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ET LA BIENFAISANCE
Nous avons eu à Bruges un Séminaire « Anglo-Belge )u destiné à former des prêtres pour l'Angleterre. Le Baron Sut ton établit les jeunes gens, en iSSg, au Quai long, E. ?2, près du pont des Dunes.
L'établissement fut transféré au Quai de la Poterie, en 1 861, dans les immeubles formant actuellement Vlnstitution Si- Léon, et utilisa l'ancienne chapelle des Francs Bateliers.
Les élèves fréquentaient les leçons du Séminaire diocésain ; mais le cours de philosophie était donné dans l'établissement même, et Guido Gezelle inaugura ce cours, en 1861.
En 1868 fut acquisl'ancien Hôpital militaire (couvent desCarmélites de Sien jusqu'en 1783), rue St-Georges,
ainsi que l'ancien local des Arquebusiers et quelques maisons attenantes. Les travaux de construction du Séminaire Anglo-Belge y furent commencés aussitôt, sous la direction de Maître Béthune. Mais toute l'entreprise sombra avec la mort de Sir John Sutton. décédé en iSyS. Le Séminaire fut fermé, le 16 aoiit de la même année, et la propriété, rue St-Georges, vendue par lots, en 1886.
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'.tû/o^ii/KC de Courbai
LE CULTE, L'ENSEIGNEMENT
* Des cours d'anatomie furent ouverts, aux frais de la Ville, au Steen, dès i63i '. Les comptes et délibérations du Collegiitm medicwn, conservé<; dans nos archives, commencent en 1664 et vont jusqu'en 1800. Un cours de chirurgie était subsidié par la Ville, en lySi), Il fut remplacé en 1806, par une école départementale ^, qui fut changée, en 1826, en Ecole libre de chirurgie, subsidiée par la Ville et la Province^. Des cours d'obstétrique furent organisés par le Franc de Bruges, en 1782. Ils se donnaient alternativement à Maldeghem et à Ghistelles. Ces cours, suspendus lors de l'invasion française, furent repris, en 1806, à l'Hospice de la Maternité '.
2. X'ciiscidiienicnt mogcii. — Bruges avait déjà, au commencement du XIl»^ siècle, des écoles, que nous appellerions des Collèges d'humanités, où l'on enseignait le ti iviuiii (il \c qiiadrh'iiim. CsWti de St-Dohatien se tenait, en 1127, dans un bâtiment spécial abrité sous une haute toiture, adjacent à l'église, du côté de la maison du Prévôt -^ Plus tard, elle se tint dans un local situé près de la porte orientale du Bouig (1419, 1426), puis dans les dépendances du Cloître, où elle était encore au XVI h' siècle °. Le Recteur des écoles tenait des pensionnaires, et l'école était fréquentée par d'autres élèves encore que par les choraux et les réfectionnaux attachés à l'église 7. Il est suffisamment prouvé que les études latines y étaient complètes ".
Il en était d'ailleurs de même àl'écoledeSt-Martin, à Ypres ". L'école de St- Donatien donnait encore les Humanités, en 1758 '".
Le chapitre de N.-D.
et les églises de St-Sauveur, de St-Jacques et de St-Gilles avaient aussi leurs écoles.
Ces écoles peuvent -elles êtres mises sur le même pied que celle de St- Donatien?
Les écoles de St-Sauveur et de N.-D. ont produit des chanoines, tout comme celle de St-Donatien
I. VKMtvm. Jun/ectes A/éJinniix, 1. 167. ^ 2. Ibid., 2H.Î. * ^ 6. 1. V. JS7 ; AE. xixvn. 123-4. ^ 7 AE, I. c, 112-. .>. « s IbUx 1758. ^ u. AE. Kxvii. ioa-3 ; 60. 63. 100.
Nord (lu Sablon et «le lu rue Traver-sieie.
Mais en était-il de même des autres?
ET LA BIENFAISANCE
Nous connaissons des écolâtres de N.-D., à paitif du XIV^ siècle; mais je crois que la première prébende subdiaconale, occupée par Guillaume de Roma, en 1222, était celle de l'écolâtre, à cette époque.
L'école de N.-D. était située, en i563, au cimetière nord de l'église '.
