I. KDH, * 5. I, m, 4S4 ; V
i-dessus, 13.^7. IJ,386.
C'est pour cela, qu'en 1403, on suréleva le pavage, de trois pieds, près du Vlamhicdam '. Malgic tous les exhaussements, le pavé de la rue St-Georges est actuellement à la côte 5.39 devant l'église des Dominicaines, tandis que le Boulevard avait dû y être porté à 6.20, lorsque le rempart n'était pas cotnhlé. Ce Dam n'est donc qu'un barrage fortifié, contre la rive intérieure du Rempart ^
* La Ville faisait aussi le pavage des routes s'abouchant à l'enceinte. Nous trouvons des travaux de pavage, vers Ste-Croix, au compte de 1281-82 \ Les droits de chausséuge peiçus par la Ville + rémunéraient ces dépenses.
C'est plus tard seulement que nous voyons le Franc de Bruges et le pouvoir central compléter, quelquefois avec l'aide de la Ville, l'admirable réseau de nos routes pavées. Nous voyons construire ainsi successivement : la chaussée de Blankenberghe (1730) ; de Steenbrugge (1734), qui fut prolongée jusqu'à Courtrai (1750-1759); celle de "Weslcapelle (1759), prolongée de Dudzeele à Lisseweghe (1764) et jusqu'à Heyst (17841 ; de Maldeghem (1768), prolongée jusqu'à Gand, vers 1778; de Meetkerke (1769), où s'amorça celle d'Ostende (1766), et qui fut prolongée de Meetkerke à Vlisseghem (1770) ■\ La question des grandes routes pavées, comme on le voit, préoccupa nos ingénieurs, surtout vers 1750"=.
Nous aurons à parler d'autres travaux encore, quand nous traiterons de l'hygiène.
3. X'bsaièiie et saittc publique. — Il est certain que le soin de l'hygiène publique a laissé désirer dans la première moitié du XIX« siècle. Ce n'est qu'en i835 et en i858 qu'on déplaça hors la ville, les fumiers disposés aux remparts intérieuis, et ce n'est qu'en i865 qu'on songea à organiser une commission sanitaire locale, qui visitait les maisons réputées insalubres. Nous devons à M. le comte Visart de Bocarmé, Bourgmestre de Bruges, la réorganisation de ce service, par l'institution, le 3i mai 1880, d'une commission médicale locale, qui dispose de tous les engins nécessaires aux désinfections. Celte commission travaille à supprimer les enclos habités, connus sous le nom dt forten et qui ont toujours été des foyers d'épidémie, ou à les assainir de telle façon qu'ils ne présentent plus de danger. Il n'en restait plus que quarante, en 1901, dont plusieurs étaient devenus irréprochables.
Il ne faut pas croire cependant que dans les siècles précédents, on ne s'était pas préoccupé de la santé des habitants. Nous constatons l'institution d'une camer van ge^ontheyt, en i6o3, composée de trois magistrats, du médecin et du chirurgien de la Ville 7 : c'était en temps d'épidémie. Mais les documents établissent, dès 1294, l'existence du chirurgien juré de la Ville *. Ils furent, dans la suite, au nombre de deux ou même de trois. Ils étaient pris parmi les physicinen, qu'on qualifiait du titre de Maître. Car le Physicijn n'était pas un vulgaire chirurgien-barbier qui coupait les cheveux, faisait la barbe et tirait du sang : il avait pris sa licence en médecine dans les facultés de Bologne, de Paris etc. 9.
