‹ Brunetière et BesançonChapitre 9 sur 16 · Lettre du 4 février · texte numérisé non relu

Lettre du 4 février

Notez que cet enthousiasme de Brunetière est d'autant plus méritoire que la nature des sujets qu'il traitait, comme aussi sa tournure d'esprit très réfléchi, lui interdisait, malgré son étonnante facilité d'élocution, les succès à l'emporte-pièce. Lui-même l'avoue modestement : « 11 faut d'ailleurs à mes ressources de conférencier le temps de se renouveler. Je n'ai rien de l'improvisateur l, et quand j'ai quatre ou cinq sujets en préparation, c'est tout ce que je puis tirer en quatre ou cinq mois de mon fond. »

Néanmoins, dès qu'il s'agit de revenir à Besançon, son cœur est prêt, et il s'arrange pour que le reste le devienne aussi. Les triomphes oratoires qu'il a remportés dans notre ville, les aveux retentissants qu'il y a faits et donc les heures décisives qu'il y a vécues, la vive sympathie que lui témoigne le public, l'amitié dont l'honore l'archevêque, tout l'appelle d'une voix irrésistible. Et il se laisse faire, comme par la vérité. « Après cela, vous le savez, mon Père, quand il me sera possible de repartir à Besançon, non seulement je n'en éloignerai pas l'occasion, mais, au contraire, je la provoquerai moi-même. C'est le moins que je vous doive, à vous d'abord, à l'archevêque ensuite, et à l'accueil que m'a toujours fait votre public, et je serais trop ingrat de n'en pas conserver un inoubliable souvenir 2. » Sa correspondance abonde en déclarations

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