris de l'ancien sceau et l'emploi du sceau nouveau, que la Ville avait lait graver, semble nous montrer la nécessité de l'intervention princière pour que la commune pût s'obliger sous la garantie de son sceau ". Les solennités qui accompagnent l'annulation du sceau ancien et l'intervention, de par le comte, des abbés de St-André, de l'Eeckhout et de Ter Doest, du prieur des Frères Prêcheurs, du gardien des Frères Mineurs et du doyen de la chrétienté de Bruges démontrent l'importance de ce fait du changement de sceau '.
D'après le Statut de 1298, le grand sceau ne pouvait êlre apposé sur une obligation, sans le consentement des Bourgmestres, des Echevins, des Conseillers et des Vingthommes '\ Damhouder dit qu'on ne pouvait l'utiliser qu'en vertu d'une autorisation du Prince, et en présence de son BaïUy, de l'Echoulète, des deux Bourgmestres, des Echevins, des Conseillers, des Trésoriers, Greffiers et Pensionnaires et des neuf grands doyens. Un des vœux que la Ville de Bruges exprime, le \' juin 1488, c'est
1 1 V i-1 * ■: I II ,121 • V. J2-. * J. C. I3S2, I. 111. 202. * 4- C«»s>. «'c/Uol. de Briigts. iSS". 199. ^ ô. GO, 4J9-
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de voir stipuler, qu'il ne pourrait être apposé qu'en présence des dix-huit grands doyens '.
A la fin du XI Ile siècle la garde du sceau élait confiée à un échevin et un
Rue d'argile (Leemput). Effet de neige. Tableau de M. Ch. Rolsseac, iSgS.
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conseiller, crées « seilleuis :> (sigilliferi) par le collège échevinal '. Mais Marie lie Bourgogne reconnut, en 1477, aux neuf grands doyens des métiers d'avcjir chacun une clef de la Trésorerie, où sont renfermées les chartes ; et celle-ci ne pouvait être ouverte qu'en leur présence et en celle des chef des sections ^ Or, nous savons par Damhouder que le coffre des privilèges contenait le grand sceau aux obligations de la Ville, et il décrit les solennités employées lors de son extraction. La nature même de la charte de Marie de Bourgogne, qui remettait en honneur l'influence des métiers, semble prouver qu'il ne s'agit ici que du rétablissement d'un droit ancien, datant peut-être, comme on semble le croire, de l'époque de la bataille des Eperons d'or ^.
La Ville de Bruges n'avait d'abord qu'un seul sceau. Nous trouvons pour la première fois la menùon ad causas, s\.w le secret du sceau, en 1289, et, sur le sceau même, en i3o5. Quant aux moXs ad coniractus, il se trouve, pour la première fois, dans l'exergue du sceau gravé en cette dernière année.
La Ville de Bruges eut donc vers la fin du XI II"; siècle deux sceaux différents. Le grand sceau fut appelé :[egliel van verband, ghcmeenen ^egltfl. commun sail, sigillum communitatis ville brugensis, sigillum. scabiiwrum et burgetisium ville de lirugis ad contractus.
Le second sceau était dit fl<^ causas. 11 s'employait dans les atiaires oïdinaires.
Le premier n'était employé que lorsque tous les citoyens de la Ville s'engageaient solidairement, sur tous leuis biens et ceux de la Ville. De là toutes les solennités qui iiccompagnent son extraction des archives, où -il était conservé dans une boinse iichement brodée, enfermée elle-même dans un coffret à plusieurs serrures. Même, on lui fit. en i33i ime custode en argent.
Chacun des sceaux avait son « secret » ou contre-scel.
La « Communauté » de Bruges eut, de i3o2 à i3o5, un sceau qui était fait à son nom. C'était le grand sceau de la Ville de 1 3o2 : SIGILLVM CVMMVN1T.A.T1S VILLE BRVGENSIS. A partir de i3o3, le grand sceau est intitulé, SIGILLVM SCABINORVM ET BVRGENSIVM DE BRVGIS. Au cours du XIV^ siècle, le collège des chefs-hommes des six sections confirme les chartes, n'ayant pas de sceau commun, comme il le déclare, par le sceau ad causas de la Ville (1357) ou leurs sceaux personnels (i382); et les cinquante-quatre corporations de métiers, par les sceaux de chacune des corporations. Le troisième banc authentique donc les pièces par soixante sceaux, et par celui des échevins, qui représente toute la Commune.
