‹ BrugesChapitre 79 sur 137 · V. Va · texte numérisé non relu

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étaient construites en tambours de pieire bleue de Tournai, avec chapiteau, sans astragale évase et sans crochets, supportant une vaste abaque carrée, en pierre bhmche. On peut les voir au Musée Archéologique. Lors des travaux de i883, plusieurs colonnes de cette rangée, allant du nord au sud, ont été relevées.

Les vues que nous en avons ', nous réprésentent la Waterhaile. telli qu'elle devait à la suite des travaux importants de i33i à i336 ^ et de i365-Ô7 '\ La première série de ces travau.x comprend beaucoup d'embellissements en pierre de taille et la toiture en ardoises vertes, mais surtout en tuiles rouges (quareelen) ; la seconde, comprend surtout de la maçonnerie, du côté du Marché et la reconstruction du pignon septentrionaL La toiture était décorée d'écussons blasonnés, repeints en 1418-19^ En 1421, on plaça des statues à la fontaine, sous une des arcades.

Le pignon septentrional, de ijôo-t, quand on fait abstraction des ajoutes postérieures, nous révèle le style brugeois en formation. Par ses dispositions empreintes de style roman, il semble très apparenté avec les façades des salles de malades de l'Hôpital, qui sont de 1289-91. '^"'^ coins de ce pignon, il y avait des échauguettes, comme aux Halles. La façade du côté de la Grand'Place présente les caractères généraux de l'architecture gothique du XIV« siècle ; mais le vague des gravures et des peintures ne permet pas de constater les particularités de notre style local. Les pinacles, posés au XV« siècle, sur les pignons et sur la toiture, ont plutôt un caractère zélandais ou brabançon.

* Nous avons trois constructions monumentales de la première moitié du X1V« siècle, qui sont très apparentées ; le Zeventorre ou Hôtel de Maie, rue Haute ^, bâti vers i32o ; l'Hôtel consulaire des Anglais, quai des Miroitiers (vers 1340) '', dit de7i inghelschen Steegher, au compte de la Ville, de i386 '; l'Hôtel des Espagnols, rue Espagnole *". La partie centrale de celui-ci devait remonter au milieu du XI V« siècle, mais les réseaux dataient d'une restauration faite sans doute lors de la construction, après 1494. des deux nouveau.\ bâtiments, développant de part et d'autre la construction primitive ". Celui du sud fut remanié en i562.

Ces trois bâtiments sont d'un même type. Des cordons coupent leurs façades ; les fenêtres sont à tympans en plein cintre (fenêtres dites tournaisiennes). Ces tympans, à juger par les gravures de Sanderus, ne sont pas redentés. Un bahut, flanqué de tourelles couronne le monument. Ces tourelles, construites sur encorbellements, sont octangulaires, aux deux premiers Hôtels, rondes au dernier. Le bahut, à Zeventorre, est orné d'arcatures en plein cintre. A la Maison consulaire des Anglais, nous avons des pignons latéraux à gradins, peut-être postérieurs à la construction primitive.

Ce même type générai, avec bahut et tourelles d'angle, s'observe à la Maison consulaire des Florentins (vers 1430)'", à celle des Orientaux (1478) ". C'est un type très brugeois, et qui persiste '=. Mais l'Hôtel des Florentins est un type de transition vers ce que nous appelons le style brugeois, parce que la travée s'y montre, tandis que l'Hôtel des Orientaux est du type brugeois pur ^'\

* Hôtel de Ville. — Dès 1375, on acheta de la pierre et de la brique pour la reconstruction de la Maison des Echevins. En 1376, au mois de janvier, commença la démo-

