PREMIÈRE JOURNÉE, JEUDI 23 SEPTEMBRE
La porte de Laeken. — Le premier coup de canon de cette journée fut tiré à la porte de Laeken, gardée par un poste de 40 bourgeois seulement. La colonne d'attaque se composait de 800 hommes, infanterie et cavalerie, appuyée par 36 bouches à feu. Les barricades étaient solides et élevées; elles furent canonnées. Les bourgeois tinrent ferme malgré la mitraille; mais bientôt, pris en flanc par une fusillade partant du Jardin Botanique, qui venait d'être occupé, ils durent se retirer aux Champs-Elysées et dans l'établissement de la Belle-Vue, place d'Anvers, perdant trois des leurs.
L'ennemi s'approcha alors pour reconnaître la porte; mais voyant la bonne contenance de la poignée de braves qui étaient revenus la défendre et dont le nombre s'accroissait à chaque minute, il jugea prudent de ne point tenter d'entrer en ville, et recula en désordre pour aller rejoindre l'armée du prince Frédéric, campée derrière le Jardin Botanique.
La troupe en se retirant envoya quelques boulets dont deux atteignirent la porte, et l'un d'eux alla même se loger dans le fronton portant l'inscription : A Guillaume, le meilleur des princes !
La porte de Flandre. — Avant huit heures du matin, le colonel Boekorven se présenta à la porte de Flandre avec 800 hommes d'infanterie, 3oo hussards et 4 pièces de canon.
Une vingtaine de bourgeois qui gardaient ce poste firent feu et se retirèrent derrière des barricades, insuffisantes bientôt, et jetées bas par les sapeurs ennemis.
Parvenue à environ i5o pas du Marché-aux-Porcs, la troupe hollandaise fut obligée de s'arrêter devant une barricade plus forte que les autres et mieux défendue.
Il était neuf heures.
Le docteur Trumper, suivi de quelques autres bourgeois, se présenta en parlementaire pour engager les troupes à se retirer. Des mots menaçants furent échangés. Une décharge partie de la barricade mit le désordre dans les premiers rangs de la cavalerie, dont le commandant tomba frappé à mort. L'infanterie riposta par des feux de pelotons, qui, tirés trop haut, c'est-à-dire par-dessus les hussards à cheval placés en avant, ne firent aucun mal. Mais bientôt tout devint armes pour la