CHAPITRE IX
ce règne, on rencontre des gros à l'écu aux quatre lions et des ester lings ou demi-gros au type semblable, des gros à la tête de face et aussi en deux variétés des gros au lion debout ayant au-dessus un petit aigle.
Quant au billon frappé à Bruxelles, il est au type du châtel et porte en légende : MONETA : BRVXELLE.
Sous le règne de Wenceslas et Jeanne (i355-i383), l'atelier de Bruxelles ne produisit presque rien, et à la mort du duc il fut fermé. Aussi n'avons-nous à mentionner pour la série bruxelloise que la monnaie de billon aux quatre lions et portant au revers une croix cantonnée des lettres W DVX.
La duchesse Jeanne, devenue veuve (i383-i4o5), accorda aux Bruxellois la réouverture de l'atelier monétaire et, par un acte d'octobre i3g6, elle céda, pour un terme de dix ans, aux villes de Bruxelles, Louvain et Tirlemont son droit régalien, à condition de frapper des monnaies en son nom et en lui payant annuellement une indemnité.
Antoine de Bourgogne (1405-1415) fit battre monnaie d'abord à Anvers, puis à Vilvorde et à Louvain. Aucune monnaie ne se frappa à Bruxelles, dont l'atelier monétaire était fermé.
Sous Jean IV (1415-1427), l'atelier de Bruxelles reprit une certaine activité; on y frappa, depuis le 3i mars 1420 jusqu'au 3i octobre 1421, des anges d'or et des demi-anges (cabinet royal de Bruxelles), et en argent des doubles gros (drielanders), des gros (dcmi-drielander) et des demi-gros (quarts de drielander), ainsi que des deniers de cuivre d'une grande rareté et ayant au droit l'écu écartelé de Bourgogne-Brabant et au revers une croix cantonnée d'un lis et d'un lion avec cette légende : MONET : FÀC : BRVXELLE.
Jean IV mourut à Bruxelles le 17 avril 1427, et eut pour successeur son frère Philippe de Saint-Pol (1427-1430), qui avait précédemment exercé le gouvernement en qualité de ruward ou régent de Brabant, depuis le 28 novembre 1420 jusqu'au Ier mai 142 1. Pendant La régence il fit battre monnaie à Waelhcm, et comme duc de Brabant a l'atelier de Louvain. Pendant tout son règne celui de Bruxelles resta fermé. A Philippe de Saint-Pol succéda son cousin germain Philippe le Bon (1430-1467), qui parvint à réunir sous sa domination presque toutes les provinces des Pays-Bas. Bien que le nom de Bruxelles ne figure plus guère que parfois sur la monnaie de cuivre, on sait par les instructions et les comptes de la Monnaie que l'atelier de Bruxelles émit, à partir du 4 septembre 1436, des cavaliers d'or et des demi-cavaliers, des gros d'argent, dits viertanders et leurs divisions.
Sous le règne de Charles le Téméraire (1467-1477), ainsi que sous celui de Marie de Bourgogne (1477-1482), l'atelier de Bruxelles resta fermé et ne se rouvrit que pendant le mouvement révolutionnaire de Philippe de Clèvcs, sous la minorité de Philippe le Beau (1482-1494). On frappa alors à Bruxelles des doubles gros, des gros et des demi-gros au type de l'ange saint Michel, avec le millésime de 1488 et portant
pour différent monétaire la lettre B dont nous avons déjà parlé dans la note de la page 244.
Pendant la minorité de Philippe le Beau, son tuteur Maximilien fit battre monnaie d'abord à Malines et ensuite à Anvers, omettant parfois d'associer le nom de son fils au sien. A partir de 1492, le nom de Philippe figure seul sur toutes les monnaies fabriquées dans le pays.
Philippe le Beau (1494-1506), devenu majeur en 1494, ne saisit cependant lui-même les rênes du gouvernement que deux ans après. Il changea totalement le type de ses monnaies; mais l'atelier de Bruxelles resta encore inactif et ce chômage continua pendant tout le règne de Charles-Quint (i5o6-i555).
Au point de vue monétaire, le gouvernement de Philippe II, qui s'étend de i555 à 1598, doit être divisé en deux périodes. Pendant la première (i555-i576) l'atelier de Bruxelles continua à chômer. Par contre, pendant la seconde période de ce règne accidenté, la série bruxelloise s'enrichit de diverses pièces d'une grande rareté.
Tout d'abord les États, en vertu de l'article 23 de la Pacification de Gand, firent frapper au nom du roi, de 1577 à 1579, des écus, demi-écus et quarts d'écu, des 50/5 et demi-sols, dans les ateliers d'Anvers, de Bruxelles et de Maestricht. Les pièces fabriquées à Bruxelles portent la marque et la date de i5 B 77.
En 1579 la ville de Bruxelles ayant eu à souffrir considérablement dans ses intérêts, par suite des événements politiques et des troubles religieux, les espèces y étaient devenues tellement rares, que les Etats de Brabant autorisèrent la frappe de monnaies au nom et aux armes de la cité. Ces monnaies de nécessité, frappées en 1579 et i58o, de forme carrée et au type de saint Michel, furent de 3 et 4 florins pour les pièces d'or, de 36 et 18 stuyvers pour celles en argent.
Pendant le gouvernement éphémère de François d'Anjou, duc d'Alençon, aucune monnaie ne fut battue à Bruxelles.
En 1584, Bruxelles, étant cernée par les troupes du duc de Parme, manquait de vivres et d'argent pour payer les troupes. Les magistrats de la ville firent mettre en circulation des monnaies obsidionales unifaces et à flancs carrés. Elles furent de 4 et de 2 florins pour les pièces en or, et de 2 et 1 florins pour celles en argent.
De plusieurs des monnaies obsidionales ou de nécessité frappées en 157g, i58o et 1584, il existe malheureusement des contrefaçons, et c'est pourquoi nous signalons spécialement l'authenticité de la pièce en or de 1579, qui se trouve au musée de Middelbourg, et celles de 1584 qui sont dans le cabinet de M. Edouard Van den Broeck à Bruxelles.
Après avoir rappelé l'attention sur les pièces si intéressantes et si recherchées qui représentent la numismatique de la révolution du xvie siècle dans la série bruxelloise, constatons, pour clôturer le règne si troublé de Philippe II, que l'atelier de Bruxelles frappa de nouveau en i5g2 et i5g3 des monnaies royales. Il n'y eut que des écus et des liards portant le différent monétaire B.