Celle de St-Sauveur devait se trouver vers i5oo, vis-à-vis de la tour de i'éf^iise ^. J'ai relevé dans un registre de rentes de Si- Sauveur, l'existence du local d'école, en i2()i, et dans une charte de i325, le nom de Giselbrccht van der Severe, maître d'école de St-Sauveur. L'Ecolâtrie ne date que de i5i8.
de de 1766; 3. Chapelle d.
efuge de l'Abbaye de .St Fiern
typo-lithcgrapliiqii
chez .lacqucs de Meyer. l'historien (i.''4i), qui li;i Chaufoui-, dit YEcole latine, aujourd'hui le Couvent
des
Nous connaissons l'école des Bonefanten, « bons enfants Il ou choraux de St-.lacques, établie dans la rue du Marécage, sur un fonds, qui doit avoir appartenu primitivement à St-Donatien ■'.
Nous avons des références sur son existence en cet endroit, depuis 1396. Au X'V= siècle cette école foiiiiait un internat tenu par le niiiiiie d'école t. Elle était suiveil lée par deux tuteurs \
St-Gilles avait son écolàtre en 1574 ^, mais le maître d'école faisait partie du Commun de cette église, liien avant cette époque. Le maître de chapelle habitait, depuis 1570, avec ses choraux, du côté septentrional, vis-à-vis de l'église ? ; dans les registres des Sestendeelen, l'école paroissiale est indiquée en cet endroit *^.
Nombreuses furent les écoles latines, en dehors de celles que nous venons d'indiquer. Ainsi, chez les Dominicains (1484), chez les Willelmites (XVI-^ siècle), la vaste propriété de l'ancien Thérésiennes, appartenant à
Jacques Cruucke, en i37(), etc ". Avec un peu d'effort, on en trouverai
re d autres.
^ 2. Ibhl.. 148. * ô^ Rrg. Obed. S. Don., 1396; IJ, 48S. ^ 4. A.\ de St-Jaiques, RcB. 24, 124. ^ 6. Kembry, Befietide Pastors van St-Gi/lis,^2, b,^. ^ t. Jbid., àfi. ^ 8. AE. xl > et AA Evêclié, Rrlalio sMiis. 1607 : AE. t. c, 56: AE, 1. r. 260 ; xxivill. 26?-72. 3oo.
LE CULTE, LENSELGNEMENT
Le Collège des Jésuites fut fondé en 1574, dans la maison de Leckc et trois maisons adjacentes ', qui font partie aujourd'hui de l'établissement d'Hemelsdale. Il fut transféré dans la nouvelle résidence des Jésuites, en iSgS. Les nouvelles classes, construites en 1(107, sont occupées aujourd'hui par l'Athénée. Ce Collège fut supprimé en 1773 ^.
Lors de la suppression des Collèges des Jésuites anglais, établis à St-Omer et à "Watten, ces Collèges furent transférés à Bruges, avec leurs élèves, en 1762. L'un fut établi au quai du Miroir, E. 1 5, dans l'Hôtel d'Agile, l'autre dans la maison des Sept tours, rue Haute.
Mais leur existence à Bi'uges fut éphémère : ils furent supprimés avec la Compagnie de Jésus '.
Les Augustins ouvri- I nt un Collège d'huma- ;ls, à la prière de l'Evê- 4UC de Bruges, Charles de Rodoan, en 1622. Il fut supprimé par décret du 28 décembre 1796 ; mais les cours continuèrent jusqu'au 27 août de l'année suivante t. Les Augustins rétablirent leurs classes en i8o3 ; mais le Collège cessa d'exister, à la fin de l'année 181 1 '.
Le Directoire avait supprimé tous ces Collè- 1796 et de 1798. Une Ecole centrale fut inaugurée à Bruges, dans .les Dunes, le 20 janvier 1798. ¥A\e. devint Lycée, tn i8o3, et fut transférée au Couvent des Capucins, marché du Vendredi, en 1804, quand l'Abbaye des Dunes devint Hôpital Militaire.
L'Athénée, destiné à remplacer le Lycée, n'était pas encore organisé, en 1817. Mais il fut bientôt ouvert, au.v Dunes, d'où il fut transféré, vers i836, dans les locaux de l'ancien Collège des Jésuites occupé aujourd'hui par l'Ecole Moyenne, créée en i852. C'est depuis i852 qu'il occupe une autre partie de l'ancien couvent des Jésuites, et de nouveaux locaux furent construits alors, dans la rue du Chandelier et au Quai des Teinturiers.
Phol. de M. V. De Deyne.
