BRUNEHAUT. * V
Au Neustrien je veux me ‘réunir. '■
VANACAIRE. = ''''
Vous réunir à lui? N’est-ce plus ce Clotaire^ *.
Qui, féroce liéririer îles haines de sa tnèré,"
D une aveugle fureur contre vous animé,' ' '
Pour l'assouvir eniin , tant de fois s’est armé? * ' ‘ '
•BRUNEHAU'r;;' -
C’est lui ^ sous ce prétexte à nos yeux il colofe 1 • ^
'■La sombre ambition dont l’ardeur le dévore. ' V ‘
Si je pénètre bien ses avides projets',
Il brûle d’envahir tout l’empire français ;
Et, fiit-il tourmenté d’une haine effrénée, '
Son ame va changer avec sa destinée.' * " ' '
Quel nœud par l’intérêt n’est tissu , n’est brisé ? . Clotaire, en attaquant un pouvoif diVisé,
D'un triomphe rapide a flatté son audace ; “* j
Mais déjà sa fortune a bien changé de face.
A peine il apprendrait qu’avec Théoldebert,
'J’hierry , pour l’écraser, peut marcher de concert.
Que , prévenant des rois la fatale poursuite ,
A'’ous le verriez chercher son salut dans la fuite. . ^
Je veux le retenir, et, s’il faut faire plus,
Renouer ses desseins que le sort a rompus. ^
Si la nécessité , ce tyran de la terre ,
A nos propres enfaiis nous fait livrer la guerre ,
Elle peut ( à ses jeux ce caprice eSt permis)
Changer en alliés les plus grands ennemis.
Vanacaire, sur vous tout mon espoir se fonde. ^ ,
Partez, allez trouver le fils de Frédégonde. ^
tACTE I, SCENE IV. i3
Il sait qu’eii votre sein reposent mes secrets ;
Proposez en mon nom d’unir nos intérêts.
Ecoutez bien : « Soumise à mes braves cohortes ,
» Cette ville à Clotaire ouvre aujourd’hui ses portes.
>» Audov4re et Thierry sont remis en ses mains (i i);
»> J’aurai sur l’autre prince achevé mes desseins.
« Sous Clotaire bientôt la Bourgogne est rangée;
» Mais, à mon tour par lui, Je veux être vengée.
» Qu’au sein de BAustrasie il guide mon retour ;
» J’y xègne , et mon trépas l’y lait régner un jour. » Périsse ainsi la loi , née avec cet empire,
Qui ne veut pas qu’au trône un sexe faible aspire, Comme si, condamnée aux serviles travaux,
Cette main ne savait tenii- que des fuseaux. '*
OflErea cette alliance au vengeur que j'appelle ; J’apprendrai de Thierry si j’y serai fidèle.
Allez ; je vous attends.
VANACAIRE.
Vous connaissez ma foi.
Je. sais que , si je meurs, vous tombez avec moi;
BRUNEHAUT, seule.
Sans perdre un seul instant , commençons mon ouvrage ; Thierry veut m’échapper ; que la lutte s’engage. ' Dans le chemin tracé par les ambitieux.
Sans reculer d’un pus, sans détourner les yeux.
Attachant sur le but ma pensée intrépide, ‘
Marchons.... et de mon sort que l’avenir décide;