I. Première époque
Les primitifs. — Nos
archives montrent nos peintres à l'œuvre 7. Dès 1290.
le peintre Lamsin d'Ypres décora une statue près de la fontaine, place du Sablon *. En i3oq et i3iofut peint le décor de la salle des Echevins : nous y voyons travailler deux peintres, Boidin van Zomerghem et Gautier van Maere. Un autre peintre décorateur, __ Boudin van Yseiiberghe. y travailleégalement.en i3io.
Jean de Man était un scilder, dans le sens étymologique du mot. Comme tous ses compagnons d'ailleurs, il peignait des écussons, taei gen, scilden. des pennons, des bannières. Il dora et polychroma le leliquaire du St Sang, en i3ii, et orna de peintures, des voiles de soie, à l'usage de la précieuse relique. En i335, Jean van Jabbeke entreprend la peinture de figures et le décor du mur de la salle échevinale. Nous connaissons, vers le même temps, un Lamsui Coene, qui peint des targes aux armes de la Ville, ce que Jean van Jabbeke fil également. Gilles de Man commence avec Georges de Buerchgrave, la polychromie des niches de l'Hôtel de Ville 11378). Des travaux de peinture murale décorative sont exécutés, au palais du Prince /i382) par Gilles van Assenede ; en divers monuments publics, par
. Recusiî des jidon
2J7. ^ 4- Voir AE, Jes Pays-Has Aiilr.
:-i66 LART ET LES BELLES LETTRES.
GiHes'kJljCV (1396), Jacques den Averechte (1402). Pierre de Deckere (1421, 1423), Jean van Oossi-nbrucghe (14281, et d'autres. .Guillaume van Meenne, fait en 1409-10, la pfjlvcliromie de la grande salle à l'étage de l'Hôlel de ville ; il y peint, entre autres, huit figuies de prophètes.
Parmi les peintres de figures, il faut signaler Jean Coene. o maistre peindre w, mais qui i-tait en même temps miniaturiste. Il peignit des « portraitures » de prophètes, au château de Maie (1390-96), et un tableau du jugement dernier, pour notre salle échevinale 11 388) '. Pierie de Deckere peignit le tableau d'autel pour la chapelle de l'Hôtel de Ville, représentant la Naissance du Christ, la Circoncision et autres représentations (.42,) ^
Il serait possible d'allonger cette nomenclature. Mais nous avons des (tuvres de nos peuiti-es, avant les van Eyck. Nous les classons chronologiquement, autant que possible '\ Seconde moitié du XIII«^ siècle : peinture dans le bras nord du transept, StJacques à Bruges. L'on y voit encore une partie d'un St Jean Baptiste (grav., p. 369). et St Thomas reconnaissant le Christ. Un tombeau peint, vers 1270, découvert au cimetière de St-Sauveur, (grav., p. 373)+.
Vei's i3oo, peintures dans un caveau funéraire, au cimetière de Ste-Croix ("grav. p. 38 1) *. Première moitié du XIV^ siècle : un des caveaux peints au cimetière septentrional de N.-D , découvert en 1895-96 *. 'Vers i335 : peintures dans le tombeau de Roger de Stiaten. à St-André lez Bruges t. Vers 1340, figure de St Louis, dans l'ambulatoire méridional de l'église de N.-D. (grav.. p. 393)*. Vers i35o: figures dans les arcatures, nef méridionale de l'église de Damme 9. Seconde moitié du XIV<^ siècle, peintures dans un tombeau à St-André lez Bruges "°, dans lequel est représenté le saint Apôtre, patron de la paioisse. Du XI V^ siècle étaient aussi les figures trouvées à l'est de la Tribune de Gruuthuse, à N.-D., en 1874. qu'on n'a pas conservées ; de'^nême celles, très fragmentaires, qu'on voit encore, dans la même église, dans l'ancienne chantrerie De Boodt, au bas-côté septentrional. De la seconde moitié du XIV« siècle, sont encore les caveaux funéraire trouvés en 1899, au cimetièie méridional de N.-D.", La peinture du Crucifiement, de l'un, a été transportée au Musée Archéologique ;. et l'on y conserve les calques de l'autre. Vers 1 370 : fragments d'un saint Evêque terrassant le dragon 1?) : découverts à St-Sauveur. près de l'entrée de la chapelle actuelle des Fonts, en 1874 '-, mais recouverts, peu après leur découverte. Vers 1398, peintures dans le tombeau de Jean van Oudenarde, en l'église de St Basile, à Bruges, et dans le tombeau adjacent au midi, qu'on peut examiner '•'. Voir, p. 388, la gravure représentant l'un des Anges de la Passion, du premier de ces tombeaux. Fin du XIV*^ siècle, caveau découvert en décembie 1874, à St-André lez Bruges, d'un beau style, oij j'ai cru reconnaître les figures des apôtres St Barthélémy, St Jacques le mineur, St Philippe ou St Simon et St Thomas.
