L ÉMEUTE VILLAGEOISE
la dernière gerbe, les jeunes gens du village qui sont amoureux d'elle, viennent lui présenter leurs bouquets, chacun à son tour ; qu'elle doit choisir entre eux celui qu'elle autorise à demander sa main, en gardant le bouquet de celui-là seulement, après avoir rejeté ceux de tous les autres ; que, si elle se refusait à la loi commune, elle serait disgraciée à jamais dans le pays, et qu'il serait interdit à tout honnête hidalgo de lui faire la cour, sous peine de se voir tympan isé d'importance... Aucune de nos raisons n'a pu la convaincre, aucune de nos menaces l'effrayer. Elle a déclaré qu'habitant Panola depuis huit mois seulement, elle n'était pas forcée d'adopter nos usages; qu'elle verrait, à la moisson prochaine, si elle se soumettrait au Choix de la Maja. Bref, elle a trouvé le moyen, tout en nous payant de belles paroles, de s'élancer de la gerbe où nous l'a-
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yions assise, et de nous échapper par la petite porte de la grange.
— Voyez la sauvage! dit gaiement Pedro, qui, en vieillard de bonne humeur, prenait fait et cause pour les jeunes gens; mais aussi, mes amis, ajouta-t-il, convenez d'une chose, c'est que vous êtes des galants bien peu adroits de ne pas savoir retenir à vous tous une jolie fille. Il fallait du moins courir après elle, et remettre promptement la main sur votre proie.
— C'est bien ce que nous avons fait, par Notre-Dame! Mais rattrapez donc un oiseau sans avoir des ailes ! Elle a volé pendant que nous marchions, et nous a jeté au nez la porte qui conduit ici... Elle doit être là ! poursuivit le paysan qui parlait pour les autres, en désignant une chambre fermée à la droite de don Riaz. Nous avons fait gar-