La chapelle du Collège M.G.Helleputte,
,'es, par les lois de 'ancienne Abbaye
REVEL. Hist. du Petit
.14-35. ^ 5. Ibit
ET LA BIENFAISANCE 2q5
Le Collège épiscopal fut fondé, aux Dunes, par Mgr. Boussen. Evêque de Bruges, en i836. Après bien des vicissitudes, il fut réuni à l'Institution St-Louis de Gonzague, tondée en 1841 par le rév. M. Durieu, dans la rue de Ste-Walburge, A. 22, et établie, depuis 1842 à la Place St-Jean, dans les locaux où avaient commencé les classes des Jésuites, en 1574 '. Depuis 1846-47, ce Collège eut deux sections : l'une, Place St-Jean, l'autre au Potshoofd, dans l'ancien Refuge de St-Bertin. C'est là que toutes les «ections furent réunies, à partir de Pâques 1861. La section inférieure fut détachée en 1872 et établie dans l'ancien Refuge d'Oudenbourg, rue d'Argent, et prit le nom d'Institut St Sauveur, qu'elle a perdu, en iSgS.
L' lustitutionSt- Léon, compienant une section préparatoire, des humanités modernes, professionnelles, commerciales et scientifiques, fut fondé par l'Evùque de Bruges à l'emplacement de l'ancien couvent des Caimes Chaussés, et ouvert le 21 septembre iSgo.
La Congrégation des Fréres-Xavériens. fondée en iSSg, ouvrit une école gardienne, au Wallelje, en 1841 ; puis successivement des écoles bourgeoises, au cimetière St-Sauveur (1844), ^'^ cimetière N.-D. (i852), rue Neuve (i855). Elle dirigea l'orphelinat de M. Robinson (1866-1886) et dirige encore depuis 1876, l'école paroissiale primaire de St-Jacques. L'établissement de la rue Neuve, est une école moyenne très développée.
L'Ecole sérapliique des Pères Capucins fut ouverte, à West-Brugge, le 12 octobre i885. On y donne l'enseignement des humanités latines.
Il faut signaler encore l'école libre de feu M. Leun. fondée ruede l'Outre, 1 , (1868-78), transférée au Quai du Miroir, 3, (1875-94), oi!i se donnait l'enseignement des langues classiques et des langues modernes.
* Une école d'arpentage fut ouverte, en notre ville en i665 ~, et il existait une école hydrographique, en 1786 ■'.
Comme école supérieure de filles, je ne connais, avant la Révolution fiançaise. que le Pensionnat des soeurs Conceptionnistes, très fréquenté par les classes aisées, à la tin du XVllIe siècle 4.
3. IL'ciiscigneniciit j.)opulaiic. — Nous avons peu de renseignements sur les écoles élémentaires à Bruges, avant le milieu de XV^ siècle. Nous constatons une tradition. Le premier cahier de la Keure de la Prévôté, de i5ii, ordonnait aux tuteurs de placer leurs pupilles à l'école 5, disposition qui se retrouve au second cahier (i526)^. La coutume homologuée de Bruges (1619) imposait aux parents de fournir à tous les besoins de leurs enfants, selon leur position et faculté; ce qui est expliqué par l'obligation de dénoncer aux Echevins, les parents ou les tuteurs qui (. ne fournissent pas aux besoins des enfants ou ne les font pas apprendre et instruire selon leur condition » -. Cette obligation était comprise sans doute dans les « autres choses nécessaires selonc leurs estât et faculté » de la sentence de nos Echevins, du 11 juin 1440, sur les droits et obligations de tutelle *.
Il est toutefois difficile de se faire une idée du nombre d'illettrés. Les écoles chapitrales et autres doivent avoir beaucoup contribué à propager l'instruction, même parmi les artisans. Mais les textes nous disent peu, avant le XVI« siècle. Nous en trouvons deux, vers l'an i3oo, desquels on peut conclure que, parmi les gens de métier, il y en avait qui savaient écrire en français, en flamand, même en latin 9.
I. Voir p. précéd. ^ 2. AE, Ul. 238. ^ 3. AA Evêcljé, Acia capil. S. Dou., 1786, fol. 35l v. ^ 4. AA Catliédr., Ms. du CuréOcket.el AAEvèché, Relalhms Stalm. ^ 5. CP. i. 297. ^6. Ibid , 415. ^ 7. CB, l. 47. 87. ^ 8. CB, l. 544. ^ 9. I, l.
LE CUL TE, EENSEIGNEMEN T
Nous connaissons les scolieren ten Wyngaerde, d'après des textes du XV<: siècle et jusqu'en 1796'. L'école se trouvait, en iSyq, au côté sud-est de la place de la Vigne ', espace occupé aujouid'hui par la partie méridionale du couvent des Sœurs de St Vuicent de Paul. Les Sœurs noires tenaient école; celle des Apostolines commença après 1721; celle des Maricoles ne fut ouverte qu'en 1804.
