‹ BrugesChapitre 8 sur 137 · I. PhilippUr, édil. Soc · texte numérisé non relu

I. PhilippUr, édil. Soc

XIII' s.: CE, I. 8; analyse, iv. 58 ^ 5. CE, 1.18. ^ 6. AA.c. i3d7, f

. 29.1. — AA, Pitrpcrenbouc, écrili ^ 4. I, m, J58 ; VI. 274. Cfr. CE,

GRANDEUR ET DECADENCE

Constantinople, en i23o, puis par Marguerite de Constantinople, renouvelée par Gui de Dampierre '.

Au XIV'î siècle, notre foire commençait le i^ mai et durait dix-huit jours. Cette date a changé plusieurs fois, tout en se maintenant vers le commencement de mai ^

On annonçait la foire par messagers, porteurs des lettres de privilèges, jusqu'en Brabant ^.

C'était une foire franche, c'est-à-dire que les toochdagen (i-3 mai) ou jours d'étalage étaient affranchis des redevances féodales du Tonlieu des sires de Ghistelles, et il n'y avait à payer que les taxes qui étaient perçues par la commune oiî elle se tenait 4.

Bruges eut sa seconde foire, celle ci de six semaines, du 5 janvier au 16 février, de nieuwe ofte coude bitigghemaerct, depuis i5o8. Mais les deux foires furent réduiics ciiacune à six jours par Charles Quint, commençant à la conversion de St Paul (-25 janvier) et le second dimanche après Pâques. La foire froide disparut, vers la milieu du XVII^ siècle, ne laissant que le souvenir du nieinvjaarbrugge avec ses moulins et ses polichinelles en papier, que nous connaissions fort bien quand nous étions enfants \

La Halle de Bruges, qui peut dater du commencement du XI 11^ siècle, voyait s'étaler les marchandises les plus diverses. Outre la foire de mai, elle abritait aussi la foire aux draps de la St-Donatien, avant 1239 °. Dès 1292, nous voyons s'étaler les richesses de l'Orient s et plus tard (1478) les ouvrages d'orfèvrerie et de bijouterie s'étaleront dans le pand, que la ville avait fait construire sur le terrain du couvent des Frères Mineurs *.

Le développement du commerce maritime universel, qui se concentrait à Bruges et nullement à Nieuport, fit perdre aux foires de Torhout et de Messines toute leur importance et provoqua même, vers 1293, des réclamations °.

I. Arch. Lille. 2' Cart. de FI., n' ôçS ; \VG, il. 496. ^ Gaillurd. HaUelortH, 27 ma» 1870, 84- « 4- Itid.M- * : IGaill., 1. c.,85).* 8. CE, 11. 209. ^ 9. CB, i. 261.

: V. 358. 3=0. j^ 3. Voir le lion travail de M. Edw. Grotnenb. E. fol. 107. ^ 7. C. 1292. fol. 19

Le Tonlieu fut réorganisé peut-être en même temps que la foire. C'est sans doute à cette occasion que fut construite la grue, qui a laissé son nom à la place entre la rue flamande et la place St-Jean (grav., p. 38). Mais — chose désastreuse, immanquable à cette époque — le tonlieu fut inféodé à la famille de la Wastine, d'où il passa, par alliance, dans celle des sires de Ghistelles, ces beaux leliaarts dt^ i3o2. Où en était la remise de tonlieu de 1127! La ville, il est vrai, racheta, en 1293, les droits féodau.K des Wastine er des Ghistelles au tonlieu, sur ceu.Y de sa banlieue ; mais ceux-là conservèrent tous leurs autres droits '. Le tonlieu ne passa entièrement à la ville qu'en 1549, alors que le commerce brugeois était perdu.

