L-églis
Cliché du Bulletin des m de Vive-Capelle, lez Bruges,
de Je
celle
des rues atteignit bientôt son paroxysme '.
* La question de la conservation des sues de notre ville, des monuments et des façades anciennes épargnées par les ravages du temps et du mauvais goût, ainsi qr de la construction de nouvelles maisons en style bien appropiie au cachet de notre ville est une question capitale pour Bruges.
Compromettre les anciens édifices, les moderniser, leur ôter leur caractère local éventrer nos places publiques ; refaire au cordeau nos rues d'une ligne sinueuse si bellt où toutes les façades ont l'avantage de se présenter successivement au rayon visuel, o
1. Plus haut, p. 2o3, note 3. ^ 2. Cfr. RDH, vu. 14Q. 182. 223 ; 235. 276. — A'«««, 111(1890) 190.^3. Voir R. depuis i85.S jusqu'en
(1S77I Sgu: De rechtlreking der
LA SPHERE D'ACTION
les tours et tourelles apparaissent, tantôt à droite, tantôt à gauche, au-dessus des toitures ; ce serait déformer notre ville. Ce serait encore la faire déchoir du rang artistique élevé qu'elle occupe dans l'estime des milliers de touristes, que le retour de la belle saison fait affluer dans nos murs, et que l'hiver même, depuis quelques années, n'empêche pas de nous arriver.
Nous ne sommes heureusement plus à l'époque où l'on démolissait successivement la porte Ste-Catherine (i 862-63), la porte de la Bouverie(i863), la porte de Damme (1871).
Il est vrai que ce n'étaient plus les portes anciennes du XV" siècle. Mais fallait-il sacrifier ces arcliitectures postéi ieures ? Il n'est plus, le temps où M. le Bourgmestre Boyaval appelait la rectification de la rue de la Monnaie « le digne pendant de l'élargissement de la rue tlamande exécuté en i85o)); et disait, des maisons bâties dans la rue de la Monnaieélargie, que quelques unes étaient « assez remarquables par leur style et leur ornementation » '. Une lettre cependant, adressée en 1864, à M. Van Robays, qui faisait restaurer ses maisons, rue de Jérusalem 56-6o, prouve que cet honorable magistrat a changé d'avis, dans la suite ^.
Rendons hommage à l'initiateur des restaurations de façades, qui fut Maîtic .leaii Betiiunc. C'est lui qui conçut et dirigea, vers i85o. le grattage et la restauration de l'hôtel d'Ydewalle. rue Haute ; e.\emple cependant qui ne fut guère suivi al(<rs. Depuis 1874 seulement, on vit grand nombre de façades remettre en honneur la brique dont elles sont construites, se décrasser de l'atfreux badigeon qui les couvrait, et réjouir l'œil des passants par une restauration intelligente et judicieuse. Bien des restaurations se firent sans augura le système mesquin de peindre en briques, tout d'un ton, en traçant de fau.x joints à travers tout, et simulant des arcs de décharge et des linteaux arbitrairement tracés ; puis on varia les couleurs des briques et l'on suivit les vrais joints Autie chose serait de truquer une partie nouvelle, qui ferait tache dans un vieux bâtiment. C'est ce qu'on fit, en 14S2, pour certaines parties réparées du Beffroi, en employant de l'huile mélangée de terre noire \ Le système de « peinture décorative, » contre lequel on préconisa le grattage, n'était pas suffisamment artistique ■». La restauration vraie fut de plus en plus appliquée, surtout depuis
la science, ni l'attention nécessaires. On
. Kapp. Comm.. du 20oct. i& 1872; Ad. Dvclos, Biiiges e
RDH, vil. .) .7. * 3. A .A , /i,-g. SleJrwerkn,
. ^4. Zfi PItimi,
que l'administration communale supporta une partie de la dépense, sous condition qu'on appliquât les saines rcijles de l'art, et eût établi un magasin de briques de toutes époques et de toutes nuances, soigneusement acquises à l'occasion de démolitions.
