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œuvres ausii nombreuses que vaiiées et lépuiées. font le plus grand honneur à sa personne et à sa ville natale.
Nous regiettons bien de ne pouvoii nous étendre sur cette matière, dans laquelle nous aurions à ciler une grande quantité de noms, à côté de ceux de Pierre Burrus, Pierre vander Bruggen (Pontantis, de Foute], Adrien Chiliiis, dit AJaliieglieiiiiiis, le savant Jacques Paineiius, Victor Ghyselen, François Modius, François Goeihals, Jean et Jacques Leernout {Leniutiiis), dont plusieurs furent appelés à enseigner dans les Universités. L'historien Jacques de Meyere, qui tint école à Bruges', le savant Olivier de Wree, la plupart de nos érudiis au XVI' siècle laissèrent des poésies latines, qui sont souvent de bonne facture.
Nos théologiens s'en tinrent à la langue de l'Eglise, ce qui n'étonnera personne. Mais nos savants, en général, ont écrit en cette langue. Nos médecins s'en servirent, même dans la premières moitié du X1X« siècle. Quelques médecins, dès le XV1« siècle, éditéient, ils est vrai, en langue flamande, certains opuscules destinés au peuple, mais ces éciits constituaient l'e.xception. Simon Stévin, décédé en 1620, écrivit seulement un ouvrage en latin et un autre en français : ses dix autres ouvrages sont écrits en flamand. Grégoire de St Vincent, mort en 1667, n'écrivit qu'en latin. Nos jurisconsultes restèrent fidèles à la langue des l^andectes, souvent encore au X1X'= siècle, particulièrement en ce qui concerne les dissertations inaugurales. Cependant Josse de Damhouder, décédé en i58i, auteur de neuf ouvrages importants, dont certains ont eu quatre, neuf et même quinze éditions, traduisit lui-même en flamand ou en français certaines de ses œuvres. Damhouder avait une léputation très étendue, et plusieurs de ses œuvres lurent réimprimées jusqu'en i65o, en Allemangne (une traduction en allemand), à Anvers, L(juvain, Rotterdam, Lyon, -Paris et à Venise.
Le Français à Bruges. — Si nous écrivions l'histoire littéraire de la cour de nos Comtes, nous aurions à nous occuper de littérature romane et même provençale, à partir de Philippe d'Alsace ^. La noblesse appréciait aussi la littérature du midi ; mais elle ne pénétra dans notre population que par les traductions.
Nous avons vu plus haut comment la langue française s'est introduite dans les classes aisées de la bourgeoisie ■'. Les rapports diplomatiques avec Paris et Avignon, les voyages de nos gros bourgeois vers ces villes ■*, et les nécessités de la procédure avec les étrangers mis en cause devant nos échevins ^ doivent y avoir contribué. L'usage du français devait être familier à nos commerçants, à raison de leurs rapports avec les marchands de France ^ et spécialement avec la Hanse wallonne ', et leur fréquentation, avant le XIV*^ siècle, des Foires de Champagne '^ et au cours de ce siècle, du marché de Bayonne " et d'autres marchés wallons, comme celui de Messines'". Nos sociétés de tir allaient au.x concours, en pays wallon ", et au Landjuifeel de Gand, tenu en 1440, on joua des esbatements en flamand et en wallon '=.
Nos lettrés, tel Jacques van Maerlant, connaissaient la littérature romane et latine "^ Mais la connaissance du français s'introduisit-elle dans les classes populaires ? Il faut le croire. Un maître d'école brugeois, qui écrivit avant i35o, produisit un Bouc i>an den ambachteu '*, qui est une suite de dialogues en français (dialecte picard) et en flamand.
