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AE.XLVI

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lui fnire un honneur plus grand?... M. Caullet a donné la liste des œuvres de Jean Biilo, ei il démontre qut; la Deffense est postérieure au mois d'août 1477 ' ; elle doit être antérieure au mois de mars de l'année suivante.

'-■ Colard Mansion, bourgeois de Bruges, probablement de naissance, fut inscrit à la Gilde de St Jean entre le f août 1437 et le i5 mai 1458 ; il en fut doyen, en 1471. et mourut, membre de la Gilde, en 1484. Il occupa une boutique, dans le cloître de Sl-Donatien, à partir de novembre 1477 jusque vers le mois de septembre 1484 ^

Les Actes capitulaires de St-Donatien mentionnent son départ, d'une manière peu flatteuse. Etait-il en-dessous de ses affaires? Nous savons que son dernier livre daté fut imprimé précisément en 1484, qui est aussi l'année de sa mort.

Nous savons qu'il vendit un manuscrit en 1450, au Duc de Bourgogne, et qu'il en fit encore jusqu'en 1480 ^ Son premier livre imprimé qui porte une date, est de 1475. Mais le premier livre qu'il imprima, comme il l'alfirme lui-même est \ti jiXrdin de dévotion, qui ne porte pas de date. Ses ouvrages connus et datés vont de 1475 à 1484. année de sa mort ; ils sont au nombre de si.x. Ses quinze ou seizs ouvrages non datés sont peut-être antérieurs à 1475 : mais il ne s'agit pas d'affirmer cela, sur de simples conjectures, comme on l'a fait t. Notre bibliothèque publique possède quinze e.\emplaires de ses œuvres ^.

William Caxton ^, qui est cité parmi les marchands anglais, en 1447, était agent consulaire des Anglais, à Bruges, avant et après 1469 T. Il fut aussi attaché

au service de Marguerite d'York. Il traduisit en anglais les Histoires de Troye de Raoul Lefèvre.

Il y a des raisons de croire que Caxton imprima à Bruges, vers 1474, ses Historiés ofTroy. Il dit lui-même, dans l'épilogue au troisième livre, qu'il avait appris à grande peine et à grands frais, à ordonner ce livre en impression *, Faut-il admettre qu'il se servit fies types et des presses de Colard Mansion ? Son premier livre imprimé à Westminster, est daté de 1477 : il est d'un autre type de caractères que ceux qui ont servi pour ses Historiés of Trojy et pour quatre autres ouvrages qu'on lui attribue. La question de savoir s'il a travaillé avec ou chez Mansion n'est pas encore suffisamment cclaiicie. J'espère revenir un jour sur cette question.

Après Mansion, la typographie brugeoise n'eut pas une histoire brillante. C'est à

Pko/csi

.V. Jr.

Hôpital Sl-J.:

il) Bii/i. cncle /ihl. et arclUolog. dr Cmrtini . IV. 75, 77-çio (U. Cauli.ki Jii-Duiialien et Actes capitulaires. ^ 3. Vaii Prael, Nulice sur Colard A/ansiaii, Paris 448. ^ 5. CaM.. H" 3873-87. ^ 6. Cfr. KDH, xviil. 332, où j'aurais à faire des a typography 0/ William Caxto»^IÎ.»glancVsftrsfprinter,\3y'^\\.\AKlA Bladbs, Loii la IcgeluledeXioye, dans AE, iIélaliBes(II, 1908. j^ 7, Hl.ADKS, 19. 27. 145. l58; CE, Blaubs, I. c, 59; 1Û9.

Comptes l'^ibiique . 371. * 4- AE. «.v.i.

t 7'he biography and 882;et Alpii. Hayot, n i/iis boûk in printe {

L'ART ET LES BELLES LETTRES. 3c)i

tel point que l'impression du Bréviaire de St-Donatien, de laquelle il avait été convenu en i5i7, avec Thierry Maertens, établi alors à Louvain, fut faite à Paris, par Antoine Bonnemere. en vertu d'une délibération capitulaire du 20 juillet 1 5 19, et achevée en i52o'. En 1544, il n'existait à Bruges que deux ou trois imprimeurs, ne produisant que da petits ouvrages ^.

