‹ BrugesChapitre 59 sur 137 · I. RDH. ilx. 48. * 2 KDH, .\x · texte numérisé non relu

I. RDH. ilx. 48. * 2 KDH, .\x

largeur de la voie publique le permet ? Ainsi, dans une pailie de la rue Pré au moulin, de la rue des Annonciadcs et du Vieux Sac ; au cimetièie Sie-Anne, au quai du Rosaire, où l'on grille en été. Planiez la place de la Monnaie ; la partie méridionale de la place de la Station, depuis les bàliments de la Gare jusque vers l'entrée du Marais ; la place de la Grue, celle de St-Jean, des Biscayens, de Jean van Eyck et de Memlinc ; les carrefours devant l'église de Jérusalem et à l'est de l'ancienne chapelle de St-Eloi '. Pourquoi ne pas en mettre au moins une rangée, au côté septentrional de la large rue de la Bouveiie, qui est si exposée au soleil ? La ville a ses pépinières, depuis i833, qui ont été bien soignées, surtout depuis 1870, et sont en plein rendement.

Oui, nous oserons même demande]- pourquoi notre Grand'Place ne pourrait pas avoir quelques arbres. 11 ne faut pas qu'une place publique soit un entrecioisemeni de charriage -\ et cela devient de plus en plus viai, pratiquement, par ce temps d'automobilisme barbare. Un terre-plein, prenant tout le milieu du Marché, sobiement orné de verdure, serait agréable à voir, attirerait les promeneurs et épargnerait de gros trais de pavage à la Ville.

Il faudrait multiplier les Squares, dans le genre de celui qu'on a aménagé devant la Madelaine (1904). ou ceu.v qu'on fait (1908) dans le quartier Stiibben.

Une excellente mesure à prendre, serait d'établir des plantations provisoires, là oij des démolitions, qui laisseront une belle place ou une rue en ruines pendant plus d'un quart de siècle, ne nous font voir que de laides palissades, aussitôt couvertes d'infâmes affiches rehaussées de portraits de cabotins.

* 2. J Sr

LA SPHERE D'ACTION

Ce fut une belle entreprise, à mettre à l'actif du Bourgmestre Baron de Pelichy-van Huerne, de convertir en Parc public l'ancien couvent des Récollets. Le vaste terrain d'environ trois hectares, de l'ancien couvent, qui avait été sur le point d'être acheté pour y construire le Collège St- Louis, a été acquis par la Ville, en i85o, au prix de 5o mille francs. Après plusieurs tâtonnements, on fit tracer, en i852, un plan définitif par M. Rosseels, de Louvain, et les plantations étaient achevées avant l'hiver de cette même année. Il faut dire que ces plantations sont très réussies, par leur variété. Dès l'année suivante on y plaçait un Kiosque provisoire en bois, qui fut remplacé, en j85g, par celui qu'on y voit et qui manque de style. Le nom de Recoletten-hof f,QVA perdu, dans peu d'années.

* Le premier projet pour la conversion des glacis de nos remparts en promenades publiques, date de 1849.

Les travau.x de terrassement du rempart, entre la porte de Gand et celle de Ste Catherine furent commencés le 27 octobre i853 et achevés en i855. Ils ont été e.\écutés sous la direction de M. Rosseels, qui avait fait le Parc.

Une seconde section du rempart, depuis la ligne du chemin de fer vers Roulers et Courtrai, jusqu'à la porte de la Bonverie, qui était sans buttes à moulins, fut commencée le 27 octobre i853 et achevée en i855, toujours sous la direction de M. Rosseels.

Le jardin accidenté devant le Boulevard Conscience, oii il y avait quatre moulins, fut fait sous la direction de M. H. Van Huile, de Gand (1879-80). Mais pourquoi, puisqu'on a de l'eau sous pression au Waterhuis, n'y a-t-on pas rétabli la fontaine jaillissante que le plan de Marc Gheeraerts nous montre en cet endroit, et d'où vient le nom de rue de la Fontaine ?

Pour varier, on nivela et planta en allées d'arbres, le Boulevard du Béguinage (1881-82), ainsi que la partie de la Smedevest appelée Boulevard de la Toison d'or (i885). Des plantations dans le même genre furent faites au Boulevard des Casernes, en 1892.

En la même année on conçut le projet de faire une promenade accidentée sur cette partie de la Smedevest, comprise entre la porte des Maréchau.v et la ligne du chemin de fer vers Ostende, qui porte depuis 18991e nom de Giiido Ge^ellelaan. Les buttes à moulin servirent au tracé pittoresque de cette belle promenade, où l'on conserva les bouquets de vieu.Y arbres ; et l'on doit dire que M. Van Huile a tiré un parti magnifique du terrain accidenté qui s'offrait à son sens artistique.

