‹ BrugesChapitre 87 sur 137 · I. l'hisl · texte numérisé non relu

I. l'hisl

6; AF„ XI..V. 423 57. *2. Cf.. Ai.FR. RoNSE, AE, L. 28o;^

de H,„s,s. 186

. Wbalb, Cn/a/og„H de i' Exfosiliou de Bruges, tfàv. 80. V<

J. Wautb

1RS. /.n pciuUire Flamande, i55. ^ 6. \Vbale. Cal.il. A.

fil.C.I.,lo,„..

exposition

1S67, 122; Clï. grav , plus l.;me, p, :2q. ^ 8. Ibid. 125 ; strai

LART ET LES BELLES LETTRES

5. I.KS ROMAN'ISTESOU PKINTRKS BRUGEOIS DE I.'ÉCOLE FLAMANDE. -^ On est coiiveiui d'appeler Romanistes les peintres qui allaieiil terminer leurs éludes à Rome et imitèrent les formes des artistes italiens, lems contemporains. Les Romanistes dérivent de Frans Floris, qui concentrait toute son admiration sui' Michel-Ange, au coloris mat et aitiisté. mais aux attitudes majestueusement violentes, exagérées et forcées. A partir de ce moment, l'Ecole brugeoise se fond dans ce qu'on est convenu d'appeler l'Ecole Flamande, dont le siège principal seia bientôt à Anveis. Cette Ecole atteignit son apogée avec Rubens.

Les peinti-es brugeois du XVI 1<ï siècle ont subi l'intluence italienne, en même temps que celle de Rubens; ils ont cependant gardé tous une ceitaine originalité et un sens du terroir. Jacques van Oost, le vieux, en est une pieuve frappante : il a beaucoup copié Rubens, mais il est resté personnel. Je prie de remarquer le tableau des bergers dans l'étable de Betliléhem, avec ses effets de lumière de chandelle, qui se trouve à la Cathédrale, et que personne n'oserait attribuer à .lacques van Oost. s'il ne portait sa signature, avec le millésime 1642. Doué d'une tacililé de composition peu commune, abondant en œuvres, il fut grand peintre, tout en négligeant parfois son dessni ; et, dans ses portraits, il peut hardiment mettre le pied à côté de Rubens. Van Oost a fait preuve de beaucoup de bon goût, en évitant généralement de donner à ses personnages ces poses théâtrales, ces gestes abondants et faux, ces raccourcis pour l'amour de l'art, dont abusaient Rubens et ses contemporains. Il nous a donné des Saints, tandis que d'autres produisaient des muscles et des modèles d'académie sous préle.xte de Saints. Son coloris rappelle tantôt celui de van Dyck, plus souvent celui de Gaspard de Craeyer.

Jacques van Oost le vieux \ est né à Bruges vers 1600. probablement dans la rue des Armuriers, n» 5. 11 devint apprenti en lôiq chez son frère François, moit en i6ii, et fianc-maîtie en 1621. Il voyagea en Italie. L'œuvre d'Annibal Caracci attira son attention. A la suite de celui-ci, il lutta, toute sa vie, contre le naturalisme. Il était de retour à Bruges, avant le mois d'otobre 1629. Il devint immédiatement Vinder de la corporation, dans laquelle il occupa des charges, jusqu'en 1662. 11 mourut à Bruges, en 1671, et fut enterré dans l'église de St Trudo, où Marie, l'une de ses tilles, était religieuse. Van Oost e.xcellait comme violoncelliste ; il était fort lié avec Lambert Vossius et autres redeiijkers, ses contemporains.

Jacques van Oost, ie jeune ( 16.^9- 171 3). passa de l'atelier de son père, à Paris et à Rome. Revenu dans sa ville natale, il ne put s'y plaire. Il retourna à Paris ; il vint à Lille, où il se maria ; mais il finit, après quaranie-et un ans de résidence à Lille, par revenir à Bruges, où il mourut en lyiS ". On lui doit de beaux portraits. Il faudrait bien le classer parmi les peintres de l'Ecole française. — A nos Romanistes appartiennent Louis de Deyster ( 1 656 ?- 1 7 1 1 ), peintre et graveur, qui passa six ans à Rome et à Venise, et A nna de Dejrster, l'une de ses filles, peintre et musicienne (1690-1747), qui ne dérive que de son père. Ce sont là deux artistes incontestables, vrais romanistes, dessinateurs corrects, compositeurs pleins de jugement, ayant du caractère, comprenant le clairobscur et se rapprochant du coloris de van Dyck ■'. Citons encore Jean Baptiste Herre- ^ok/5, de Termonde t, reçu franc-maître à Bruges, en 1684, où il occupa successivement les fonctions importantes de doyen, ^o\i\'tvnt\.\ï, stedehouder t\. vinder . Il mourut en 1721.