Au commencement du XVII h- siècle, il y avait à Bruges, de nombreuses écoles où garçons et tilles apprenaient
à lue et à écrire, ou à s'exer- ^^■■j^^^ «A, , ,<^^^'-'^y-^^^',
cer aux divers travaux de couture et de tricot -\
* Nos archives du XV-^ siècle nous font connaître un certain nombre de maîtres et de maîtresses d'école ■>; quoique, avant 146g, peu de noms de membres de la Gilde de St-Jean soient suivis de leur qualification.
L'on en trouve vingt, dûment qualifiés maîtres ou maîtresses d'école, entre 1469 et 1547. En 1548, la Gilde compte treize maîtres et six maîtresses =.
A la suite des placards de 1546 et i55o ^, qui défendaient de tenir école sans
l'autorisation de l'officier principal du Chapitre, de l'Ecolàtre etdu Curé del'endroit, le Magistrat de Bruges se mit en rapport avec l'Evêque de Bruges '. Celuici nomma des inspecteurs, chargés de visiter les écoles, d'examiner les maîtres et les maîtresses, et, le cas échéant, de les admettre, après avoir reçu leur profession de Foi.
Depuis lors, toute la
Colléi;f- St-Lo
Le Magistrat leur adjoignit deux Conseillers *'.
réglementation se fait de commun accord, par l'Evêque et le Magistrat. Ainsi les Statuts de 1612, de 1617" et les modifications au système des examens, i656 ">. Les Statuts de 1768, détachant des libraires les membres du corps enseignant, émanent des mêmes aulorités". Ce n'est que sous Marie-Thérèse, en 1777, que le Gouvernement se mêla de la réglementation des écoles élémentaires ".
LUI. 169. ^ .?. A.-\ Evûclic, Relaihnts Slaim ^4. H, iv. 2-S: Comptes . 6. Plac, Livre l, 140, 16S. 169. ^ 7. AA, Secr. lesolnlirb., 10 mai, 14.1. 217. ^ 10. Ibid.. 226. ^ II. Ibià . 25S. ^ 12. LisU chroiwl. tils
..I,v.4.7. 2"-:IJ,32:KDH,iv. 23Ô, *2.
.le I:i (
,|.ls.le.StJe...iriîvani;énste. ^5. AE, LU.
la mai
18 mai 1570. ^ 8. AE, XLvl. 255. ^ 9. AI
idil::. f
/ ardoutia«crs. l. 37o(doss. aux AA); KDH
ET LA BIENFAISANCE
P/w/. ,if M. J. De Gmiiick.
J'ai relevé dans les Acta de l'Evêque Drieux, qu'après les troubles, il délivia du 6 octobre au 4 décembre 1584, l'autorisation d'enseigner, à dix-sept maîtres d'écoles et à huit maîtresses, parmi lesquelles deux religieuses. Du 26 avril i585 au 19 octobre de la même année, s'ouvrirent encore neuf écoles ; dans les huit années suivantes, il y ei.it encore quinze octrois. Dans toutes ces écoles, on enseignait les branches primaires d'instruction.
Une liste qui porte, au revers, le millésime 1608, donne les noms et le domicile de quinze m.aîires et trente-trois maîtresses, ayant obtenu de l'Ecolâtre des lettres ouvertes, les autorisant à enseigner, ou qui professaient depuis longtemps'. De 1608 à i6i5, l'Ecolâtre siégea en moyenne sept fois par an.
. A A Evèché, fotiiis de Rodoan
LE CULTE, L'ENSEIGNEMENT
Les maîtres et maîtresses d'école, formés en Gilde avec les libraires et les imprimeurs, reçurent une Keure, en 1612, de l'Evêque et du Magistrat '. L'examen et l'inspection se feront par les délégués de l'Evêque et du Magistrat. Le nombre d'écoles n'était pas limité. 11 y avait quinze maîtres et trente-six maîtresses, en 1612 ; mais certaines écoles avaient un corps enseignant de plusieurs personnes. En i68q, il y avait quinze maîtres d'école et cent vingt-cinq maîtresses, en activité '.
Mais entrelemps l'examen avait été modifié, en i656 : il se passe devant le serment de la corporation, à l'intervention de l'Archiprétre ; mais le programme est arrêté par l'Evêque, de concert avec le Magistrat. L'on pouvait se présenter sur une matière spéciale. Quelques maîtresses n'étaient admises que pour la couture ou la dentelle, d'autres obtenaient licence pour les branches primaires. Les sexes étaient soigneusement séparés. Les maîtresses d'école ne pouvaient tenir de garçons, sauf les garçonnets « en jupons » ^. Chaque école devait avoir son enseigne, soit une planchette (schoolbart), sur laquelle étaient indiquées les branches qu'on 'y enseignait *. Plusieurs écoles tenaient des internes ^ Les heures d'entrée et de sortie pour les écoles de filles étaient différentes de celles des écoles pour garçons ".