Ces aménagements de nos boulevards contrarient certains esthètes. Ils ont fait perdre, disent-ils, à notre ville, son cachet de 0 ville au.v moulins », qu'elles avait de commun avec certaines villes de Hollande. Alors, pour être conséquents, ils devraient tout autant e.vclure les moulins à vapeur, écarter les locomotives, les trams électriques, les téléphones, en revenir au.\ modes du temps de Memlinc, remettre en usage les vieilles pataches, ce qui, cependant, ne s'harmoniserait pas encore ni avec les Halles, ni avec l'Hôtel de Ville. Ces impressionnistes, retardataires du romantisme, voudraient sans doute aussi qu'on laisse tomber tout en ruines, par amour du pittoresque

Parlons de moulins. Avant qu'on fit les terrassements pour la grande enceinte ( 1 297i3ooj, plusieurs moulins à vent se trouvaient dans les limites des emprises à faire; mais on en rétablit plusieurs, dès que les ouvrages de terrassement furent faits '. Depuis lors, leur nombre n'a fait que croître, l'emplacement étant bon. La carte de Marc Gheeraerts nous en montre vingt-cinq : celle de Sanderus, vingt-sept, dont nous trouvons les noms^dans

les registres des Sestendeelen '. En i865, il y en avait vingt-trois. Trois moulins figurent encore sur beaucoup de cartes-vues, près de la porte de Sle-Croix. Ils s'appelaient, au XVI« siècle, en remontant vers le nord : de bonne chière, St-Janslinj-s ei de Sclielmnelne. Ces deux derniers, l'un en briques, l'autre en bois, furent rachetés par la Ville, en 187g. Quant au premier, le plus rapproché de la porte, il fut renverse par l'ouragan du 21 novembre 1904 et la Ville lacheta la hLiiie, au mois de mai suivant.

II y a une butte à moulin, dont le nivellement est regrettable, mais était imposé pour la sécurité du service des lignes ferrées d'Ostende et de Blankenberghe (ancienne ligne du

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rempart intéiieui). Du sommet de cette butte du Coorumuebie« de Roompot », liante d'une quinzaine de mènes, nivelée en mais i885, on jouissait d'un beau panorama de la ville.

* De tout temps la Ville a fait des plantations hors de l'eiiceinle, sur le territoire de l'échevinage, surtout vers les cabaret:, qu'affectionnait le bourgeois et l'ouvrier comme but de promenade. Le dimanche et lundi soir, pendant que les classes aisées vont passer leur après-midi à Biankenberghe — ce qui était déjà d'un usage fréquent 171g ', — • les artisans et les chefs de petits ateliers font leur promenade, avec femme et enfants, à Sie-Croi.\, à Schipslalle, ou dans des directions diverses, hors des portes. C'est là qu'on les trouve, groupés sous les tilleuls, prenant leur pinte de bière et savourant leur tranche de jambon, ou du poisson sec, épluchant des noix ou des crevettes, des crabes, des escargots (jvulloks, :{eekaikolen), s'amusant même à croquer — o progrés ! des pommes de lerre frites, que le marchand ambulant vient leur présenter. C'est là encore que l'on voit nos flamands jouer à l'antique jeu de boule dans le rolleweg ou bulletra, ou s'exercer au tir à la perciie, qui est resté fort en honneur.

Ces habitudes datent de loin. C'est à elles que nous devons ces plantations faites, par la Ville, le long du ticigdl ou ketsbaen de nos remparts extérieurs et du canal de Gand, ou depuis la poiie jusqu'au Siiiul, à Y Altebytje, au Peerde/ien, à la Geeruaermai kl, au Faiinenhuis, au Lappersfurt, à la Kotide Keukcti, à la Latige Munie etc. lieux de iL'union traditionnels, il y a quarante ans, mais bien déchus, ou jusqu'à Scoonamijs ou Beaupré, Nobis cl autres qui ont disparu.

L'on admire encore notre belle avenue de Steenbrugge, plantée en lySS, l'avenue de Sciupbtalle, celle de la porte des Maréchaux etc. Mais il serait urgent de provoquer, de la part d-es administrations communales auxquelles appartiennent les anciennes parties de nos Pacllandeii. des règlements sur la bâtisse, faisant réserver quelques mètres de jardinet devant les maisons, pour empêcher la destruction de ces belles plantations.