Nous connaissons successivement quatre sceaux aux obligations. Les notes suivantes rectifient, en plusieurs points, ce qui a été écrit jusqu'ici ■'.
Le premier se trouve à une charte de 121 1, et, sauf variantes aux créneaux, à une charte de i23i. II représente un château-fort assez sommairement dessiné, avec pont de bois à dextre, et deux enseignes à la fleur de lis. Gravure, p. i23, d'après la charte de i23i, où le revers ne porte que des empreintes de pouces. Ce sceau semble remonter à la fin du X« siècle 5.
Le second, très artistement gravé, dont nous donnons la photogravure, en grandeur, se trouve une première fois à une charte de 12G4. Il représente la Loove
I AA, c.
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ou le Ghyselhitiis. L'écu fascé au lion apparaît, au-dessus du poiil ; mais i seulement de six pièces. Contrescel : cliàteau fort à porte en ogive, avei accosté de deux fleurs de lis.
Le troisième date de i3o2. Ici tout chaiii,'e. 11 esta l'écu de Bruges iuiit pièces, au lion rampant, couronné et colieié d'une croix. L'écu est ; trois lions rampants, et est tenu par deux mains. Le contrescel est au.\
1 est fascé c donjon.
, fascé de iccosté de armes de
BRVGEN.SIS. Le
Bruges. Il porte en e.vergue : SIGILLVM COMMVNITAïlS VILLK compte de i3o2 est muet sur la confection de cette œuvre de gravure.
Le quatrième sceau fut fait en 1304. Son exergue nous apprend qu'il sceau (( des Echevins de Bruges ». Le graveur est appelé Jan de :;eghelmakt Jan Inghebiecht. On y employa l'argent du sceau de i3o2, mais il fallut ajouter du métal. Le coût fut de 25 livres q escalins.
On payait bien les artistes. En i3oo, un messager pour Rome, avait pour frais de route de trois à quatre livres parisis et autant au retour.
Ce sceau, que nous reproduisons en grandeur, d'après un lavis '. donne une tière iilée de l'habilelé du graveur. Remarquez la forme élégante des lions, des deux mains qui tiennent l'écu, des redents à l'intérieur du champ. .Te crois qu'on trouverait difficilement quelque chose d'aussi beau. Le contrescel du grand sceau reproduit le blason de la'Vilie. Celui ci a été renouvelé par l'auteur du grand sceau, en i3i8. Ce contrescel est aussi très beau. La matrice du sceau est Conservée aux Archives de la Ville, dans une bourse en peau de chamois. On fit, en i3o5, une cassette armée de fer à trois serrures pour le contenir, laquelle fut remplacée par une custode en argent, en i33i.
* Le sceau ordinaire, nommé sceau ad causas {^egel ter ^alceit), était confié au Greffier criminel. En 1294, on fit un coffret pour le garder ; plus tard il était renfermé dans une bourse en cuir, qui fut remplacée par une cassette, en 1443.
Celui qu on employait en 1289 portait l'écu au blason de la Ville ; mais son
Philogr. de M. Jéi
fi(itogr.
Tfoii
De Coninck.
\ appendu à la charte n° i3, de l'Hôpital St-Jean (diamètre o,(
: quelques exempla
déposes après
liché qu
nous aonnons.
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conlre-scel représentai! la porte coulissée avec poiit-levis rabattu, flanquée de deux tours et surmontée d'une tourelle ajourée.
Un autre sceau ad causas se trouve à un acte du 3 février i3o5. Nousy voyons l'écu fascé de huit pièces au lion rampant à de.xtre. Au-dessus de j'écu, un lion rampant ; aux flancs, deux lions rampants, adossés. L'écu de l'avers se retrouve dans le contre-scel.
