‹ Brune et Blonde (volume 2)Chapitre 22 sur 36 · LA MALÉDICTION · texte numérisé non relu

LA MALÉDICTION

maîtres espagnols, et que l'acteur Joaiiny reproduisait assez fidèlement dans le rôle de Ruiz Gomez, au quatrième ncie d' Heiiiani.

— Il est donc vrai ! murmura le vieillard, s'éveillant comme un homme qui voit son cauchemar réalisé. Il est donc vrai, juste ciel! mon fils a livré son hôte! mon fils a vendu son rival! Don Stefano Riaz de la Sarga tient dans sa main le prix du sang! Et son sang à lui, le sang des Riaz, ne s'est pas soulevé tout entier dans ses veines ! Et la honte ne l'a pas étouffé quand ses doigts ont touché cette bourse infâme! Et les murs de cette maison ne tombent pas sur lui pour l'écraser, ces murs qui n'ont jamais vu de trahison avant la sienne! Et moi! moi! grand Dieu ! cloué ici par la faiblesse, paralysé d'horreur, je ne puis... je ne puis courir réparer le crime de mon fils!...

3<0 MA^UELA DAVILEZ.

En parlant ainsi, d'une voix sourde et suffoquée, il faisait de vains efforts pour se soulever sur ses genoux tremblants, A chaque fois, il retombait dans son fauteuil, trouvant à peine la force d'exhaler un soupir.

— Impossible ! impossible, hélas ! balbutiait-il alors avec une douleur mêlée de colère.

Puis, la douleur l'emportant à la fin, il laissa tomber dans ses mains son front vénérable, et de grosses larmes ruisselèrent entre ses doigts.

— Mon Dieu! mon Dieu! dit-il en sanglotant, j'ai trop vécu d'un jour, faites-moi donc mourir!

Tout d'un coup le bruit de ces gémissements parvint à l'oreille de Stefano et sembla le faire revenir à lui-même.

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