I. \Vkai.h, a./,i/<.i'm-.;,W.,73:Cfi. Ur UbMeïkk, i«raM Oost. Gan.l, Vaiuler l'ooiten, io.,3. *= liioijr,, Wkalb. Calai, .tcad . 80. ^ .'. Uid..%:. ^ 4. Uid., Sq

Autour de ces peintres en gravitent plusieurs; mais il ceux-ci, nous ne parlons plus d'Ecole brugeoise.

Les peintres brugeois de l'école française. — Noir

1719 et ouverte le 1' Janvier 1720 a la Poorters La,

faut se borner. Après

de pe

fut fondée en nous trouvons Herregouts, dont nous venons de parler, et Joseph va 11 den Kerkhoi'e, qui en fut le premier directeur.

Après sa mort, l'Académie lut dirigée par Maihias de Visch. Joseph van den Kerckhove {1667-1724), lenait, par Jean van Meuniiic.xhove, son maître, à Jacques van Ûost, le vieux. Mais il commua ses éludes à Anvers, chez Jean Erasme Quellin, se fixa et se maria à Pans et ne devint franc-maitre à Bruges, qu'en 1695.

Son successeur et élevé passa neut ans à Pans, Rome, Venise, Parme et Plaisance, où il se maria.

11 ne revint à Bruges, qu'en 1732, et mourut en 1765. Ces deux artistes ont entraîne nos peintres dans l'orbite de lécole française. Nommons Jean Antoine Garemijn (1712- 1 799j, qui ne quitta jamais Bruges, et fut lormé par Joseph van den Kerckhove. Par l'abondance de sa production, sa facilité de dessin, la richesse de ses compositions, la fraîcheur de son coloris lumineux et la vigueur de sa louche, il se montra le i,, ,1,1, ,11^..., \ : ,. .i,-Mnp.„ iv„ni,„k, ,?.;..-■,,. ,i,.„sun m,,.,-i ,,,11,

plus grand des peintres p;,r P,er.e Esq,.aiilel.pon. léi;'..sede Uismu.le Hôlel ,ie Vlll^.le D.x,,.

de cette époque de décadence. Garemijn n'est guère connu hors de sa ville r.atale beaucoup de ses tableaux sont faussement attribués à Boucher.

Nommons encore, parmi les peintres brugeois qu'on devrait classer dans 1

iniure ateuis

Ecole

L'ART ET LES BELLES LETTRES

française: Suvée (i74'3-i8o7), directeur de l'Acadcmie de Fiance, à Rome; Ducq (1762-1829); Odevaerc 11775-1830); Kmsoen, le portraitiste (1770-1830), qui tous ont eu du succès en Fiance.

III. La Sculpture. — Au commencemem du XI V>^^ siècle le nom àt beildemaker s'applique aussi bien à dès sculpteurs qu'à des peinties. Ainsi Martin de beildeinakere, nommé au compte de i3ii, était un sculpteur'. Dans le dernier quart du KIY!: siècle, nous voyons apparaître le beildesnider, nom qui s'applique, jusque dans le XVI I« siècle, à des sculpteurs en bois. Le mot beildemaker se retrouve cependant encore, au XV« siècle, dans les Keures des menuisiers, comme synonyme de beildesnider. Dès avant 1400, nous trouvons la preuve que des (ravau.v de sculpture en pierre, soit d'ornements soit de figures, étaient e.xécutés par des steenhauwers, appartenant à la corporation des Maçons. Au XV« siècle, les charpentiers et les menuisiers {scrinewerkers, escriniers) faisaient les iravau.K de sculpture oinemcntale alTérents à leuis entreprises; mais nous voyons les charpentiers associer des beildemakei s à leurs travau.x. Les Keures des menuisiers - renferment des dispositions qui sont du XVi^ siècle ■', leur permettant la sculpture décorative inhérente à leurs ouvrages, mais défendant la sculpture de figures indépendantes. Il leur était loisible, comme d'ailleurs au.x charpentiers, de faire toute sorte de mobilier sculpté pour les églises, même des retables d'autel, avec scènes eu relief et statues in:orporées dans leur ouvrage. La sculpture de buffets d'orgue était réservée aux menuisiers ''. La sculpture de figures détachées était réservée aux Beildemakers ^. Ces mêmes articles font entendre que ces Beildemakers faisaient des retables avec figujes et des figures détachées. Au XVI1I<^ siècle encore les Beeldesnyders avaient des privilèges spéciau.\ °. Mais il arrive, quoique ce soit rare, de trouver la qualité de beeldesiiider appliquée à un sculpteur en pierre.