Le chirurgien principal était désigné, en i3o2, sous le nom de Arsatre, Archiater, nom qui vient de la cour des empereurs romains '°. Il avait à traiter, à raison de ses lettres d'institution, les blessés par accident de travail, au service de la Ville (i32i) ", et exerçait, par mission du collège échevinal, un contrôle sur la capacité de ses collègues"^. En 1472-73, la Ville avait au moins trois chirurgiens pensionnaires ■'. Au temps de
I. I, m, 484. ^ 2. Voir carte de Marc Gheeracrls, et la carte peinte au Musée de Gruutliuse. ^ 3. F. m, 149, i3i. ^4. Voir plus haut, i5i. ^ 3. AE, xLViil. 314-343 ; Vander Maelen, Carte Arcliéolog. de la Belgique, Bruxelles, 1866.* 6. CE. IV, 181. ^ 7. AA, Secr. rcsoliitieb., i3 sept. i6o3. ^ 8. I. m. 220. ^ 9. I, v. 52i-i3: teites de 1418, 1445 etc. <^ 10. Du i.'ange, C.loss. ^ II. I, 1..V-2. Voir plus haut, service de s.inté de l'armée, p. 141. jE> 12. De Mevee, 1. c, i. jzS-a. ^ 1,1. I,vi. 112.
2lfi
LA SPHÈRE n ACTION
Damhouder, en dehors Ati pestmeesters, dont nous parlerons bientôt, la Ville avait ses médecins jurés et ses chirurgiens, exerçant entre autres les fonctions de médecinslégaux ". En r789, elle avait son médecin et son chirurgien ^
La Ville encourageait l'étude de la médecine ^ ; quand un médecin faisait une cure importante, elle lui offrait une gratification (iSgo) ^ ; elle attirait les praticiens en renom (1390! ■■'; elle faisait venir de loin des pratriciens renommés pour traiter des employés
malades ( 1401) 6, ou envoyait son mé- ' decin à des malades éloignes, qui ré-
clamaient leurs soins (1400) '■ .
Aucune opération ne pouvait se faire, même à l'Hôpital, sans le consentement préalable du Magistrat (XI V^ siècle), et celle disposition resta en vigueur jusqu'en 1793 ■'^. Cette mesure n'apportait-elle pas une sécurité qui n'existe plus ?
La Ville pienait des sage-femmes à son service, poLir des expertises JLidiciaires (i3i2i "; leurs fonctions fuient réglées, d'une manière générale, . , en iSoQ, i663, 1782, 178461 1808 ■" ; les pharmaciens, dont le nom se trouve déjà dans nos comptes en i332, furent réglemenlés, dès i582".
Quand une société de médecine,
• dite de St Luc, eut éié instituée, en
1662, le magistrat s'empressa de la
prendre sous sa protection '^. Cette
^' société fut léoiganisée, en i8i5, sous
le nom de société luédicocliiriirgicale
^^^^^^^ de Bruges. Elle publia, à partir de
^si. rionra, VanAcker, 1889. 1S40, ii(ts Aiiiuiles appréciées '^.
* Les préoccupations du magistrat, en fait d'hygiène publique, s'appuient encore sur d'autres faits.
La Keiire des Deelinanneii, écrite vers i3o5"+, iiolis apprend que ces citoyens avaient la surveillance des professions insalubres, incommodes et dangereuses. Ainsi, il était défendu, sous peine d'amende, d'établir dans la ville close : des séchoirs (asteii) pour la garance, des fonderies de suif ou de saindoux, sauf chez les fabricants de chandelles ; des fours à potasse ; des fabriques de vernis. L'on ne poLivait. dans l'échevinage, briiler des peaux, des chevaux morts, des ciiiciis ou des clials. des animaux morts sur la voie publique, déchets de porcs, foies. L'on ap[ilu|uuit les amendes comminées '■'.
I. I), 538; Dr .Miiybr, .-liia/fc/cs «,i,f/ca„.r,i. 221,. a 5. /61W, 68. ^ 6. Ibid , 70. 2:7- 18. ^ 7. Jbid., 68 ; c;T, 1), 540. ^ II. Ibid., 154. !|^ 12. Ibid., 195-6. ^ i3. Ibid., ^ 1.=;. Textes du XIV' siècle, ibid. et GT, 3(ii.
.*8. /i/,/..2.8 1-2. 4t M.Cli,
, Ettsei^nentetif. <j^ 4, Dk AIkykk, I. r.,i. 67.
, 45. ^ lo. Jèid., 121. 189. 258. 271. 283 ; cfr.
fllalug . Je M. Jii . De Cminck.
Tableau sur fond d'or,
MaIKK DOI.OliOSA.
.1 V E (la lettre E semble (Cathédrale de Bruges.)