4. La gravure sur cuivre. — Au XVI« siècle ■', les xylographes, figuursniders, tant à Bruges qu'à Anvers, cédèrent le pas aux graveurs sur cuivre. Le plus connu parmi ceux qui travaillèrent à Bruges est Hubert Gollz, né à Wurtzburg, en i526, qui habita Bruges depuis i558 et y mourut, en i583. 11 a produit de magnifiques ouvrages ornés de gravures dues à son burin. On peut en voir plusieurs à la Bibliothèque de la Ville +. C'est dommage qu'il ait souillé ses presses par le pamphlet contre le Père Corneille de Dordrecht -\ Suit Marc Gheeraerts, dont la belle vue panoramique de Bruges suffirait à établir la réputation. Mais bientôt Anvers devint le grand centre de la gravure. Nous prouvons cependant mentionner parmi nos plaetsniders du XVI« siècle. Jean van Hilte et Jean de Mil. Notre Jacques van Oost fut aussi graveur à l'eauforte. Après lui viennent Samuel Lommelinck, Corneille van Cauwkeike et Charles Janssens. Au XVIII' siècle, nous eûmes encore quelques peintres-graveurs, parmi lesquels Louis de Devster, Séraphin et Norbert Heylbrouck, et surtout Joseph de Meulemeester.

3. La reliure. — Les relieurs suivirent les vicissitudes des calligraphes et des miniaturistes. Nous pouvons donc renvoyer à ce que nous avons dit de ceux-ci ".

La reliure des livres sacrés a été un art de grand luxe, dès le temps de St Jérôme \ A l'époque de Charlemagne, le goût byzantin des livres sacrés richement ornés s'introduisit en Occident. Mais c'est surtout à partir du XI I'^ siècle que ce luxe s'introduisit dans nos parages.

Les plus anciens des comptes de St-Donatien mentionnent des travaux de reliure *. Ainsi dès 1,272. Le relieur Miciiel est signalé dans le compte de la Ville pour i3o5 ; Jacques de Monte, dans celui de St-Donatien (13541. Nos relieurs les plus connus sont ceux de la seconde moitié du XV« siècle. Nous trouvons parmi les membres de la Gilde des libraires : Jean Guillebert, dit Meese. décédé en 1489; Jean van der Lende décédé en 1493 ; Guillaume van de Velde, membre depuis 1481 et qui vivait encore en 1326 ; Jacques Heindricxs, qui travaillait pour St-Donatien, en 1493; Jean de Caet, qui paie sa cotisation de membre, à partir de 1459-61 ; Paul van Vardebeke, décédé en 1559. Les plus réputés sont les van Gaver et Louis Bloc. Les van Gaver forment toute une famille de membres de la Gilde de St Jean, pendant la seconde moitié du XV<^ siècle. Victor était enlumineur ; Catherine, Jean et Marie faisaient partie de la corporation ; Jacques, Guillaume, Thomas et Jean étaient relieurs, ainsique Antoine, qui entra dans la Gilde en 1459-60 et fut le plus célèbre d'entre eux. Il travaillait régulièrement pour St-Donatien, de 1476 à 1491 , et était un des membres les plus influents de la corporation". Il mourut en i5o5. Louis Bloc entra dans la Gilde en 1484, et mourut en 1529. Il travailla pour St-Donatien. 11 jouissait d'une grande réputation et se trouvait dans l'aisance '". Il était en même temps enlumineur ".

Comme ailleurs, les Missels, les Evangéliaires et d'autres livres liturgiques furent reliés avec grand luxe. On y voit des ciselures en argent et en or, des bas-reliefs

I. AA Evèché, Actes cipit. et comptes de la Fabrique de Si Donatien. ^ 2. Cfr. AE, XLVII. 5o7-8. ^ 3. AE, XLVII. ÔS2. *.4. .N" J842 à 0846. ^ .S. Voir Dieisclie K'araHrf<'. Amsterdam, 1877 à 1879, articles de Th. Arnold. ^ 6. Plus iiaut, 364. .'84. ^ 7. AJ Etisloch.. ep. iS. ^ S. AA Evêcliê. ^ q. B.iv. 333. ^ 10. U, m. 233. ^11. AA, comptes librairiers, i52i-22. fol. iq8,v.

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en ivoire, des cabochons, des émaux, des pierres précieuses. Nos anciens inventaires de Si- Donatien en décrivent plusieurs, parmi lesquels il y en avait de vénérables par leur antiquité '. Mais les Gueux sont venus no<is appauvrir. Les provinces rhénanes et les parties orientales de notre paj's ont conservé de ces richesses, que nous avons perdues en 078, et nous constatons ainsi quels Vandales étaient ces réformateurs, qui passaient au creuset de pareilles œuvre d'art '.

A partir duXV« siècle surtout, les registres ordinaires lecevaient une reliure ornée. Nos dépôts d'Archives le démontrent. Quelques Wee^eboucken et le registre des comptes de la corporation des Librairiers en fournisent d'excellents spécimens '.

Le dtpôt des Archives du Séminaire renferme plusieurs reliures brugeoises du XV« siècle, de Jean van der Lende, de Louis de Bloc et d'Antoine van Gaver.

Nous donnons à la p. 417, la reproduction réduite d'une des œuvres de ce dernier, qui peut servir de type aux reliures brugeoises de cette époque.

