VI. 217.* 9- AE, XIV. 4 II. 1068. Jb
LE POUVOIR
en 1334, et pour lesquels la Ville acheta, en i35o, la maison Groenevoorde, aujourd'hui de Vier ivindeii, ■. On les appelait indifféremment scaeriuetters ou scerrewetters, et scadebeletters depuis 1465 =. Ce nom leur resta ; mais il tend à disparaître, depuis vingt ans.
Ils faisaient la police, en toute circonstance ; étaient chargés de faire les saisies, de colloquer les déments, d'emprisonner les délinquants '. Ils avaient la garde extérieure
de \a.Viei scare t.
P/whsr.
. De Conii irist.-Pjn
domicile les agents chargés d'aller recueillir les tailles
plaçaient les bois
de justice, veil-
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laient et accom-
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condamnés ".
Ils étaient au
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nombre de douze
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homme, en i383,
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1479-80, quecha-
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des membres de
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ture 9.
Nous avons
parlé de leurs at-
s i520, par Gérard Davio
tributions mili-
St-Sans;).
taires ">. Ils ac-
compagnaient à
II. 93 ; ."■ 6. * 2. 1, V. 483. ^ , ■ 480; vr.480; V. 255. jfe 6. AA.c.
^ 8. J, V1.99. jSjg. A.A.c. i4;q-So
174 LE POUVOIR
Nous avons les ordonnances faites poui- eux. en i3o2, renouvelées en 1790. Ils devaient être en tenue et ne pouvaient aller boire, étant de service.
Le maître de police ' avait à fiiire tous les jours le tour de la ville : il était comme un commissaire en chef.
II y a cinquante ans. les schadebeletters formaient, avec les Frankemannen, pompiers
à service permanent et touchant un franc par jour, la police municipale, et plusieurs
d'entre nos lecteurs se rappelleront encore le Lieutenant Poppe. de légendaire mémoire.
L'Ancien Greffe, au Bourg, a servi de Schâblette's-huus. jusque vers 1878: c'est
là que se trouvait le violon, appelé encore de Ca^e par souvenir des Espagnols.
II y avait des Gardes-nuit avant 1491. Ils allnient dans chacune des si.v sections. par les rues en criant : « Wacht 11 rier, ti Iceerslicht wel. » D'où leur nom de Wachtjeviers. qui n'est pas encore perdu. Ils agitaient une crécelle, comme on en trouve encore une. du XVI I« siècle, au musée de Vere, en Zélande. Leur nombre fut porté à douze, en 1737 =.
Les veilleurs de nuit, furent réorganisés en 1840. Le service de nuit se fait depuis lors, par vingt-quatre veilleurs.
5. Employés divers. — Le développement du personnel administratif de la Ville indique quelle variété de choses faisait l'objet de l'attention du Magistrat.
Outre les employés déjà énumérés et les employés des travaux publics, desquels plus loin, nous avons, à la tin du X1V= siècle : trois chirurgiens de la Ville et deux veilleurs des lépreux ; les maitres des engins et des canons, aiiisique l'ingénieur civil appelé du nom modeste de landmetere ; trois veilleurs du Beffioi et deux de In Halle, les gardiens des remparts et des places publiques ; quatre clercs des deelmaniien. les clercs de certains métiers importants ; des messagers iommelnpers) attachés aux tisserands et aux foulons ; le doyen ou inspecteur de la savonnerie; les vérificateurs du poids et du prix du pain, et leur clerc ; des ouvriers permanents, dont le nombre s'appiochait quelquefois de vingt; le concierge de la maison des scaei welters ; le cuisinier de l'Hôtel de Ville et le concierge, qu'on appelait « châtelain ». Dès avant la construction de l'Hôtel de Ville actuel, la maison des échevins avait sa chapelle, où le concierge remplissait les fonctions de sacristain et où les ordres mendiants venaient célébrer la messe.
La plupart de ces fonctionnaires existaient avant iSSo. et nous les trouvons presque tous jusqu'à la Révolution française.
Touchaient encore une pension de la Ville: les ménestrels, de vijf stads speellieden (i383) ou pijpspelers de)- Halle, tels que Damhouder les nomme, et plus tard, le carillonneur ; les vérificateurs des poids et mesures, que nous voyons fonctionner dés 1281 ; le watergrave. magister ingeiiii. ou concierge ^\\ château d'eau ; les Hondenslagers. les répartiteurs des taxes, poiiictei s eiide ^ellers. dont nous avons encore un souvenir dans le collège des Répartiteurs, chargés, au nombre de cinq, de fixer le taux des patentes.