Le Weeghuus des sires de Ghistelles au pont St-Jean, qui servait d'entrepôt et de comptoir pour le Grand Tonlieu, date peut-être bien de l'époque à laquelle la foire de mai fut réorganisée par Baudouin IX ; mais, en tout cas, Gui de Dampierre, sur les

réclamailons des marchands espagnols, en réj. de Ghisielles eut plus tard quatre poids *publ anglais et le poids espagnol.

fonctionneme lu pont St-.le

en 1282 '^. Le sire à la Grue, le poids

La ville fut plusheureusepour l'e.^aclion de VEffcghelt en 1 279 , et les courtiers devinrent libres d'employer des ouvriers de leur choi.\ pour enlever des balances les m a r c h a 11 d ises qu Us faisaient pe-

La ville rit également construire sa grue à elle sur la place du Marché, en 1288'''.

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du sire de Ghistelles sur lequel était construite sa grue

et, moyennant finance, le terrain fut déclaré franc alleu de la ville en i2q3 ". Elle avait fait construire, au Marché, une seconde maison pour le poids public, en 1282 '.

La ville avait son chantier naval, scipwerkerye, près de la porte St-Léonard, dont la concession emphytéotique date du 18 mars 1398**, limité au nord par l'Iperlée, au sud par le Toolnebrucghe. Avant cela il s'était trouvé au Houtbrekersdam et au

i.-AK.xxi 26 - VVU. IV. 28,5 4; 2S,V29.'Î; - /.n /•'/««</( f, XI. i36; - .An-li. .le Lille, p. ixv. ^i ^ ô. Wt;. IV. 249. ^ 4. \V(;. IV. 24t. 240. 27S- 276 ; sm lont 277 ; - I. I. 8 ; en. II. ,177. ^ .=;. C. 12S8, ap. I, 1 BOUKG Stiiuim. Le Chambellan de FI. cl les Sites de Ghisielles. document, p. cxxi. (AA. Riideiib.. fol I, IV. 205. ^ 7. C. 1282. iip. I. IV. 2o5. Jb 8. A A, Onde Willenb., fol. is5 v.; IJ. 431.

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RÉDUCTION PHOTOGRAPHIQUK DK LOIUGINAL PAR M. J. DE CON'INCK.

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Vuldersreiken. Le Hoiitbrekersdam porte déjà ce nom en i256, le conservait encore en iSyg. mais le perdit vers i58i '. En iSyg, il s'étendait depuis le sgravenstraet jusqu'à la rue Niettstrate van St Gillis, actuellement rue de la Main d'or, et l'on y trouvait un enclos nommé le scipmans poorte -. Un autre chantier avait été établi au quai de la Poterie ou plutôt derrière la rue de Wulpen, sur la rive gauche de la Reie, qui était encore en exploitation, il y a une quarantaine d'années. L'industrie de la construction des navires fut, en eti'et. réintroduite au XVni« siècle, comme on le verra plus loin.

L'ancien port, qui était sans doute l'ancienne Vuldersreitje, étant devenu insuffisant, on utilisa aussi le Mittnewater, dès le XII 1= siècle, mais surtout depuis l'achèvement du Canal de Gand, en 1614. Lancelot RIondeel avait l'intention, à voir son plan, défaire un grand bassin, par un renflement de l'Iperlée, depuis la porte St- Léonard jusqu'à Schipstalle ; le Bassin de commerce fut creusé en 1664 et toute la ville servit de lieu de débarquement après le creusement de la Coupure, en 1751.

La Halle n'étant plus suffisante, l'on construisit, en 1285, la Nouvelle Halle, qui occupait tout le côté oriental du Marché. Construite au-dessus de la Reie, elle est nommée aussi la Watei halle. C'était une vraie gare maritime couverte, sous laquelle les barques venaient déposer les marchandises de tous les pays et se charger de nos draps et de ceux d'Ypres et de Poperinghe. La place du Marché était devenue le dock de Bruges.