L'un des grands promoteurs de ce mouvement ' a été Charles Verschelde. En 1871, il publiait dans les Annales de la Société d' Emulation, son étude sur les anciens architectes bnigeois, accompagnée de 40 gravures laites d'après ses dessins. Veis le même temps, des publications locales commencèrent à s'occuper de l'esthétique de la ville. Il s'en occupa, lui, avec MM. Alfred Ronse et Edward Gailliard, dans La Plume, fondée en 1870, dans le Halletoren, qui continua cette première publication, en iSyS'. Rond den Heerd donna les éphémérides des travaux de restauration, entiemèlées d'articles de principe, dès 1877 -. Les jnurnau.x locau.x se laissèrent entraîner dans le mouvement.
Bethune, l'initiateur de i85o, construisit vers 1S60, le presbytère, l'école et autres habitations, en style brugeois. à Vive-Capelle. Sous son influence, M. 'Van Robays fit de même, au cimetière Sie Anne, en 1870. C'étaient les premières maisons construites à Bruges, en style local. Depuis lors, le nombre de ces constructions ne fit qu'augmenter. Le préjugé des « anti gothiques .1 était vaincu.
Par Arrêté Royal du 3 janvier 1875, notre ami M. Alfred Ronse devint echevin des travaux de la Ville. Dés 1877, une somme de mille francs fut inscrite au Budget de la ville pour subsidier les restaurations de façades artistiques. Ce crédit était de 12 344 fis. en 1906. Le 28 juillet igoo, le Conseil communal, sur la proposition de .M. Vuylsteke- Knockaert, vota un crédit de vingt mille francs, pour eiicouragci les coiistruciions nouvelles et les restaurations non subsidiées, à diviser sur deux périodes Je ipiatie années, la premièie se terminant en 1904, la seconde en 1908. Chaque moiiie seiait répartie en douze primes. Une commission spéciale a attribué les douze piemièies prunes, en iqoD.
Rendonshommage à M. .\lfred Ronse, le sympathique échevin. avec ceux qui. en novembre iqo3, quand il prit sa retraite, après trente années de travaux. Un offi lient un album contenant les photographies des monuments et des pignons lesiauiés sous son impLilsion.
Pour encourager ce mouvement, il arrive que la Ville ortie gratuitement des terrains à bâtir, sous condition que les bénéficiaires bâtiront d'apies un projet artistique imposé; e.xemples: rue de l'Eeckhout et au bout de l.i rue des Baudets ' ; et, dans les nouveaux quartiers, la vente de terrain est subordonnée à l'adoption d'une laçade artistique -t. Voyez le bout de la rue des Bouchers, de la lue St Georges, quelques uns de nos nouveaux boulevards ■\ parcourez toutes nos rues : l'on vous indiquera des centaines de façades, les unes plus belles que les autres, construites surtout depuis vingt ans. Un tort cependant, que l'on a généralement, depuis une dizaine d'années, c'est d abandonner trop les vrais types des façades brugeoises, pour imiter ceux qui en sont dérivés, et où l'élément exotique a trop de part. Puis, beaucoup de nos dessinateurs de façades, ne connaissent pas la finesse du style brugeois, et ils font du lourd, souvent de l'absurde. Mais que faut- il dire de ceux qui font du « Classique « " !
Afin d'assurer la conservation des façades restaurées avec ses subsides, l'administration communale exige, depuis 1894, que les propriétaires de ces immeubles s'engagent à n'apporter pendant trente ans aucune modification à la façade, sous peine d'avoir à restituer le subside, augmenté de ses intérêts à 3 «/o '.
I Sur .e iMonvemeiit, voir La Plumf, Av. n -oùt 1872; KDH, xv. 23r ^ 2 ROH. xn-xw. tables. Rnisons .le notre manière de ronsitiérer la question, ibid.. XV. (1880; 2Ô1. «)(• 3. Rapp. Coilège Ec/iev-, 1900, 00 ; 1004, 14, ^ 4. béaiice Cous, conim.. ilu g nov. 1007. ^3. On a, en tS83. demandé vainement une prime en faveur des constructions en styje brugeois, au Boulevard Conscience : RDH, \x, 243 ; c'est regrettable. ^ 6. Voir rue N. D. et rue Neuve ; puis ie « classique . rue des Vieux Sac (1906 , et rue de la Bride (1908). ^7. K. 1894, 82.