6. Les offices^ étaient des fonctions publiques, assurant à leur titulaire la perception de certaines taxes, et constituant un droit viager à son profit. Ils s'octroyaient moyennant finance. On les mit même en loterie, au XV« siècle.
Beaucoup de ces offices avaient des Doyens et des Viriders, qui ne doivent pas être comptés parmi ceux des métiei s.
I. AA, Cahier d^êclnil■ciisemenls,ï^iq, n' 12. ^ 2. Wttlin en coshimen, Uanii, Goesiii, 1767. 108. ^ 3. Cfi B" Ch Gilès PblICHV, L oiganisalion du travail dans les porh fiamallds, jx-iaj ; F,, il 461 : GT. .m6 : GG. 41.* : I. v. 4711 - : I J, ii ;
LE POUVOIR
Parmi les offices, nous avons en première ligne, les peseurs jurés, desquels nous avons parlé ', et les Ribauds, hommes de peine, pijnders. Nous devons reporter l'existence de ceu.^-ci bien avant 1291, époque à la quelle fut rédigé leur règlement, tellement détaillé qu'il ne peut être considéré que comme une codification de coutumes peut-être fort anciennes-. Ils n'avaient pas de monopole de droit. Ils formaient deux équipes : l'une, du pont St-Jean ; l'autre, de la Grand' place. Quand il se présentait de l'ouvrage, les confrères inoccupés jetaient les dés. pour savoir qui pouvait faire le travail.
L'abondance de celui-ci amena le fractionnement de la confraternité. Le corps principal s'appela les RiJ /ce pijnders, et resta établi au pont St-Jean. Leur office était très honore. Damhouder nous dit qu'ils ne travaillaient pas eux-mêmes, mais faisaient faire le travail par leurs suppôts ou ouvriers. Ils tenaient registre et étaient
des entrepreneurs de travail, dans le genre de nos ploegba^en. Le chef des Rijke /7i/Ht^e;i'. appelé Comte ou Roi des Ribauds, était un personnage important, qui avait déjà, vers l'an i3oo, des attributions fort diverses. Il avait la garde de la grue, rendait des services multiples dans les expéditions guerrières, avait la surveillance du sei vice des incendies, des lépreux, des conduites d'eau, de la terme des boues ■"'.
Donc la corporation se fractionna. Ceux de la grue, prirent le nom de Cranelniuiti s. Des confraternités spéciales s'établirent au pont du Roi et au pont Nord du Sablon. au Nie-bnigge, au pont N. D., au pont de TEekhout. Ces derniers devinrent, dans la
. 40. ^ 2. A.\. acqu
176 LE POUVOIR
suite, les préposés au sel, et le quai, près du pont de l'F.ekhout, prit le nom de Zoutdijk. Plus tard, il s'établit des confraternités aux ponts des Baudets, de l'Equerre, du sud du Sablon, Wulfhaglie, de Paille, de la Digue, du Moulin et des Carmes. Les ouvriers du pont des Baudets furent mis plus tard au service de la barge d'Ostende. ceux du pont N. D. au service de celle de Gand, qui s'amorce encore près de l'ancienne porte de Ste Catherine. N'est-il pas curieux qu'on voyait encore, il y a très peu de temps, nos ouvriers oisifs se porter, tous les matins, à la place .Tean van Eyck. c'est-à-dire devant l'ancien poids, au pont de.'! Carmes, à l'ancien pont sud du Sablon ? Les usages ont la vie tenace; en se rendant à ces endroits, nos fainéants disaient toujours qu'ils « allaient voir s'il n'y avait pas d'ouvrage ». gaan uit^ien achter wer/i, quand ils savaient cependant qu'ils n'en trouveraient pas.
Toujours par fractionnement, il v eut. parmi ]es pijnciers. les confraternités des mesureurs et des porteurs de chaux.de blé, de charbon, de houblon.de sel. On leur donnait le nom àe di-agers, meters, roeiynans ou waghenaers. sleemans. d'après leur mode de faire le travail. D'autres fractions turent celles des emballeurs <balmakers. ballappers. halottetimakers). Notons encore les Lakeitweghers. établis dans la maison Cruninghe. les mesureurs de drap, lakensiriclcerscip ; les mesureurs de toile ou office du marché aux toiles ; les peseurs de fer : l'office des places aux Halles, pendant les foires, etc. Il y eut les doyens et vinders de la Halle au beurre et au fromage ; les Breiketis, qui du temps de Damhouder s'appelaient Brood-winners. les ouvriers de la minque (Buerdenaers). et ainsi de suite, porteurs de viande et de poisson, qui possédaient un office appelé vischmande. buevdemande.