Nous voici au XV"; siècle. Nous devons placer à la fin du XIV<= siècle ou tout au commencement du siècle suivant, le panneau du crucifiement, dit le Calvaire des Tanneurs, que nous verrons à St-Sauveur (grav., p. 145). Les deux caveaux peints, celui
I. AE, vil. lîj. H, IV. 242.^2. AA,c. 1420-21, fol. 108. ^ j. Plusieuis de ces pciiilures, eii fac-similé, se Irouvenl au Musée Archéolotïique : d'autres soiitpubliées d;iiis /?£)«(/ rftf« //tf/?;rf; plusieurs l'ont éié paiM. le Cliaii 'V.^npbn Ghevn, eu divers de ses truviiujt ; jeu ai d'autres en portefeuille. ^ 4. RDH, xlll. 400. ^ 5. Jèid. Ix. 25o. Voii aussi, v:. 23o ; Chaii. Vandbn Gheyn. /.« cmieaHX polichromès m FI., pi. I. ^ 6. AE, iLv. 2Ô1, n" 1-4 de la gravure.* 7. RDH, v.382.Grav. AE, xxll.40t. jfe8. RDH, IX. io8.2TO 243, avec trois i;ravutes, dont la tête du Saint et le diaprage en grandeur d'exécution, iy6. 197. 212. «^ 0. Calques colorés au . !/««'« .^«.«TO/of !?/«•, on l'on attribue ces figures au XII siècle I....Cfr.RnH, ixv 118. * 10. RIJH, vi. 104. 126. — Grav , C/tnn. Vandkn Ghevn, 1. (-..ul. 11. * 11. Cfr. Rull. Suc. d'H/sl. ei,rAiclUol Je Cand, • 289. * 12. J'en ai des Calques. * i.; Jean van Oudenarde a acquis son droit de sepuiiure en 1.' 407. 408. 413 ; XI. 8.
L'ART ET LES BELLES LETTRES
At Nicolas Payant et probablement celui de sa temme '. découverts dans la GlVajîélIe de l'Hospice de St Nicolas, datent probablement de 1406. Du second quart du xV'î siècle. paraissent être les deu.v autres caveau.x de la même chapelle, reproduits par M. le Chan. Vanden Gheyn -. Nous sommes tenlés de noter vers 1424, les cinq grands anges que nous avons vus à N.-D., il y a une quarantaine d'années, au-dessus de draperies en rouye et or, surla paroi de la tour correspondant à l'ancienne chapelle de St Victor ■"'. Cette peinture a été recouverte de badigeon, quelques semaines après sa découverte. Ces anges jouant d'instruments de musique, étaient d'un grand caractère : il faudrait qu'on les dégage de nouveau, avec grande précaution.
k. Notons cependant encore certaines penitures
Nous voici à l'époque des van E découvertes sous le badigeon, qui sont postérieures. Le Christ et la Samaritaine ainsique la Résurrection de Lazare, contre la façade occidentale de N.-D. •» ; le Christ de Lucques, dans la chapelle des Ménétriers \ aujourd'hui détruit ; le caveau de Guillaume de Monbleru.
vers 1468, dans l'ancienne chapelle des peintres " : un des caveau.x peints, découvert en i8q5-o6 au Cimetière nord de N.-D?: toLites pioductions qui pourraient bien se placer vers 1475. Nous avons encore:
Vers i5oo, la fresque de Annoncia tion, rue Pré au Moulin*; entre 1480 et i520, les peintures des tombes jumelles de l'ancienne église de St .lean, aujourd'hui au Musée archéologique « ; de 1 553, un caveau peint de l'ancienne chapelle des peintres "^ ; vers i55o. une peinture représentant St Pierre, au-dessus du bénitier en marble blanc, à St-Sauveur, dont j'ai pris le décalque avant qu'on ne le fit disparaître.
Un manuscrit du XV"; siècle, signalé vaguement par M. Weale.
où se trouverait la description de Bruges, à cette époque, mentionneraitque l'églisedeN. -D. à Bruges, était entièrement décorée de pcuitures à personnages ".
I. Clian. V.ANDEN Gheyn. !. c, p. 22, et pi. iv. v. Cf. . RDH,
. RDH, XV. 248, 288. ^ 3. AE, XX. 7Ô. srav. ^ 6. RDH. XX.
25t, n- 5 lie la gravu.e. ^ 8. Cf.". I<„„it, 11. 161; v. 72;- «1
av. ibiJ., II.
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