LA SPHERE n ACTION
Ces mesures tombaient sans doute en désuétude, soii en tout, soit en partie ; car nous voyons la Ville s'engager envers la Hanse, en 1458, de ne pas permettre de fondre du suif, dans le voisinage des marchands de l'association : mais c'est alors à cause du danger d'incendie qui résulte de cette opération ',
Une partie de ces services des Deelmannen passa à la Chambre de la Trésorerie et à ses deux échevins ^. Les Deelmannen continuèrent à inspecter, en corps, les égoijts et les petits canaux, etc. ■'.
* Les comptes de la fin du XI II*! siècle mentionnent des égoûts 4. Les réparations et les ouvrages se faisaient par seciion {Sestendeel)^. Aux coins de rue il y avait des puisards, tantôt faits de tonneaux défoncés [tonnepit], tantôt maçonnés en briques, destinés à recueillir les boues charriées par les rigoles (grippen) ''. Les rigoles traversaient, en beaucoup d'endroits, les rues et les places ?.
En i3g6, les égoûts, souvent voûtés (luieghe), formaient un réseau assez complet, même dans les quartiers excentriques *, pt l'on connaissait les regards d'égoût, fermés par des treillis ''.
Une quittance signée par Jean van Oudenarde '°, en iSqS, nous apprend qu'il avait exécuté pour plus de 2,5oo livres parisis de travaux aux quais et aux ponts, ainsi qu'aux aqueducs et aux égoûts. En la même année, on paya près de 2.000 livres à Pierre Janszeune pour travaux exécutés, entre autres, aux égoûts ". En iSqô, Martin van Varsenare, plombier, livre pour au-delà de 176 livres parisis de plomb, employé aux quais et aux égoûts '^ Le compte de la même année, renseigne quatre grilles pour regards d'égoût, pesant ensemble 226 livres '^.
Des textes du XV^ siècle indiquent qu'on permettait aux particuliers de se raccorder aux égoûts pour l'évacuation des eaux ménagères '■'.
* Le doyen de la ferme des boues (Decamis liiti) et ses jurés sont déjà mentionnés dans notre compte communal de 1299. Nous le trouvons sous le nom de Deken der Muederaers, au XIV"^ siècle ; et nos comptes mentionnent l'achat de charettes, de pelles, de râteaux ou râbles, etc. pour son service ". La ferme des boues avait à enlever de la Reie les animaux morts ou les immondices qu'on y aurait jetés "', et ces contraventions étaient punies d'amende '?. La chambre de la Trésorie avait la surveillance de la propreté des rues. C'est ainsi que nous la voyons prononcer des amendes contie des habitants, pour avoir amoncelé un dépôt d'ordures près de leur maison, ou pour avoir obstrué les ruisseaux d'égoût, ou avoir négligé de se raccorder à l'égoût de la Ville ■*. Au XVI« siècle, le doyen de la ferme des boues avait sous ses ordres des charretiers, des meschrapers et des vidangeurs '?, et Damhouder nous fait connaître leurs attributions. Ils avaient, entre autres, à enlever les gazons entre les pavés du Bourg et autres places publiques, afin, dit Josse de Damhouder, que ces places n'eussent pas un aspect sauvage : niet en :{oiiden boschachtiglijk venvildeien.
L'on voit très bien, à la description que nous donne Damhouder, de leurs attributions, qu'ils ne pouvaient permettre aucun encombrement de la voie publique, par des tas de démolitions, des boues ou résidus de ménage, et qu'ils traduisaient devant la Trésorerie, les récalcitrants =".
