‹ BrugesChapitre 95 sur 137 · AY · texte numérisé non relu

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4o6 LART ET LES BELLES LETTRES.

depuis une iieiitaine d'années. Le brugscli bloeinweik (yuipure des Flandres), où les fleurs, faites séparémenl, sont reliées ensuite au moyen de baiiettes à picots, est du travail rajeuni du XVI 1= siècle. La Valeiicieiiiie de Bruges, dite biugscli werk, est a maille ronde, tiesséc autrement que celle de iMalines ; toilé et mailles sont produits simultanément, (^uant au Trollekanl, il est très semblable au briigscli wei k ; mais ses mailles sont t'oiies et variées. Son nom peut venir soit du gros ril qui contourne les fleurs, soit de sa maille forte. La forme trolle ne serait-elle pas une corruption de tralie, maille ? On parlait de ,4«;zoHW'it'/;i'er/f, vers 1800; M. Gillemon-de Cock en possède des piqûres sur paiciiemin ifrancijn), et des échantillons anciens. Le Stropkant s'appelle torchon.

La Révolution française a porté un coup mortel à notre industrie dentellière '. Elle s'était déjà relevée à Bruges, avant 1846^ Aujourd'hui, elle est florissante et occupe grand nombre de femmes et de filles.

Nos dentellières travaillent dans des écoles bien aérées où le travail dépasse rarement les sept heures, pour les apprenties ^ ; elles travaillent surtout chez elles. On peut les voir, par le beau temps, cherchant le côté de l'ombre dans leurs rues et ruelles, alignées le long des maisons, chantant leurs vieux refrains, pendant que leurs mains habiles font ronfler les légers fuseaux sur leurs carreaux hérissés de fines épingles (grav., pp. 187 et 4161. Heureuses filles de Bruges, qui n'êtes pas condamnées à vous atrophier dans l'air méphitique des fabriques. Aussi est-ce bien à l'industrie dentellière que nous devons d'avoir nos hospices de vieilles femmes beaucoup plus peuplés que ceux érigés pour hommes, et que nous trouvons nos Brugeoises, dans leurs vieux jours, toujours fidèles à leur travail, commencé à peine au sortir de l'enfance.

Vlll. — La musique. — Une corporation figure déjà, sous le nom de Istrioiies, au compte de la Ville pour 1 292 : un subside leur est accordé, en cette année, pour aller vénérer la Ste Chandelle d'Arras ■•. Les musiciens avaient une charte, qui est perdue, a laquelle les Keiii es de i534 renvoient deux fois. La corporation est appelée Gliilde vanden tiiinistrtielen (\.^65i, Ghesehcip van den menestreulen eiide speellieden (i534), Mimi 1143g. 1470. liii], Pipeis [i^'ii], Speeltieden \\5:^b. 1672), Musiciens (1628), et G'ese/.vcrtj:; de beviyde ntiisicaiiten gheseyt miniiestreulen ['jôy]- Elle avait le monopole de ce qui ressortait à ce que l'on appelle leur métier [neyringlie], en 1644 \ Les étrangers de passage jouissaient cependant de quelques privilèges ". Des ménestrels étrangers étaient admis à faire de la musique, sur le pont St-Jean ' ; mais nous savons par un texte de 1537, que les Jongheleiti s en speellieden étrangers payaient, aux portes de la ville, un droit u entrée d'un esterlin, pour leurs .s;;^«i)HeH e/i^e ^t7^vj(?^(?// '^. Sombrée en 1792, la Gilde fut reconstituée en Société de secours mutuels, de Hoop, en 1848, sous la présidence de M. Joseph Malfait, Maître de chapelle de la Cathédrale. Cette société existe encore sous la présidence de M. Reyns.

