Cfr.VS,dans AK, XXVII. 287. Nous ne pouvons cepend
IJ, 3,14-34". tn
, 378-412. - Nous avons puisé surtout dans nos propres ann
DE LA VILLE. 2
ouest. Au sud nous avons les pays sablonneux qui montent vers les forêts de Ruddervoorde et de Toiliout. A l'est, nous avons les monticules de sable ou dunes d'Assebiouk, puis des bruyères. Au nord, nous voyons l'étendue des Polders, qui ne sont pas encore à l'abri des caprices de l'estuaire encore très vaste, mais déjà fort échancré du Ziuijit.
Mais que voyons-nous autour du Biirg^.
Prenons d'abord la rive gauche de la Reie, descendant d'amont en aval. Nous ne partons pas des marais de l'ancienne Suène à Orscamp, mais seulement du Mitinewater (gemeene ifater) à l'endroit où la Reie entre en ville.
Nous avons les prairies encore marécageuses de la Boterbeke où paissent les vaches à beurre et de la Boveria, mot gaulois qui a passé dans la langue française avec le sens général de pâturage, mais aussi avec le sens spécial de bien rural et de vaine pâture. Nous vient-il des Ménapiens celtiques ou des Gallo-Romains ?
Ces prairies occupent tout l'espace où se trouveront plus tard le Beilc ou pâturage, au nord de la Bouverie {Sint Maertins- ou sheer Maertins beilc) et à l'ouest du Sablon, qui deviendra un terrain à esselettes, tout comme le terrain entre le Béguinage et la Bouverie. Elles couvraient le Béguinage et les parties basses du Marais, en contrebas de la dernière lisière du Sablon et du mamelon du Haut de Bruges, descendant lui-même en une langue, au bout de laquelle on a placé l'église de St Sauveur, près de la déclivité du Puits au.\ oies, qui rejoint le Marais. L'église pouvait déjà alors se trouver en contre-bas de la route romaine, qui est la rue des pierres, faite sur les dernières élévations du Sablon. CeUu-ci avait encore quelques ondulations vers le nord, dont le souvenir s'est conservé dans le BU/ckeistraatje entre la rue d'Argent et la rue Nord du Sablon. Mais le terrain descend vers le Lane, qui se continue sur St-André, et les bouleaux {Bollaardslraat). monte par des bruyères fertilisées par le feu (verbenid nieuu'land], pour s'abaisser de nouveau, par le fossé aux Loups — car il s'agit encore de mettre des pièges pour capturer ces fauves — vers le Marécage dont le souvenir se conserve dans la Moerstrate ' et descendre vers le Bergpoel; nom que le Marché aux œufs conservait encore au XVl^ siècle, les marécages (paliides) et le Ctoacai iiim de la Grand' place ^ sur les bords de l'ancienne Suène. Au-delà du Moer se trouvaient les gras pâturages du Kettelwijc. que traversait la route romaine vers Wenduine. Au nord de celte voie nous arrivons à de nouvelles terres basses qui s'inclinent vers l'estuaire de la Suène. C'est là le wijk futur, où l'on érigera au X1II« siècle la paroisse de St Gilles. Nous voici à l'île des Courlis {ten Wulpkine), près de notre Bassin de Commerce. N'est- elle pas formée par Ylperleet, la Reie et la Suène?