I. Marc Gliseraerls, anciens table.iiiv et G Kl', 60. Cir. ci-dessus, ïrav., pp. 41. 3.v .i5. ^ 2. Textes: IJ, 447-9. ^ j. AA comptes de ces années. ^ 4. D'aprcs le croquis de ilarc Glieeraerls ; grav., ci-dessus, p. 41. ^ 5. Gravures, pp. .'3. 41; Cfr Sanderus, FI. ill.; GRP, 66. ^ 6. Gravure, Sanderus, FI. ill. ^ 7. IJ, 45-. Il y avait un Maire de l'étaple des marcliandiseï anglaises, à Bruges, en 1340, RljMKR, Foedcra. III, 5o. 77. ^ 8. Gravures: Sanderus, I. c; GRP, 73 ^ o. DAF. 13-14 ^ 10. Sanderus. I. c. ; GRP, 77 ; cfr. ilarc Gheeraerts. ^ 11. GRP, 73 et Sanderus; VSA, pi. iiii. ^ 12. VfUnhovrmtteH. ù Cand avait cependant auisi ces tourelles en encorbellement, flanquant le bahut. ^ i.^. DAF, a5

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lition, sous la direction du lier Jan van Risele, chef des ouvriers de la Ville '. La construction fut commencée, la même année ^ Malheureusement il y a des lacunes dans nos comptes, vers cette époque.

Le bâtiment ne fut achevé que vers 1420. Comme nos autres monuments, l'Hôtel de Ville ne fut donc terminé qu'après toute iine série d'années. Les toiuelles de façade n'obtinrent leurs balustrades et leurs flèches qu'en 1417. Quant au\- niches et statues, elles furent placées entre i38q et 1435, et complétées plus tard.

Je ne crois pas que Jean de Lille fût l'architecte An bâtiment ; peut être taut-il taire honneur de la conception de l'œuvre à Matthieu Saghen, qui acheta les m<itériau\ en 1 375-76 ■'. Mais il est certain que tous les maîtres que nous voyons travailler à l'Hôtel de Ville, ainsique leurs ouvriers, appartiennent aux métiers de Bruges. 11 en est de même des sculpteurs, qui taillèrent les statues.

Nous avons donc ici une œuvre brugeoise, à raison de ses auteurs.

L'est-elle, à raison de sa conception ? Je crois pouvoir due qu'oui. Le type de l'Hôtel de Ville de Bruges ne se trouve nulle part ailleurs ; mais ici ce type était préparé. Le bahut devant les chenaux, orné de tourelles en encorbellement se trouve déjà à la maison des Sept Tours (vers i32o), à l'Hôtel consulaire des Anglais (vers 1340), à l'Hôtel des Florentins (vers 1340), à la partiede celui des Espagnols qui étajt du milieu du XIV« siècle -t. Toutefois un élément nouveau se présente. Les cordons horizontaux disparaissent ; et la travée des fenêtres superposées, encadrées d'une moulure qui

monte jusqu'en haut, ainsique le décor '^ B^

architectural, aux allèges, apparaît, 1

pour la première fois. C'est l'élément ~-*s> -

essentiel du style brugeois qui s'atïirme d'une façon triomphante. Toutefois le tympan supérieur est à jour. Remar- ,:'*^-

quez l'art des maçons brugeois se pro- Maison d,i lom noni oue.tdelanieNoni nu s,blon, coi.stnu.e

duisant dans les cheminées en torsade. «urlempUcementde lancenneportedeK vlle Daprés

un Husa lencredechineae M Honm \ m Acker, iSqï

primitivement construites en briques :

les tourelles ornées de niches et de statues, qui ne les alourdissent pas, comme dans le style brabançon du XV-XVI^ siècle; les niches avec leurs statues, qui ornent les trumeaux, ornementation éminement gracieuse, que les monuments similaires de cette époque n'ont pas -\ et le soin qu'on prit, à partir de 1428, de polychromer toute la partie sculptée, travail auquel collabora Jean van Eyck, en 1435 ". Voilà donc l'art brugeois

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r quand il écrivit

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de i5i2: Ypriana, I. 299, notes. ^ 6. AA, c. 1434-35, fol. 61.

■10,1., fol.

