L'ÉMEUTE VILLAGEOISE. W
der toutes les issues qui pourraient lui livrer passage , et nous venons la réclamer près de vous, senor Pedro, pour exercer nos droits en votre présence , et la forcer de faire son Choix de Maja dans toutes les règles.
— Vous avez entièrement raison, mes enfants, répondit le vieillard avec la gravité d'un juge... Vous allez être satisfaits à l'instant même, ajouta-t-il en cherchant des yeux don Stefano. Puis, l'ayant aperçu plus pensif que jamais derrière un groupe chuchotant de jeunes moissonneuses :
— Mon fils, lui dit-il, va chercher ta cousine dans cette chambre ; c'est au majo de faire ici les honneurs de la maja; si Manuela refusait de venir à ta prière, tu lui dirais que c'est moi-même qui la fais demander. >i»ni'ri
58 MANUELA D'AVILBZ.
— J'y vais, mon père, dit Stefano après un moment d'hésitation.
Puis, s'arrétant tout à coup près de la porte, comme si la mission lui eût décidément répugné :
— Je ne trouverai peut-être pas ma cousine dans cette chambre? fit-il observer avec embarras.
— Vous la trouverez! elle y est ! nous en sommes sûrs ! s'écrièrent une vingtaine de voix qui ne comportaient pas de réplique.
— Mais, reprit ledélégué récalcitrant, si elle ne voulait pas me suivre de bon gré?...
— Elle le voudra! interrompit don Riaz d'un ton qui décida Stefano à ouvrir la porte.
— A la bonne heure! dirent les hidalgos enchantés, en prodiguant au vieillard des remerciments énergiques.