I. Pins liant, p. 290. ^ 2. Voir !>' J. I'k Winkel, Maet laiili werken besc/ioiiud ahsfirgtl 7 ait de XI W eetiio, l.eiil.ill. 1877, Ô81-3 ; C. A. Sl'.REUBH. Ullet/.-iiHdiet geschledenis van V/., I. jo-Sa -, Namèciib, HisI. nation., 1. ii\-i. ^ ?. PI lit, p. 264. «jl; 4. Plus luiut. pp. 154. lie,- <j[. 5. Plus liKiK, p. 20-. ^ 6. Plus liaul, p. 5t. ifi 7. Plus haut, p. 46. ^ 8. I, iv. 27 424;vi.53o-l. jfe 9. CF., 1.216. 217.255; iv. .ISJ. * :o. 1, v. 425; ^ 11. P. M. 4>7. * '2- Fr. du Potif». f,V.//. 11. 1:0 ^ . i WiNKEL, I. c , 354, ^ 14 Le livre de! meslieis, publié par H. illciitiA:. 1, r;iiis, Tross, i8:J.
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Il dédie cet écrit, comme maître à ses élèves, leur r enjoignant n d'apprendre ce livrf à raison du grand profit qu'ils en tireront. Celui qui ne voudra pas l'apprendre, dit-i ne peut prétendre être compté parmi les gens, mais devrait être assimilé aux ki biestes ) Ces dialogues parlent de toutes les choses usuelles et ressemblent aux livres de conversation bilingues qu'on pidMie de nos jours, à l'usage des voyageurs. Son but. énoncé au liminaire, est de faire « raisonnablement entendre Rommans et Flamenc « {redeliken verstaen Wahch ende Vlaemsch). Ce livre doit avo Hoffmann von Fallersleben en a publié une espèce de tr; courcie. oeuvre d'un bas-allemand, qui a donné des formes allemandes à beaucoup de mots flamands '. Cette transcription peut se placer entre i36o et 1367^. Le texte roman s'accentue encore par ses formes picaides.
Il faut donc que le français ait été enseigné, au moins dans certaines de nos écoles, au XIV^ siècle. On peut constater, par un document public, qu'on enseignait le flamand, le français et le latin, à l'Ecole Boggarde. avant i5-|5^. Aussi. Louis Guicciardini nous appiend que beaucoup d'habitants des Pays-Bas. qui n'étaient jamais sortis de leur pays, parlaient plusieurs langues étrangèies et surtout le français <. Notre Jacques de Meyere écrit, en i53i. qu'en Flandre, à son époque, la langue germanique prévalait ; quelques-uns cependant semblaient la négliger pour s'adonner au français, à raison du voisinage et des intérêts de leur commerce '\ On enseignait le français, dans les écoles, à Bruges, au XVI L siècle. Le catalogue des livres admis pour l'enseignement. en 161 2. contenant trente-trois ouviages. en indique sept en waelscli ende vlaeins, parmi lesquels un vocabulaire et un livre sui- les conjugaisons, et quati'e livres en français seul, traitant d'histoire sacrée et profane et d'ascétisme*^. L'impression à Bruges du doctiinal de Gersoii et du Harau Martin, traduction du Wapene Martin de van Maerlant. par .lean Brito ; la traduction faite et imprimée par Colard Mansion. des Métamorphoses d'Ovide (1484), et ses nombreuses éditions de livres rédigés en français, semblent piouver qu'il y avait à Bruges des gens s'amusant à lire du français. Notre médecin Corneille Schuute édita plusieurs fois son Aima- d. 28: lo^. nach et pronostication (i55o-i56i); Philippe van Mal-
deghem. décédé en 161 1. traduisit les poésies de Pétrarque en rime française et fit imprimer son travail, en 1600. à Bruxelles; "Vincent Stochove édita en français son voyage en Orient (1643, i65o. 1661); Beaucourt de Noortvelde ,'1710-96) écrivit et imprima en langue française. Mais, jusqu'à l'époque de la Révolution, la généralité de nos écrivains resta fidèle à la langue maternelle. Et ceux même qui écrivaient
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