LA SPHERE D'ACTION
Il faut regretter que l'on ne soigne généralement pas assez les choses courantes, l'ouiquoi teuit-il que les candélabres et les lanternes du gaz. les bailles de fer aux murs des quais, les ponts nouveaux, soit en maçonnerie, soit en fer, les pompes publiques en fer etc. aient toujours un cachet vulgaire, alors qu'il serait si facile d'avoir de Uons modèles? Allez à Londres: depuis un demi-siècle toutes ces choses modernes sont traitées rationnellement, d'après les données du style ancien. Ce sont là des choses que nous avons signalées déjà en 1881 et 1882 '.
On a toléré jusqu'ici de gâter nos coins de rues par l'application de vastes peintures-réclames cachant même quelquefois des détails architecturau.\ remarquables. 11 paraît qu'on s'apprête à prendre des mesures contre ces attentats ^. Puis, les cours de l'Académie et de l'Ecole Industrielle ne sont pas encore tournés vers le sens esthétique brugeois :
l'on y est encore à dessiner de
l'antique d'après Vitruve et
des modèles « classiques ». L'institution d'un service technique, en 1900, est chose excellente, dans une Ville qui doit organiser son port, et parce que les travaux d'ordre technique et d'hygiène doivent être bien conduits. Mais nous craignons que la suppression, après le décès de notre regretté et distingué Charles de Wulf (1904), de la place d'architecte de la Ville, aura de mauvaises conséquences ; et cela maJgré l'institution, en juillet de la même année, d'une Commission Consultative, qui ne Hgure pas même dans les almanachs.
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ÉrJilllfiM
ullMu de! Métier:
.e de Vive-Capella 1 Belhune. 1861-67.
La
auration des monuments publics, qu'on avait laissé tomber en luines pennq ans, a pris également son essor, sous l'intelligente direction du collège
dant vingt
échevinal, soucieux de la splendeur artistique de notre^cité, inauguré en 1873 ; et nous avons vu les Hospices civils adopter le style ancien, au nouvel Hospice pour femmes incurables et à toutes leurs autres constructions.
Les administrations centrales ont été forcées d'emboîter le pas. Par nos pétitions et nos polémiques nous avons obtenu la construction, en 1879, de la nouvelle Ecole
lo3 * =. Se:
normale, en style brugeois ', et la construction en style gothique, dont l'adjudication fut faite en juin 1887, du Gouvernement Provincial et de la Poste-aux-lettres ^. Nous avons été moins heureux avec la Gare. Cette construction a été confiée à un architecte qui ignorait tout du style brugeois, et qui ne s'est pas même dit qu'une gare n'est pas un ensemble de petites conti uctions. Que ne s'est-on inspiré de la Watei halle, qui était une vraie gare couverte pour les marchandises apportées par bateau -' !
Le Roi est intervenu lui-même. Convaincu combien il est nécessaire de conserver à notre ville tout son cachet, sa Majesté a confié, en i8g8,à M. Stûbben, architecte et échevin à Cologne, qui est un spécialiste, le soin de dessiner le plan du nouveau quartier à aménager entre la porte des Baudets, Schipstalle et l'ancien Bassin de Commerce. Ce plan est conçu d'après les vrais prmcipes et correspond au système du tracé de rues, dans l'ancienne ville •♦. Le plan de la section de Bruges-sur-mer derrière notre station balnéau'e, a été conçu dans le même sens '.
Dans l'ancienne ville, notre administration a agi avec beaucoup de souci du beau pour ce qui concerne le trace des rues. Elle a obtenu que plusieurs arrêtés royaux d'ali gnement fussent rapportés, parce que leur application aurait fait disparaître des pignons anciens ou serait venu briser ces heureuses lignes courbes, qui créent toutes sortes de surprises à l'œil du promeneur attentif. La galerie qu'elle a faite à la Rue de l'Eekhout pour élargir la rue sans produire de trouée, est d'un effet heureux, très justifié''. Mais pourquoi le pouvoir central a-t-il fait ce barbare trou dans la Grand'place et dans le Bourg, en élargissant la rue de la Bride et supprimant sa courbure ; quand on aurait pu, de part et d'autre, mettre des trottoirs, si larges fussent-ils, sous galerie, et tenir les étages des façades à leur alignement ancien ? Dès 1882, nous avons prolesté contre cet élargissement brutal '.
* En même temps, après tant d'efforts et de sacrifices, le mauvais goût renaît, Et dire, que faute d'une bout de loi, le collège échevinal est impuissant à garantir la conservation du cachet de la ville !
