‹ Brunehaut, ou Les successeurs de Clovis tragedie en cinq actes et en versChapitre 47 sur 50 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

(13) Ne vous souvient-il plus de ces tems d’anathéme y Où d’un pontifè altier le zèle impétueux

Fit trembler sur le trùne un couple incestueux?

Cbildebert I*' , fils de Clovis , fut excommunié par S. Germain , évéque de Paris , pour avoir épousé urtn de ses parentes; mais les circonstances affreuses dèPintdmit, telles que je les ai décrites , appartiennent à l’excommunication lancée par le pape Grégoire V , à la fin du dixième siècle , contre le roi Robert , à cause de son mariage avec Berthe , sa parente au quatrième degré.

Idem. : : i i : Idem. : . : ; ^ ;

(14) Jadis en ce palais le jeune Mérovée ,

A Frédégonde , hélas! victime réservée,

S’unit àBrunehaut par de^nestes nœuds.

C’est à Rouen que Brunehaut , âgée alors de vingt-huit ans, et veuve de Sigebert, sédùisitpar ses charmesson nçveu Mérovée , fils de Chilpéric , dont elle était prisonnière , et Pépousa. Chilpéric irrité dé ce mariage , et sur-tout excité par Frédégonde , belle-mère de Mérovée, accourut pour s’emparer des deux époux , les tira par de fausses promesses de l’asile où ils s’étalent réfugiés , fit raser et enfermer le jeune prince , qui peu de tems après fut assassiné par ordre de sa marâtre , et presque sous les yeux de son père. Prétextât , évéque de Rouen , qui avait eu l’imprudence de bénir le mariage de Mérovée , lut enveloppé dans la meme vengeance..

mo

(i 5 ) Dans le passé , grand Dieu ! si j’ose regarder,’

Que verrai-je ? une femme habile à m’obséder ,

Qui , craignant d’un saint nœud l’influence honorable ÿ' M’a fait de ses excès l’instrument déplorable.

Brunehaul , pour s’attacher plus étroitement Thierry l’éloignait du mariage et lui fournissait des concubines. Alors les enfans naturels étaient habiles à succéder à la couronne, et traités ù-peu-près à l’égal des enfans légitimes.

Idem.

Idem.

(Vainement les traites t des murs de Paris L’apanage commun des enfans de Clovis.

Lors du partage de la succession de Caribert entre Sigebert, Contran et Chilpéric , ces princes, après de longs débats qui furent plus d’uns fçis ensanglantés par les armes, convinrent enfin de leurs limites , mois il no purent s’accorder sur la possession de Paris , que chacun voulait s’attribuer exclusivement. Aucun d’eux ne voulant céder à l’autre cette ville , qui s’annonçait déjà comme la capitale de l’empire , ils Engagèrent sous serment à n’en jouir qu’en commun , et convinrent expressément que si l’un des trois frères y entrait sans la permission des autres, il perdrait , non-seulement tout droit à la souveraineté do Paris , mais encore toute sa part dans l’héritage de Caribert. Ce, traité fut maintenu par leurs enfans et petitsenfaiis , jusqu’à ce que la monarchie entière fût réuni* sous Clotaire II.

Idem.

Idem.

(*7) Cœur faible, ainsi tu veux attendre,

Lorsqu’un rival perfide en tes mains s’est livré Qu’il consomme à loisir son projet abliorré ,

HISTORIQUES

Qu’un glaive criminel tranche ta destinée ;

Ou si par la pitié ta viç est épargnée ,

Que le ciseau d’un prêtre en dépouillant ton front y T’imprime aux yeux du peuple un éternel affront j Que ton manteau royal se transforme en cilice y £t que d’un cloître obscur l’ombre t’ensevelisse?