Prenons maintenant la rive droite de la Reie. S'étendant au loin et sur les hauteurs de la clairière d'Odeghem (Steenbrugge) elle présente à notre main droite VEekhout, partie méridionale de la grande forêt qui va jusqu'à Thielt, et par Torhout, Winendale vers le Vrijbusch. Cette forêt aboutit aux bruyères d'Assebrouk, qui semblent être d'anciennes dunes \ Celles-ci s'inclinent par la Wastina de ten Ooie {lociis vaciius), l'actuelle paroisse de la Madelaine. Ici d'autres dunes, dont la Rue de la Colline, que le peuple nomme encore het Hoogstuk, rappelle le souvenir, et qui abritaient sans doute ces sables contre les invasions des hautes marées de l'estuaire. Dans toute cette région le sable paniselien est émergeant : il n'est pas couvert par les alluvions. Le Braemberg (marché au poisson) offre le dernier pli de ces terrains plus élevés d'où l'on
I. Moersiraet signifie rue du Marécage (Voir VS. AE. x.-iVll 2.1 M.Wkalb radit. * 2.GP, 5o. 67; IJ. .185. 5o3. 307. Cfr. p. 28-29.^3 van Assebfoitch » c. 1464-.S (ibid .).
ORIGINES El DEVELOPPEMENTS
descend vers les marais du Molciimeersch, côtoyé par des bruyères qu'on a fertilisées en les incendiant (verbernt nietilant) et par le Beilc, au sud-est de la route romaine qui est devenue plus tard la rue Longue, où l'on établit plus taid des esselettes, avec son second puits aux Oies {Ga}i:^enstraat, Gan^enplaats) et le souvenir des cigognes [Ooivaarstraat].
Nous voici le long de la Reie, allant vers la Poterie. Ici encore des dunes de l'ancienne Suène : le Blekker, le Stttivenberg, le Shiif^and, le Ruchhille (colline aux joncs et une nouvelle bruyère, sans doute, le Haiiakker, que je croirais synonyme de Stoppelakicer, comme qui dirait un champ peu fertile où l'on laisse les bouts de chaume, après la maigre moisson, et qu'on n'ensemence plus.
De même que la toponymie nous a fait remarquer une longue allée phmtée d'arbres [laite] sur St-André qui se prolongeait sur le teri-itoire incorporé dans la ville à la lin du XII I« siècle, et un chemin planté de bouleau.x [Bollaertstraet) s'amorçant à la rue actuelle des bouchers ; de même il y avait une liullaertstraet conduisant à la Reie, près de St-Gilles, et dont on a fait Collart Moisesstraat ! Le souvenir de vergers, s'est conservé près de Sie-Walburge et au quai de la Poterie, et le Béguinage a été fondé dans un lieu dit Teii Wijngaerde.
— La tin du X'' siècle est donnée par la tradition, comme l'époque de la fondation de certains établissements charitables et de l'organisation de notre magistrature. Nous verrons plus loin ce que l'histoire nous permet d'admettre. Nos chroniqueurs font remonter à qSS rinstiiution du marché hebdomadaire ainsi que de notre Foire annuelle, que le charte de Baudouin IX (14 août 1200) n'aurait fait que contirmer.
Le XI'' siècle. — En lo'ij mourut à Bruges une princesse anglo sa.xonne du nom de Gunild. Sa plaque funéraire en plomb est conservée au Trésor de la Cathédrale '. Elle était la plus jeune des filles du comte Godvvyn et de Gylha, vint habiter à Bruges, y sacrifia de ses bijoux pour restaurer l'église de St Donatien, à laquelle elle légua sa fortune et où elle fut enterrée ^. Elle vint ici « comme tout le monde, en Angleterre, de ce temps, chez le comte Baudouin, à Bruges » •>.
attrait spécial pour pt-rsoiinages princiers anglais. Laissons là les causes politiques qui les poussaient à quitter leur pays.
Constatons les relations, aidées par la fréquence des rapports de deux peuples.
L'abbaye de St Pierre à Gand possédait, dès 988, de grandes propriétés en Angleterre. La fraternité de race et
Murs r>u Bourg de Bru<;i,s, iil .|ik \iii les a vus et fait gravai en ,-,,'. Partie occidentale. — -j. Partie méridionale. — ; de VAtnbitus de St- Donatien, au nord (-l).