V. Les arts mineurs. — i. Les verriers. Au village, tout peuitre est encore vitrier. Il en fut ainsi à Bruges, sans doute avant la constitution de la Corporation des peintres. Touiefois, le premier acte où nous trouvons énumérés les sept membres différents de cette Gorporauon, est la sentence d'Hesdin t, de 1441. Les « voirriers « y figurent comme les II faiseurs de miroirs, d. La Keure de 1444 est très détaillée, à leur égard. En vertu de l'ordonnance de 1462, tous les trois ans, le doyen devait être pris dans les membres des verriers et des miroitiers '. L'importance du membre doit avoir été assez considérable, dans le dernier tiers du XVi^ siècle et jusqu'après i55o, puisque les verriers sont plusieurs fois cités alors dans la dénomination même du métier ". Vers la fin du XVI^ siècle, r„= .S.e-C,tl,enne.

l'importance du métier diminue : on ne faisait plus guère de cas de la peinture sur verre. Toutefois, les dessins les plus riches d'assemblages de mise en plomb, en entrelacs souvent très étudiés, restèrent en faveur pour les églises. Une collection de ces dessins (1722) par Martin de Lessue, est conservée au Musée Aichéologique. Mais les beaux spécimens de ce genre de travail, que nous avions à St-Sauveur et ailleurs, ont été enlevés, dans la seconde moitié du XIX"; siècle, sans qu'on ait songé à en conserver des

une Ecole lioyga

18-Ô0. ^ 2. Voyez ies Trésors t 1SS8, 77-87; de l'Exposiiioii d* '. 23; ; plus liaut, p. 365. ^

etc. ^ 3. Vo

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goût s'introduit s pdtils bois. C'i

des fenêtres à guillotine avec car- :n était fait de l'art de la vitreiie.

échantillons au Musée. Vers reaux mastiqués dans les feuil dans les travaux courants.

Au XV"^ siècle, on employait ici du verre français et du verre allemand. Le second ne coiàtail que trois gros le pied carré, tandis que le premier en coûtait cinq. Le verre français avait toujours la préférence. Je ne sais d'où venaient ces disques à boudiné et à ondulations circulaires qui garnissent les fenêtres, représentées dans nos tableaux du XVe siècle. Au XVIII'-' siècle, on avait un goût très prononcé pour le verre de Venise. Une maison, Dijver, 7, en est encore gainie.

Nous savons qu'avant 1384 furent placées dans le chœur de St-Sauveur, les verrières des Pairs de France ' ; mais nous n'en connaissons pas l'auteur. Toutefois, dès la tin du XIV<= siècle, nous trouvons des renseignements sur nos peintres verriers. L'un des premiers, dont les œuvres sont signalées, est Chrétien van de Voorde, qui fit des fenêtres à légendes, à personnages et à blasons, à l'Hôtel de Ville et au château de Maie -. Jean de Rynghel fit des verrières ornées pour l'Hôtel de Ville ■^; Jean Lormier fit pour le Franc, en 1418 •• et dans la maison de la Ville de Kruges, à Damme, des vitraux comprenant des figures d'Anges et des blasons •". Un maître inconnu plaça, en 1498, un vitrail des âmes du purgatoire dans la chapelle du St Sacrement, derrière le chœur à St-Sauveur ^.

Pierre van den Dijcke travaillait au Palais du Franc, en 1 522-23'; Pierre de Dappere fit, en 041, le vitrail de la Déposition du Christ, au St-Sang, les vitraux de Charles-Quint et d'Isabelle de Portugal, pour la même Chapelle, et une série de seize verrières pour l'Hôtel du seigneur de la Torre, dont huit sujets tirés de Pétrarque et huit ayant rapport avec le St Sacrement * ; Jean Banckaert fit deu.K vitrau.x pour la

chapelle de l'Hôtel de Ville". En i6r3, Thierry van Rynen fut chargé de faire la verrière à figures du transept nord de St-Sauveur, qui ne fut pas trouvée très bonne ■°. Corneille Coedyck fit une verrière pour l'église de Boesinghe, quoique Ypies possédât alors Mahieu de 'Wale qui était un peintre verrier estimé " ; c'est lui aussi qui fut chargé, en 1614, ensemble avec Paul Pot, Antoine van Heester et Jacques de Ceuninck, de faire le vitrail pour quatre baies inférieures de la grande fenêtre du transept, à St-Sauveur '^ L'un de ceux-ci, Antoine van Heester, avait fourni une nouvelle verrière pour

après

enipe : St Louis (vers i34o).Egii!

N.-D., à Bruges.

' dessin de M. Louis Rotsaert.

chapelle du St Sacrement, à St-Sauveur, à Bi

uges, en iboq

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