L'inimicus homo travaille dans l'ombre ; parmi les boutiquiers, l'homme de goût est plutôt rare et son mot est « tout à l'instar de Bruxelles » ; l'entrepreneur de constructions n'aime pas à sortir de l'ornière qu'il a suivie dès sa jeunesse : il a trouvé la fortune sur le chemin de la paresse, il est l'ami du plafonneur ; le propriétaire, qui manque de notions, ne songe pas à capitaliser les frais annuels d'entretieri de ses plafonnages et peintures, et il se persuade que le « moderne « est moins cher et rapporte plus.
Nous voyons, vers i835, la manie des vitrines s'introduire. En la seule année 1843, quarante-et une demandes furent introduites ; et notons que nous prenons cette année au hasard, dans les Rapports communaux. Et aujourd'hui !! Voyez ces cariatides et ces vitrines en ce style esthétique si récent pour ne pas dire si jeune, et déjà si démodé, établies même au rez-de-chaussée de façades anciennes. Voyez ces quelques façades à combinaisons absurdes, telles que les dernières années en virent construire rue flamande, rue Ste Catherine et au cimetière N.D., ce néo-grec à frontons mal compris, de la rue d>.'s tonneliers (1906) et ces cdîistructions banales, même rue (1908)
Ceux qui coopèrent à ces mutilations de l'aspect de notre ville, encourent une grave responsabilité. Par son cachet esthétique. Bruges attire tous les ans des milliers d'étrangers. L'on ignore généralement combien l'Amérique raffolle de Bruges. Parmi les cen-
I. RDH, XIII, 373. 37d;iciv. 87. i68. 216. ^ 2. /«</., xill. n3 ; xxiv. a8o. 376. * 3. Voir la grav. p 41, ^ 4. Voir la partie septentrionale de notre grande carte. ^:. Voir grav., p. 207. ^ 6. De Wole, A propos de l\-sthitique des villes, igoô, 7-6. j^ 7. RDH, xvu (1882, sept ans avant l'apparition de la i" édition du livre de Sitte,) 182. 223.
LA SPHÈRE D'ACTION
laines d':
America
dans lei
Jl- rn<-.
ii'tisles des deux sexes qui peignent des ins bien nombreux, qui y i^asneiit leui ouveau inonde, l'on ne conçoit plus (Mlle de i> \iies de Bruges ». Alors qu'el
ites de Bruges, à tous nos vie et leur coiiteux voyage qu'un salon soit meublé 1840, le nombre des visiteu
oins, sont des e ; parce que
ivec goût, i du Musée
insi:;niHaiu. depuis le renouveau nous avons \ ;eurs entre 1878 et 1888. croître constammen iQoo. La moyenne, dans les dix années de 1893
la moyenne, qui Leur nombre est Oo3. avait été de
. le Musée a produit pour les pauvres la somme celui là l'ait comprendre à quelle œuvje néfaste
ùt ou par une parcimonie mal placée, contribuent
L'on a parlé récemment du danger que courait l'aspect de nos rues, par le placement de trolleys, pour trams électriques. Il vaudrait évidemment mieux, et la chose pa raît possible, de se passer de ces appareils; mais s'il faut choisir entre se passer de iiam ou subir le trolley, il n'y a. semble-t-il. pas à hésiter. Le trolley se voit SI peu. H deviendrait absurde si l'on voulait l'afl'ubler de « gothique 1840 «.
Ce que l'on devrait faire disparaître — et cela se fera
ilaii, ,iOi vi. le . '
tôt ou tard — ce sont ces
affreux chevalets pour tils
audacieusement jusque sur les toitLires de
monument
on compte l'eau et les plantations, nueux, avec ses bouquets u'ailiies et ses cygnes istes épris du pittoresque. Nos cygnes chantes par ut -. Marc Gheeraerts les fait nagei en 1362, dans
* Paimi les attraits d'une
Notre Reie. aux méandi gracieux, attire tous les ans 1 Guido Gezelle '. remontent bu l'eau de nos remparts et au Minnevvater ; à l'époque de la splendeur de notre commerce, les eaux de nos canaux intérieurs étaient sans doute trop encombrées par les bateaux pour les attirer. Nous les trouvons, toujours dans les remparts de la ville, dans des textes de 1403 et de 1474 '. Le cahier primitif de la Keuie d« la Prévôté défendait sous amende de 10 livres parisis, de tuer des cygnes ou de prendre leurs œufs, et ces dispositions furent reprises dans les deux cahiers de la Keitre homologuée, en février i5ii et au mois de mars 1 526 ■•.