Les barques ne pouvaient être très grandes pour arriver jusque là, à cause des ponts, quelques-uns en pierre, qui existaient entre le Marché et l'endroit où la Reie sortait de notre enceinte. Elles ne l'étaient pas, en effet. Le tarif du tonlieu de Damme (1252) tt la charte de Nieuport (1 163) nous font connaître les noms de ces bâtiments. D'après le premier de ces documents, la taxe la plus forte était due par le Losebnyghe (Losboiat, 1 163) ou allège et par VEnvare {Invara, r i63) avec ou sans rame en poupe {invaarder?). Dans la seconde classe figuraient la Scarpoise et le Hegboth à gouvernail. Dans la troisième, le même genre de bâtiment, sans gouvernail. Dans la quatrième, la Sciita ou barque bordée. Dans la dernière, la Scuta non bordée. Dans les textes de la même époque, nous rencontrons encore la Cogga ou galiote et le Clicaboiat que je crois être un bâtiment à gouvernail, peut être bien plus grand que tous les autres. Nous ne trouvons pas de plus forts navires que de 3oo tonnes, vers i5oo. Louis Guicciardin en signale, vers i55o, de 400 lasts ■',

L'on serait tenté de croire que d'assez grands bâtiments pouvaient entrer en ville jusqu'au pont de Snaggards ; car la carte de la ville peinte vers 1480, qui se trouve au Musée de Gruuthuse, ne marque aucun pont sur la Reie en aval de ce pont, pas même au rempart. Les textes viennent contredire cette figuration. Il est possible que le canal de la rue des Annonciades, aujourd'hui comblé, et qui servait de chantier, à voir la carte, ait été l'ancien bassin de commerce de Bruges. Mais il ne l'était sans doute plus à la fin du XI Ih siècle, où les centres de déchargement étaient au Tonlieu, à la Grue et à la Waterhalle, et devant les magasins, surtout du quai Espagnol. Or, entre la Nouvelle Halle et la sortie de la ville, il y avait les ponts suivants, aux noms desquels est ajoutée l'année de leur plus ancienne mention : pont St-Pierre, dit « du change » (1293); de la Grue (1292; construit en pierre, en 1445); de St-Jean (1282) ; du Roi (1288, construit en pierre en i333) ; des Carmes (1290).

I. Cal lui. Diiiini., 5SB; AE, XLIII. 8. 293. ^ 2. AE, XLIII, 2qj. ^ .!. WG. II. 444; notes addit., charte de Nieuport, d'après l'oricinal aux Arch. de cette ville ; Compte i.1o2, AE, KiL., éd. 1612,298.

Puis, entre le pont de Snaggards {iZiè], qui se trouve sur la carte peinte, et le canal de Damme, il y avait, en descendant, avant i3o3 : le Oliebrugge, pont fixe en bois, en face de VOliebane, qui ne fut supprimé qu'en i65o ; le Roelkiiisbriigge, communication de la rue du Comte avec la Poterie, nommé déjà en 1290, qu'on appelait aussi, vers cette époque, Pont de la Poterie, et qui apparaît, à partir de 1418, sous le nom de sgrat'enbriigge. C'éiiut uu pont fixe, reconstruit en bois en 143 r et en 1597, qui ne disparut qu'en 1 633, quand il fut remplacé par le pont des Dunes, renouvelé plusieurs fois depuis lors.

A la sortie de la Reie, au rempart, il y avait le pont de bois appelé le Speiebnigge, dés 1297, reconstruit en pierre, en 1399. C'est ce pont que nous voyons encore sur la carie de Marc Gheeraerts (1562), à l'intérieur de la ville, reliant toujours les deux rives de la Reie. 11 y avait là une écluse séparant les eaux de la Reie de celles de la Suéne, que nous trouvons mentionnée dans nos comptes les plus anciens, et il s'y trouvait un moulin à eau, avant 1299.

Ces renseignements infirment singulièrement l'autorité de la carte peinte, ou prouvent qu'elle a été faite en vue de produire l'illusion sur nos communications avec la mer.

