I. BuvcK.AE, XLvm
i 4. Plusbaul, p. 82-85.^5.
; la cliarte de St Louis, 1229, i
,.*2.Voirlag Vd. ^ 6. GP, 4.
ins RuDD. Colite/, des pla>. I 7. Ibid. et 48. f5. 1S9. ^ 6 ■, p. 64.
LART ET LES BELLES LETTRES
2. Nous connaissons très bien nos fortifications faites, à la fin XIII= siècle '. Nous savons que les portes étaient construites en briques, qu'on y employa de la pierre de Tournai, qu'elles étaient couvertes en tuiles plates ; que les fossés avaient leurs talus tîarnis de fascinages et de gazons, et couronnés de tours en bois raccordées par des palissades. Malheureusement, il n'en reste presque rien.
Mais nous avons une e.xcellenle représentation de nos ouviages de défense sur la vue panoiamique, gravée en \56i par Maïc Gheeraerts, lequel a mis un soui tout particulier à dessinei nos constructions militaires ^. Nous pourrions faire, au moyen de ces dessins, une étude très inieies santé sur notre architecluie mi litaire. Après e.xamen atientit de nos textes d'archives, nous pou vous poser quelques jalons et le dessin de Marc Gheeraerts pei mettra d'établir l'évolution Au style.
La grosse tour de la poitL St- Léonard ou porte de DudzeeL en bas de la grav. p. 85, àtiaveis laquelle on passait vers 1 extL rieiM', est antérieure à 12Q7 File nous donne une idée de ce que devaient être les portes constiui tes à la fin du Xlll« siècle Li paitie antérieure est plus récente et l'écluse adjacente n'est que de K-iyt).
Entre 1367 et 1370 Jean Slabbaerd et Mathieu Saghen construisirent la porte de la Bouverie (grav. p. 421), elle premier de ces maîtres, la porte des Maréchaux (grav. p. i lo) et celle des Baudets (grav. p. io3). Elles furent construites sur le même « patron », en briques et pierre de Tournai.
Un contrat fut passé, en 1400, avec .lean van Oudenaerde et Martin van Luevene, pour la construction, sur le même « patron d, des portes de Ste-Croix, de Gand et de Ste Catherine-'. La première fut construite avec parement en pierre blanche du Brabant, tandisque les deux autres le furent entièrement en briques ■».
Le Bastion du Vlamincdam date de 1405, mais fut remanié en 1416. La Speipoorte, (tout en haut de la grav. p. 85), se présente telle qu'elle est devenue après les remaniements considérables fiuts entre 1 Sgq et 1434. La tour démolie au Minnelyater igrav. p. 87 et 38) était de i3g8 ; celle qui existe encore, de 1401.
i liaut, p. 85-86.* :
erts, reproduites da
cliàteau de Pi.
puites qu'il a c
uvragc, pp. «4-87, 98. no- * i- Peut"' VlOLL. LbDuC, Dicl. Arcltil., n\. l5; urs. * 4. Voiries gravures, plusliaut, ai
■lOissard, plus 1 Ire van Oudenaerde a-l-il vu le , Il y a là des analogies avec les jpp. 80,87,98, 102, 10.1, 408 et 447.
356 L'ART ET LES BELLES LETTRES
Ces constructions, qui sont d'une suprême élégance, ont un caïadère très brugeois. La dissemblance avec les portes de la ville de Gand. du Xllli^et du XI V^ siècle, qu'on voit sur la vue panoramique de cette ville peinte en i534, est très accentuée. La différence avec ce que Bru.velles et Malines ont conservé, est encore plus frappante.
II n'est pas moins intéressant de considérer les murs, renforcés de tours et déchauguettes ou « gariles » (waerdeii). Cette défense du rempart, que Marc Glieeraerts a dessinée, au sud de la porte de Sie-Croi.\, au nord de la porte de Gand. puis, d'une manière continue, depuis celle porte jusqu'à la porte de la Bouvcrie, date de la première moitié du X'V^ siècle '.
