CHAPITRE IX
derrière le Jardin d'horticulture par le Chemin Vert, on gagnait la plaine de Monplaisir. A droite, en suivant la chaussée, on apercevait une vallée très pittoresque, dans laquelle serpentait le ruisseau du Maelbéek. Au fond de la vallée que l'on apercevait aussi en franchissant la grille de la porte de Louvain, s'élevait l'église de Saint-Josseten-Noode, d'où une chaussée allait rejoindre, par Etterbeek, celle de Wavre et de Tervueren. De la porte de Namur partaient deux routes, l'une par Etterbeek vers Wavre, et vers Louvain par Tervueren, l'autre par Ixelles vers Boitsfort, La Hulpe et Waterloo.
Les Anglais affectionnaient le faubourg d'Ixelles à cause de la pureté de l'air, des champs, des bois, des ruisseaux, des étangs, qui faisaient de cette commune un immense jardin.
C'est là que M. F. Faber avait établi sa manufacture de porcelaines et que se trouvait, dans l'ancienne abbaye de la Cambre, le dépôt de mendicité.
Plus de mille individus des deux sexes s'y livraient à la filature, à la tisseranderie, à des travaux de menuiserie et de serrurerie. Le gouvernement avait ouvert dans ce dépôt une école primaire et une école d'architecture et de mathématiques. Les administrations communales qui envoyaient leurs mendiants à la Cambre pour les soustraire à l'oisiveté et au vagabondage, payaient pour chaque individu quinze cents par jour.
En passant sous l'ancien bâtiment massif de la porte de liai on prenait la route de Namur, Charleroi et Nivelles, en passant par Waterloo. Un embranchement se dirigeait sur Alsembcrg par Uccle. Le faubourg de Saint-Gilles formait le domaine des jardiniers dont la culture maraîchère jouissait d'une grande renommée depuis des siècles. La porte d'Anderlecht, autrefois démolie sans qu'on l'eût définitivement reconstruite, présentait un aspect misérable. C'était cependant un débouché des plus importants vers la France par Mons et Tournai. Au dehors s'élevaient quelques guinguettes d'où la vue s'étendait sur de superbes prairies, coupées çà et là par des usines qu'alimentaient les eaux de la Senne. Le village d'Anderlecht se trouve à une demi-lieue de Bruxelles, à droite de la chaussée de Hal, dans un site pittoresque que
Les deux plus anciens habitants de Schaerbeek. D'après une lithographie de Ph. Ham.
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domine son antique église paroissiale dédiée à saint Pierre et bâtie sur une petite éminence. Cette église fut construite au xve siècle, à peu près en même temps que la chartreuse de Scheut, dont il ne reste qu'un pauvre débris. Mais dès les temps les plus reculés, vers l'an iooo, on y voyait un monastère fondé par la famille d'Aa ou Van Aa et dans lequel mourut saint Guidon. On y montrait encore, au xvne siècle, la
Église d'Anderlecht.
Fac-similé d'un dessin de T. -S Cooper.
cellule où il rendit le dernier soupir. Vers uoo fut bâtie la crypte où, dit-on, reposent ses restes, sous une dalle de pierre bleue qui va en se rétrécissant à mesure qu'on s'éloigne de l'autel. Saint Guidon est encore aujourd'hui l'objet d'un culte fervent de la part des paysans qui l'implorent, en vue de préserver des maladies le bétail et les chevaux. « Le dimanche après le 12 septembre, jour de l'ancienne kermesse, et le lundi de la Pentecôte, ils partent en foule pour Anderlecht montés sur des chevaux ornés de rubans et de bouquets. Arrivés au cimetière ils font le tour de l'église, puis, après avoir entendu la messe, ils circulent autour du maître-autel et de la statue du saint, dont ils touchent le manteau. Les jeunes gens de la paroisse accompagnaient autrefois la procession à cheval et armés de pistolets qu'ils déchargeaient à chaque