* L'enseignement religieux que les maîtres et maîtresses faisaient apprendre, d'après le catéchisme prescrit par l'Evêque ", se donnait aux enfants des écoles, à jours et heures fixes, pendant la semaine, dans la chapelle de St Christophe, dans l'église de St Jean, dans les chapelles de St Eloi et de St Luc, à l'Ecole Bogarde, dans les églises de St Gilles et de Ste Walburge *. Les chefs d'écoles, même de dentelle L'instituiion st-Léon-Vue prise d:.ns les jHiiiins. OU dc tricot, devaient y con-
duire les enfants (1628;, en rang (1671), et les surveiller, pendant la leçon (1711)". On faisait le Keurbesoek des écoles, à ces heures, pour constater les négligences •". L'enseignement religieux était donné par les Jésuites, qui furent remplacés par les Séminaristes, après la suppression de la Compagnie de Jésus ". Ce catéchisme se donnant alors dans des chapelles, on disait, comme aujourd'hui encore, 7taar de Kapelle gaan, pour « aller au catéchisme ». Les pieuses demoiselles qui se firent les aides des catéchistes, à partir de 1672 '-, s'appelèrent les Kapeljufvrouufen. Ce nom n'est pas encore perdu.
* Les Ecoles dominicales datent de 1370 '\ Nous trouvons les garçons établis aux Halles, depuis 1628 : on les appelait rfe fiar/;«/-c«. Les filles allaient, depuis la même
I. De .ScHREvKr,, AE, l:i. 141. ^ 2. Ibùi., 21; ^ 6. 2bid. ^ 7. AE, LU. i63. ^ 8. RUII, iv. 275; i ^ 10. llid.. 820. ^ II. AA Evêché, Relatio stalm,
. Ibid., 220. ^ 5. Slaluls 1612 (art 17. ; XXXIV. 47 ; Lll. aiQ. ^ 9 AE, ^ i3. AE, XLVI. 255.
ET LA BIENFAISANCE
époque, soit à la chapelle des Courtiers, soit à celle de St Christophe. E^n 1792, ces écoles étaient établies à rAz</a du Collège supprimé des Jésuites'. Nous ne parlons pas des locaux occupés provisoirement, à la suite de circonstances spéciales.
Fermée en 1797, l'Ecole dominicale reprit en 1801, et passa dans les nouveaux bâtiments de la rue Neuve de Gand, construits par le révérend M. de Schietere van Caprycke. Le souvenir de la « cour u du Collège des .lésuites, fit passer le nom de Area à cette école ; et l'on entend encore le peuple la désigner sous la forme corrompue de Nooria.
Dans ces écoles, l'enseignement religieux fut donné l'après-midi, depuis 1570 jusqu'en 1773, par les Jésuites, puis par les Séminaristes, sous la direction d'un prêtre séculier^. Pour l'enseignement de la lecture et de l'écriture, qui s'y donnait avant 1628', il y eut des maîtres et des maîtresses. A partir de 1678, les membres delà corporation des maîtres d'école étaient chargés des branches primaires +. Au XV11I« siècle surgit la pieuse association de St Charles Borromée, composée de laies, pour les remplacer. A partir de igoS, nos Ecoles dominicales sont devenues paroissiales '.
* Un mot des écoles professionnelles. Une fabrique de filets de pèche fut organisée rue St-Georges, au Jotjc Hof, en 1772, et les Frères van Dale, de Courlrai, y donnèrent l'enseignement, jusqu'en 1788 °.
Les écoles dentellières et les écoles de tricot étaient nombreuses, en 1612. Il ne faut donc pas s'étonner qu'en cette année, on comptait trente-six maîtresses d'école contre quinze maîtres i . Cette disproportion s'accentua encore. En 1619, le nombre des maîtresses était à peu près le double de celui des instituteurs. En 1689, contre quinze maîtres en activité, il y avait cent vingt-cinq maîtresses*. Quand le règlement de 1768 était venu séparer le corps enseignant de celui des libra,ires, libei té entière fut accordée d'enseigner tout travail à l'aiguille, comme la couture et la tapisserie. Mais la dentelle et le tricot restèrent en privilège à la corporation. Dans ces écoles, en i683, il ne fallait pas nécessairement enseigner les branches de l'institution primaire. Les enfants devaient seulement suivre La chapelle de rinstinuion st-Léon, le catéchisme, dans les chapelles à ce destinées 9. Il y (R. Buyck, 1904,. eut donc des Spellejuerkscholen , des Breischolen et
d'autres écoles pour filles dont les unes portaient sur leur enseigne leeren le^eu, schiyven en leggeti, d'autres leeren spelleiueiken, lesen ende schryven '".