Les Ménétriers faisaient primitivement letiis otlices religieux dans l'église de St Basile. En i4:ii,ils se faisaient construire une chapelle au Wiiljdei ibnicghe vu pont de la Clef' {capeila biiccinatorum, 1667J ; appelée couramment Pipers- ou Speelmans capetle. Ils continuèrent cependant à faire certains services à St- Basile, et je crois que cette coutume cessa au temps des Gueux "'. Au }i\i<^ siècle, les Ménétriers possé-

lAUOKN, 1. .;., 1. 45. ^ 2. Ci-ilessus, i>. 299. * 3. V. Vk.<]1*K(ii.:n, 1. .-., Il 33. ^ 4. J299 elc. ^ 5. Supplique lie 1Ô44, AE, xx. 102. ^ 6. A'<v/>v île m'-i,. AE. xx. o 4. A, fui. 196. * S. CE., VI. 203. ^9.1. V. 3i2. ^ 10. AE, xx. 7.Î.

La Gilde

dont elle

diiient plusieurs maisons d'hospice, à l'ouest et au nord de leur chapelle '. continua à professer une grande dévolion envers la Ste Chandelle d'Arras. obiint même un fragment -.

Les Ménétriers, aux termes de leurs Keures, jouaient aux noces et à toutes les fêtes auxquelles on les conviait 11 3341, dans les bals, comédies etc. (1644). Nous avons parlé déjà des aubades données par eux à la 'Vierge des Halles, la veille du jour de l'an -^ Les lextes du Xl'V'^ et du XV^ siècle prouvent la présence de chantres et de redelaers aux banquets. Les trowpers ende pipers se montrent, à la même époque, dans les cortèges civils et religieux. On renforçait le nombie de ceux qu'on trouvait en ville, par des musiciens appelés du dehors ou par des gagistes de seigneurs locaux, lors de la Procession du St Sang ou de grandes festivités civiles. Lors des entrées des souverains, la Ville en plaçait aux portes, sur le Marché. Ils vont rehausser les fêtes données au château de Maie ; vont jouer à Damme, à Oudenburg et ailleurs.

Dès 1299, on avait placé des orgues aux Halles, où il n'y eut jamais de chapelle. On les touchait quand de grandes fêtes étaient données dans la salle de réunion ■•. Pierre de Dam en joua, quand le Roi Philippe de bel et la Reine étaient à Bruges (29 mai — 3 juin i3oi) *.

* Comme ailleurs, il y avait à Bruges des Ménestrels assermentés de la Ville. Ils étaient quatre ou cinq, jouissant d'un traitement H\e et de gratificaiions. On les appelait les Tiompers, les Menestfuels. les Speellieden van der Stede. Leurs instuments étaient garnis de pennons aux , ,,

armes de Bruges, et ils portaient au bras gauche ^^ ,,. ,.„ i.ois.iotee!

l'écusson en argent blason né. Souvent les sergents p,,iv. in th. , ■ 1 n. .in w «lerie. - 11. o, 2^

de la Ville et ses garsoen eu prêtaient leur concours

aux Ménestrels assermentés. On les voit accompagner le Magistiat quand celui-ci conduisait une expédition guerrière, ou bien se rendaient à des Landjuiveeleu et fêtes semblables. Dans les cortèges d'apparat, les trompe! s eiidc pipe; s étaient quelquefois montés.

La Ville avait aussi ses Trmnpers ende pipers de la Halle. Au XIV'-' siècle, ils annonçaient, du Beffroi, l'ouverture du marché, chaque jour de la foire ; ils annonçaient les grandes fêtes, la sortie de la Procession du St Sang, les joyeuses entrées des princes. Ils accompagnaient les retraites aux flambeaux'', donnaient des concerts devant les Halles ou derrière les créneaux de celle-ci, jouaient dans les galeries des portes de la ville, etc. Au témoignage de Damhouder, ils annonçaient, aux quatre faces du Beffroi, les heures delà nuit ?. Un texte de i583 nous apprend que le Magistrat les chargea de jouer, d'après l'ancienne coutume, de la musique « édifiante a au balcon des Halles, à onze heures, les dimanches, pendant les deux foires, ainsi que pendant les mois.

; RDH, un. 273. 2S1. 2 : AE. xxitv. ll-ilij.^c

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