La longue chevelure était chez les Francs l’attribut do la puissance ; de là l’usage de raser les rois qu’on voulait déposer. Cette opération faite , on les revêtait d’un cilice y et on les enfermait dans un monastère. L’exemple le plu» éclatant d’une semblable déposition est celui de Louis-le- Débonnaire y que l’ingrat Clotaire son fils , élevé à l’empire par lui-même , fit comparaître, en sa présence , devant des évêques et des. moines , dans l’église de Notre-Dame de Soissons. Il le força de lire à haute voix une confession publique , de détacher son épée et de la jeter au pied de l’autel en signe d’abdication. On le dépouilla ensuite do ses oraemans impériaux^ et on l’étendit sur un cilice, la face contre terre. Après cette humiliante cérémonie , il fut enfermé dans le palais d’Aix-la-Chapelle.

Idem . . . ; ; . . Idem :

(l8) Choisis pour ennemi Théodebert ou moi.

Brunehaut , pour armer Thierry contre son frère , lui persuada que ce prince était un enfant supposé.

J’avais d’abord mis en jeu ce ressort donné par l’histoire. Après ces vers :

Mais on ne verra point , dans son impiété ,

Thierry tremper ses mains dans le sang de son frère.

La scène continuait ainsi :

Et.., s’il ne l’était pas !... Qu’ai-je dit?

' THIERRY

Quel mystèr» ?

Seigneur , vTiaàstez point.

THIERRY

Madame , il faut parler.*

Vous l’exigez , mon fils ! je vais tout révéler,

Childcbert languissait , et les vœux de la France * D’un fils , soutien du trône , imploraient la naissance En naissant , il mourut : dans ce malheur , j osai Revêtir de la pourpre un enfant suppose ;

C’était Théodebert. Cependant votre père A travers les douleurs prolongeant sa carrière ,

Vous naquîtes, mon fils, cher et touchant objet D’un maternel amour et d’un trop vain regret. Pouvais-je proclamer ma pieuse imposture?

Il fallut se soumettre j il fallut, sans murmure ,

Voir un vil étranger, ravisseur de vos droits,

Vêtir sa nudité du manteau de nos rois.

• Que mon orgueil souffrit ! qu’il lui jura de haine .

Et quand l’usurpateur bannit sa souveraine ,

Que mon cœur se brisa pour ne point dévoilée Ce que mon propre honneur m’ordonnait de celer . Votre péril, Thierry , l’intérêt qui vous touche,

Seuls m’ont fait violence et m’ont ouvert la bouche 5 Je ne m’eu repens pas ; armé d’un tel secret. Livrez-vous à mes soins sans trouble et sans regret. Par moi vous recouvrez un héritage immense ,

Dont vous a dépouillé mon aveugle pnidence }

Le cri menteur du sang cesse de vous tromper ,

El d’enchainer un bras qui doit vaincre et frapper. THIERRY.

Quelle preuve à mes yeux confirme un Ici mystère I

HISTORIQUES

Du secret de l’Etat seule dépositaire j Votre mère n’est plus} mais si quelques soupçons Jetaient dans votre esprit leurs funestes poisons y Si mon serment sacré , si mon rang , si mon âge Présentaient à mon fils un faible témoignage y Pour le convaincre enfin de ma sincérité )

Devant l’auguste croix. du Dieu de vérité y Je suis prête à subir d’un front inaltérable j Ou des feux ou des eaux l’épreuve redoutable.

THIERRY

Ma mère , c’en est trop , je vous crois... Qu’ai-je dit% Votre prompte allégresse éclate et vous trahit.

La haine qui déjà croit saisir sa victime ^

Me couvrait d’un bandeau pour me pousser au crime ; Je l’arrache y etc.

La réflexion m’a fait supprimer ce moyen ^ul y détruit aussitôt que créé^ ne devenait plus qu’un hors-d’œuvre, et qui d’un autre côt^ m’a paru trop romanesque et trop peu digne de la grave simplicité de la tragédie , pour que j’en fisse le nœud de mon ouvrage.

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