Les Sœurs noires, dites du Castanjeboom, tenaient de temps immémorial une école oiî l'on apprenait la dentelle, la couture et le tricot. Cette école existait encore en 1715 " et je crois en avoir trouvé encore la mention en 1796. Celle dite Mariaschool date de 1774. Nous en parlerons tantôt.
En 1846, il y avait à Bruges soixante dix-neuf écoles dentellières, fréquentées par 2.722 élèves.
I. Processtn Verbacle, Wwevan Piaet, 1792, ii3. ^ 2. AE, xxxiv. 5o. ^5. AA Evêcli ^ 4. AE, LU, 221-4. * 5. De kaiholieke zoiidagscholen van Brtigge, 1907, 21. ^ 6. Rembr II. 164. ^ 7. AE, LU. 177-9. 9t 8' Hiil-, 21S. ^ 9. Ibid., 256. ^ 10. Ibid., 229-31; 234. ^ 11
■,R,:Utio status, 16 , Rek. Past. St-Gi GEB, 077-
LE CULTE, L'ENSEIGNEMENT
La plus ancienne des écoles actuelles est sans doute celle des Apostolines, installées à Biuijesen 1721. Leur école existait depuis longtemps, lors de l'invasion française', et ne cessa jamais de fonctionner. L'c-cole de Foere date de 1816.
3. La charité et la 1!11':maisaN(:ic. — L'Hùpiial St-.lean, celui de N.-D. de la Poterie, la Léproserie de la Madeiaine et l'Hospice St-Julien étaient des institutions fondées par la Commune. Appartenaient de même à la Ville, le Dulhutis, au côté oriental
ET LA BIENFAISANCE
3oi
de St-Julien, fondé par elle, en 1402 ', l'Ecole Bogarde reprise en i5i3 ^, l'Ecole Ste- Elisabeth fondée en i3i8 '\ Ces institutions étaient soumises au régime prescrit par les Echevins •». Ceux ci les gouvernaient par des Tuteurs, élus par eux, auxquels bien souvent quelques-uns des magistrats étaient adjoints 5. Ces Tuteurs avaient même dans leurs attributions, l'acceptation et le renvoi des trères et des sneurs qui y rendaient service °. Les Echevins entendaient les comptes et s'en réservaient l'approbation '.
Philippe le Bon avait stipulé formellement, le 17 juillet 1457 *. que l'administiation des recettes des Hôpitaux, des Fabriques d'églises et des Tables des pauvres appartenait au Magistrat ". Le régime des placards reconnaît le droit de l'Eglise '". Souvent il y eut des conflits. Quant à l'administration temporelle de l'Hôpital, le Parlement de Paris (1462) comme Philippe le Bon (17 juillet 1454^ trancha en faveurdelaVille; tandis que Philippe II décréta que l'audition du compte revenait, non au Magistrat, mais à l'Evèque, lequel, disait-il, ne faisait que succéder au droit primivement tenu par l'Evèque de Tournai ". Le conflit ^'^ -^^M^IP se présenta, de nouveau, en 1710, ^^^^^^ quoique, en 1681, cette adminis- \ ; . 'J iration eût été déclarée question
mixte dans tout le Franc de Bruges '-. L'Evèque Brenart, notait en 1785, que les Hôpitaux de St-Jean. de la Poterie, de St-Julien (Dune charte du i- m
Sceau et conlre-sceau de l'Ecole ^^ j^ ^^ MadclainC étaient réi^is. Bogcarde. , x. ■
au temporel, par le Magistrat ".
Au compte de la Ville de 1281-82 nous voyons figurer le trailement des desservants de l'Hôpital St-Jean et de la Léproserie '^. La présentation du curé de l'Hôpital St-Jean appartenait aux Echevins et aux Frères de l'Hôpital ; mais le Prévôt et Chapitre de N.-l). pouvaient refuser de le présenter à la nomination de l'Evèque de Tournai (1228) ". Des actes de i56i et de iSgS reconnaissejit à l'Evèque de Bruges, successeur de l'Evèque de Tournai dans tous ses droits, la présentation des curés de la Poterie et de la Léproserie "'.
Les conflits se présentèrent sur d'autres questions que l'administration des biens temporels. Ainsi, il y en eut un avec la Ville, quand l'Evèque de Tournai donna des Statuts à l'Hôpital St-Jean, en i-iSq; mais un accord vint clore la difficulté '7.