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c Halles d'Ypres. qu'à partir

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qui se préseiue avec toute sa grâce. Il est bien dommage que nous ne puissions étudier, sur ce monumcni, la belle sculpture biugeoise de cette époque. Les statues turent calcinées par les Révolutionnaires, et les autres cléments décoratifs furent remplacés liirs de la restauration (?) commencée en 1854. Mais le Musée archéologique a conservé quelques fragments, parmi lesquels des consoles et l'un des devants de lucarne, où l'on voit encore les traces de la polychromie et de la dorure. — L'Hôtel de ville, très brugeois de style, est apparenté au style gothique français.

* La Loge des Génois date de 1899 '. Le bâtiment prmcipal comprenant de vastes magasins, surmontés d'une grande .salle, ne s'étendait du côté latéral que sur trois ou quatre fenêtres. Le toit était caché de trois côtés, par un bahut crénelé dans lequel étaient ménagées de grandes baies, à arc brisé. Ces mêmes baies, mais ouvertes, ornaient le premier. Au rez-de-chaussée, on avait la porte (grav., p. i3i); mais la vitrine et les baies ouvertes latérales datent probablement du milieu du X'VI^ siècle. Le couronnement actuel, en doucine, ne fut maçonné que vers 1720. La porte présente de grandes analogies avec celle de l'Hôtel de Ville (iS-Di (grav., p. i3o), et avec celle de la chapelle de St Eioi, antérieure .H i354=. Cette porte, avec son tympan sculpté, aujourd'hui trop haute, était précédée de quatre ou cuiq marches. Le reste du bâtiment est du style courant, à l'époque de sa construction.

* Le manoir des sires de Gruuthuse près de N.-D., construit au XIII'' siècle, a disparu ^. Le grand pignon sur la Reie, avec bâtiments adjacents au nord, fut construit par .lean vander Aa, seigneur de Gruuthuse et sa femme Agnès de Mortagne, donc après iSqo et probablement vers 1400-'. La construction est tout-à-fait brugeoise. On y voit la travée de fenêtres, systématiquement employée, avec tympans ornés et allèges décorées d'arcatures. Seulement, le décor du pignon rappelle le souvenir des pignons en bois, donc un type plus ancien. Mais ce décor qui, au pignon du transept nord de la Cathédrale de Bruges i-^ moitié du XI'V^ siècle), à la Biloke de Gand (XIV^ siècle) et à la maison Bicbuyck, a "\'pres (15441 n'affecte que le triangle seul du pignon, se trouve insciit dans la partie supérieure d'un vaste arc ornemental, dont les pieds-droits commencent sous le seuil des fenêtres du rez-de-chaussée. Il s'harmonise avec le système brugeois.

En ce qui concerne le grand bâtiment, dans la cour d'honneur, et le petit pignon, sur la Reie, commencés vers 1465, ils sont aussi construits d'après le système des travées, en ce sens que les fenêtres superposées sont placées dans un seul arc, bandé dans le pignon ou sous la balustrade des cheneaux. Mais les tympans manquent, ainsi que le décor des allèges; et la balustrade interrompt l'encadrement, qui, dans le système brugeois, devrait monter jusque dans les grandes lucarnes. Notez que, lors de la reconstitution récente de cet Hôtel, on n'a pas i établi les anciens gîtages. On n'aurait pas dû mainienir la troisième rangée de fenêtres. 11 fallait ne faire qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée et rétablir les fenêtres à leur proportion primitive: de la sorte l'on n'aurait pas eu des fenêtres supérieures moins grandes que les lucarnes.

La tourelle, dans l'angle, est d'un aspect brugeois très caractérisé: nous n'en connaissons nulle part ailleuis qui accusent des dispositions, semblables à celles de son couronnement.

