‹ BrunehautChapitre 13 sur 19 · IÔ · texte numérisé non relu

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les historiens à la suite les uns des autres, les mœurs par trop libres de Thierry, elle cherche à le marier, à lui trouver une épouse de sang royal ; c'est son principal confident, Aridius, évêque de Lyon, qu'elle envoie avec le comte Roccon et le connétable iEporin, pour demander au roi des Wisigoths d'Espagne la main de la princesse Ermenberge. Malheureusenent, si Brunehaut avait de l'empire sur Thierry pour tout ce qui touchait à la politique, elle n'avait que peu d'influence sur lui pour tout ce qui concernait la vie privée. L'union du roi et de la princesse espagnole ne fut pas heureuse : dédaignée de son époux, la nouvelle reine repartit au bout d'un an pour Tolède, et cette rupture manqua de faire éclater une guerre désastreuse. En effet, le père d' Ermenberge, le roi Witterich, ou Betteric, s'allia avec Clotaire, Théodebert, et le roi des Lombards Agilulf, pour venger l'injure de sa fille. Heureusement pour Thierry, Witterich mourut bientôt et la coalition se dissipa presque aussitôt.

Nous voici maintenant arrivés à un des événements qui sont le plus reprochés à Brunehaut, la mort de saint Didier. On se rappelle que cet impétueux évêque avait été déposé par

un synode et relégué à l'île Barbe. Au bout de quelques années d'exil, Brunehaut le crut suffisamment puni et lui fit grâce complète. Aussitôt l'évêque de Vienne revient à la cour; mais, bien loin d'avoir calmé sa fougue, l'exil n'avait fait que l'exaspérer; à peine de retour, il se met à accabler de reproches Thierry , au sujet du renvoi de sa femme. Thierry n'aimait pas qu'on s'occupât de ses affaires d'intérieur ; mais il n'était pas sanguinaire ; il se contenta pour toute punition de renvoyer l'évêque de Vienne dans son diocèse. En route, au passage d'une petite rivière, la Chalarone, dans le pays de Dombes, Didier fut assommé et dépouillé par quelques brigands. Ce fut par Tordre du roi, d'après le conseil d'Aridius et de Brunehaut, disent les historiens hostiles à la reine, le moine Jonas et Frédégaire. Mais rien ne prouve cette accusation ; malgré tous les soins de Brunehaut, les voyageurs étaient souvent victimes, comme Didier, de la violence des brigands; et nous avons peine à croire que l'évêque de Lyon, Aridius, qui paraît avoir été un très-recommandable prélat, ait oublié la charité chrétienne au point de faire assassiner un de ses collègues. D'ailleurs, la conduite que

Thierry et Brunehaut tinrent quelque temps après vis-à-vis de Colomban, prouve bien qu'ils n'avaient ni l'un ni l'autre aucune envie d'ajouter de nouveaux noms à la liste suffisamment longue des martyrs chrétiens.

Nous verrons en effet, dans le chapitre suivant, la reine Brunehaut et le roi Thierry, grièvement insultés en public par le moine Colomban, mépriser ses injures, et ne pas se départir du calme qu'il convient aux esprits sensés de montrer vis-à-vis des extatiques, des fanatisés et des fous de toute espèce.

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