‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 11 sur 50 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AUDOVERE, OLSINDE.

OLSINDE.

Quel fudêste nuage , au sein de ce palais,

S'est tout-à-COup, madame, étendu sur vos traits?

Vous marchiez , triomphante , au milieu des deux û-èrCs L'espoir vous enflammait; quels sentimens contraires, Par un brusque passage, ont fait, dans votre coeur,

A la sécur ité succéder la terreur ?

AUDOVERE.

Je ne puis expliquer le tr ouble qui m’agite.

Au calme le plus doux , en ces murs , tout m’invita. Mon père, devant moi, par un pieux retour.

Prodigue à Brunehaut ses soins et son amour.

La reine, lui rendant ses premières tendresses,

Le presse entre ses bras, l’accable de caresses;

Le fils qui l’honoré par urr respect constant Est moins cher à ses yeux que le fils repentant ;

Et, parmi ces transports, inquiète, glacée.

Dans de vagues soupçons j'égare ma pensée.

OLSINDE.

Contre un fils sa vengeance arma son autre fils,

Et ce crime toujours obsède vos esprits.

Mais , au miKeu des champs ravagés par la guerre, Quand k paix, grâce à vous , a rassuré la terre, Jouissez-en, madame, et ne permettez pas Que les inimitiés survivent aux combats.

AUDO^ERE.

Je n'ai jamais connu le tourment de la haine;

Non , chère Olsinde , non , je ne hais point la r«ne. Je fais plus; je m’efforce en secret à l’aimer;

Mais près d'elle je sens mon cœur se comprimer ; De sinistres pensers s’emparent de mon ame.

OLSINDE.

Dans vos regards distraits si j’ai bien lu , madame Vous semblez* craindre moins la présence du n» AUDOVERE.

Du roi, dis-tu ? Thierry n’inspire point l'ef&oi.

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