I. I, V. 4o5.^z. AE, .\U1I. 22; I), 488. Cfr. ci -dessus, p. 202.^ .!. C. 1414-15 ; I. IV. .140. j(s4.G0. 5.15, V J?Mîoi7:lJ, ôpô. 398. *5. r, IV. 353-5.* 6. GG,653, V Tounepit. * 7. I, v. .321. * S. I, m, 353 5.^9.1,111.484; GT, 369:GG, V ToiiuefU, 65.Ï. * 10. I, III. 344. 347. 354. * II. I, m. .^4/. * 12. I, III. 352. ^ i3. I, III. 484. * 14. AA, Fciicb.. I Avril i55l, AE, XLIII. iS. S;l5. 1, V. 325; DeMeveu, Atialeclcs midic, I, im. * 16. Textes «in .-iin' au .\V siècle, I, 17.417-18. *i7.I, iv. i.55. * 18. A.\. Hnllegrh., 1' Keg., fol. 5o, .S mars 1400 ; AE. xuii. i3. zû. 23. * ro. 1>. .5.14, ^ 20. D. 53i-2.
Les Karreliiyden, dits meschrapers, furent renforcés plus tard par des vieillards avec brouette, auxquels les maîtres des pauvres concédaient la plaque de mestraper. Ces vieillards pauvres, au nombre de 587, en 1775, et de aSo, en i856, virent se retirer cette ressource, par l'organisation nouvelle de l'entreprise de la ferme des boues, à partir du !'■ janvier i865 '. Nous nous souvenons encore de les avoir vu circuler par la ville, avec leur brouette, portant leur plaque au bras gauche.
* Les denrées alimentaires étaient surveillées. Nos pièces du XIV*^ et du XV^ siècle mentionnent des amendes pour vente de poisson ou de volaille ayant perdu sa fraîcheur : les ordonnances de police étaient formelles et ces amendes s'appelaient les stinkende boeten -. Des harengs impropres à la consommation sont confisqués (1764). et à diverses reprises, on interdit la vente de moules, parce qu'on avait constaté qu'elles étaient contaminées ^. La viande d'animau.K morts naturellement était confisquée et enfouie, et le vendeur puni d'une grosse amende, par les Keures des bouchers de 1377, qui ne font que reproduire des chartes plus anciennes 1. Il en était de même de la viande qui avait perdu sa fraîcheur. Cette charte est pleine de renseignements qui prouvent la sollicitude du magistrat pour la santé publique. La police était raide
en fait de vin frelaté ou mélangé ' : l'amende atteignait le contrevenant et, à sa honte, sa mauvaise marchandise était versée à l'égoût, devant sa maison. L'amende atteignait la vente d'hydromel ou de vinaigre de mauvaise qualité (i358). Des figues sont brûlées publiquement devant une boutique. Nous voyons, en 1431, faire enquête contre un marchand vénitien de gingembre confit, et il est condamné à l'amende. Le sirop étant fait avec du miel au lieu de sucre, en fraude des règlements, deux tonnelets en seront briilés publiquement, sur le pont St-Jean, et il devra indemniser ceu.x qui auront acheté du gingembre ainsi falsifié. En 1549, nous voyons un marchand de gingembre condamné à 3o livres parisis d'amende, et sa marchandise confisquée sera brûlée en place publique °.
* Les bouchers abattaient à domicile, le bétail destiné à la consommation. Quoi qu'il fût question, dès 1810, de construire un abattoir, ce ne fut qu'en 1841 qu'on y songea sérieusement et la -^ v « / / t construction ne fut achevée qu'en 1846. Depuis longtemps, il y avait ^,'' JeJ's^taTieruroiVde" un abattoir pour porcs, appartenant à la corporation des bouchers, HPaot >^ l g^ ^^n au coin nord-est de la rue des Bouchers et du Vieu.\ Sac. Cette pioximite le fait que beaucoup de bouchers habitaient le Vieux sac et la rue actuelle des Boucheis appelée jadis rue Wulfhaeghe jusqu'au rempart, ont été sans doute l'origine du Bloedput, destiné à recevoir le sang provenant de l'abattage. 11 était situé au bout de cette rue, au rempart. Le nom de Bloedpit fut inscrit, au XVI 1I« siècle, sur les cuivres de Marc Gheeraerts, et tout le monde le donnait encore à cet endroit, vers i85o.
Il y avait un autre Bloedpit, pour le sang humain provenant des saignées. — Aux beaux temps de l'école physiologique, la saignée était fort en usage ' ; mais il était détendu aux praticiens qui s'y livraient, d'élever des porcs ou de jeter le sang dans les rues ; et ils
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