9. Xa langue. — Nos plus anciennes pièces administratives, même celles émanées des Comtes, écrites en français, piouvent que le flamand était la langue usuelle à Bruges. Ainsi les mots Heffeglielt et ses variantes, dans les chartes de 1 272 et de 1279 -, borgstorm (1289) ■', les noms de rues et ceux de nombreuses corporations de métiers -t et de professions, comme bogheinakere, lantmetere, etc. ^ figurant en flamand dans nos comptes les plus anciens, indiquent suf+isamment que la langue flamande était la langue usuelle. Le flamand perce a travers les mots latins désignant des ouvrages d'art ou des procédés administratiis, qu'on chercherait vainement dans Du Cange et ses continuateurs ". L'usage du français se manifeste cependant dans quelques mots et noms ". Dans les sceaux d liabiiaiiis de Bruges, le flamand apparaît en 1260 ; le français, en 1298.

On enteiKiait alors, a Bruges, les idiomes les plus variés. Mais ce qui peut avoir eu une influence sur riiiiroduction de l'usage du français dans une partie de la population brugeoise, c'est ravèncmeiit au Comté, après le décès de Philippe d'Alsace, 1191, de princes de la maison de Hainaut, de Savoie, de Dampierre. L'établissement en notre ville, au XllI'' siècle, des banquiers d'Arras •■*, peut également avoir influencé l'usage des gens d'art'aires. Ce sera au Wli'^ siècle que le « parler français » sera devenu à la mode, à Bruges. Les nombreuses ambassades à Paris, au commencement du XI V'^ siècle, feraient croire que nos magistrats et les bourgeois importants savaient parler fi ançais.

AA livi'ché, Ki-/ulio Slaliis i;ni, 104- ^ 1;. \V(;, IV. ï^h. 2,|o. ^ i. WG, iv. =So, ^ 4. . ^ I» JàiJ. ^7 .A.A.c. 12S1-2, pasameitiitvi. pitancia. rapfria, ftfatipriei, etc. ^ .'■

Pholos'-de.V.-JÙ

Dr Coititlck.

1 ian Hoecke (iSqîS- iG.ii j- St Jean et St François d'As

- I.e Christ au Calvaire, a ise. (Cathédrale de St Sauv

Au XIII'' Siècle déjà, les clercs de la Ville devaient connaître le latin, le thiois et le français, puisque la Ville expédiait des actes publics et privés en ces trois langues.

Le clergé, dans ses relations avec le peuple, ne faisait usage que du flamand '. Aujourd'hui encore, les affiches émanant du clergé séculier et, à peu d'exceptions près

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du clergé régulier, sont rédigées en flamand. Pour autant que mes notes soient complètes, je ne connais pas de sermons prêches à Bruges, en irançais, avant ceux des Jésuites, à partir de 1575. Ces mêmes Pères insliluèrent un catéchisme donné en français, dans l'église de St .lean, à partir de 1614 '.

Mais ce dont nous avons à parler ici, c'est de la langue, surtout au point de vue diplomatique, administratif et judiciaiie.

* Nos Comtes, au ccmmencemtnt du XI11<^ siècle, employaient eiicoie, d'une manière tout à fait générale, la langue latine, comme langue diplomatique et administrative. Les privilèges du commerce, même comme ceux des Osterlings à Damme, se rédigeaient en latin ^. Les Statuts de la Hanse de Londres furent rédigés en latin, après 1187'. Guillaume de Dampierre et Marguerite de Constantinople employèrent le français, en 1225-', et les pièces en français devinrent nombreuses, surtout à partir de 1270.

Une charte du Tonlieu de Torhout, 1232, est en latin; mais il en existe des versions flamandes presque contemporaines, dans les manuscrits des villes commerçantes allemandes. Le tarif du Tonlieu de Damme, concédé par Marguerite de Constantinople, en la même année, est en flamand \ Aurions-nous ici une traduction ancienne? Gui de Dampierre, le premier, concéda une Charte en flamand à la Ville de Bruges, en 1281^. Mais il en existe des fragments en français, qui semblent contemporains '. En i3o2, le mouvement flamand entraîna nos princes, qui étaient cependant de souche française. Les deu.\ chartes pour Bruges, du |f août et du 3o octobre i3o2, données par Jean de Namur, et la troisième Keiire de Bruges, du 4 novembre 1304, donnée par Philippe de Thiette, sont en flamand *. D'autres pièces pour Bruges, de i3o3 et 1304. données par le dernier de ces princes, sont cependant écrites en français ".

