I. IV
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LA SPHERE D ACTION
devaient, sous peine d'amende, déposer, dans les vingt- quatre heures, aux endroits désignés à cet effet, le sang qu'ils avaient tiré à leurs clients.
Ce Bloedpit avait été creusé au champ de la Mndehiine ; mais au W\i^ siècle on trouva sans doute qu'il était trop rapproché d'habitations, notamment de la Léproserie. La Ville décida de le faire combler, obtint de l'Abbé de St-Andié, en i336, une mesure de terre faisant partie du champ de Bensebrouc. à 'rillei;liem, pour v i'aire cieuser un nouveau pulls '.
* Le curage des petits canau.v était à la charge des riverains =. Mais le curage de la Reie faisait l'objet des attributions administratives. Il y avait même, au XV'' siècle, des registres de la Ziitpering/ie van de Reie, portant sans doute l'indication des cgoûts et fosses d'aisance qui avaient droit d'évacuation dans la Reie ■'.
Une amende de trois livres frappait, au XI V« siècle, ceux qui jetaient des déchets dans la Reie ■». Nous voyons poursuivre, en i-jog, ceux qui y jetaient des immondices ; en 141 1, plusieurs habitants sont mis à l'amende pour n'avoir pas supprimé l'évacuation de leurs fosses d'aisance, dans la Reie, conformément à la défense faite par le Magistrat *.
* Par une singulière coutume, qu'on trouve dans toutes les villes, a la même époque, les anunaux errants abondaient en ville".
On toléra même le droit du couvent de St Antoine, à Bailleul, de laisser paître ses porcs sur le territoire de l'échevinage et sur les cimetières ; mais ces animaux devaient être annelés. Apiès le rachat du privilège, en 1454, on payait au couvent une indemnité de deux livres ?.
Bien des animaux errants périssaient sur la voie publique et étaient jetés dans l'eau des remparts et des canaux intérieurs. Nous voyons que le doyen de la ferme des boues était chargé dès 1299, d'enlever ces pourritures *. Les textes du XI V'' et du XV'' siècle de nos comptes communaux, constatent la persistance de l'abus et le salaire des agents chargés d'y porter remède 3. Il paraît qu'un lieu de choix pour y jeter les animaux morts, ait été l'ancien bassin de la rue des Annonciades, comblé en i835, mais qu'on trouve sous le nom de )'w/e rer/"" depuis la fin du XIV>= siècle. On avait de grands filets, renforcés de perches et munis de bouchons, et une barquette, pour procéder à ce travail; ainsi qu'à l'enlèvement des plantes aquatiques qui, sous la dénomination de tcit, encombraient les eaux doi manies des remparts (1398-99) "°.
Tous ces chiens errants par les rues reportent l'imagination à l'aspect des rues de Constanlinople, encore de nos jours. Aussi la Vi'le instiiua-telle des Abatteui s de chiens, Hondeslagets, portant une plaque aux armes de la Ville, chaque fois que le nombre des chiens vaguants était devenu trop considérable. Nous savons qu'il y en avait un, en 1416. En 1455 ils étaient liuit, et abattirent i 121 chiens, pour chacun desquels on leur payait six mites. De 1470 à 1473 furent abattus plus de onze mille chiens. En 1481, l'on en abattit 870 ; en 1482, i5o. De i486 à 1490, 4356 ". Quelle plaie pour l'hygiène publique !
Aussi, quand en 1491 sévit la peste, le Comte et la Ville prirent-ils ensemble la décision de charger le Hondslare d'abattre tous les jours ouvrables, sauf le samedi, à cause des chiens des campagnards, de 5 h. du matin à 9 h. du soir, tous les chiens, sauf les lévriers, les braques, les barbets, les épagneuls et autres « chiens nobles », même s'ils appartenaient à des particuliers ; et on stipula des pénalités, contre tout habitant, même mineur,
I. I, 1. 477; AE, x.\xvill. 3(1. S7. * 2. AA, /V)if/<., //(\s.. 0 Juill., 154Ô. * .i. (il, 377, t-t(i(i.ti.i3.R04. ^ 4. I, IV. i55- 5, I, IV. 417 ; VI. 3o. ^ 6. GT, 14. 32, Ô4I- Cfi . Un .Vie ver, A,ia/. mùlic. I. .;,S-38. * ;. I. V. 4S.S. ^ S. I, Iv. 418. * u. /b:J., 417-418. ^ 10. /W,/., 418 * n. I,v.484:vi. 114.
qui s'opposerait à la destruction. En 1492 et 1493,011 abattit, par suite de ces onionnances, le nombre étonnant de 2916 cliiens. Les peaux étaient vendues au Doyen des Ganiiers '.