L'office du vin était devenu multiple, au XV« siècle : jaugeurs. mesureurs. « affoireurs n [wijnmeters ou tfijnscroders), dégusteurs ou avaleurs de vin l}i'ijnspuigers\ les soutireurs (wijnwasschers). La fraternité des tifijnscronders fut abolie en 1768. En 1477 fuirent établis trente six offices de Biervoeders '.
Nous pourrions énumerer encore les offices dits eedt wiirandatie teghels ; le weedemaie ou office de marque de la guède ou garance, servant à la teinture en rouge des draps, qu'on appelait aussi aelmoesenierscip van der weerde ; les crieurs publics, clinckers-cip met de belle, qui annonçaient, par exemple, aux carrefours, au son d'une cluchette. les sermons qui allaient être prêches au Rourg en l'honneur du St Sang fi3i 0. on. au son de la trompette, les chiens perdus (1480) etc.
La position des sergents assermentés était un office, comme le sergantscap van scepene camer -. Il en était de même du steenwaerderscip ou office de la garde de la prison ou Steen ; du sluterscip des deux Halles ; des Biddersschappen. institués au nombre de vingt-quatre, vers 1672. pour annoncer à domicile, les décès, et accompagner les défunts à l'église et au cimetière ^, enfin des Miieraers de la ferme des boues, dont nous parlerons au paragraphe de l'hygiène.
En 1784. d'après le relevé de cette année, il existait encore à Bruges quinze offices, dont huit appartenaient héréditairement, par vente absolue, à des particuliers, savoir ceux des portefaix des différends ponts, de la grand'place et du marché du vendredi.
Ces possesseurs d'offices portaient un insigne, la plupart du temps une plaque en cuivre, attachée au bras gauche. L'on peut voir de ces plaques au Musée
archéologique.
lEfole Bogarde a .72(EP,i. I7s;Ga
LE POUVOIR
La Révolution française vint supprimer ces corporations, comme toutes les autres. en est cependant qui ont survécu, de fait, sans continuer à jouir d'un monopole.
Les Biei l'oei ders ont conservé le costume de jadis, sauf le chapeau-boule lemplaçant la casquette, — voir gravure, p. 58. Ce costume n'est cependant plus celui de la tin du XV'= siècle, époque à la quelle ils portaient une journade rouge, décorée d'un
LA SPHERE IJ ACTION
tonneau biodé '.
poiu la somme
it vingt-trois et achètent encore leur office
iporation.
Les Maîtres peseurs de charbon, au nombre de seize, sans les auxiliaires, prêtent serment à un échevin, et sont admis comme experts jurés devant les tribunaux. Leur office s'achète jusqu'audelà de 3ooo frs. Ils ont recours d'appel au collège échevinal.
Les Koorndragers existent encore.
Ils sont divisés en deux gildes. Celle des trente-deux teinme. ou authentiques Ll assermentés, conserve un règlement de i65i. Chaque office vaut de huit cents à mille francs, plus un apport de cinquante sacs ■'. L'autre est celle des tfilde, ou indépendants, scissionnaires en i855. non assermentés, qui sont actuellement au nombre de vingt-deux.
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plus
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Leur office s'achète au mèmi.
matériel ■♦.
Deux de ces offices occupent gratuitement une maison apparienai
porteurs de blé jurés, q
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rue des oies, 63
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en 1870.