Qu'étaient ces Beeldemakers ou Beeldesnydeist. L'on dirait, à voir les sceaux de ceux qui scellent la reconnaissance de dette de \'i2%, &u nom àtsymagiiiiers on faiseurs dymagues ', qui formaient la corporation des peintres, que celle-ci comprenait des sculpteurs ; et même, en 1426, nous trouvons un sculpteur de statues en pierre, Jan Hoosebrugghe, qui les polychrome lui-même**. En 1441, dans la semence d'Hesdin °, entre les escriniers et les scilders, ceux-ci avec les six autres membres de leur corporation, figurent les copeurs et faiseurs dymages, qui semblent donc former soit une corporation à part soit un membre de celle qui précède. Ils ne formaient pas une corporation spéciale, car les beildesniders ne figurent pas dans les listes des renouvellements de la Loi, ni dans l'ordre de marche de la procession de 1421, ni dans la levée des milices de 1436, ni dans l'ordre de guet, de 1431 ■". Ils ne formaient donc pas une corporation à Keure. Ils se rattachaient aux scrynwerkers, de même que les lademakers et les saele stoelmakers (fabricants de chaises de luxe, de canapés, etc), deux autres petits métiers dépendants des Menuisiers^'. Une supplique de i65i détermine le preufstuk à fournir pour devenir franc-maître, comme tailleur d'images ■-. L'épreuve préparatoire {voorpreuve) consistait en une statue de la 'Vierge. Pour devenir franc-maître, on devait présenter un Christ crucifié, une Vierge ou un des douze

I. IJ. 446. 475; 1, 1.30.1. 304; II. 424-25.^2. AA. Etat, Bruges, ilélieis 11" I. Voir suiiout les art. 21-24, loi. 122*3- AA. Gioeueiib. A, fol. 12.Ï v. sentence du 20 juin 1422, j^ 4. Oidonn. du 14:10111 14Ô0; A A. Etat, Hiui».,Mélieis ii- i, fol. 126. ^'^. Keiirr, I. c.arl. 23 et 24, fol. 122 v. ^ 6. Gaii.l.. Amhachtcn ru Nerillgeil, II. 7g. ^ 7.' I, I. .Igi; ; à ooinp.iiei .-ivec-les sceaux des chaipentieis. drs peintres et des menuisiers, eu i35-. IJ. 1Q2. 104. *8. A A, c. 1427-28, fol. .So, ^ o. I. v. 23?- * M. !.. GltnonTS. AE. XI.VII. 3'>i. * 1 1- Ambnrhten en A'i't ittgrti. II. -n ; rfr. A. Vandk Vei.de. d.ins K//nKf, viil. ûo. ^ iï. A'wms/, viii. r.o.

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Apôtres. Cette épreuve correspondait à celle qu'on exigeait à Anvers, Bruxelles, Louvain, Gand, Audenarde, Tournai, Lille, Ypres et ailleurs. .lusqu'à i65i, la maîtrise s'accordait sur témoignage du patron, sans qu'il fût nécessaire de fournir de preii/stulc. Est-ce le relâchement de l'esprit du métier qui fut cause de cette mesure ?

La sculpluie en liois a été pratiquée avec succès, à Bruges, dès le XI 1I>-- siècle; et les œuvres du XIV^ et du XV*^ siècle prouvent que les artistes brugeois connaissaient leurmétier. La preuve n'est pas difficile à produii'e.