* L'hygiène publique, insuffisamment protégée, et l'absence de précautions inter-
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nationales furent pour beaucoup dans les épidémies fréquentes de peste, appelée souvent haestighe siecicte. 11 ne faut cependant pas admettre les données des chroniqueurs, qui font mourir, des fois, à Bruges, plus de gens que la population entière n'en comptait.
La peste de i3i6 est la première sur laquelle nous soyons documentés. Elle fut particulièrement désastreuse. Delà mi-mai au i^ Octobre, la Ville fit enterrer iqSS cadavres, que leur famille abandonnait. L'émigration fut considérable. La cour du Comte quitta la ville et l'on voulut même déménager le vin de celui-ci '.
Nos documents nous font connaître, au XV= siècle, les épidémies de 1438 et de 1489-91 . En cette dernière année le fléau sévissait à l'Ecluse. Ceux qui venaient de cette ville avaient à faire la quarantaine^. Cette mesure d'imposer la quarantaine se rencontre encore plus tard. Ainsi, ceux qui avaient été soigner les pestiférés de Knesselare, durent, à leur rentrée en ville, aller faire une quarantaine de six semaines au haut de la tour des Halles, avant de rentrer chez eux ^.
Les Hallegeboden du 10 septembre 1490 au 16 aoijt de l'année suivante, nous renseignent sur les mesures prises : curage des eaux et fossés, delà maciiine hydraulique et des puits publics, abattage des chiens vaguants. Une botte de foin doit être suspendue aux façades des maisons infectées ; ceux qui les habitent ne pouvaient soitir qu'entre cinq heures du soir et sept heures du matin, et devaient se faire remarquer en portant une verge blanche, longue d'une aune -t. La ville s'était dépeuplée et les émigrés furent rappelés, sous menace d'amende ^
Au siècle suivant le Magistrat nomma des médecins et des sage-femmes, attachés au service des pestiférés ".
Ils recevaient de la Ville du drap rouge pour se vêtir, d'où le nom de Roode meester, Onder^oeker et Roode viainven '. On les reconnaissait à ce costume. Le Roude meester devait s'installer dans un local isolé, et c'est ainsi qu il fut établi, en i582, dans le couvent des fières Cellites, rue Ste-Catherine, qui avaient été expulsés par les Gueux. En i563. on avait délégué un inspecteur qui, vêtu d'un manteau gris et portant une bande rouge sur la manche droite, venait dire, tous les jours, à 7 heures, à un commis, sur le pont de l'Ane aveugle, quelles étaient les maisons infectées. Ce commis faisait rapport au Magistrat*. Les assistants, garçons et domestiques du médecin des pestiféiés, devaient porter un manteau gris et tenir une baguette rouge à la main, quand ils sortaient. La baguette, tantôt blanche tantôt rouge, était obligatoire aussi pour leur- femme et leur servante. De même des piètres, qui avaient été en relation avec les pestiférés, devaient porter la baguette". On avait établi un cimetière provisoire pour les pestiférés dans le couvent des frères Cellites ; on ferma les écoles, défendit ies réimions de sociétés. L'Hôpital St-Jean reçut l'ordre d'accueillir tous les pestiférés. On fil des feux de branches de genêts pour purifier l'aii-, dans plusieurs quaitiers de la ville et à l'Ecole Boggarde '".
11 fut fondé à Bruges un hôpital pour pestiférés, dès 1481 ". mais je n'ai pu en établir la situation. En 1602, on construisit les Pesthui:{en. au champ de la Madelaine, hors la porte de la Bouverie '-, sur l'emplacement de l'ancien Vivier de la Ville, comblé en i386. Ce fut là que les pestilérés furent soignés, depuis lors ; mais les enfants atteints
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