L'artillei'ie rendit ces défenses inefficaces '. Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit des fortifications établies à partir de la fin du XVle siècle. Leur architecture ne diffère plus de celle qu'on trouve ailleurs, à la même époque Néanmoins quelques unes de nos portes furent encore reconstruites. Celles des Maréchau.v et des Baudets, partiellement, en i6i5 ; celle de Damme. en 1621 ; celle de la Bouverie, en 1807. Un avant-corps nouveau fut fait à la porte de Ste Catherine, en 1764 •'. Quelques uns de nos lecteurs ont pu voir ces deu.x dernières constructions. Ces bâtiments n'appartenaient plus que de loin, à l'architecture militaire.
3. Nous avons, dans le quartier de Bruges, quelques châteaux qui peuvent aussi nous donner des renseignements sur l'architecture militaire. Il va d'abord le château de Wynendale •», bâti sur plan circulaire, entouré d'un large fossé, flmqué de tours et à double donjon. La construction remonterait à Robert le Frison ; ce qui est bien possible, vu la disposition générale du châfeau. Saccagé au comiTiencement du XIV"; siècle, il fut restauré vers i335 ^ Hélas ! il faudrait aller étudier ce château, à travers les embellissements (?) qu'on y apporta, il y a quarante ans. — Il y a ensuite le château de Maie *, construit par Pliilippe d'Alsace '. sur plan carré (grav. p. 148). auquel Philippe le hardi fit de grands travau.v somptuaires *, avec l'aide de la Ville de Bruges. — Notons encore le château deTilleghem, également construit sur plan carré, sans doute au XI 11^ siècle", mais qui fut modifié profondément vers l'an i5oo. — Citons encore le château de Gruuihuse.à Oostcamp '", ainsi appelé depuis qu'il était passé dans cette famille brugeoise. Il était aussi construit sur plan carré. La disposition d'ensemble au teinps de Sanderus, semble indiquer une œuvre du XIIIi^ siècle ; mais elle devait avoir subi, du temps de Louis de Gruuthuse, des modifications d'aspect assez notoires ".
De l'ancien château d'Oostkerke. fief possédant cour, il n'existe que les deux tours rondes fianquant la porte d'entrée. Celle-ci, cintrée en anse de panier, est surmontée d'une salle établie entre les tours. Cette construction semble être du XVI<: siècle.
4. Dans la ville de Bruges même, il y a eu des maisons fortifiées '-. Le premier Hôtel des Gruuthuse, près de N.-D., a été agrandi sans doute vers i328 '•'. Nous voyons mettre au jour les fondations des constructions e.xtérieures, côté nord, qui vont jusqu'à 4.30 mètres sous le niveau actuel de la rue, et dont la première retraite est à 2.64 sous ce même niveau '■•. Les mouffes de o,32 sur 0.08 semblent indiquer le XI H* siècle. L'Hôtel même se trouvait contre l'église. Deux bâtiments, construits en équerre, au nord et à l'ouest, avec tourelle d'escalier à vis, dans leur coin intérieur, se prolongeaient vers la
i.VoirsuitoutlesKiavures.aux p11.s5.t7.9S.421.* 2. Plus liaut, p. 8801. Cfr. Porlefeuilte 462-4*, à la Hibl. .ie la Ville et les giavv. GRH. * 3. Voir ; Ribl. rie Hiu^es. portefeuille 462-4". * 4. Gravures ; Sandkros, F/, ill., 1735,11. ni av. n" 23: I.ANSSKNS, Gfsch. lan Thomoiit en U'.rneiiilarle. 143 ; rieun lilliogiapliies de Kii^li. Corneille, vers :l!6ô. * 5. GllL.. Cotil. prtitrs villes, iv. ■''07. ^ 6. Gravures: Sanderus. 1, c, u" i. Voir ci-dessus p. 148. * 7. Vrbd., FI, ilhn., 582. — Des Diplômes y fuient donnés à partir de 1167. jj!.8. AE, vu. i3i. <J(.çi. CBB. i, 107. Grav. Sandsrus, I. c, n- 2. * 10. Grav.. Saxuerus, I c. n- ^.> * ti. CBH, i 207. * 12. Plus haut. p. ^S. * i3. AA. N.-D , C. 76. * 14- Cfr. le tracé paitiel de ces fouilles, p ?4c
LART ET LES BELLES LETTRES
Reie. Il devait y avoir des bâtiments sur l'emplacement de la rue actuelle de Gruuthuse, et encore au nord de celle-ci. Cet Hôtel, vu sa date de construction et l'aspect des substructions, fut bien peut-être jadis un manoir fortifié.