Les vaissaux sans mâture entraient cependant en ville, jusqu'à la Wateihalle, ou la traversaient jusqu'à l'écluse du Minnewater \ Il existait des entrées de cave, avec couloir de déchargement sous le pavé des quais ; et nous en avons connu, dans notre enfance. Les dernières, celles de feu M. Meyns, furent supprimées vers i855. Ainsi, il y en avait entre le pont de la Main dor et celui des Carmes ; au Kranereilje, communication de la maison des Biscayens avec la Reie; au Quai Espagnol. Les grandes caves et les magasins qu'on trouve encore de nos jours, aux maisons du Quai Spinola et du Quai du Miroir, du Quai Espagnol et de la Main d'Or, du Quai de la Grue, sont les derniers témoins de notre commerce de jadis.

Bruges prospérait de plus en plus. Parmi les causes de cette prospérité, notons outre la situation géographique, les institutions libérales, les facilités d'acquérir le droit de bourgeoisie, la rapidité de la justice commerciale, l'allodialité du territoire ^ Ajoutez-y l'organisation fortement codifiée du droit maritime, dont nous avons écrit à la p. 38. Puis le génie industrieux, expansif et assimilateur des Brugeois était accompagné de cette cordialité pour les étrangers, à la quelle le Bourgmestre de Lubeck rendait hommage, lors de la diète tenue en cette ville, en i52i : « Ok des volkes guderterenheit unde le/te » ■*. Le Brugeois, semble-t-il, n'a pas perdu cette qualité.

Aussi, les relations augmentaient-elles constamment avec l'Angleterre, la Normandie, la Gascogne. Les échanges s'organisent avec la Provence, le Portugal, l'Espagne. Les villes Hanséatiques mettent les marchandises de l'Allemagne du nord, de la Suède et

•.591. ^ 3. yHd., 463.

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Jl- la Moscovie en face des épices. des bois de teinture, des produits de l'industrie orientale, impolies de la Méditerranée. Un document du commencement du XV"^^ siècle menlionne trente contrées différentes, dont les marchandises arrivaient à Bruines '.

Bruges était une ville cosmopolite, dès le commencement du XIII': siècle: les costumes orientau.x- s'y mêlaient à ceux des races germaniques et des races romanes.

Divers documents nous font connaîiie les marchandises présentées en vente à Bruges au XIIl^ siècle : le tarif du tonlieu de Danime, mai i252:le tarif du courtage, même date; la fixation du petit tonlieu, mai 1260; le tarif du courtage, du S mai i3o3 ; l'ordonnance sur le commei'ce des épicei ics, 1304; enfin une liste dressée vers l'an i3oo,

des marchandises apportées en Flandre et dans le pays de Bruges ^. Il serait intéressant de dé- ■' tailler les marchandises nommées dans ce dernier document ; mais l'espace nous fait défaut.

Notons seulement qLi'en dehoisdeia France, de l'Angleterre, de l'Irlande, et de l'Ecosse, on y voit figurer l'Espagne et le Portugal, l'Allemagne septentriopeut-c

Le gruiid tonli

Le pont St-Jea

1 XVIII* siècle, apparten

; à M. Alfred de Mail.

iiale et occidentale, ainsique bien des pays et villes qu'on s'étonnerait peut-être de voir en rapports avec Bruges, à cette époque : la Norvège, la Suède, le Danemark et la Russie ; la Hongrie, la Bohème et la Pologne ; la Bulgarie et la Tartane ; Fez, le Maroc, Bugie, Tunis; Constantinople, Jerusalam et l'Arménie.

Nos courtiers, makelaers, avaient pris une telle importance, que leur corporation tenait, vers le milieu du XIII« siècle, la première place parmi les corporations locales. D'après leur charte, mai 1293, personne, bourgeois ou étranger, ne pouvait « achater no venre aucune marchandise, ne ausi marchander » dans l'échevinage, « sans avoir avecques eulx ung franc courtier « ^. Le registre des courtiers porte les noms des familles les plus distinguées de la ville. Voir, entre autres les noms qui signent la charte du 14 décembre i328 ■». Ils desservaient, en vertu de leur charte de i2q3, l'ancienne chambre de commerce, qui siégeait, au XVI I": siècle, à la Poorters loge, et qui fut réorganisée en 1334, en 1767 et en 1774 '".

. \VG, II.

^ 3. La Ptdndre, xil. 219; CE, l. 81

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