Voyez les sculptures en bois, si nombreuses dans nos Musées, puis à l'église de Damme, et dans de nombreux monuments et même dans des maisons particulières : semelles de poutre, clefs de voi^iie, le crucifix de l'Eekhout à St-Sauveur i'XIV« siècle), les statues au Musée Archéologique et à celui des Hospices; les Vierges nombreuses, les châsses en bois sculpté, plus tard les bahuts et les coffres, du XIV-=auXVlIIesiècle.etc. ■.

M. 'Weale affirme que ce ne fut qu'au XVI<^ siècle, ou tout au plus à la fin du XV^ siècle, que les Brugeois commencèrent à exercer l'art de tailleurs d'images en pierre ==. Je ne crois pas pou-

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voir souscrire à cette sentence. Qu'il n'v ait pas eu à Bruges une école de sculpture, si l'on prend le mot école dans le sens d'un bâtiment spécial, dans lequel des professeurs enseignent les procédés et la pratique de l'art: je l'accorde. L'atelier du Patron remplaçaii l'école et la fourniture de la preuve d'aptitude. Mais s'il faut prendre le mot Ecole dans le sens de la production d'une suite d'(EUvres, ayant un caiactère commun, cachet spécial et du terroii- ; alors je dois aftirmer que, dès le XIII'= siècle, il y avait à Bruges une école de sculpture en pierre.

L'assertion de M. Weale est contredite par les le.xtes et par les faits.

Commençons par les textes. On plaçait, en i2nq, deux statues à la porte de la Madelaine ; et celle de St Nicolas, était placée à la porte vers Coolkerke. .lean van Cuiseghem fait celle de St .''idrien, pour la porte de Gand (i336). Pierre van Oost, le tailleur de pierres, pioduisait, en iSqy, quatre grands corbeau.v met ystoricn. pour la grande salle de l'Hôtel de Ville '. Toute la sculpture de ce monument, la statuaire compiise. Itit faite par les membres de notie corpoiaiion des maçons, même les meneaux des fenêtres. Du reste, toute la sculpture de l'Hôtel de Ville, lant en pierre qu'en bois, est œuvre de Biugeois. .\ partir de 1424 nous voyons nos tailleurs de pierre- produire des statues pour ce monument =. Depuis cette date, les le.\tes se suivent. Nous voyons successivement Colard de Cats, Jean Hoosebrugglie, Gérard Meltertee. Gilles Paneel, .lacques van Oost et Jacques van Ctitseghem. tailleurs de pierres à Bruges, sculpter des statues et des niches pour la façade de l'Hôtel de Ville. Ceux-ci et d'autres fournissent des statues pour placer à plusieurs de nos monuments, tels que les portes et les fontaines publiques. Ils font la sculpture de la galerie que le Duc se faisait construire à la Cour du Prince (1467). En i5i5 encore. Corneille de Smit, tailla la statue du feu Roi de Casiille, à placer dans la façade de l'Hôtel de Ville"'.

On faisaii même appel au talent de nos sculpteurs, à l'étranger. C'est ainsi qu'en 1407. notre Jan van Cutseghem fut appelé à faire les ouvrages de sculpture au Beffroi et à l'Hôtel de Ville d'Alost ; en 1435 Tideman Maes sculpta la Mausolée de Michelle de France, dont la statue en albâtre est l'œuvre d'un brugeois peu connu Gilles de Blackeie <. En i5i2-i4, Cornelis Laene, tailleur de pierres, à Bruges fournit à la Ville d'^'pres, quatre statues pour les Halles ^ En i528, on fait appel à notre Guillaume .^eits. pour sculpter la balustrade en pierre d'Ecaussiiies de la chapelle de la Croix, à Ste-Walburge. à Furnes ".

.\ paitn tiu XIII<^ siècle, et surtout à partir du XIV"^, l'existence de sculptures oinementales et de statues en pierre, ayant un cachet de goiit spécial, se constate à tout observaleur non prévenu par le préjugé. Il y a les œuvres qui ont échappé, si nombreuses, aux ravages du temps et aux mains des hommes, celles-ci quelquefois bien cruelles. Voyez les quantités de sculptures en pierre du XlVf^-XV"; siècle, provenant de démolitions, conservées au Musée archéologique. Quelles richesses ! Voyez les masques et les clefs de voûte du XIII"^ siècle, à l'inlérieur du Beffroi; les clefs de voûte de l'ancienne abbatiale de St- André (Musée) ; voyez la sculpture délicate, faite probablement sur place, du triforium du chœur de la Cathédrale ; les corbeaux du XIV*: siècle, dans le transept de cette église ; les sculptures du XIII' et du XI Vi^ siècle de l'église de Damme ; la sculpture intérieure de l'Hôtel de Ville, si variée, si pittoresque, si caractérisée ; le bas-relief en ivoiie, de la Poterie ; le tympan de la porte d'entrée de la Halle