Marc Gheeraerls, heureusement, nous donne quelques renseignements à ce sujet. Il nous fnit voir, à la Place St-,Iean, mi chàleau-fort carré, à trois tourelles d'angle rondes, avec porte à front de place '. C'est la Lecke, achetée en 1374, par les Jésuites, et qui servait alors de Consulat et de magasins à la nation Anglaise. Nous lui devons aussi le dessin du refuge de Thosan, Haf van der Doest, rue Snaggaerts. qui lait partie aujouid'hui de l'établissement de Speimalie, où nous voyons un donjon rond, haut d'une vingtaine de mètres, ayant une forme ti es caractéristique. Le bahut est couronné de créneau.x, et la plate-forme porte une échauguette. C'est là sans doute un dernier reste du premier refuge que les moines de Thosan firent construire, un peu avant l'année i3oo, sur un terrain qu'ils possédaient depuis 1228 -.
Nous connaissons encore, grâce au burin de Marc Gheeraerts, l'ancien château Rosenburg •', connu dès i3o2, comme appartenant à la famille Hoedemaker -•. C'est un donjon, à fenêtres établies en travées, dont la toiture est flanquée de quatre tourelles d'angle. Il est entouré d'un fossé et bâii au milieu d'un enclos, ayant des portes de sortie l'une dans la rue Ste Claire, l'autre au coin du Eerdett'eg. nom que portait au XVI 11^ siècle onsiruction du donjon m'a toujours semblé devoir dater du commencement du XV'-' siècle ■". Mais comment la carte peinte " nous doime-t-elle, en cet endroit, un château tout ditîérent, à tournure bien plus ancienne? Il est certain que le château de Hoedemaker ou Houtmarc, passa en 1445 46 au Comte d'Eiampcs •. L'aurait-il fait reconstruire et la carte peinte nous le représenteiait-elle comme il était avant cette reconstruction '.
.■^nnonciadcs. L
4. — L'.\RT DES FAÇ.-VDES \ — Nous n'avons aucune notion spéciale sur nos maisons, dans les temps anciens. Les idées que nous avons de nos façades en bois reposent, pour la plupart, sur les souvenirs graphiques qui nous en sont restés ". Nous
^ i. DAF, 25. lii.l , pi.
alliance, à Jean de Ciève»((J, ulanclies et 40 pliotograv., Un
fl,h!. sept. S. Orti. O .Au ^Jusée de Gruuihnsi :,■./„„. N.-D.. 9^) *8. V e Vjrvere-Pelyt, 1902. !J!;Q iiq: DAF, pi. II et m.
dis FacaJes, à B: iigr
XV* siècle, par . in-r avec XVII
358 L'ART ET LES BELLES LETTRES
constatons qu'elles se distinguent des façades en bois, notamment de celles de l'Allemagne et de certaines autres villes ', par le peu de saillie de leurs encorbellements. Une ordonnance du Magistrat limitait-elle la liberté des constructeurs? Le pignon, en noire ville, est orné d'un arc trilobé, quelquefois d'un arc redenté plusieurs fois, ou affectant certaines formes fantaisistes. Une maison à Ypres, rue de Lille, et plusieurs planches de l'album cité de M. Arm. Heins montrent comment ces trilobés se charpentaient. La substruction était souvent en blocage de ve/fc/ee;; ou en pierre; quelquefois tout le rez-de chaussée était-il en briques, avec fenêtres tournaisiennes -. Nos façades en bois étaient ornées de dorures et de peintures -\ Je n'ai pu recueillir que peu de preuves de décor sculptural : à Ypres, au contraire, les sculpteurs ont beaucoup contribué à l'ornementation des façades. Il ne nous leste que deux pignons en bois, et encore sont-ils peu remarquables : Cour de Gand, 5, et rue courte de l'Equerre, 2 t ; et un linteau sculpté, supportant l'encorbellement de l'étage, rue des Ciseau.t •\ — Nous avons parlé déjà des causes de la disparition de nos pignons de bois, surtout depuis le second tiers du XVII« siècle '^.