Le Grand d'Auxy parle des cygnes de nos villes, sans parler expressément de ceux de
lao. ^ 4. cp, 1. 249, 357, 457.
Pho/ogr. iie .V. Jc-y. de Conhicli.
Le Christ di;sckn
("opie ancienne et remarquable d'un fragment
pour l'église de St Jacques, à Brug
able peint par Hugo van der Go Cathédrale de Hiusei.
. Cfr. AE,
258 LA SPHERE D'ACTION
Bruges. Il dit que l'usaiie Je tenir des cygnes blancs se trouve dans plusieurs villes de Flandre et de Picardie, traversées par des rivières ; et que chaque Gilde en entretenait, qui portaient au cou l'insigne de la corporation. Nous venons de parler de la « Chasse aux Cygnes ' et nous avons parlé du droit de banalité ^.
Sans ses canaux intérieurs notre ville perdrait tant de son pittoresque ■'. C'est ce que Vondel faisait déjà comprendre, à son époque ■♦, au.\ édiles d'Amsterdam. Puis, voûter des canau.\ est un travail anti-hygiénique •".
N'est-il pas regrettable que, lors de la restauration de la Poorlers Loge, l'on n'ait pas ouvert le canal qui coule sous la rue de la Grue ", et qui avait été voiîté vers 1787 ? La jolie tourelle se serait mirée dans l'eau, d'après l'idée de l'architecte du XV": siècle, qui la conçut; et l'on aurait pu rétablir le quai du pont St-Jean, avec ses niches, tel que nous le voyons sur nos vues anciennes de Bruges ?.
N'est-il pas regrettable qu'on ait voiàté en iSSg, pour faire la place de la Station, la Smedeieie, entre les deux ponts du Sablon ; et en 1871 le Capticiiiereilje, vestiges si respectables de notre rempart d'enceinte le plus ancien '* ? Nous sommes heureu.v que l'administration n'ait pas cédé, en 1881, au mouvement factice, qui demandait le voiitage du Speelmansieitje'K ce qui aurait privé la ville de plusieurs jolis points de vue, tiès prisés des touristes. Le travail qu'on fait derrière le chevet de N.-D., où l'antique Reie deviendra visible, mérite tous les éloges. Mais pourquoi ne pas démolir les maisons qui forment le côté nord de la rue du Chàtaigner, pour y créer un nouveau Dijver ? L'on pourrait créer ainsi une large voie, de la rue Ste-Catherine au Diji'er, et débarrasser du grand passage des chariots, l'étranglement entre N.-D. et l'Hôpital.
L'on a tort de ne point mettre en valeur certains points de vue qui semblent de moindre importance. Ainsi, pourquoi, dans la rue Groeninghe, à la place de Jérusalem etc. remplacer les quais de pont, par des murailles, qui empêchent de voir l'eau des petits canaux-, que l'administration, d'ailleurs, entretient soigneusement ? Pourquoi ne pas profiter de nos sites pour les agrémenter d'un parapet orné, et laisser voir quelques frondaisons des jardinets ? L'on a tort aussi de laisser les sables et les joncs envahir nos remparts, et de fournir ainsi à ceux qui voudront les combler tantôt, un prétexte pour exécuter leur désastreuse besogne.
Quoique le souci de l'administration communale, pour conserver l'aspect de la ville soit grand, l'administration, par une inadvertance incroyable, a laissé dans le cahier des charges pour la construction du canal maritime, la clause qui impliquait la suppression du Rempart de la ville, entre la porte des Baudets et le Bassin '°. Ce travail néfaste fut commencé en juillet 1899. Sa Majesté le Roi dans sa réponse au Bourgmestre, le 3o juillet igoS, lors des fêtes du jubilé national, y fit allusion.
c< La ville de Bruges, disait sa Majesté, a raison de restaurer ses monuments, de garder soigneusement son cachet, de ne pas combler les fossés qui l'entourent, de maintenir ses vieilles portes et, par des modifications de voirie, de ne pas faire disparaître des demeures intéressantes, .le me réjouis de ce que l'on paraisse maintenant, ce qui n'a pas toujours été le cas, généi alement d'accord sur ces points. »