r. .■\.A. c 1.V16-Ç17. f<jl 6^ V ^2..-\.\,c. 1420-24. iul. 5o V. — Nims pouvons piouver loiit ce qui suit p;u des textes eiiipiuiites i.ux comptes lie la Ville ^ 3. F, II.. ôuS, d'après les Fciiibolicken. ^ 4. Mcssng,-, des sciences /lisf. GninI, iS.xî, 14.V ^ 5. V.\.N-DiiN PuEKiiBuOM, Ypiiuita, I. 297, textes des comptes. A 6. AE, xvl. lii.

L ART- ET LES BELLES LETTRES. 38ji

aux Serges ; les niches avec statues, dans l'église de l'Hôpital St-Jean ; le retable de Jérusalem, la clôture de chœur et le mausolée des Adornes, en la même église ; les consoles historiées et autres sculptures aux portes de Ste Croix et de Gand ; le tombeau de Guillaume van Halevvyn, aux Augustins, transféré en partie à St-Sauveur ; la magnifique Vierge de St-Jacques, aujourd'hui à N.-D. ; les nombreuses sculptures votives en liaut relief, comme celles de N.-D.; la statuette de N.-D. de Sion ' ; puis tant de sculptures disparues, dont le dessin ou la gravure nous a conservé le souvenir -. Voilà des œuvres antérieures à l'an i5oo, énumérées au souvenir de ma mémoire ; et la liste est très incomplète. Voyez les pièces nombreuses reproduites par le crayon si alerte et si caractéristique de M. Armand Heins, séries qu'il pourra enrichir encore ■'. Et dites, après examen, si toutes ces pièces n'ont pas un cachet de terroir, très ditïérent de celui des œ'uvres produites ailleurs. Elles accusent un mélange de 'grâce et de réalisme, qu'on ne trouve accouplé qu'ici, et il s'y mêle une pointe d'humour et d'esprit caricatural, qui se trouvent encore au fond du caractère de nos concitoyens.

De plus, durant toute la période antérieure au XVI' siècle, l'importation de statues venant du dehors était chose rare. En 1421, on achète à Guillaume de Herioghe, de Bruxelles, des statues pour la fontaine placée dans une des arcades de la Waterhalle ; un autre Bruxellois, Nicolas Uten Zwane, fournit, pour la façade de l'Hôtel de Ville, la niche et la statue de l'archange St Michel (i433); Lievin van Bueghem, encore de Bruxelles, fournit une Vierge pour la grande salle de l'Hôtel de Ville (i486) ; le Franc s'adresse aussi à un Bruxellois, Pierre de Voghele, pour la Vierge destinée à la salle du Conseil (1479). C'est peu, en comparaison des œuvres produites par nos tailleurs de pierre.

Un peu plus tard, nous voyons Lancelot Blondeel, qui était un étranger fixé à Bruges, signaler la pénurie, en notre ville de sculpteurs en pierre. Nous avions cependant alors de bons sculpteurs en pierre : Jacques Dodekin, Corneille de Smet ••, et surtout Guillaume Aei ts, qui fit la statuaire de l'Ancien Greffe. Mais il s'agissait de la sculpture de la Cheminée du Franc, ouvrage de première importance. Lancelot Blondeel, à la demande du Bourgmestre du Franc, va à Bruxelles et à Malines pour y chercher des artistes capables de collaborer à la sculpture de la fameuse cheminée 5. Un même appel est fait aux sculpteurs de Gand et d'Anvers ^. La sculpture en bois de la cheminée du Franc fut cependant exécutée par des artistes brugeois, parmi lesquels les piincipaux étaient Roger de Smet et Herman Glosencamp.

C'est à cette époque que M. "Weale place la formation à Bruges d'une école de sculpture, sous la direction de Pierre Pourbus, Lancelot Blondeel et Simon Pieters ' ; chose possible, mais qu'on n'a établie sur aucun document **.