Vers l'an 1430, la Ville fit f;r:iver un nouveau sceau ad causas, dont la matrice
en argent est conseivee a très beau. L'écu de Bruge
un manche en bois. Ce sceau est un ange aux ailes éployées, tenu en bas par un homme couché, et accosté de deux lions rampants adossés. L'inscription est en gothique minuscule. L'ange au-dessus de l'écu se voit ici pour la premièie fois. Le contre-sceau leproduit l'écu de Bruges, porté par un ange assis, aux ailes abaissées
Le contre-scel a été renouvelé en iSiyet en 1684, et approfondi, avec le sceau lui-même, en 1628.
Les comptes de la fin du XI 11^ siècle et du XIV<^ nous apprennent que la Ville faisait faire souvent des signets et des sceaux, moins importants que ceux que nous venons de décrire, à l'usage des Bourgemestres, des échevins et des employés de la Ville.
L'on sait que les échevins scellaient les pièces ordinaires par l'apposition de leurs propres signets.
Ceux du XIV'^ siècle que nous possédons, sont très beaux.
* Les variations, que nous venons de signaler, et d'autres encore, que nous ne pouvons développer ici, démontrent quelle profonde évolution s'est produite dans l'auionomie communale, entre 1280 et 1304. Nous avons vu apparaître les armoiries de la Ville de Bruges, sur le second grand sceau (voir p. 124) qui semble être gravé vers le milieu du Xllh" siècle. Le lion rampant à dextre est posé sur un écu fascé de six pièces. A partir de ± 128g, l'écu est fascé de huit pièces et le lion est couronné. Depuis lors ces deux éléments sont fixés. Le lion est colleté d'une croix pour la première fois sur le sceau aux contrats, gravé en i3o2: cet élément est permanant depuis lors. L'approbation du sceau de i3o4, par le comte, fixe ces armoiries. Les fasces de l'écu de Bruges sont d'argent et de gueules ; le lion est d'azur ; il est armé, lampassé, couronné et colleté à la croix d'or. Le Maître d'armes de Charles-Quint le décrit ainsi.
En 1600, en vue d'une joyeuse entrée, les peintres avaient timbré l'écusson de Bruges, d'une couronne ; et ces blasons étaient restés appendus à l'Hôtel de ville,
LA COMMUNE
D'où procès intenté par le Roi d'armes, en 1686, jamais obtenu de concession semblable, ce qui i386et de 1616 '. La couronne timbrant l'écu dispai [) couronné resta. Nous en parierons tantôt. Nous tenants, dès liib ^
qui soutenait que Bruges n avait
était exigé par des placards de ut à la suite de ce procès ; mais le tiouvons le lion et l'ours comme
L'invasion française fit cesser l'usage des sceaux armoriés. En 1817, l'administration communale demanda la vérification et le maintien de ses anciennes armes. Un décret du Grand Conseil de la Noblesse, de La Haye, du 20 octobre iSiq, vint déterminer l'écu traditionnel: fascé d'argent et de gueules, de huit pièces, au lion rampant d'azur, armé et lampassé de eueules et couronné d'or. L'écu est timbré d'une couronne avec le h d'or. Tenants: à dextre, un lion d'or, armé et lampassé de gueules : à senestre. un ours rampant, au naturel, accolé d'argent.
Sous le blason, en devise :
S, P. Q. B. Un arrêté royal du 26 février 1842 vint confirmer cette concession ; mais il ajoute le détail qui avait été omis en i8ig: le lion porte au cou une croix d'or ; et le cordon portant les lettres S. P. Q. B. en or, est d'azur.
Le sceau en timbre humide fait en 1842, d'après ces données, fut remplacé en i885, par un joli timbre gothique, à exergue en flamand, qui est en usage depuis le mois de janvier 1886. Le [j couronné y est interprété de la bonne façon.
La Ville avait encore, à partir du XIV^ siècle, des poinçons pour marquer sa vaisselle plate, des :{egeltanglien, looij'yers pour le drap, la cire etc. Elle avait des méreaux ; comme elle avait des plaques pour ses agents. L'on peut en voir de belles collections au Musée archéologique et au local des Archives.
