‹ Brune et Blonde (volume 2)Chapitre 23 sur 36 · LA MALÉDICTION · texte numérisé non relu

LA MALÉDICTION

— Qui esl là? dit-il en ramenant ses yeux égarés dans la salle.

Et pour la première fois il aperçut don Riaz...

— Mon père! dit-il aussitôt avec un cri étrange.

Puis, détournant soudain la tête pour cacher l'horrible confusion qui lui brûlait le visage :

— Il était là, juste ciel! ajouta-t-il sourdement; il était là, et il a tout vu sans doute!...

A ces mots : Mon père! si connus et naguère si doux, le vieillard avait tressailli dans son fauteuil avec une sorte de rage, comme si un pouvoir galvanique lui eût rendu la force en même temps que la fureur.

2\2 MANUELA DAVILEZ.

— ]Ne m'appelle pas Ion père! s'écria-t-il en se tournant, les yeux enflammés, vers Stef'ano; ne m'appelle pas ton père, car tu ne peux pas être mon fils !... Non ! quand la vertueuse Paquita Ferez me donna mon quatrième enfant, quelque mauvais génie me l'enleva sans doute et te mit à sa place dans le berceau de famille, et j'ai pris pour mon sang le monstre qui grandissait sous mes caresses paternelles, le serpent qui se réchauffait dans mon sein pour m'étouffer avant mon dernier jour! INe m'appelle donc pas ton père, malheureux, ou alors dis-moi bien vite que mes yeux ne savent plus voir ni mes oreilles entendre; que j'ai rêvé que mon fils était un lâche, un traître^ un assassin! dis-le-moi, Stefano! dis-le-moi!

Le jeune homme fit un mouvement pour répondre, et s'arrêta à l'aspect de ses deux gardiens.

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