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^nt à la Ville : les long, E. 20.
lu Bassin de
I ja ôpbève D'action De notre iuaoie^tiatur(
Le cahier primitif de la Keiirc. rédigé en Hamand. entre 1.S72 et 1397. résume ainsi les attributions de la magistrature brugeoise (raïuie jiuisdictic en Je dcii i cchteii van dierc) : « La susdite ville de Bruges est une belle et importante ville .ipparlenant à notre auguste souverain, à litre de Comte de Flandre; elle forme le deuxième membre des états (de Flandre) ; tenant du prince toute justice, haute, moyenne et basse : ayant ses officiers et justiciers pour la régir ; faire à chacun droit, loi. et justice ; et l'administrer en première instance suivant la nature des affaires occurrentes. tant .m criminel qu'au civil ; ces mêmes officiers et justiciers ayant pouvoir de faire ordonnances, Keiires et statuts, qui leur semblent profitables à la dite ville et à ses habitants.
pour l'observation de la police, les '.intérêts de l'industrie, du commerce, de métiers et autres affaires, suivant le besoin ; et leurs sentences sont exécii sur la personne que sur les biens ■'. •)
rps
La coutume homologuée, tout en modifiant leur lédaction, ne changea rien à ces dispositions.
Du XIlli^ siècle jusqu'à la Révolution française, l'action de la Magistrature brugeoise s'exerça par un collège composé de l'Ecoutète et du Magistrat, tel que nous l'avons décrit, à la page 162 et suivantes.
Nous diviserons notre travail d'après la manière moderne de concevou' lés choses, aujourd'hui que la séparation des pouvoirs est devenue un principe. Malgré tout, on pourra nous reprocher certains enchevêtrements : il n'est pas possible de les éviter.
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^^IHâRV^^itfflrtÉli^H
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1. Lks r.apports avec l'autorité supérieure et avec les autres
\1LLES. — La communauté de Bruges traitait avec le Roi de France, souverain, puis suzerain de la Flandre, depuis le traité de Verdun (843) ; cela se faisait par l'entremise du Parlement de Paris, constitué certainement déjà sous Philippe-Auguste. Malgré les ert'orts des Rois de France et les stipulations du traité de Péronne (1468), la Flandre ne fut pleinement affranchie de ce lien que par les traités de Madrid (i526), de Cambrai (1529) et de Crépy (1544), qui vinrent soustraire définitivement la Flandre à la couronne de France '. Le fait fut publié par Hallegebod -, en i53o.
Les comptes de la 'Ville de Bruges nous conservent le souvenir de toutes les chevauchées de délégués de la Ville, vers le Parlement de Paris, surtout entre 1281 et iSog, puis plus tard encore ; ainsi que celles vers Rome, puis vers Avignon, quand la Ville en appelait au Pape, chef de la chrétienté, contre le Roi et son Parlement -^
Hallcgcb., fol. 620.
i8o LA SPHERE U ACTION
Contre le Comte et son Conseil, notre commune en appelait au Parlement de Paris ■.
Les rapports de la Ville avec le Comte commençaient par les cérémonies de sa joyeuse entrée et par des serments réciproques -. Cela se faisait en grande cérémonie ^. Ces relations se poursuivaient, soit directement avec le Prince, soit par des députations que la Commune accréditait, pour des affaires spéciales à traiter auprès des divers organismes de la politique centrale, qui se succédèrent sous des noms divers.
Les liens qui unissaient les Villes au pouvoir central, et ceux qui reliaient les provinces entre elles se resserrèrent de plus en plus. L'on marchait vers l'unification du teiritoire et la monarchie. L'histoire de la formation monarchique, des Conseils d'Etat et de l'ancien régime sont du domaine de l'histoire générale du pays •*. Observons cependant que les réformes apportées, à l'époque Bourguignonne, dans le gouvernement de nos provinces, n'ont point altéré essentiellement le régime constitutionnel, qui s'était élaboré au cours du XlVe siècle : l'on resta dans la monarchie tempérée, comme le démontrent les constitutions politiques de 1477 '^■
Les tendances politiques de nos princes se manifestèrent jusque dans leurs sceaux. Après le « type de majesté » qu'on trouve au X"^ siècle '', nous voyons tous les sceaux de nos comtes les représenter à cheval et armés en guérie, et les comtesses debout ou à cheval, le faucon au poing. Maximilien est alors le premier qui emploie le sceau au type de majesté, où, costumé en guerre, mais avec le manteau et la couronne impériale sur la tête, il est assis sur le trône, tenant par k main son fils, couronné, debout à côté de lui. C'est l'Empire qui s'affirme. Ce sceau de majesté se maintint depuis lors concurremment avec le sceau équestre '.
* Chacune de nos Villes est comme un petit état indépendant. Elles concluent des traités avec d'autres Villes du Comté, même avec des Villes étrangères. Cela leur était permis, en droit, pourvu que ce ne fijt pas contre le seigneur territorial. Bruges a conclu beaucoup de ces alliances, surtout en vue de son commerce, et recevait avec pompe les ambassadeurs des Rois, avec lesquels elle traitait comme avec' des pairs.