Nos artistes ont cependant voulu maintenir leur réputation. Ils ont continué à produire; et la Ville les protégea, en rappelant, par Hallegebod du 5 août i523, qu'il était défendu d'exposer en vente, dans le cloître de St-Donatien, des œuvres d'art faites hors vill-j. sauf aux jours des franches foires ?.

Les œuvres du XVl^ et du XVI 1"^ siècle abondent. Œuvres en bois et en pierre, dans

1 (jrav., p. 2S5. ^ 2. Voyez les Inscr. /ttnir. t:t inoniniietitales de Gailliard et 1rs Mu ;-- i ik ■\ 1 1,~. t i puons funéraires conservés ii U Hibliotlièque de la Ville, qui donnent le dessin datant de m.-igni(îques tombes •»? .- m foyer dant les

Ftamires, Anvers. lUiscliman, iyo5 ; du même; Confis d'teil el coups de plume, dans ie I; , . , \ i :mv d'aichéol. de Belgique, -Anveis, 1507 et 1908. ^ 4. B, iv. 233. 2J7. ^ 5. .\A Etat, Bruges, Comptes de II- n , ] ■ il lo v. <j^ 6. Ibid.,

c. i53o-3i. fol. 20. * 7. Bruges et ses eitviroHi, 4- éd., 19; Cfr. Biekorf, 1903, 19. *8. M. Weali', .\E, Lvin, dans sa notice sur ;,ancelut Blondeel, n'en souffle mot. ^ 9. AA., Reu. IV des HtillegeboJeii, fol. 298.

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les églises ; la grande quantité de bas-reliefs sculptés dans les tympans aux façades (1621- i6o5i : il serait fastidieux d'en donner ici les listes que nous avons dressées. Le lecteur verra les oeuvres, dans ses promenades. A peu d'exceptions prés, elles sont des produits de l'école brugeoise. d'une allure bien différente de celle des leuvres contemporaines qu'on trouve ailleurs. La gracieuse Vierge en marbre blanc, de Pierre Pepers, qui se trouve à St-Sauveur, dans la chapelle de N.-D. de Lorelte, et qui est de 1776, suffit pour prouver que l'art du terroir n'était pas mort. Pierre Pepers est également l'aLiteui- de la Pompe du Marche aux œufs, et ciu St .lean Népomucène. nu pont du même nom.

IV. L'art du I.i\RE. — Le commerce des livres s'était lefugié de bonne heuie dans les bouliques construites au lez de chaussée dans le cloître de St-Donatien. et dans les boutiques bâties entre les contreforts de l'église, du côté du Bourg ' On y vendait du parchemin, du papier, des livres, des images ; on v exposait des tableaux, .le trouve même dans le cloîtie, en 1468, des marchands de lunettes -, à l'usage des lecteurs aux yeux fatigués. Nous avions, à la tin du XV« siècle, plusieurs preniverkoopers ; ainsi Martin van Axele. .Tean Ferry et Pierre van Medemblic '.

Nous avons, dans nos archives, du papier de chiffe portant un écrit de 1307 -t. Les épiciers en vendaient 11304); mais il semble qu'ils en faisaient le commerce en gros. D'après les comptes de la Ville et d'autres administrations, elles achetaient le papier et leurs registres chez les librairiers. On connaît des paiiipieriiialcers établis à Bruges en i357 et i36i ; mais je me demande si les pampiermakers n'étaient pas de simples j,.,„^...„„^, ,„., .,..,..„..„..,... ,,^.j,. .....>.,.... fiibricants de registres.

I. La calligraphie et la minialure. — Nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit à la page 364 sur l'origine du métier des peintres. Les productions des calligiaphes devaient être nombreuses ; car outre la confection des livres ils avaient à écrire les affiches poin- la publication des ordonnances du Magistrat, appendues aux églises et à l'Hôtel de Ville, et qui étaient enluminées '. Les calligraphes semblent avoir donné leur nom à toute la corporation, en i2(.)j^. Si les peintres ne venaient pas sous le nom Atformatores. \\s ne figureraient pas dans la charte de 12977. Je trouve encore un boucformere, dans le compte de St-Sauveur, pour l'exercice 1481. Il s'agit de Guillaume van Schoenhove, qui était maître d'école et calligraphe (1472-qo), auquel on paye un Missel d'usage quotidien, qu'il est chargé in verforme te verlichten et de relier ".

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