La cour du Prince et sa chancellerie étaient cependant de langue française ; et rares sont les pièces qui en émanent, à partir de Louis de Maie, qui soient rédigées en flamand ; quoique cependant un document officiel affirme que, sous Louis de Maie, les affaires avec les bonnes villes se traitaient en flamand ">.

Et. en effet, sur une série de quarante-quatre pièces pour Bruges, émanées de la chancellerie du Prince, de i3i i à 1774. que je viens d'examiner, je n'en trouve que onze qui soient rédigées en flamand, dont quatre de Louis de Maie ".

* Le magistrat de Bruges a employé le latin comme langue diplomatique, jusque vers 1280. Les pièces en français se montrent à partir de 1281 " ; les pièces en flamand depuis 1278'^. L'incendie des archives, en 1280, peut avoir causé la perte de documents en langue vulgaire plus anciens ; car on possède un diplôme des échevins de Bouchoute, de 1249. rédigé en flamand, et une charte originale, en français, de Maiiaut, dame de Tei monde, de 1221 '■'. Le Franc de Bruges écrivait des diplômes en flamand, au moins à partir de 1276 '5. Mais le magistrat de Bruges, dans ses actes, employait généralement le français, à la fin du XIII« siècle. Il e.xiste cependant deu.v ordonnances, rédigées en flamand, des Bailli et Echevins de Bruges (1278 et 1280), ainsi qu'un acte constitutif de rente, au grand sceau de la ville, de 1299 "'.

Les événements de la fin du XI 1 1"^ siècle donnèrent une poussée à l'empk'i du flamand

I. .Aiî.xLVi. 412-13 ; UUH. XXV. 240. ^ 2. WC, 11. 444 iia.ia; ; Cul pni.eifUlfs, 11. 172, 174- ).e lexte fl..maii.i ll.l. 2 31 n'est sans tiou te qu'une tiaiiuctioii postérieure. *J^3. \VG, 11. 5o6. *3(; 4. \v-V^\\..Sigill., 30.^ .'^. Cotit. peiitesvUhs, v. 1(7. 112: 1. 1.2-3. ^ 6. -WG, IV. 2.S7. ^ 7. Ibid, 2(,5. ^ 8. WG, IV. 3r2. ôi.S. Jai. 332. ^ u. WCi. iv. 3i.S ; l li. 1, 283. ^ 10. I. 111. .iio ^ n CB. I. 4>o. 416- 422- 433- * "■ I, I- II. it i3. CB, I. 222; WG, IV. 246. ^ 14. .SBRuum-, Leiterk. gcschied. la» Vl . 1. iS. 10. ^ 15. Vrbd.. Sig: 44. ^ 16. WG. IV. 246. aSo; CB, i. 228. 235 ; 1. 1. 72, n- 146.

comme langue administrative, à Bruges. Amsi déjà les plaintes formulées par la Communauté de Bruges en 1280, centra les Echevins et adressées au Comte, sont rédigées en flamand '.C'est la population qui se lève contre les lignages, comme on aurait dit ailleurs, qui avaient pris l'échevinage en (ief héréditaire, et nous venons de voir que dès 1281, le Comte emboitait le pas. A partir de i3o2, quoiqu'on employât concurremment le français et même le latin, le flamand l'emporta, et il fut bientôt seul en usage dans nos pièces administratives. Le changement était dans l'air. Ainsi, le latin avait toujours éic la langue de la comptabilité ; et les comptes des années qui suivent l'incendie du Beffroi, en 1280, sont rédigés en latin. Mais le flamand est déjà entremêlé au latin, dans le

compte-rouleau incomplet de l'e.xercice i3oo. Il était cependant rendu par l'administration Il aristocratique », si l'on peut dire. A partir de i3o2, et jusqu'en 1789, ils sont rédigés en flamand. Le magistrat fit exclusivement en flamand les communications qu'il avait à faire au public, jusqu'en 1796. C'est donc après les Matines brugeoises (18 mai i3o2) que le flamand prend tous ses droits-.

* Les jugements des echevins se rendaient en flamand ; mais les étrangers déférés au banc scabinal étaient jugés en latin, en français ou en flamand. Le latin était employé pour les étrangers de souche romane et quelquefois pour les anglais, lesquels cependant préféraient souvent le français. A l'égard des gens du nord et de l'est, on jugeait en thiois. Les Ostrelings, en effet, comprenaient très bien notre langue, si semblable au Plat-Deiitsch. Toutefois, dans les procès entre brugeois et étrangers, le flamand était de règle, surtout quand le demandeur était un de nos bourgeois '.

LA SPHERE D ACTION

Les actes d'emprunts avec les Péiugins et les Calioisins, étaient passés en français ; des oidonnances loucliant le change sont même en fiançais ".