Dès une époque reculée, dans les questions graves, les Villes de Flandre agissent de concert. Cette action commune et ce groupement se manifestent déjà en 1 127 *. à moins qu'il ne faille trouver, dans ce qui se passa alors, une dernière lueur des plaids carolingiens. Toutefois, les Echevins des principales magistratures flamandes se réunissent fréquemment, au W\\<^ siècle, en vue d'une entente commune. Même une charte de i3o4 régla le mode à suivre dans les contestations, qui s'élevaient entre les Comtes et les Il bonnes Villes « et entre celles-ci?. A partir de 1S04, leurs « parlements » devinrent fréquents. Au traité d'Athis sur Orge, on voit figurer, pour la première fois, dans un acte de droit des gens, les grandes communes, comme représentants légaux du pays'". Un acte d'appel de la Ville de Bruges, au Parlement de Paris, repris dans la décision de celui-ci. en date du 27 juillet 1434 ", dit que la Flandre était constituée et départie en cinq Villes principales, dont trois en pays flamingant (Gand, Bruges et Ypres). et deux en pays gallicant (Lille et Douai), n Ces Villes ne sont en rien sujettes l'une
i.CiT. ôlJ. * 2. eu. 1. :«7;\VL-.IV. .-.21: I.l..i,Sç,; >1"7?: 13, 470. * ô, I, IV. 342 ; v. .-..8 ; VI. lOo. .,,. ; II, iKS. * 4. Cfr. V, H. 345. •)!• ,S. tùi.,:. .i77 : I. VI. 13,-., ,Ô2..-,. ^ n. VKEhlu.s. Sigi.ln. 2 ; et plus Uxit. Kiav. du sce;H, de H,,ud. IV, ji. i5*i. * 7- Vrkoi U.S. .SVi /■//„, ilbelsulvv. ;{. 8. (ip, 80. ^ 0. .X.lIi. cli. des C, I.iile ; Cailc.u B, 4W ; W(;. v 41:; \.\. KiiJenbom).: fol. XVI. i)t 10. I, I, a79. ^ II, I, V. 32.
de l'autre ; mais sont pures voisines, et sujettes immédiatement au prince. Chacune a ses droits. tVanchises et libertés propres. Les petites Villes du pays ressortissent à l'une ou à l'autre de ces chefs-villes. » Telle était, de toute ancienneté, comme dit l'acte d'appel, la constitution politique de la Flandre. Lille et Douai furent perdues
LA SPHERE D ACTION
détinitivement avec la Flandre gallicante, et leur restitution en iSgô, ne comporta pas leur réintégration politique. Restèrent donc les trois Villes importantes (Gand, Bruges et Vpresj, chefs-sens des petites villes, qui formèrent les Trois Membres de Flandre. Le Franc fut reconnu comme membre, dès le milieu du X1V<= siècle ' : ce qui fit Quatre Membres. Le Franc resta quatrième membre, sauf quelques e.vclusions et réintégrations, jusqu'en 1754. où il perdit définitivement celte qualité de Membre, pour ne plus siéger aux Etals que parmi les chàtellenies, qui représentaient l'ordre de la noblesse '■'. Le terme Membre avait, à la fois, un sens de division territoriale et d'autorité politique K
Les Etats de Flandre reçurent leur, formation définitive sous Charles Quint, et furent reorganisés par Ik Transport de i63i't. Ils étaient déjà des corps représentatifs, au sens moderne du mot, vers 1415, s'occupant de politique, de finances, d'administration et de justice -^ Dans les circonstances difficiles, comme en 1482, les cliefs- hommes et les doyens des métieus envoyaient au.x députés de la Ville, qui se trouvaient en session aux. Etats, un mandat impératif touchant les questions à traiter*.
Les parlements des Echevins se réunissaient déjà à Gand, en i362 ; les Etats de Flandre eurent aussi leur salle de séances à l'Hôtel de Ville de Gand.
Le régime autrichien porta un coup fatal à l'influence des Etats de Flandre, vers 1753.
