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GRANDEUR ET DECADENCE
Ce commerce international avait, de bonne heure, engagé les commerçants à se réunir en corporation. Cette association prit le vieux nom de Hansa, qu'on trouve déjà dans Ulfila et dans le Beowulf, et qui, au XII<= siècle, s'emploie dans une signification identique à celle de Gilde '. Le mot est employé aussi pour indiquer un droit ou une cotisation exigible par les marchands d'une ville, des marchands étrangers qui fréquentent le marché -. La Hanse était une société de solidarité commerciale. Quand un marchand refusait de payer un Hanseur, tous les compagnons de celui-ci devaient cesser toute relation commerciale avec lui.
En définitive, le droit de Hanse était une prestation exigée pai- les marchands d'une ville, des marchands étrangers qui fréquentaient le marché de cette ville. Les marcliands qui la prélèvent forment une corporation qui porte elle-même les noms de Gilde, Carilé Prairie ou Hansa. Payer la hansa, c'est payer son droit d'associé. Hanser un marchand étranger, c'est lui faire payer la taxe, par l'acquittement de laquelle il achète à la gilde l'autorisation de commercer librement ■'.
, Les hanses sont aussi anciennes en Flandre que les agglomérations de marchands, et aussi nombreuses que celles-ci. A partir du XI I« siècle, ces hanses étaient des confédérations de plusieurs gildes locales en un seul corps ; puis, se répandant dans d'autres villes, elles finirent par créer une vaste association des gildes commerciales de ces diverses villes •*.
Après une étude fort attentive des textes, je crois qu'il fiiut distinguer, à Bruges, trois Hanses : celle de Londres; la Hanse des XVII villes, que j'appellerai la Hanse française, et la Hanse teutonique.
La Hanse de Londres, à Bruges, remonte bien plus haut que l'année 1187; on pourrait peut-être la trouver déjà parmi les hanseurs des statuts de la Gilde de Valenciennes, à la fin du XI*^ siècle. Elle est l'extension en Angleterre, de la fédération des gildes marchandes de Flandre sous la présidence de celle de Bruges. Seules pouvaient en faire partie, celles des villes possédant un marché hebdomadaire. Au XII'' siècle elle porte le nom de Hanse de Bruges ou flamande. On ne peut la gagner qu'à Bruges ou à Londres et dans certains ports de l'Angleterre et de l'Ecosse. Le Comte de la Hanse devait être Brugeois, les échevins de Bruges percevaient les cotisations ■".
De bonne heure est venue s'y adjoindre la gilde marchande d'Ypres. qui était associée à celles de Furnes et de Dixmude. Ypres acquit le privilège de fournir le scildrake ou porte-étendard, la seconde dignité de la corporation.
Après 1187, la Hanse comprenait: Bruges, Ypres, Dixmude, Furnes, Aerdenburg, Oudenburg, Oostburg, Dam, Torhout et Poperinghe, ainsi que Tournai, Lille et Orchies. Après 1241 nous y trouvons encore Mude, Isendike, Bergues et Bailleul ''.
La Hanse de Londres monopolisa, pendant la plus grande partie du XHI« siècle, le commerce de toute la Flandre avec l'Angleterre. Elle exportait le drap et importait la laine. Bruges à cause de l'importance de la draperie flamande, conserva en fait, malgré les démarches de Philippe le bel, l'étaple de la laine anglaise, et celle-ci lui fut concédée par acte authentique, en 1341 '. Le grand marché de la laine anglaise se trouvant ainsi à portée de notre industrie, nos marchands ne durent plus aller la chercher outre mer, et la Hanse de Londres disparut, sans qu'on puisse assigner la date de sa mort. Toujours est-il que nos documents de la fin du XIII'^ siècle ne la mentionnent plus.
I. Cfr. PiHENNK, Bid/. .-Ica.i. R. Je Belg..i2^ni. 1899. ^ 2. Khuue .ie Si Orner, 1127. art. 6; — GO, i^^\ — WG. 11. 411. *3. PlRENNE. Bull., l.c.,%0. ^4. PlRKNNE, /. c, 85-8o, ^S.StiiMs delà HansedcLondies. WG., II. 5i)6, ^6. WG, 11. 507-509. 7. CE, I. 84. 84 ; — IV. 35Ô ; l. 201.
GRANDEUR ET DECADENCE
La Hanse des XVII villes ou Hanse française était une association de villes diapières, pour l'écoulement de leurs produits dans les foires de la Champagne. Elle était associée à la Hanse de Londres', est antérieure à la fin du XIII^ siècle et se trouve mentionnée dans les Keures de St-Omer, écrites vers cette époque ^ Le messager du Maieur des XVII villes figure dans le compte de Bruges, pour 1285 -\ Une charte des Avoué et Echevins d'Ypres, de 1344, renouvelle, avec le Ruward et les Echevins de Lille, l'accord appelé liante, qui existait de toute ancienneté entie les bourgeois des XVII villes tant de Flandre que de Brahant, de Champagne etc., fréquentant les foires de France *.
Les foires de Champagne déclinèrent bientôt, tout en étant encore fréquentées par nos marchands, en i3i6 et en 145g '. Mais il paraît que la Hanse des XVII villes avait disparu en France avant 1399 et à Bruges en 1426^. Son histoire, encore très obscure, ne saurait s'écri
ins nouvelles recherches.
Autre chose est la Hanse teutonique ou Hanse allemande, nommée quelquefois Hanse flamande, que les documents nous présentent sous un nombre considérable de dénominations '. Quand on dit qu'elle a succédé à la Hanse de Londres, il faut comprendre qu'elle prit son essor quand celle-ci déclina.
Les marchands allemands (Oosierlhigen) de diverses villes confédérées obtinrent leurs premiers privilèges à Bruges en i252 et i253 * ; mais nous voyons figurer pour la première fois ces villes, sous la dénomination de ghemecne coopsteden van der Diiitscher Han^e, dans un document de 1391 ". et elles sont renseignées comme étant au nombre de soixante-douze, en 1487 '".
Les Audeniians de la Hanse teutonique résidaient à Bruges. On leur donnait le titre de très nobles et excellents présidents des marchands orientaux ou de la Hanse d'Allemagne " ; et leur association se construisit le splendide hôtel dont Marc Gheeraertâ nous a conservé le croquis.
Les plus importants de leurs privilèges sont ceux
de 1307, i3o9, 1359, i36o'^; puis
son des Orientaux conslruite par Je; Poêle, en 1478. — Extrait de la cai
rcGlieeraerts(i562).
inrent les nouveaux privilèges concédés par Philippe le hardi, en 1392 et, en la même année, par le Roi de France ". Ces deux derniers documents sont d'une importance capitale : il nous font voir en détail l'activité commerciale dont Bruges était le centre, et l'importance de ses relations maritimes.
A la suite de la bataille des Éperons d'Or, la ville avait vu son organisation se développer dans le sens que nous appellerions démocratique, et acquit son maximum de splendeur. L'hôtel de ville est restauré, en 1 309- 10, puis reconstruit de 1376 à 1387. On bâtit la Loge des Bourgeois et une nouvelle Halle au beurre.
.. CE.l. 73. *=• tlO, 552, n" .■iS8. ^ PlRBNNE, 1. C., 108. ^ 7- GT, 2I9-SO. * ». . /ilti., VI. 440(1499). ^ 12. /iid., 1. 266. 274
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