Pour être éclievin de Bruges ou doyen de métier, l'acquisition de Bourgeoisie ne suffisai! pas : il fallait être lié dans l'Echevinage ; les jurés des corporations (sorghers, vinders] devaient être nés dans la Flandre flamingante. Ces dispositions sauvegardaient l'usage admiiusiraiif de h. langue populaire.

Pliolvirr. de .1/. Pmil Diiiiic/iii ti . içoo.

La porte rie Ste-Croix, vue de lextei .e.n .

* L'histoire des revendications flamandes commence au XI 1 1'' siècle. Les Gantois obtenaient entie i255 et 1261, du Pape Alexandre IV, de ne pouvoir être renvoyés à l'officialité de Tournai, à cause de la dirt'érence de langue^. La Commune de Bruges s'adresse, en 1280, en flamand, à Gui de Dampierre, pour obtenir que le Bailli et lEcoutète fussent pris parmi les habitants de l'Echevinage ■'. Les Gantois avaient exigé, et obtinrent en 1290, que leurs causes devant la Cour du Comte seraient plaidées « comme d'habitude» en flamand, sauf exceptions -t.

Philippe le hardi dut même prendre l'engagement, en i.^on, de ne mettre à Lille, aucun châtelain qui ne fût flamand flamingant, né en Flandre. La revendication du langage flamand devant la cour du Duc, comme devant celle des Comtes riguie caté goriquement dans la célèbre requête des « bonnes Villes de Flandre ». de 1405 ". Les Villes s'engagèrent à ne se servir que du flamand, dans les demandes à adresser au Duc, à la Duchesse ou à quelque membre du Conseil ; en 1407, les Kchevins -déclarent qu'ils n'obéiront à aucune ordonnance donnée en français '■ .

■ .I.1.67(n-i3o). 3Sq; CM. I. 4S5. v<îis 1410; ,11.232.^6. I, III. .■;io-i.=;, ^;. Briaiich Mtiu

Marie de Bourgogne, par deux lettres patentes du 11 lévrier 1-I77 iv. s.) ', données en flamand, en la ville de Gand. s'engage à ne nommei- de commissaues pour le renouvellemenl des magistratures, qui ne soient flamands et ne parlent la langue flamande. Elle stipule que toutes les affaires seront traitées dans la langue du pays ; que les fonctions de maître des monnaies, contre-garde, essayeur seront données à des nationaux, parlant le flamand ; que l;i chambre du Conseil de F'iandre seia composée d'un Président et de douze membres, nés en Flandie et parlant le flamand. l''Jle crée, par la seconde patente, le Grand Conseil. Son Président et les sccreiaiie> devront

D'après

1 de M. Hub. Hosle

connaitie les deux langues ; les causes seront plaidées dans la langue du pays qu'habite le détendeur; et les lettres, patentes ou closes, seront rédigées dans la langue du pays de leur destination.

Charles-Quint et ses successeurs respectèrent- ils le> droits de notre langue nationale, tels qu'ils venaient d'être établis par Marie de Bourgogne? De Charles-Quint, en i5i5, jusqu'à François II. en 1703, tous nos princes jurèrent, lors de leur joyeuse entrée, d'e.xpédier dans la langue du pays auquel elles étaient destinées, toutes les lettres patentes ou closes émanant d'eu.x, ou écrites sur demande de parties. Mais leurs (irdoimances envoyées au m.igisliat de Riuges-sont presque toutes en tiaiiciiis : à peine quelques uiic>.

eiUic iO()i ei 1735, sont rédigées en notre langue. Le Conseil de F'iandre employa toujours le flamand.

Les renseignements inédits, qui suivent, onl été vérifiés sur nos ar- "'"'* cliives modernes. Le premier registre de la Municipalité constituliini //e//edelaVillede Bruges. commence 796), d.ite de l'installation de celte muiuiccepter de quatre « citoyens 'i, est rédige

par la séance du « 17 ventôse an IV n (8 mais 1 cipalité, encore incomplèie par suite du refus d', en français. L'on peut y trouver de beaux spécimens de la langue ébouriffée de ces gens qui se croyaient tous de grands hommes. Le premier registre du Conseil Municipal, commence le 5 thermidor an 8 ( 1 3 aoùi 1800). II est aussi rédigé en français. Les procès verbaux du Conseil de Régence de la Ville de Bruges sont en français, jusqu'au 22 janvier 1823. date du premier procès-verbal rédigé en flamand. Le français réapparaît le 7 octobre i83o.

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