* Ces éléments des Etats provinciau.x furent concentres en Etats généraux, créés par Philippe le bon. Celui-ci trouvait plus commode et plus expéditif, pour obtenir l'impôt, de réunir toutes les provinces autour de lui ?. En établissant les Etats générau.x, Philippe le bon avait pour but de faciliter l'action gouvernementale et d'affaiblir l'individualisme régional. Citons les réunions de ces Etats généraux, comprenant les Etats de Flandre, de Brabant, de Hollande et de Zélande, en 1431 -32, à Malines et à Biu.xelles ; citons celle tenue à l'Hôtel de Ville de Bruges, en 1433 *, où ces différents Etats délibérèrent avec les membres du conseil du Duc. Cette dernière réunion est comme la base ue leur constitution. C'était toujours sur la convocation du Duc que ces réunions se tenaient.
Marie de Bourgogne, par sa charte du 11 février 1477, qui est la première charte politique de la Flandre et des autres états de la Duchesse, leur reconnaît, outie le droit de se réunir quand Us le voudront, celui de s'opposer à toute guerre entreprise sans leur consentement s. Les attributions politiques des Etats généraux s'affirment de plus en plus, sous Philippe le beau. Mais c'est surtout entre 1576 et i585, lors des troubles religieu.v, que leur rôle devint considérable ■". Ces réunions se continuent jusqu'en J790.
Les relations de Bruges avec le pouvoir central passèrent depuis le temps de Charles Quint, par l'intermédiaire des Gouverneurs de Flandre et des Gouverneurs généraux.
* Il faudrait parler ici des relations de Bruges avec ses villes subalternes ; mais nous disons, au passage, quelques mots des droits de Bruges, comme chef-sens.
11. Lks l'IllNlI.KGES. — L'obtention des privilèges, leur conservation et leur revendication après confiscation, constituait un des principaux soucis des magistratures municipales.
I. l HB. I. 61 6J. *2. CRU, 1.D4. * 3. Zaman, Kxpouf. ,ies trois F.lats du p,iys, ;?. * 4. CBlî, l. 42. 64. * S.'I, v. 264-0, JaS. ^ 6. VI. 2j6. ^ 7. P, II. Ô77- * S. I, V. 66; cfr. .lussi. ibid., 11.^9. Articles jo, 11 et 14: I. VI. l33. * 10. N, xxx, 3' partie. 180 186.
voyons dans no: documents de la tin du XIII^ siècle, combien la commiicomment, après la charte restrictive de 1281, elle réclama jusqu'à ce que Gui de Dampierre l'eût rétablie dans ses anciennes lois, en 1297 '. Philippe le Bel joua au généreux, donnant d'amples privilèges à notre Ville, pour l'entraîner dans son parti -.
Le magistrat s'émouvait chaque fois .qu'on touchait aux privilèges, si peu que ce lut. Le nombre considérable de « lettres de non-préjudice » obtenues par la Commune, quand elle permettait une chose contraire à la coutume, montre le soin jaloux avec lequel la magistrature veillait à la conservation de ses immunités ■'. Elle en exigeait, ne fût-ce que poinion d'un écoutète ou d'un bailli, qui ne se trouvait pas d.ms les conditions voulues.
Bien des troubles s'expliquent par la jalousie du peuple à conserver ses privilèges ■*. Nous le voyons réclamer la lecture publique de ceux-ci (1476) \ comme nous le voyons exiger qLi'on déchire publiquement, à la bretèque des Halles, en présence du magistrat, ou même du Comte, des soumissions qui lui avaient été extorquées "; et les doyens refusent d'apposer leurs sceau.v, au Calfvel de 1407 '.
Les pièces échangées en i32q. et en I 3t)2 •'', puis vers 1477, entre la 'Ville et Marie de Bourgogne; les projets d'articles supplémentaires de privilèges à réclamer de la Duchesse et de la magistrature, rédigés en 1477, par les chefs-hommes et les doyens de métiers, prouvent que le troisième banc était soucieux de voir introduire dans les chartes, les mesures les plus avantageuses, au point de vue politique et économique <>. La même chose se présente sous Philippe le beau, comme elle s'était déjà présentée à la tin du
(Eglise .le St Gilles. Bruges).
XII le siècle
1^4 ^^ SPHERE D ACTION
La conservation des chartes était un des grands soucis du Magistrat.
Les secrétaires, clercs ou liommes de plume, étaient chargés de la conservation et de l'inspection du dépôt des arciiives ; et ce service élait organisé avec soin, dès le commencement du XIV»-" siècle '. Les pièces importantes étaient transcrites dans les cartulaires. Lors de l'mcendie du betlVoi, en 1741, on réussit à sauver toutes les archives, en enlevant les deux grands cotîres, et. en transportant les autres pièces dans des sacs =.