* Si le bâtiment de la Pooi tersloge datait du XIV'' siècle, comme on le dit, il a été econstruit au XV'^ siècle : sans cela il n'aurait pas le caractère qu'il a sous le burin de

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Gheeraerts et du sjraveur de Sanderus, comme dans les anciens tableaux ', et qui lui a été rendu par la reconsiitution faite de 189g à iqo3. L'autorisation donnée par la Ville, en 1417, de placer l'Ours blanc avec les armes de la Société chevaleresque, dans la niche du coin, ne serait elle pas un indice de la reconstruction du monument veis cette époque? Toujours est-il qu'entre l'année de sa reprise par laWille I1440-41) et la tin du XVI« siècle, nous n'avons trouvé aucune mention de reconstruction. Après l'incendie du 29 janvier [-55 -, on a construit les voûtes intérieures et renouvelé les toitures etc. ; mais les cours de l'Académie purent se rouvrir en octobre de la même année. L'on n'a donc pu reconstruire tout le bâtiment. Il a cependant subi des remaniements de détail. qu'on peut suivre en analysant la série des vues que nous possédons. Toutefois, il reste acquis que l'auteur du bâtiment s'est inspiré de notre Hôtel de Ville et a mis en pratique, même à la tourelle, le système brugeois des travées, avec tympans ajourés, comme à l'Hôtel de Ville. Mais la balustrade supérieure. que nous voyons, dans toutes les vues depuis 1498, contourner le bâtiment, et passer même devant la base du triangle des pignons et autour de la tourelle, ne date sans doute pas du premier quart du XV" siècle ; elle semble plutôt de goût brabançon.

* La Cour du Prince ■'.

construite un peu a va ni 1 430.

complélée en 1445 et 1467.

est une œuvre de nos maîtres brugeois +. Ellecouvraitavec l'Hôtel des Monnaies, presque tout l'espace compris entre les rues Nord du Sablon, du Receveur, du Ma récage et Gheerwyn. Le

Princeîihqf, grav. p. 63. La Pooneisi..

formait un ensemble monumental. Les bâtiments à front de rue étaient très simples, on L'on entrait par une cour d'honneur avec galeries, ouveitt et faisant face aux vastes bâtiments, qui se trouvaient au r prenant la Chapelle et une forte tour d'aspect carré. Der

)rd-()uest de celle-ci. comièie ces bâtiments, étaient

chambre des comptes,

;ns, pp. 0, r Beîgiqut ' 27394-

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la cour du jeu de paume et des jardins avec paie pour animaux sauvages. L'Hôtel avait sa sortie dans la rue du Marécage ainsique dans l'espace occupé par l'Hôtel de Charolais, construit au coin de la rue du Marécage et de la rue Gheervvyn (n^ ig et 21, dans la la première de ces rues). Tout cela, avec l'Hôtel de la Monnaie, adjacent à l'est, formait un ensemble magnifique. Mais chaque partie, prise à part, ne se départissait guère du style courant à BiUijes à l'époque de sa construction ; même, faut-il dire qu'aucune partie, sauf la grande tour, réminiscence des donjons anciens, ne prenait le caractère monumental qu'on a donné à l'aile méridionale de Gruuthuse. Quel dommage cependant que ce splendide ensemble, dont l'intérieur était aménagé avec un lu.\e inoui. ait disparu au XVlIcs. '. Les constructions de 1467 furent faites en briques d'Houttave, en pierres bleue d'Ecaussines et d'ailleurs. On employa de lu chau.x du Brabant et de St-Omer '-.

* En 12m Damme obtmt de pouvoir construire des Halles ^. Ces FTalles ne tardèrent pas d'être construites et elles comprenaient la maison des échevins, au-dessus de caves abritant les marchandises. Tout ce que nous savons de cette première Halle, c'est qu'elle était plus longue d'un tiers que la seconde. On reconstruisit la maison échevinale, en 1460-66 -t. Il ne semble pas qu'on ait conservé les deux tiers des caves : les matériaux employés et la structure concordent avec le reste du bâtiment.