* Nos façades les plus anciennes en matériau.\ consistants, ne semblent pas avoir eu de caractères très spéciaux. Peut-être étaient-elles du type tournaisien '. Les façades de l'Hôpital, du X1I1« siècle, semblent l'indiquer. Plus tard, ici comme ailleurs, quand le pignon était à face de rue, on ornait son triangle d'un trilobé en briques ou d'un arc brisé redenté, qui rappelait le décor du pignon en bois. On trouve encore ce motif au pignon du transept nord de la Cathédrale de Bruges (vers i36o), ainsi qu'au grand pignon de Gruuihuse, construit vers 1400 9 ; seulement, ici, ce trilobé n'affecte plus le triangle seul du pignon : il forme le tympan d'une vaste baie ornementale basée sur la plinthe du pignon. Dans les façades les plus anciennes figure la fenêtre dite tournaisienne'", dont le linteau est surmonté d'un plein cintre, dans lequel on construit un tri.obe. Celui-ci est maçonné en épi, et appareillé concentriquement avec l'arc d'encadrement". Je trouve ce procédé d'appareillage de l'arc redenté, dans les églises du quartier de Bruges et dans le pays de Furnes, au X11I<= et au XIVi^ siècle. Nos façades jusqu'au XIV^ siècle ont sans doute été très apparentées avec celles de Tournai. Seulement le tympan conservait sa forme en plein cintre, comme à l'époque romane. Voir la façade du Jambon, rue Espagnole ■=.
L'art brugeois des façades. — Personne ne conteste le caractère bien local de nos taçades brugeoises. On en trouve, il est vrai, du même type que le nôtre, hors du quartier de Bruges '^ : mais ici nous possédons le type dont ailleurs on trouve quelques imitations plus ou moins heureuses. Ce type ne s'est pas créé en un jour ; et nous avons déjà montré comment ses éléments se sont constitués peu à peu 'K \ l i '^ . '
La grande caractéiistique du style brugeois des façades est la travée moulurée, encadrant les fenêtres des divers étages, de manière à laisser entre elles un trumeau, souvent peu large, mais assez fort pour recevoir la charge des grandes poutres soutenant les solivages des planchers aux étages. C'est le triomphe de la ligne verticale, et radicalement le contraire delà construction en bois, qui procède par séries de zones horizontales.
I. Voir, entre autres, Akm. Heins, Les anc.J'iir. rf'l>)-«, Gand, lou.S ; I,. Cr.ogi'Kl, Les maisons averti He/giçtir, Gan.l. :go7 ; du même: Us/aqades dr. Bruges, dans la Revue de fArt Chrilien, liov. 1902. ^ 2. Exemple DAl'. pi. m. n- 0. ^ i. Grav., p. 5.Î. * 4. Urav., p. 140. ^ 5. Cfr.A.HBlNS, Coiipsd'œil ci coups de plume, K107-S, fasc. 2, 18. ^ 6. Plus liaut, p. aô.V j(> 7. Cfr, E. SolL. L habitation Tournaisienne du XI- an WIII' siècle. Tournai, Caste. nian, I9n4' **• Exemples : Tonlieu, ilaisons rue Flamande, II et 5i. ^9. Gtav, p. 339. ^ 10. Suc la fenêtre tournaisieuiie, texte de l'an 1400: I, m. 479. J(. 11. DAF pi. Vlli. A, n- I. ^ 12. Grav. p. 302 et DAF. I2-|5 et pi. iv-vi ; cfr. Cloqust, 1. c, 48-51, 72-73. — Voir ci-dessus, Archit. civ. monum., où une nouvelle élude nous a amené i moùilier quelques dates, que nous avions données dans DAF. ^ i3. DAF, et H. Hoste. L'expansion du style brugeois. Congrès archéol. de Gand, 1907. ft "4- Plus '"a"*. Arcllitect. civ. monum., 346. 347. 349.
