‹ Brumes de fjordsChapitre 7 sur 17 · L ON DINE · texte numérisé non relu

L ON DINE

J'ôtai le collier d'or et je l'égrenai sur les flots.

« Donne-moi tes yeux, afin que tes regards ne soient jamais ravis par aucune autre vision de beauté. . .

« Car les Noyés m' apparaissent dans la brume et leurs gestes suppliants me convient au festin. »

J'arrachai mes yeux qui sombrèrent au fond des flots.

« Donne-moi ton âme, afin que tu deviennes pareille aux Noyés, mes amants, qui ne se souviennent d'aucune tendresse humaine... »

Et mon âme s'abîma dans les flots.

Je lui criai dans la brume :

« Ne me donneras-tu rien en échange de mon âme immortelle?

— « Je ne te donnerai rien. »

Les deux Amours

LES VEUX qA^MOU\S

n pâtre errait sur la route qui côtoie les abîmes... La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule,

Lorsqu'il vit s'avancer la Forme de son Rêve. Son visage pâlissait à travers les voiles, Elle avait le sourire des mortes amoureuses.

Et l'Ombre lui dit : « Me suivras-tu au royaume des Ombres?

« Tu régneras à mon côté sur un peuple éternellement beau. »

La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.

Au fond du soir, souriaient les visages lointains des Ombres.

Mais le pâtre répondit à la Forme de son Rêve :

« J'épouse demain ma fiancée.

« Ses yeux sont troubles comme les glaciers.

« Pour toi, je n'ai pu entrevoir la couleur de tes yeux.

« Ses lèvres ont la fraîcheur sauvage des roses dans les vallées.

« Je n'ai pu entrevoir le mystère de tes lèvres.

« Et sa chair virginale est pareille aux neiges attiédies du printemps.

« Je n'ai pu entrevoir l'inconnu de ta chair.

« J'épouse demain ma fiancée... »

La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.

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