Quand il s'est agi de choisir un arcliitecte. le magistrat de Damme sortit des habitudes brugeoises. Il s'adressa pour les plans, à un Bruxellois, Godefroi de Bosschere, maître-maçon et tailleur de pierres. L'entreprise au rabais resta à Guillaume de Bosschere. fils du précédent. Mais les charpentes furent exécutées par un brugeois. d'après les projets de .lan van Hervé, charpentier à L'Ecluse, et tous les ouvrages de ferronnerie, menuiserie ou sculpture en bois sont d'ouvriers de Bruges ou de l'Ecluse -^ De Bosschere s'est inspiré de l'Hôtel de 'Ville lie Biuxelles, pour la disposition de l'escalier d'entrée ; mais il n'a pas fait du porche la base d'inie tour On trouve l'uiHuence brabançonne, dans les fenêtres rectangulaires, avec aies redentés dans leur jour supérieur, et dans l'ornementation en arcatures du nu du mur au-dessus des arcs du porche. Mais la sculpture en pierre, à l'intérieur, témoigne d'une main d'œuvre brugeoise.

* Le Grand Toiilieu. avec son joli porche, à la place van Eyck ", appartient à

Acksr.

Von

M. René Buyck. ^ 5. A.\ du Royaume, biuielles, comptes de la consli 405-9. ^ û. Giavuics, i.p. 08. 44. - Ctr. RDH. XIV. aoo ; xv. j63.

léd. ^ 3.G1LL., Coiti. petites 1-iiUs, 11.100.^4 ^'OT t celle de 1895, faite avec beaucoup de soin par . Quelques textes de ces ce. sont impiimcs CE. iv.

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nos constructions civiles monumentales. Il porte le millésime 1477. et peut se réclamer du style brugeois en travées. L'ornementation du porche (construit après le 2 mai 1478) et celle de la loge conjointe des portefaix ' (vers 1470) est également brugeoise ; mais n'y trouve-t-on pas. dans les balustrades placées en avant des pignons, le même goût brabançon, déjà signalé plus haut ^ ? — L'Hôtel des Orientaux, construit par Jean van de Poêle', date de 1478. Tel que nous le connaissons par la gravure, il présentait un caractère vraiment monumental et excellemment brugeois. — L'Hôtel des Espagnols, construit vers i35o. a été remanié lors de la construction des ailes, après 1494. Celles-ci sont de style bien brugeois. Nous pourrions signaler encore bien des Hôtels seigneuriaux, que nous connaissons par la gravure ou la peinture ; mais nous croyons inutile d'insister : le caractère brugeois de notre art civil monumental est suffisamment établi. Ce cachet ne se trouve ailleurs, que par e.vception, et par le fait de circonstances spéciales, que la pénurie seule des documents ne nous a pas permis encore d'établir. Cet art est dû surtout à nos maîtres-maçons et à nos maîtres-tailleurs de pierre, que Verschelde a fait connaître ^. L'art brabançon ne l'a presque pas influencé, avant l'an i5oo.

Le caractère monumental de notre architecture civile s'affirme souvent par les tourelles, qui décorent les constructions seigneuriales et les locau.x de nos grandes Gildes, comme furent les Gildes chevaleresques des Archers et des Arbalétriers. Ces tourelles ont toutes un caractère très brugeois. Voyez celle de St Sébastien, grav. p. 2o3. qui fut reconstruite entre i562 et 1573 ; celles de la rue des Aiguilles, l'une de l'Hôtel Portunari, construite entre 1451 et 1464. l'autre, celle de l'Hôtel de Ghistelles, vers 1460. D'autres, disparues, qu'on voit sur la carte de Marc Gheeraerts, présentent, qu'elles soient rondes, carrées ou octangulaires, un caractère spécial, qu'on trouve peu en d'autres villes.