* L'audition des comptes de tous les établissements charitables restait, en général, au fondateur. Ainsi, au Béguignage princier, elle appartenait au Comte '^ de même que dans les institutions communales, comme l'Hôpital, la Léproserie, le compte était
I. 1,111.441. ^ 2. EB, I. 39-62. ^ 3. G H, 59. ^ 4. WG, IV. 288; F, m. 146; \Vl,.iv. 1.V.-4 : iv. 123: CB, 11. 482-486; I, v. 485-6. ^ 5. CK, 11. 483. 41*8; I, I. 202: CB, II. 4S0-6. ^ 6. CB, 11. 486, 4S8 ; I, I. 202. ^ 7 I I, 7.1: .W Evèclié, Rf.latio status, j-85. ^ S. CF, m. 189.^ 9. Cfr. CF, III. 174-qi: I. V. 483. 486. ^ 10. Placards de Fi . 11. n,, ,,, i.., ijo: v. 11J9. 1140. * "• I, V. 483 486; Précis annl., I, 2 txvi's.) 167. ^ 12. Placards Je F/ ,\iv. IV. iJ6o. ^ ij A.\. EvclIi.;, A'./a/to Stalns, i;85. ^ 14- F, m. 146 4t l5. WG. IV. 225; analysé, I. I. i. ^ 16. .A.-V, Groeni. R, IJ. 36 ^ 17. /nv. Arc/t. Etat. H>;g , 1. 14Q 160. ^ iS. I, V, 275-76, Cfr. IJ, 172 note 6 et addenda, 2.
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LE CULTE, L ENSEIGNEMENT
apuré devant les délégués du Magistrat. Au Mont de piété, les députés du Magistral et l'Archiprêtre avaient l'audition du compte '.
* L'érection d'institutions libres de bienfiiisance, comme les petits hospices, se faisait par acte passé devant les Echevins. Leur administration relevait des fondateurs ou de ceux que l'acte de fondation instituait, et l'Evèque, en vertu du droit canon, en avait la surintendance. Le Magistrat intervient par voie de consentement, dans l'érection des maisons religieuses de chaiité ; par voie de subsides pour premier établissement ; et par des aides, quand il fallait développer leurs consiruclions. Autrement, elles étaient libres et ne relevaient que du droit ecclésiastique.
Nous ne suivions pas le régime de ces diverses institutions sous la législation française et sous celle qui en est issue -.
'■■' Nous avons vu surgir nos grands établissements communaux de bienfaisance : les Hôpitaux de St .lean et de la' Poterie, la Maladreiie de la Madelaiue etc. '. Mais des établissements de second ordre, que produisit a liberté de la charité, vinrent compléter l'outillage cliaritable. Nous les énumérons rapidement, en indiquant des dates d'institution, les unes traditionnelles, d'autres appuyées sur des documents.
Les frères de St Martin, du Tiers-Ordre de St François, dits Staelysevbroedei s, qui soignaient les malades (1246?) ; les religieuses du St Esprit, du même Tiers- Ordre (avant 1268); l'infirmerie de St Aubert (avant 1271) ; les Filles-Dieu (avant 1275) ; l'hospice St-Julien (avant i3o5). et son annexe, qui devint N.-D. des Aveugles, en la même année ; l'orphelinat de Ste Elisabeth (i3i8?); les Sœurs Noires (i36i); l'hospice du chanoine Columme (i362); les frères Tertiaires du Heilig-Geeslhuus, rue d'Argent, et leur autre maison rue Puits aux Oies (1387); l'Hospice St-Nicolas (1394); II- Dulhiiiis, hospice pour aliénés et pour enfants I louves 1 141121; le couvent de Maegdendale. pour filles - * ' rt-penticb ii43q); les Alexiens ou F'rères cellites, qui
"I " '" ensevelissaient les moits(i47o); l'école des orphelins ■ dans l'ancienne école d'apprentissage des frères Bogpi„'i..ûM i\,„i D, „„,,,„,„. 1,106. gards. instituée par la Ville, en i5i3; l'hospice St-Josse
''■"'""'"■ ''";'|'";'' ■''■ """""■■ (1573); l'hospice St-Hubert (i6i5); etc.
Ces établissements vivaient du revenu de leurs fondations, et la Ville les subsidiait. comme elle payait parfois ceux qui les desservaient ; elle achetait des propriétés nécessaires à leur développement, ou subsidiait la construction d'une église, d'une chapelle ou de locaux importants.
