‹ BrugesChapitre 72 sur 137 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

i. liulle

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dans les arcades de décharge, en bas, aux faces orientale et septentiionale : arcades décoratives secondaires de la face méridionale.

Toute la citve, au-dessus du rez-de-chaussee. nt compoiie que liois étapes accusés surtout par le système double de retraits aux conii cioi is, dont l'un s coupe toute la masse. Sauf quelques chaînages en piejre bleue, en bas, qui p bien avoir été placés en 1408 ', toute la consiruciion, jusqu'à la faîtière de la Croi.\', est en briques rouges-jaunes de o,3o à o,3i sur 0,073. un peu plus g plus épaisses que celles du chœur et de l'ambulatoire. Serait-ce un signe de Plus haut, les briques ne mesurent plus que o,25 suro,o5. Ces briques peuvent la première moitié du XIV« siècle. Cette cuve de tour est très flamande.

liqu.

La leur de N. D., construite dans l'antique Suène, fut établie sui des pilots de gros équarrissage, relies par des branches d'aune, tressées à la façon des brise lames en bois, établis le long de nos côtes -.

* Au X1I1«=-X1V'= siècle, on constiuisit une nouvelle église paroissiale ue St Sau-

'cgy. dr- M. Poiil Diinteçtdit, jçoS.

ut-pl.iii, partie nu Painis épiscopal et R,)niniei :itine,i cèestfUjIi H„l

du chœur, où l'on voit encore les ébr ceux de la fenêtre tronquée, au dessus transept, avec la fenêtre qui devint F

veur. Elle soutfrit beaucoup pat suite de l'incendiede i!-(38. dans la partie méridionale du transept; et les nefs furent détruites alors.

Après les travaux faits à la suite de ce sinistre et après laconstruction des chapelles absidales (1480-1 5i i), il nous en reste : tout le chœur, sauf les piliers avec les arcades du sanctuaire, repris en sous-œuvre, ,,, ^ vers i3oo ; les trois

p-\Vuif, isn;;. premières travées de

chaque ambulatoire

asements de plusieurs fenêtres latérales, surtout de la chapelle de St Liévin ; les trois quarts du

entrée de la chapelle des cordonniers. Les arcs-

.St-Es,

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boutants du chœur s'il y en a eu, ont été enlevés. Toute cette construction est d'une proportionnalité élégante, d'une conception grandiose, et d'un style tin, très teinté de style français. Elle n'est pas trop apparentée avec le chœur gotliique de la catliédrale de Tournai ( 1242-1325*. La section des piliers toutefois est Tornaco- Lombarde et les (iciili du triforium rappellent ceux du chœur de Tournai.

Les détails dénotent une œuvre lentement menée, dans laquelle on a suivi la progression du goût. — La partie la plus ancienne nous est représentée par les anciens murs goutiereaux des ambulatoires. Elle est représentée aussi par deux piles du chœur, à l'entrée du sanctuaire, qui sont en pierre bleue de Tournai, ont des chapiteaux à un rang de crochets, avec abaque carrée ou ronde et socles ronds, taillés dans la même pieire. .l'incline à croire qu'avant les reprises faites entre 148761 i5oo toutes les piles autour du sanctuaire, avec leurs arcs, étaient en pierre bleue, et avaient des chapiteaux comme ceux que nous voyons à l'entrée du sanctuaire. L'on a eu tort, en 1874, d'insérer, à 7,50 m. de hauteur, dans les colonnettes d'avant-corps qui portent les retombées de la voûte, des chapiteaux en ciment, du type de ceux des premières travées du chœur. Des chapiteaux et des socles semblables à ceux des piles d'entrée du sanctuaire, mais tous à abaques carées, se présentent au.x colonnettes engagées dans les murs gouttereaux des ambulatoires, à l'ancienne fenêtre percée au-dessus de la chapelle de St Liévin et à celle qui est aujourd'hui l'entréi de la chapelle du'-tordonniers. Tout cela accuse la première époque gothique, et est u'aspict plutôt tournaisien. Ces travaux pourraient bien avoir été entamés vers i23o. — Une seconde période, dégoût plus avancé, se constate aux chapiteaux des piles du chœur, derrière les stalles, et à celles des entrées des ambulatoires. Ces piles et ces chapiteaux sont en pierre d'un ton blanc grisâtre. A ce même style appartient le triforium du chœur, qui est d'un style plus raffiné encore; et celui d'une partie du transept, échappée à l'incendie de i358, qui affecte des formes plus simples. Ici le style est très apparenté avec celui du nord de la France. — Un style bien plus récent encore est accusé par les chapiteaux placés en haut des quatre gros piliers du transept et surtout par ceux qui portent les retombées des arcs doubleaux et des ogives de la voùie du chœ'ur. Mais ceux-ci datent sans doute de la construction d'une voûte. .\ l'extérieur, nous voyons une construction en briques rouges (de o,3o sur o,o63 à 0,07), portant, autour du chœur, une corniche en pierre blanche à ornementation végétale, surmontée d'un bahut, qui a été renouvelé. La corniche, au bras nord du transept, contemporain du chœur, est simplement à moulures. Les ébrasements profonds des fenêtres présentent un profil de tracé ancien, mais agrémenté de chanfreins et de tores, correspondant ainsi à notre seconde période de la construction en briques, du dernier quart du XI1I<^ siècle.