L'ART ET LES BELLES LETTRES
Nous avons vu la rravée s'essayer d'ahord timidement. On y songe en contemplant la grange de 7\'r Doest [vevs 1280) et ceitaines parties delà tour de l'église de I.isseweglie (vers i^.Soi. On pourrait dire toutefois que dans ces constructions, l'on a eu seulenT.-nt l'inienlion de donner un peu d'ampleur au décor en baies gothiques aveugles. Mais en iSyô, à la façade de notre Hôtel de Ville, on inaugure un « système «, qui s'imposera définitivement à l'attention de nos maçons. Nous le trouvons appliqué au pignon de Giuuiluise, côté de la Reie, vers 1400, à la Pnnileis Loge ii4i7?), à l'Hôlei
ifhprs -M
dfS Florentins (vers 1430), à une époque, définitivement. Celte tiavé pénétré nos maçons, que vers 1465,
façade, à Damme (vers 1440) ; et à partir de cette ;, avec décor à l'allège de la fenêtre, a tellement le constructeur du chœur de St-.Iacques a reproduit.
dans ses fenêtres absidales, une travée de façade avec allège ajourée '.
Cette ligne verticale, vous la cherclierez en vain dans le style des façades, à Gand et dans le quartier de l'Ouest de la Flandre, c'est-à-dire à Nieuporî, Dixmude, Fumes. ^'pres et en Flandre française.
A ce premier élément vient s'adjoindie celui du décor de cette travée, par le plein cintre souvent surhaussé du tympan, qui est d'abord trilobé, puis de plus en plus orné et où se développe une dentellure qu'on ne s'attendrait pas à voir maçonner en briques -.
Un troisième élément est la série de gradins qui vient orner le gable du pignon, ce qui reiTionte jusque vers 1430; de même que les créneaux qu'on trouve devant les cheneaux. Le gradin prend une proportionnalité spéciale. Sa largeur est aux 2/3 de sa hauteur. Son épaisseur n'est que d'une demi-brique, sauf au gradin s,uçéntm-Jiet kapuitje, où elle est plus forte. En saine maçonnerie de briques, un gable rectiligne n'est pas constructif. Le rétrécissement, en triangle, du mur de façade, au pignon, se fait par retraits successifs sur 1/4 ou 1/2 brique. Quoi de plus naturel que de continuer à construire en
*..VoirD.4F, I7-:
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verticale, sauf à faire une retraite d'une biique et demie ou de deux briques, toutes les cinq ou six assises? Ce retrait constituera le gradin '. Le gable rectiligne du pignon se présente cependant de temps en temps, surtout aux constructions en pierre ; à celles en briques, il se maçonnera alors le plus souvent, en épis. De même, la construction en travée peut avoir été négligée parfois.
Un quatrième élément brugeois, c'est l'emploi du plein cintre et de l'arc en anse de panier. L'arc plein cintre se trouve dans tout le quartier de Bruges, à travers le XIII'', XlVe et XV' siècle, alors que les archéologues s'étonnent de le trouver encore en Bourgogne, au milieu du XIII^ siècle. L'arc en anse de panier se trouve ici dès le milieu du XlVi^ siècle. Et voici ce qui est curieux. Nos travées se terminent presque toujours en plein cintre, la plupart des fois un peu surélevé, et les terminaisons en arc brisés ne se présententen général que par exception ; et encore, est-ce au XVI'^ siècle, quand l'art ogival péiissait. Nous remaïquons que nos peintres ont toujours eu une tendance a donner un air de « roman », aux arciiitecturcs qu'ils mettaient dans leurs tableaux. Nus maçons ont-ils subi l'influence de ce gofit ? — Un autre élément, secondaire, mais caractéristique, c'est la fenêtre en triangle curviligne. qu'on tiouve dès le milieu du XI 1 1^ siècle, mais surtuut au XIV'^ et au XV-^ siècle, à N.-D., à St- Sauveur, à Jérusalem et à St-Gilles.