Nos archives étaient conservées au second étage du Betfroi ; et, lors de l'incendie du campanile {capituliiiin, des comptes), du i5 août 1280, elles devinrent la proie de l'élément destructeur. Les temps troublés, qui suivirent cette catastrophe, retardèrent la lestauration du lucai. En ligi, Erembald forgea les portes de la trésorerie^. Le local semble avou- servi dès 1298, puisqu'on y raccommode alors un coffret''. En i3oo, on y aménagea un réduit voiàté ■% pour lequel Nicolas Grootweic rit les portes forgées, qu'on y plaça, la même année, et qu'on y voit encore ^. Ces portes fermaient au moyen de dix cadenas, en i3 18 ; de jieuf, plus tard ; et derrière elles se trouvait le coflre, qu'ouvrait la clef du Bourgmestre (lôyS; '.
Dans ces coffres, derrière les grilles, se conservaient le sceau aux contrats et les privilèges de la Ville. Les cadenas de la grille s'ouvraient par des clefs tenues par le chef-homme de la section de St Jean * et les huit grands doyens des métiers, soit ceux des tisserands de laine, des bouchers, des charpentiers, des forgerons, des cordonniers, des tailleurs, des boulangcis et des courtiers. Le doyen des bouchers ayant perdu sa clef, en i5o3, le magistrat fit briser et renouveler la huitième serrure ?.
11 en fut aiiiM jusqu'à la Révolution française.
Dans la Trcsorerie se conservaient aussi l'argent confié à la Ville '", les documents, les registres et les comptes ; à savoir dans des caisses, des coffres de toutes dimensions, des gaines de cuir, des sachets en canevas ".
La garde du comptoir des Archives, appelé aussi Trésorerie et secreet comptoir, était confiée au grefrier de la Trésorerie, et la porte était munie de trois serrures '^.
L'on pienait le plus grand soin des archives, et des cartulaires furent compilés pour ne pas devoir extraire les pièces authentiques. Quand un des secrétaires dut porter une charte a Pans, en i3io, on l'enveloppa soigneusement de toile cirée '^.
La visite des archives se faisait périodiquement par les bourgmestres et les clercs '♦. En 1394, on commença le triage et le classement des pièces '-"^ ; l'inventaire fut entrepris en 1468"; on fit des tables au XVI 1'^ siècle'?. Des fuites s'étant produites, maigre tous ces soins, on racheta, en i3oi, les pièces qui traînaient au marché du vendredi et ailleurs, et l'on développa le système des cartulaires.
L'extraction a'un document original ne se faisait qu avec grande cérémonie. Le 3 mai 1600, par exemple, le Président du Conseil privé et son adjoint, se rendaient a la Trésorerie, a trois heures-, avec les bourgmestres, les échevins, les conseillers, les trésoriers, les greffiers, les pensionnaires et les grands doyens, pour collationner avec la copie transcrite au Roodenbotic, une charte de 1414 '■. En ces occasions, les Zwact delcfiis recevaient double wijnghelt.
L'incendie du 29 janvier 1493 détruisit la tlèclie du Betirui, mais laissa les archives
I. IJ. U4. "Ot^s . :i 4. * 2. IJ. 70-72- * 3. IJ, .^.. * 4- I, m. -S? : U. H- * 5. 1, m. .,i8 ; IJ, 54. * o. 7. C. lôiS tl, III. J71 t*t IJ, 54 sauf v;ir.; coiup.lré avec I, VI. 140, ait. 5 ; D, 533 et IJ, 69-70 tacte du 16 juill. i6q4 140; IJ, 69-70. * 9. IJ, 54. ^ 10.1,111.159-171; CB.ll. iS5. * II. Textes du XIV au XVI' siècle, IJ, 04. ; 12. 1673, IJ, 69. * i3. IJ, 63 note I. ^ 14. IJ, 64. * i5. 16id. ^ 16. Jbid.. 64. 38. ^ 17. IJ, 66. 38-9. * 18. IJ, 60.
intactes '. L incendie du lîo avril 1741 lut sur le point de reproduire le désastre'' de 1280. Comme nous venons de le dire, on parvint à enlever les documents. Ils furent déposés au Grefle ^.