Il est précieux que la partie inférieure de la façade du transept-nord, avec l'ébrasement en briques de la grande fenêtre, ait échappé à l'incendie de 1 338. Nous avons ici les mêmes mouffes qu'au chœur. La grande porte est en plein cintre ; son tympan est divisé en deux arcs brisés renfermant chacun une niche, à arc brisé redenté ; et ces redenis ont le même tracé, peu rentrant, que ceux de triforium. Ce décor du tympan, le linteau en pierre avec ses masques de support, ainsi que le trumeau ont nos caractères du milieu du XI ll'^ siècle. Ce portail est accosté de deux fenêtres aujourd'hui bouchées, qui sont également en plein cintre, dont les ébrasements en briques rappellent également la seconde époque de notre ornementation en briques moulurées.

Comment établir l'âge de cette construction ? Nous ne pouvons nous étonner que

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la construction d'une église de cette envergure ait demandé une longue série d'années '. Cette construction est postérieure, et de beaucoup d'années, aux travaux entrepris à la tour, vers I200 -, où nous voyons cependant apparaître, à l'étage supérieur, des briques de même dimension que celles qui ont servi ici. Nous trouvons, dans les profils des arcs moulurés, des éléments que nous trouvons dans les nervures des travaux de réparation faits au Beffroi, à la fin du XIII<= siècle, que nousavons retrouvésau porche de N.-D., qu'on trouve encore, au milieu XIV= s., à la chapelle de la Croi.v, de Ste-Walburge de Furnes, mais qui sont apparentés avec des profils qu'on trouve à des bandeaux ou cordons, à la cathédrale de Noyon, à St-Martin de Laon et à St-Denys en France, au milieu du XII= siècle. Les ébrasements en briques indiquent la seconde moitié du Xllh siècle; le triforium et les chapiteaux ornés du chœur, avec tore à l'abaque (influence normande ?) accusent le passage de notre XII 1= au XI V" siècle.

Somme toute, la conception de St-Sauveur est postérieure à la conception très tournaisienne des nefs de N.-D.. commencées vers 1210; de l'église de Danime commencée entre 1210 ei i^^ict du chœur de St-Martin d'\ prcs.

commencé en 1221; au chœur de St-Bavon à Gand. commencé en 1228. Comme construction en briques, elle est postérieure à Lisseweghe (vers 1223) et à certaines parties de la tour du Beffroi. Elle est contemporaine de la poussée d'idées produite par la construction du chœur de Tournai, commencée par Walter de Marvis, en 1242 ; mais est construite dans un style qui se rapproche davantage du gothique français.

Je crois pouvoir émettre l'hypothèse que la reconstruction a été commencée vers i25o, qu'elle était assez avancée vers 1290, et ne fut achevée que vers 1346.

