SCENE II
AUDOVERE, THIERRY.
THIERRY
La paix de deux états est votre noble ouvrage,’ Jeune et belle Audovère, et , sur votre passage, Vous avez recueilli, pour prix de vos bienfaits ,
I.es vœux et les transports de mes heureux sujets. Qu’ils étaient de leur prince un fidèle interprète ! Que leurs cris répondaient à mon ardeur muette !’ Je vous dois leur bonheur, j’aime à le répéter;
Mais le soin qui vous reste est de le cimenter.
Ils ont besoin de vous, et, pour ne vous rien taire,
A moi, comme à l’état, vous êtes nécessaire.
Oui, j’atteche, em^é du charme de vous voir,
Brmj-PTEm atj A vos douces vertus mes vœux et mon espoir.'
Votre présence à peine eut enchanté ma vue,
Qu’une voix s’éleva dans mon ame éperdue :
« Voilà le digne objet que ton œil incertain, n Cherchait depuis long-^ems pour changer ton destin j U Sur-tout pour assurer , par sa noble influence ,
M De ton règne agrandi la gloire et la puissance. » .
De mes braves Français voulez-vous le bonheur^
Fille auguste des rois, répondez?
AUDOVERE.
Oui, seigneur;
J’embrasse avidement cette douce espérance ;
Je veux avec transport le bonheur de ht France;
Et, s’il faut dévoiler tout ee cœur attendri.
Je veux, n’en doutez point, le bonheur de Thierry; Mais mon sort et mes vœux soumis aux lois d’un père«.M THIERRY.
Théodebert approuve un hymen tutélaire.
Qui, sur notre amitié rassurant nos sujets.
Sera le monument d’une éternelle paix.
AUDOVERE.
Thierry !... Mais un obstacle à jamais nous sépare;
Les nœuds étroits du sang.... ^
' THIERRY
: , ^ Quel effroi vous égare ?
C’esC Dieu qui me l’inspire, et je crains son courroux* THIERRY.
Qui, vous, du ciel vengeur vous redoutez les coups !<.* AUDOVERE.
Seigneur , ne souillez point votre saint diadème.
Ne vous souvient-il plus de ces tems d’anathème