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CHAPITRE IX

Revenons à Bruxelles et reprenons l'ordre alphabétique. Nous nous sommes arrêtés aux portes qui nous ont conduits dans les faubourgs. — La Poste aux lettres était située rue du Bord-du-Verre (actuellement rue du Poinçon). Plusieurs boites auxiliaires étaient placées rue des Fripiers, rue de Flandre, au Treurenbcrg et Montagne de la Cour. La Poste aux chevaux se trouvait dans la rue de Ligne.

Mentionnons en passant, pour compléter nos renseignements sur les salles de

Moulin a eau sur la chaussée de Ten-Noode a Etterueek. Fac-similé d'une gravure de Wagemans.

spectacle, le théâtre de Bavière, dans La rue de ce nom, salle charmante décorée par Van Asschc, le paysagiste; la salle de Saint-Georges ; la salle du Concert, rue Ducale, où se donnaient des concerts et des bals, et la salle de Musique, au Vauxhall, qui servait au même usage.

Il nous reste à dire quelques mots de Laekcn, dont nous avons mentionné la vieille église, et de la forêt de Soignes, l'un des joyaux de la capitale.

Quand l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, conjointement avec son époux, le duc Albert de Saxc-Teschen, vint prendre possession du gouvernement des Pays-Bas autrichiens en 1 781 , cette princesse, qui jouissait d'une immense fortune, résolut d'élever un palais sur le coteau de Laeken, appelé le Schoonen berg, à proximité du canal. Elle demanda les plans à Montoycr, l'architecte de la cour.

Celui-ci commença les travaux en 1784. Marie-Christine était à peine installée dans sa magnifique résidence champêtre que la révolution brabançonne éclata. C'est du palais de Laeken que les gouverneurs généraux s'échappèrent comme des fugitifs pour se soustraire aux excès des révoltés; ils se retirèrent à Bonn pour y attendre les événements. On dit que Marie-Christine éprouva un violent chagrin en quittant le château. La pacification de la Belgique sous le règne de Léopold, successeur de Joseph II, ramena, en 1791, Marie-Christine et son mari dans cet agréable séjour, d'où la révolution française les expulsa de nouveau en 1792. A cette époque, la statue en marbre de sainte Christine, chef-d'œuvre du sculpteur Leroi et l'un des principaux ornements du château, fut transportée à Vienne.

Peu de temps après l'occupation de Bruxelles par les Français, les représentants provisoires étant réunis à l'hôtel de ville, l'un d'eux proposa de convertir le château de Laeken en un hôpital destiné aux vaillants défenseurs de la patrie. Cette motion n'eut pas de suite. La bataille de Neerwinden, livrée le 10 mars 1793, changea un instant la face des choses. L'archiduc Charles, qui s'était couvert de gloire dans cette journée, succéda à sa tante Marie-Christine en qualité de gouverneur général; il habita le château pendant un an. La retraite des Autrichiens après la journée de Fleurus, en 1794, laissa à l'abandon le palais de Laeken. Par un des articles du traité de Lunéville il était stipulé que les propriétés particulières de Marie-Christine seraient vendues dans un délai fixé. Le palais et les jardins, divisés en plusieurs lots et mis aux enchères, trouvèrent peu d'amateurs. Un procureur acquit la pagode chinoise construite par Montoyer et la fit démolir; le chirurgien Terrade réservait le même sort au château lorsque Bonaparte le sauva de la destruction en l'achetant. Il fit aussitôt donner des ordres pour le meubler avec luxe, tandis que Joséphine enrichissait les jardins de plantes exotiques. Plus tard l'archiduchesse Marie-Louise, unie au maître de la France, vint respirer à l'ombre des bosquets plantés par sa tante Marie-Christine.

Le château de Laeken reçut de notables embellissements sous le règne du roi Guillaume. Tout le monde connaît la façade principale de ce palais, ornée d'un péristyle de quatre colonnes d'ordre ionique, couronnée d'un fronton avec horloge et un bas-relief sculpté par Godecharle, représentant le Temps qui préside aux heures, aux quatre parties du jour et aux quatre saisons. Les ailes sont terminées par deux pavillons que décorent des pilastres supportant un attique ; les faces latérales n'offrent que les entrées extérieures des pavillons, mais elles ont pour points de vue de beaux gazons parsemés de bouquets de fleurs et bornés par des massifs d'arbres dans lesquels on a ménagé des clairières qui laissaient apercevoir des perspectives agréables. La façade qui domine le parc présente, au lieu de portique, un avant-corps en rotonde, celle-ci d'ordre corinthien et surmontée d'une coupole. De la terrasse on jouit d'une vue générale sur Bruxelles et ses environs. Telle est la description donnée en i83o par l'auteur anonyme du V ade-mecum dans la capitale.

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