Le b, comme emblème de la Ville de Bruges, figure dans nos textes depuis i385, sans mention de la couronne ; et avec mention de la couronne, depuis 1468 ■'. On le mettait, en 1468, sur les pennons, sur les bannières, sur des barils de poudre, sur des engins, sur des chariots de la Ville, sur les livrées des agents, dans les décors des rues. Au XV« siècle, on voit souvent employer ce sigle, sur les costumes, les barillets de poudre, les pennons, etc. ensemble avec la croix de St André, emblème de la
ologiqu
Lav.s d (grande
.4E,Lvil. ,eo-itQ.*2.Plu
, fol.ç9* 3. GT,
LA COMMUNE
maison de Bourgogne. On le voit apparaître, en semis, soit seul, soit avec le briquet et la marguerite, sur des tentures décoratives '. Depuis le XVIt^ siècle, comme nous l'avons dit, le (| couronné figure au dessus du blason de la Ville.
Comme suite des émaux de l'écu de In Ville, les couleurs de celle-ci sont le blanc, le bleu et le rouge. Ces couleurs sont mentionnées comme telles, dans les textes, à partir de 1.140.
Les faîtières des tentes de nos milices étaient, au.x termes du compte de cette année, recouvertes de serge de ces couleurs. On en vêtait, en 1463 les gaiçons qui accompagnaient le Magistrat allant audevant du Duc. Vers la même époque nos piquenaires et nos hommes d'armes étaient vêtus aux mêmes couleurs. A la fin du XVc siècle, les bannières et les pennons au.x armes de la Ville étaient bordés de franges, aux trois couleurs. Le décor ivec des pièces de drap rouge, bleu et blanc ^.
Rouleau
des Halles
6. Droit de Inninicrc. — \ partir des Croisades, les chevaliers bannerets levèrent la bannière carrée ; les bacheliers portaient le pennon. Les communes, entrant dans la féodalilé comme barons collectifs, levèrent également la bannière, de grote sindaliiien baniere van der stede wapenen, et portèrent des pennons, aux armes de la \'ille et au sigle du b soit avec, soit sans couronne •'.
Les métiers, comme sous-vassaux de la commune, portèrent également bannière ; mais .Jean sans peur leur défendit d'arriver avec leur bannière au Marché, avant que celle du Comte ou du Duc n'y fut déployée, et de la porter dans la Ville ou l'échevinage, sans son mandement spécial (1407) *.
Bruges faisait porter sa bannière par uti de ses sergents ou pas un scenewelter monté, derrière celle du comte, dans les expéditions militaires. Les métiers la suivaient avec les leurs, les corps armés municipaux avec des bannières aux armes de la Ville. Les cominunes du plat pays, dont Bruges était chef de sens, devaient suivre sa bannière.
.*,i.or.;.ô-38.*4.i.
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Le Franc était considère comme sous- vassal de Bruges. Ce ne fut qu'en 141 1, que fut reconnu le droit de hannicre '.
7. Dr Dits et devoirs militaires. — Les châtelains avaient droit de château ou manoir fortifié. Ce droit correspondait à celui de haute justice. LaVille de Bruges a pu èlre considérée comme un châtelain indépendant de la chàtellenie. ou métier de Bruges, dés le moment qu'elle eut sa magistrature à elle, ce qu'on peut placer peut-être au X"^ siècle. Celle indépendance de la chàtellenie est fortement établie par la concession simultanée de Keures à la Ville et à la châtellenie du Franc, vers 1 iqo.
P/wtogr. de M. Jér. De Coniuck. 190D.
Le chœur de la Catl.éd.ale. vue prise vers le nor.i-ouest. La Villc avait SCS
portes, parce que son territoire était inviolable. Quand Louis de Nevers imposa à Damme sa charte de i33o, après la soumission de cette Ville, il stipula que si jamais on fortifiait la 'Ville, les clefs de la ville et celle-ci devraient être mises à sa disposition, dès qu'il le requérerait ^ Nous ne connaissons aucune disposition semblable, en ce qui concerne Bruges.
La faculté de défendre l'enceinte communale est considéiôe comme un devoir collectif des habitants.