I. Oaili,, {Iitscr./im., S.-Dunitl Uld-English Hislory, pailant dum p. Liv; texte, p. ixxili.
sim,le.*2.\V.C.Ko
DE LA VILLE
JOHANNES DE EYCK. Ea fkm.me du i-iiiNiRE, à l'âge de trente-trois ans. 1439. Musée Communal de Bruges.
26 ORIGINES ET DEVELOPPEMENTS
de langage eut une grande influence sur ces rapports. Mais il y a une autre cause encore que nous fait connaître Y Encomium Emmae, rédigé par un moine contemporain de l'abbaye de St Berlin lez St-Omer, lequel affirme avoii- vu le roi Knuut dans son monastère, en 1026 '.
Emma, sœur du duc Richard de Normandie, plus connue sous le nom Anglo- Saxon d'Elfgive, successivement veuve des rois Eihelred et Knuut, se voit réduite, en loSy, à chercher un refuge en Flandre. Le navire accoste non loin du château de Bruges. Voilà donc le Burg. « Ce château, du la relation, est célèbre tant par le nombre de marchands qu'on y trouve, que par l'affluence des choses les plus luxueuses, u 11 y avait donc une ville marchande. Le t^omte et la Comtesse de Flandre reçoivent la reine fugitive, avec tous les honneurs dûs à son rang et lui procurent, dans la ville, in oppido, une maison meublée avec une munificence royale. Il y avait donc dans la ville, et immédiatement sous la main, un hôtel assez lu.\ueux pour y loger une princesse de sang royal ^.
Bruges hébergea, vers la même époque, à deux reprises, Swein, le fils du fameux comte Godwyn, puis 'celui-ci même, en io5i,avec ses fils Gurth et Tostig. Nous voyons Godwyn quitter Bruges avec ses vaissaux et naviguer vers l'Isère ■'.
Une lettre de Gervais, Evêque de Reims, décédé en 1067, nous décrit la situation florissante du pays. Le prélat y parle de l'afîîuence des richesses, de la fécondité du sol auparavant inculte, des efforts des laboureurs couronnés de succès, des vergers, des prairies couvertes de nombreux troupeaux. II parle même des vignobles que le comte Baudouin V, dit de Lille ou le pieux, aurait introduits au pays <.
Dans cette ville, relativement opulente pour l'époque, Robert le Frison établit, vers 1089, le centre de son influence \ Les comtes de Flandre, seigneurs terriers avant lui, devinrent, grâce au développement économique du pays, qui était en avance, malgré sa situation extrême, sur le reste de la contrée, les initiateurs d'un état de choses nouveau, fondé sur le commerce et l'industrie, et firent du port le plus important du pays, le siège de leur gouvernement. Aussi, comtes « par la grâce de Dieu « comme ils osaient s'intituler à la barbe de leur suzerain, il s'y organisèrent une cour, comme un souverain. Robert le Frison éleva le 3i octobre 1089, le Prévôt de la Collégiale de St Donatien, à la dignité de Chancelier héréditaire du Comte de Flandre et de percepteur général de toutes les recettes, et lui assura des avantages considérables 6. Avant la fin du siècle, en logi, un second chapitre fut institué dans l'église de Notre Dame '.
Le tracé de la grande enceinte en 1297 n'a pas été la cause du développement de la ville ; comme cela arrive communément, il en a été la conséquence.
Bruges, le seul port de mer sur la côte au nord du Porttis Ictus, devait nécessairement parvenir au degré de prospérité qu'elle a atteinte.
Voyons quel était le développement du fonds bâti de la bourgade.
Les trois premières églises paroissiales signalées à la p. 21-22, n'étaient peut-être, en 961, que des constructions en bois. Mais, qu'elles fussent en bois ou en pierre, et quelle que fîit leur dimension, c'étaient trois églises paroissiales. Or, l'on ne conçoit pas de paroisse sans paroissiens. Il y a là trois hameaux, dirait-on ; les bords de la Reie, au sud et en amont, vers notre rue Ste-Catherine ; à l'ouest les rives de la Boterbeke, et le