Qu'avons-nous, en fait de documents? En 1292, les ressources de la fabrique étaient épuisées. Les fabriciens font un emprunt de 100 livres à la Ville, à restituer en 1293^; en 1294, on restitue 36o livres qu'on avait empruntées à cette administration. Les comptes de la Ville entre 1282 et i3o2 ne sont pas complets, et ceux de St-Sauveur

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ne commencent qu'en 148/. — Un testament, 129g, lègue 40 escalins pour l'ouvrage qu'on fait à St-Sauveur '. — En i3o6 le cimetière de St-Sauveur est séparé de la voie publique ''. — La pierre tombale la plus ancienne qu'on trouve dans les descriptions de l'eglise, dit Verschelde, date de 1324'. Le dallage, placé à la fin des travaux, était sans doute achevé vers cette époque. Cependant, en 1327, il y a encore un don de 12 gros l'ait à St-Sauveur, ten gliewerke -i ; et la Ville donne'' encore un subside, ten gheiperke, de 72 livres, en 1346-47 ^. L'église aurait donc à peine été terminée, quand l'incendie de i358 vint la détruire en grande partie.

Par contre, en i3ii, même en 1280, nous voyons fonder une chapellenie ° sous le jubé. En 1293, l'anniversaire de la dédicace se célébrait, le 1 1 juin, fête de St Barnabe ". Ceci ferait supposer que la nouvelle église aurait été consacrée avant celte année. En efl'et, lu dédicace de i 127 fut faite le 24 avril, troisième dimanche après Pâques". Au XV« siècle, après la reconsiruction qui suivit l'incendie de i358, l'anniversaire de la dédicace se tètait le cinquième dimanche après Pâques ". 11 y a donc eu une dédicace, le I 1 juin, entre celle 1 127 et celle qu'on fêtait au XV^ siècle.

L'ouvrage, peut-être, n'était pas encore voûté, vers 1346 et le triforium fut peutêtre consuuit d'abord en moellons équarris, sculptés seulement plus tard'"'. Mais nous savons qu'on n'attendait pas toujours l'achévemein complet de l'œuvre pour faire la dédicace ". Les travau.v, commencés vers i25o, pouvaient être assez avancés vers 1290, pour permettre la dédicace. Et souvenons-nous aussi que les événements politiques des trente premières années du XIV^ siècle, ont pu contrarier l'achèvement des travaux.

3. Les trois tiavées, avec l'abside à cinq pans du chœur, ajoutées à l'ancienne église de Damine '■", fait apparaître l'église actuelle comme la première dans le quartier de Bruges du type des Halteitkiiclten. si communes en Allemagne, depuis le XIV'-" siècle. On voit poindre ainsi ce t\ pe, nouveau dans nos parages, qui deviendra celui de nombreuses églises de la Flandre maritime et d'une partie de la chàtellenie d'Vpres, pendant presque quatre siècles ". La construction est en briques, où le ton gris-jaune domine, de o,3o sur 0,06 à o,o65. Le style de la brique y est sensiblement postérieur à celui de Lisseweghe. Les arcs a'eiiii cC(j|uiiiR-nicni en Iniques, comme les ébrasements des fenêtres ne piésentaiit plus aucune aieic \ivc. accusent donc le troisième type de notre ornementation en briques. Les ictiaiis des conircluits, sont encore maçoinies en assises ; tandis que vers le milieu du XIV": siècle, on les construisit en épis, ce qui vaut mieu.\. On a, à l'abside, des arcs en anse de panier, portant le bahut : ce qui se trouve également à St-Jacques d'Ypres. Les lancettes, qui sont redentées, et dont les grandes sont divisées par un meneau, ont un cachet postérieur aux membres correspondants de St-Martin et de Si-Jacques d"S'pres..Vlais ces redents ont le tracé de ceux qu'on voit au triforium du cha^ur de St-Sauveur et à N.-D. de Bruges. Le caractère de la sculpture est brugeois et contemporain à nos œuvres de passage du XI 11»: au XI V<-' siècle. Un autre caractère brugeois, qui se dessine ici. c'est l'arc plein cintre, dans les arcatures murales sous les fenêtres.

On employa la pierre de Tournai aux fûts et aux chapiteaux des colonnes; mais les denii-coloniies Sont cependant en plusieurs assises de briques alternant avec une assise de pierre bleue. La même pierre apparaît aussi dans les arcatures murales, où la moitié

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