Ce qui donne au style de nos maçi.ns toute sa finesse, c'est qu'ils ont taillé chacune de leurs moulures dans la dimension d'une brique. L'exiguiié de l'élément a causé la multiplicité des moulures et des lignes ; et il en est résulté une finesse délicieuse et une élégance particulière. Dès la fin du XI 1I« siècle, nos maîtres maçons construisent tous leurs ébrasements de fenêtre, dans les monuments, avec une moulure à chaque demi- brique posée; et ce détail de style persista jusque vers la fin du XV<= siècle.
Nos tailleurs de pierres dessinaient leurs façades exactement comme les dessinaient les maçons. Ils n'y mettaient d'autres différences que celles de l'exécution technique d'appareillage, dans la construction des tympans, et celle des profils plus libres des moulures. Ils n'employèrent pas le pignon à gradins. Leurs constructions ont souvent aussi une allure plus monumentale ^.
I iriégeois, Ttoisihne type. — Kue Pou i bus, I
ouvelle hypotlièse ; av.int i Hruxetles, 1908, p. 4, en
jir à corriger ces épreuve L même hypotlièse. jj(» 2. G
M. Ch. Buts,
LART ET LES BELLES LETTRES
Ces éléments ont servi à constituer divers types, auxquels nous devons nous arrêter, et qui tous se maintinrent conjointement jusque vers 1640. lis constituent notre art des façades vraiment brugeois, qui est gothique.
Premier type. — Les travées restent indépendantes. Nous venons de signaler ' quelques monumenis qui sont ornés d'après ce système. Voyez aussi le grand pignon de Gruuthuse construit vers 1400 -. Dans celui ci chacune des travées latérales de fenêtres superposées au.v étages, se trouve uibérée dans un encadrement, qui contourne la fenêtre supérieure, en angle droit, et se termine en ligne horizontale ; mais à la travée du milieu, l'encadrement s'élance en arc plein cintre, à double arcature Les allèges entre les tenétres superposées sont ornées d'arcatures. — Quant le grand arc d'encadrement, qu'on trouve dans ce seul pignon, aura disparu, les lignes de la travée frapperont davantage l'attention. La plus belle façade de ce genre était celle de l'Hôtel des Orieiitau.x, construit, en 1478 par le célèbre Jean van de Poêle. 11 n'en leste plus que quelques parties, maisnousenavoiis le dessin ■'. Le type le plus complet, conservé et restauré, se trouve rue de Jérusalem, nos 34 38. (vers i533;4.
Deuxième type. — Vers i52o s'implante un nouveau système, qui consiste à cncaurer d'une moulure unique toutes les travées juxtaposées de fenêtres du pignon ; celle-ci contourne les arcs décoratifs des travées latérales pour s'élancer jusqu'au sommet de la façade.
Jean de Maech semble avoir été le pi cmier à l'appliquer : l'on peut voir le pignon iniéricui qu'il constiuisit à l'Hôtel de Ville en iJ23\ Ce système, peut être moins logique, persiste également jubque vers 1640. Un des meilleurs spécimens se rciicontie rue du Maiécage. 28". L'on en trouvera u'auties paimi nos gravures".
Le trumeau cntie les travecs s'échancre ou d'oidinaire se termine en ligne horizontale ; mais bientôt l'artiste trouve micu.x, et il le couronne d'un amortissement arrondi, d'un as de pique, d'un animal sculpté, plus souvent de gradins. me :iu m, e. 7. lozt--
Voir la jolie laçade (grav. p. 3bji, à côté du Pont de l'Ane aveugle, bâtie vers 1570.
Troisième TYPE. — Vers 1527 apparaît un type, rationnel celui-ci, qui conserve l'indépendance des travées, mais termine chacune d'elles par un arc tourné de façon à
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ce bitrgeois