Ne faut-il pas voir l'affirmation d'un droit de la cité dans ces mailles de Bruges, frappées au XII^ siècle, qui sont au guerrier à pied armé d'une épée levée et défendu par un bouclier ; comme aussi à la présence sur le plus ancien des sceaux de la commune, d'un homme armé défendant la porte de la ville 1
Nous avons écrit à la page 82 l'histoire des fortiticalions de la ville. Voilà le fait. Examinons la question du droit de fortifier, et voyons-en les évolutions. Nous verron^ que le pouvoir central a conservé la haute main sur le droit de fortification, et l'a surtout considéré comme un devoir incombant à la communauté.
Cout. pet. villes, n.
128 LA COMMUNE
Le Bourg fut fortifié par le comte, au dire de la tradition, vers 870. Galbert nous décrit ses fortifications, en 1 127 28. Il était encore, vers 1 poo. aux termes delà charte, une forteresse que généralement on ne pouvait traverser armé '. Ce Rourg devait être démantelé en grande partie à la fin du XI II"^ siècle ; mais il eut bien longtemps encore des portes, dont nous voyons encore les entrées de serrure à l'ouest de la Prévôté et dans la rue de l'Ane aveugle. Nous ne savons quand a été comblé le fossé au nord et à l'est. La Keitre de 1281, qui n'était cependant guère libérale, ne parle plus de la défense sur le port d'armes dans le Bourg. Vers ce temps, la grande commune — die meentiicht — n'aurait supporté que difficilement la présence d'une forteresse du prince, dans ses murs. Aussi, quand Philippe le bel ordonna, en i3oi. de construire, à ses frais, un château-fort entre le Béguinage et la rue Ste-Catherine. la commune considéra-t-elle ce fait comme une grave injure. 11 ne put achever cet ouvrage =.
C'est le Comte — toujours d'après la tradition — qui fit les premiers travaux de défense autour de la bourgade, au X<= siècle, à laquelle il aurait cependant concédé une magistrature spéciale.
En mars r 127, après l'assassinat du bon Comte Charles, les travaux de défense de la cité sont ordonnés par le Prévôt, qui était chancelier de Flandre, et dirigés par le châtelain Haket. Mais nous voyons aussitôt comme une évolution se produire, et l'ordre d'assiner la défense de la bourgade est donné par des bourgeois de la ville, le châtelain Haket étant de la famille des conspirateurs ; et, en 1 128. Gervais étant châtelain, ce sont cependant encore « nos concitoyens » qui s'entourent de nouveaux fossés \ Galbert désigne-t-il les échevins pai- ces mots « nos concitoyens « ?
En 12Q7. après avoir confisqué la Flandre et avoir déclaré le Comte déchu de ses droits, Philippe le Bel ordonne, par Raoul de Necle et ses barons, de creuser la grande enceintede Bruges ■<. Mais même de 12973 i3oo. c'est la municipalité qui fait les expropriations, les travaux de terrassement, la construction des portes, bastions, etc., soit de ses propres deniers, soit en imposant des corvées. Voir ci-dessus, p. 85.
La commune était propriétaire des remparts et des ouvrages de défense C'était elle qui devait les entretenir et pouvait les améliorer. Il lui arrivait d'envoyer se renseigner ailleius. Ainsi, en 1480. on envoya à Ypres, pour voir comment on v faisait des ouvrages en claies [thtinen). et amener de là des ouvriers spécialistes en ce genre de travail. Pour couvrir la dépense, le magistrat recourait, si ses ressources ordinaires ne suffisaient pas, à l'emprunt, à des impôts variés et temporaires de consommation, même à une contribution foncière, appelée l'huseghell. ou à la loterie. On tenait souvent une comptabilité spéciale des travaux de fortification, et. au XVI<= siècle, les travaux de cette nature étaient dirigés par la Chambres des fortifications, qui participait aux réunions de la grande commune, quand il s'agissait de la défense de la ville.
II fut établi, en 1668, un impôt de deux gros par lot de vin, au profit de la fortification, pour six ans ; et cet octroi fut prorogé.
