‹ Brune et Blonde (volume 2)Chapitre 18 sur 36 · LE PETIT -FILS DD CID. U · texte numérisé non relu

LE PETIT -FILS DD CID. U

— Ce que je fais ? ma foi, je fais des vœux! des vœux pressants! Je voudrais que tous les ennemis de notre reine fussent passés au fil de l'épée ; mais pas de la mienne!. .. pas de la mienne!... La vue du sang m'est insupportable. Si j'avais le malheur d'en voir couler, de voir couler le mien, par exemple... ah ! je m'évanouirais, monsieur : c'est plus fort que moi !

— Petit-fils de Campéador, vous éles une poule mouillée ! marmotta le Français entre ses dents.

— Que dites-vous, monsieur, s'il vous plaît? reprit Henrique.

— Je dis que voilà la guérilla qui revient au village! répondit le lieutenant, en prêtant l'oreille à la fenêtre, et en serrant fortement le bras de son compagnon.

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Celui-ci frémit des pieds à la tête, et s'écria : Où est Stefano ? — Où est donc Stefano ?

— Me voici, dit le fds de don Riaz, en rentrant dans la salle basse.

Et il jeta au lieutenant un regard qui eût effrayé celui-ci, s'il l'eût remarqué.

Mais Henrique retenait alors d'Hervilliers dans l'embrasure de la fenêtre, pour lui dire avec terreur :

— Pas un mot sur ce que je vous ai avoué ! pas un mot, monsieur!

— Les guérilleros sont rentrés par l'autre côté du village, poursuivit le Français, sans écouter le descendant du Cid; les enragés vont fouiller partout et garder toutes les issues de Pailola. Assez causé donc, mon cher hôte. Il s'agit, pour le moment, de m'évanouir à la minute, ou de faire mon tes-

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tanient entre vos mains. Nous reprendrons noire conversation plus tard.

— Oui, oui, dit Stefano dans le plus grand trouble, en promenant autour de lui des regards farouches; je vous ai trouvé une cachette... je vais... je... — Oh! je suis mille fois maudit ! ajouta-t-il en lui-même, avec une sorte de rage. Cet homme vient ici m'arracher la vie en riant, et il faut que je protège ses jours aux dépens de ma sûreté!

— Eh bien, où me cachez-vous? dit le lieutenant, qui attendait.

Cette parole confiante fit rougir le Castillan de son hésitation. Le bruit des guérilleros se rapprochait de minute en minute; il entendit son père et sa cousine s'agiter dans leurs chambres, réveillés en sursaut par les clameurs poussées dans le village. I. <o

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— Corbleu ! décidons-nous ! cria d'Heryilliers.

— Suivez-moi, dit enfin Stefano ; ce corps de logis n'offre pas de cachette assez sûre; mais au bout du jardin, le long de la grosse haie... Prenez ce poignard, remettez votre manteau... et suivez-moi!

11 ouvrit une petite porte sur l'escalier, et le lieutenant se précipita sur ses pas, tandis que don Henrique s'éclipsait prudemment par une autre issue.

— Remarquez bien le chemin que nous prenons, dit Stefano à d'Hervilliers, car il faudra que vous le retrouviez seul, si l'on menace l'asile où je vais vous laisser.

— Ne craignez rien, répondit le militaire ; faites bonne garde à la maison, et je ferai bonne garde au jardin.

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