‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 32 sur 50 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

AUDOVERE, OLSINDE, THIERRY.

AUDOVERE.

Ckst lui !.... Venez , cher prince , et près de votre frère Guidez les pas trembla ns de la triste Audovère.

Vous gardez le silence , et mes cris superflus.....

Vous démurnez les yeux..... mon père ne vit plus. THIERRY.

C’en est fait ; Brunehaut a consommé son crime ,

Et j’ai vu dans mes bras expirer la victime.

Tandis que sur^vos yeux un voile était jeté ,

Près de Th«k)debert mon effroi s'est porté.

Spectacle déchirant pour mon ame éperdue î La pâleur de la mort sur ses traits répandue , '

Déjà couvrait nion frère , et tout son corps glacé Sous un poids doulcaireux frissonnait oppressé.

Je jette un cri perçant ; à ce ori , sa paupière Par un pénible ef£3it se rouvre à la lumière.

Je m’élance vers lui , pâle , tendant les bras

Il me repousse.

AUDOVERE.

Vous !

THIERRY

Moi , qui voudrais , hélas !

Pour ranimer ses jours , sacrifier ma vie.

D'un douta injurieux ma tendresse est flétrie ; .Théodebert en moi voit un lâche assassin ;

Jamais égal tourment ne déchira mon sein.

Je m’écrie : « Adoucis l’horreur qui m’environne;

» Et tu meurs , A mon frère , et ton cœur me soupçonne ! » Tremblant , désespéré, je tombe à ses genoux ;

Jê rappelle à son cœur les souvenirs si doux De ces tems fortunés où croissait notre enfance Dans l’amitié , la paix et la sainte innocence ; •

Il est soui-d'à ma voix, sourd à mon désespoir ,

' Et ses yeux détournés refusent de me voir.

Par un si noir soupçon ma douleur outragée .

En un bouillant courroux à la fin s'est changée ;

Mon indignation, dans ces affreux momens ,

S’exhalait plus des cris , mais des rugissemens.

.AU DO VE RK Ah ! grand Dieu !

THIERRY

Je me lève égaré.... mon épée Dans les flots de mon sang allait être trempée ;

Ce mouvement féroce , et cette vérité Dont le rapide accent ne peut être imité ,

Ont de sa défiance éclairci le nuage ;

Quelque sérénité renaît sur son visage ;

Il cherche à me sourire , et par un lent effort ,

Pour presser cette main , lutte contre la mort ;

Et prononçant les noms de Thierry , d'Audovère :

« Sois heureux , m’a-t-il dit , et venge-moi , mon frère. »

11 expire à ces mots.

. ‘ AUDO.VERE.

Dans cet afrreux palais

C est moi qui l’ai conduit ; pressentimens secrets,

Voix puissante du ciel , je devais vous entendre;

Aux coups qui l'ont frappé , mon cœur devait s’attendre'.

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