Plus tard, quand existèrent les armées permanentes, c'était souvent les chefs de celles-ci — ainsi le Maréchal anglais, en 1672 — qui demandaient à la Ville qu'elle mît ses fortifications en état de défense suffisante.
La démolition des fortifications était une des punitions les plus infamantes imposée à une commune.
. CB. I. 191. art. 17 ; WG, li. 420 ; cfr. plus liaul, p. 100, ^ 2. PAC. 17. ^ 3. GP, 44. 43 ; i.nS. i5o. ^ 4. PAG, 6.
LA COMMUNE
Friince, en ir^S. poui ave de 1 établir ses poites, qu'
■ni, en i3oi. de la part de Jacques de Chàtillon '. Nos it)iis faites en i3o2, par ordre du Magistrat; elles ne (niantes -, Bruges la subit encore, de la part du Roi de msgressé la paix d'Arqués^. Elle n'obinit la peimission
Notre ville fut démantelée en 1782, à la suite d'un décret de Joseph II ', La commune avait ses arsenaux. A la tin du XIII2 siècle, les « bombes de la Ville » se conservaient à l'Hôpital St-Jean. L'arsenal près du Béguinage existait avant i336.
LA COMMUNE
On l'agrandit, par la construction d'un nouveau bâtiment commencé en 1420 et achevé en 1423. Au cours du XVl*^ siècle, il y avait des dépôts d'engins, de munitions et d'armes dans les caves de l'Hôtel de Ville, à St-Basile, dans la maison de i'abbave de Ter Doest sise au quai de la Potterie, à labbaye de l'Eekhout ; à la Poterie. Au cours du siècle suivant, des dépôts e;(islaient encore au Waterhiiits. dans les tours du Minnevvater. dans les combles de l'Hôtel de Ville.
En 1782 fut vendu publiquement l'arsenal de la Vigne, avec toute l'artillet^ie et les munitions de la Ville qui s'y trouvaient.
Le droit et le devoir de défendre l'enceinte incomhail à la bourgeoisie. La commune conservait avec uii suin jaloiLV les clefs de ses portes, qui, au dire
de Damhouder, étaient aux mams des chefs des Sections. Elle admettait dans ses murs seulement ceux qu'elle voulait bien y laisser, entrer. Elle ne pouvait être contrainte à accepter dans ses murs, des troupes ciiangères aux siennes, ni même des garnisons vovales.
Tout cela s'indique déjà, en 1 1 27- 1 128.
Gervais, qui était déjà considéré
comme châtelain de fait, à la place de
Haket, quoiqu'il ne fut investi que le
2 avril 1 127, se présente, le 9 mars, devant
la ville, pour venger le Comte. 11 n'est
admis à y pénétrer avec ses hommes
d'armes, qu'après avoir conféré avec nos
concitoyens et avoir prêté le serment de
respecter leurs biens et leurs habitations ".
Alors aussi, les milices gantoises.
appelées par leur châtelain au siège du
Bourg, se présentent devant les portes du
^ Subiirbium. Les Brugeois accourent et
Porte ociident.iie lie l'Hotei .le \iiie, vLTs 1J7.1. l'ou Cil Serait veuu aux maiiis, si les
sapientiores n'avaient conclu un accord
avec les troupes gantoises, qu'elles coopéreraient au siège, mais respecteraient la place
et les biens de ses habitants =.
Nos cives défendent encore leur ville contre le comte d'Aeltre. qui voulait y pénétrer, et contre Guillaume de Normandie, qui allait essayer de le faire ■'.
Malgré que la Flandre fût contisquée, .lacques de Chàtillon entra en pourparlers avec les Brugeois, avant d'entrer en ville, en mai i3o2. et n'obtint l'autorisation de le faire qu'après avoir accepté d'y introduire seulement un nombre déterminé d'hommes désarmés. Il semble avoir violé l'accord, et ce fait provoqua les Matines Brugeoises ■*. Nous voyons la Ville armer ses remparts de canons, contre les invasions, en i383, 1452 etc. 5.
Ce devoir de la défense de la Ville fut souvent rappelé à nos communes. Ainsi, une