* Nous connaissons, par la gravure et par les anciens tableaux ^, la Vierscare du Franc, construite en i52oet années suivantes". On commença, le 4 avril i520. les bâtiments le long de l'ancien rempart de la ville et au Bourg, dont les plans avaient été faits par Jean van de Poêle et Godefroid Cauvv'e, maîtres maçons, ainsi que Corneille de Bavelare et Balthasar de Haene, maîtres-charpentiers. Plusieurs tourelles ornaient ces bâtiments, construits en briques avec pierre d'Ecaussines et pierre blanche du Brabant. Les toitures en ardoises bleues étaient ornées de nombreuses lucarnes, et de ferronneries peintes et dorées. Ces bâtiments présentaient, mais avec plus de luxe, notre style gothique des façades. Devant le bâtiment qui faisait face au Bourg, on construisit une galerie surmontée d'une loge, en style de transition, ornée de statues, dont les plans étaient de Jacques Dodekin et de Guillaume Aerts, tailleurs de pierres à Bruges, et qui fut exécutée sous la surveillance de Lanceloot Blondeel. qui polychroma les statues. Les colonnes soutenant la galerie, apparentées de loin avec celles d'une des cours du Palais des Princes-Evêques de Liège, étaient d'un style gothique tardif et de type plutôt allemand. Les arcs étaient garnis de redents et surmontés d'accolades. Ces réminiscences gothiques placent cette galerie comme transition entre la façade de l'escalier du St-Sang et celle de l'Ancien Greffe civil.

'■^'- Cette persistance du gothique se constate dans nos constructions domestiques, c'est-à dire dans l'art des façades, jusque vers i63o. Mais, ce qui étonnera peut-être.

i. loiJ.W.CK. ^ :. Z,d^e J^jiu/ojireu/j. p. J49. ^ 3. Giav., p. 4D. — Ci. . VSA.iooet pi. iv, daprès Sanderus. ^ 4. Ctr :SA. ^ ô. Gravures pp :o:. 1.15. i?? el 100 ; Vue dj Bourg de Sanderis : - Cfr. GRP, 00. ^ 6. AA Etal, Bruges, Compte

UART ET LES BELLES LETTRES

tvles. L'ancien Greffe civil de la j

^ille, reconstruit en 1 535-37"', ^^^ <^i''

'un style qui ne se retrouve nulle -in

lait ailleurs. L'exécution prouve U

c'est que, lorsqu'il s'est agi de la grosse réparation de nos Halles, au X'VI« siècle, on construisit en classique les galeries du côté du 'Vieux Bourg : tandis que l'intérieur de la Cour ■ et tout le rez-de- chaussée des tiois autres faces l'ut reconstruit en style gothique. Une partie de ce travail fu'

■Voyez l'enchevêtrement des styles. La jolie tourelle de \' Oiid Hof (i5io-i3). =en ruines depuis 1870 -', à l'Ecole normale, rue St- Georges, est construite d'après l'ancien stvie.

On l'abattra peut-être ces jours-ci.

malgré la décision de la Commission royale des Monuments, de 1879.

L'ancien Greffe cr/»n';;e/ de laVille.

à côté de l'escalier du St-Sang, (520-33). est mitoyen entre les deu.x styles. L'ancien Greffe civil de

prou des études classiques, mais toute la façade est de conception bi-ugeoise. Elle est l'œuvre de Chrétien Sixdeniei's. maître-maçon hrugeois ; les statues étaient de notre Guillaume Aerts : le plan toutefois fut fait par un étranger, Jean 'Wallot, tailleur de pierres, dont nous n'avons pas encore pu établir le domicile. Mais ce plan a été modifié en cours d'e.\écution -\ L'ornementation fut faite d'après les dessins de Simon Pieters, peintre à Bruges ^ Toute la façade révèle cependant une conception brugeoise, et dérive de notre art du XV<: siècle. Absence de corniches ^ ^^

et de frontons ; mais triple pignon, uan t

donnant assez le tracé en doucine, orné de crochets. Les colonnes superposées en l'impression d'une division horizontale ne se la ligne perpendiculaire, accusée encore par les qua ordres et portant des statues. L'oeil est encore port

s dominent tellement les frises, que pas sentir ; d'où prédominance de coloiuies torses continuant les vers la perpendiculaire par les statues posées sur les pointes des pignons et à mi-hauteur de la doucine. Les médaillons rappellent la joaillerie brugeoise. Le pignon principal est décoré de sculpture en bas

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