‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 18 sur 50 · ACTE II, SCENE IV. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. a

Son cœur ! les droits du sang ! par de cruels combats Vous avez envahi, ravagé ses états , ^

Vous-, son frère !... Ah ! mon fils , croyez-moi , cette injiiro Etouffe dans son cœur la voix de la nature.

Les outrages sanglans qu’un ingrat nous a faits ,

On peut les dévorer. .. les pardonner, jamais.

La foi d’un saint traité ! des traités respectables N’avaient-ils pas uni tous ces parens coupables,

Qui , depuis soixante ans , émules d’attentats ,

Ont régné par le meurtre et les assassinats ?

L’épée a fait ces maux; il faut que par l’épée Leur profonde racine k jamais soit coupée.

Il faut que cet empire accablé de langueur.

Sous un seul maître enfin recouvre sa vigueur.

Les tems sont arrivés ; laissez à Yanacaire Le soin de renverser le pouvoir de Clotaire ;

Et , pour Théodebert.... Iivrez4e à mon courroux ,

Un seul mot me suffit.

THIERRY

Ciel ! et que ferêfc-vous?

BRUNEHAUT Jfi/emn/.

Un souverain puissant.

THIERRY se levant aussi.

Mais puissant par le crime.

Qui craint d’en être auteur , en est bientôt victime. THIERRY.

Si d’un forfait nouveau ce palais voit l’horreur,

J’en puis être victime et n’en puis être auteur ;

Supprimez des conseils qu il m’est affreux d'entendre.

BRUNEHAUT àpa,c^

{Haut.)

Quel changement!... Cœui' faible , ainsi tu veux attendrait Lorsqu’un rival perfide en tes mains s’est livré ,

Qu’il consomme à loisir son projet abhorré;

Qu’un glaive criminel tranche ta destinée;

Ou, si par la pitié ta vie est épargnée ,

Que le ciseau d’un prêtre , en dépouillant ton front , T’imprime aux yeux du peuple un éternel affront ;

Que ton manteau royal se transforme en cilice ,

Et que d'un cloître obscur l’ombre t’ensevelisse ( 17 , î Va , tu te connais bien; c’est à lui d’être roi;

Thierry, descends du trône, il n’est pas fait pour toi. THIERRY.

Je suis fait pour régner, du moins j’ose le croire,

Madame , je chéris la justice et la gloire.

D’autres se sont frayé des sentiers différons ; . ■

Moi , je n’aspire point au bonheur des tyrans.

Le fer d’un assassin peut sans doute m'atteindre ;

Si je suis regretté , mon sort n’est pas à plaindre. Théodebert , hélas ! tu pouvais me haïr;

Quand tu m’as pardonné, voudrais-tu me trahir?

Que veux-tu ? m’arracher ma vie et ma couronne ?

Tu le peux , à ta foi tout mon cœur s’abandonne ;

Mais on ne verra point , en son impiété ,

Violant la nature et l’hospitaLté ,

Thierry tremper ses mains dans le sang de son frère.

Et de quel frère, ô ciel ! apprenez tout , ma mère. Condamnez envers lui votre injuste soupçon.

Lorsque vous l’accusez de lâche trahison ,

Il m’accorde sa fille , et par cette alliance Veut des malheurs publics étçuffer la semence.

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