Maisla charité étant un trait distinctif du caractère flamand, etl'attachement au foyer personnel en étant un autre, nos ancêtres ont multiplié les petits hospices, où chaque hospitalisé habite sa maison à lui. Une cour et une ciiapelle commune, avec une série
1. A A Eveclié, Relnliottes Stutu , de Wit, 1907. <fe 3. Voir ci-dessus
ET LA BIENFAISANCE. 3o3
de maisonnettes, la plupart du temps à front de rue, quelquefois dans un enclos : voilà ce qui les constitue. Dans chacune de ces maisonnettes habite une vieille personne, et souvent deux : mari et femme ensemble. L'on n'admire pas assez cette institution toute flamande, qui ménage si bien le goût du « chez soi » et celui de la liberté, ancrés si profondément dans nos aspirations. Ces séries de maisonnettes s'appellent Godshiii^en. Nous en voyons fonder sept au XI V= siècle; di.v, au XV«; sept, au XVI« ; dix-sept, au XVI I^; dix, au XVI Ile siècle. H n'y avait plus que quinze de ces petits hospices, en 1746; il y en avait vingt-et-un, en 1894, plusieurs anciennes fondations étant reconstituées, et d'autres ayant été réunies. Peu de ces hospices, fondés dans les temps anciens, ont complètement disparu Leur régime, comme nous l'avons dit, était très varié; car il dépendait de la volonté des fondateurs. Certains rendaient compte jadis au Curé de la paroisse, à une Eabrique d'église, d'autres aux Tables du St-Esprit, d'autres à la Ville; certains ne dépendaient que des proviseurs établis par l'acte de fondation ou par les héritiers des fondateurs.
* Quelques corporations de métiers avaient fondé des Hospices pour leurs vieillards ou pour leurs victimes du travail. Ces hospices se trouvaient, comme la corporation elle-même, sous la surveillance du Magistrat. Il semble qu'on puisse inférer des documents que les forgerons, les bateliers, les tailleurs (sceppers), les ménestrels et les ouvriers-charpentiers avaient leurs séries de Godsluii^en, pour leurs vieillards et infirmes ; et qu'il en était de même des orfèvres, des tisserands, des cordonniers et des boulangers.
* Nous ne voulons pas affirmer, comme l'a fait J. Gailliard ', qu'il y avait des hospices pour pauvres voyageurs, pèlerins ou marchands ambulants, passante lieden gasthu^en, à proximité de toutes les portes de la ville. Mais nous constatons, dans les documents, que nous ne pouvons citer tous ici, qu'il y en avait un certain nombre. Ainsi, il y en avait deux dans la Bouverie: l'hospice de Ste Marie d'Egypte et celui de St Julien, fusionnés en i3o5 -\ il y en avait un, celui de N.-D., près de la porte des Maréchaux, qui dépendait de St-Julien, et devint l'Hospice de N.-D. des Aveugles ^ L'Hospice Ste-Elisabeth tut fondé, rue des Baudets, au XV« siècle, par Elisabeth Bruunsteen, comme asile pour ,voyageurs nécessiteux ^. L'Hospice St-Nicolas, pour marchands ambulants pauvres, a été fondé dans la rue de St Nicolas, en i3g4\ L'on a dit, mais je n'en trouve pas la preuve, que l'Hospice de St Eloi, près de la porte des Maréchaux, qui fut aux forgerons, avait été d'abord un hospice pour voyageurs '5; et la même destination première est attribuée à l'infirmerie de St Aubert et à l'hospice des charretiers, près de la porte de Ste-Croix, ainsi qu'à l'Hospice de Nazareth, marché au fil T. Quant à d'autres hospices de ce genre, que l'on cite ', nous avons des renseignements positifs qui indiquent une destination différente.
Toutes ces maisons, sauf celle de St-Nicolas, furent établies en dehors de la première enceinte de la ville, remplacée par la grande enceinte, à la fin du XIII<= siècle. Elles se trouvaient donc, si leur fondation est antérieure à 1297, dans la partie ouverte de la ville.
L'organisation de ces maisons est clairement indiquée dans deux ordonnances du Magistrat de Bruges, l'une de i3o5 ".l'autre de 1441 '°, pour l'hospice des voyageurs de St Julien.
I. GEB, 12 ; RDH, IV. zia. Cfr. ci-dessus, p. 32. ^ 2. Ad. Duclos, O. L. V. ^ 3. .\n. Duclos, 1. c, 19-21. ^ 4. GK,204 ^ 5. GB, 59. ^ 6. GB, 54: Gaill- 1. c, 11. 192. Xtémaire staiisiigue du département de la Lys, Paris, imprim. iiiipéi Ambachten en IVeringen, II. 192, etc. ^ 9. 1, l. 202. ^ 10. I, m. 438-41.
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