GRAND'PLACE
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MAISON DU KOI.
BKOODHUY8.
Le Renard.
Le Cornet.
Le Taradit.
La LouTe.
Le Sar.
La Brouette.
Suint-Jacques.
Saint-Mirliel.
Sept Lignage».
Fainte-Gudiile.
Maison de» Boulangers.
Hue au Beurre.
M. Wautcrs, avec une patience de bénédictin, est parvenu à reconstituer l'histoire de toutes ces anciennes habitations, et je ne puis que lui emprunter les détails les
(i) Schaves, Histoire de l'archittttuie <n Helgique. IV, p. So.
La maison du Sac, détruite en i6g5.
Ce dessin, de la collection du duc d'Arenberg, porte la signature de l'architecte Merckx, 1640. (Publication de MM. Colinet et Loran.)
plus pittoresques de ses curieuses découvertes, en les complétant par d'autres, contenues dans des publications du siècle dernier.
L'Étoile, où Louis de Maie vint, après la bataille de Scheut, planter son étendard, et où Everard T'Serclaes fut porté sanglant et mutilé, devint plus tard une taverne entourée d'un jardin. La rue dont elle formait le coin servit primitivement de marché à la viande aux bouchers de Ninove qui avaient obtenu le privilège de venir débiter leur marchandise à Bruxelles une fois par semaine, en récompense des services qu'ils avaient rendus à la ville à une époque de disette (i). Ils ne devaient guère gêner le monopole des bouchers bruxellois, car ils n'avaient le droit d'exposer leur marchandise que le vendredi, jour maigre! Au temps du bombardement, Y Etoile était construite en bois. La maison a été démolie pour l'élargissement de la rue (aujourd'hui de l'Hôtel-de-ville) qui portait son nom.
Le Cygne (en bois jusqu'à la fin du xviie siècle) avait été rebâti une première fois en i533. Après la reconstruction en 1720, les bouchers y tinrent leurs assemblées. Ils inscrivirent sur la façade ce chronogramme latin :
HœC DoMVs Lancà eXaLtatVr.
On en peut conclure qu'ils avaient bâti l'édifice avec le produit de la laine de leurs moutons.
(1) Esquisses historiques. Rampelbergh. 1840.
La maison ues Ukasseurs. — D'après une photographie.
L'Arbre d'or, primitivement Y Enfer, est devenu la Maison des Brasseurs. La nouvelle construction fut achevée en 1707. Nous avons reproduit ailleurs la statue de l'Electeur de Bavière Maximilien-Emmanuel qui la surmonta au début, et que remplaça en 1752 celle de Charles de Lorraine. Cette dernière, enlevée à l'époque de l'invasion française, est remplacée par une autre, due au ciseau de Jacquet.
La Rose, démolie en 1702, fit place à la maison du Mont-Thabor, qui formait il y a quarante ans l'angle de la rue des Chapeliers, sous le nom de maison des Trois-Couleurs. La maison Mompelier, improprement appelée Montpellier, a été supprimée à l'époque de la construction de l'hôtel de ville, probablement en vue de l'élargissement de la rue dont elle formait le coin.
Passons au haut bout de la place où s'élevait à côté de Y H ermitage (où siégèrent les marchands de vin, les légumiers et les tapissiers) une construction en pierres (Domus lapidea), le Meynaert steen, qui s'appela successivement YEcrevisse et la Fortune, et qui appartenait au métier des tanneurs (les archers, les fabricants de bas, les fruitiers et les gantiers y tinrent aussi leurs séances) ; le Moulin à vent était aux meuniers ; le Pot d'étain aux charpentiers; la Colline ou les Quatre Couronnés aux maçons. Les tuiliers, les tisserands, les nations de Saint-Nicolas et de Saint-Jean y eurent leurs salles de délibérations.
Une note de l'archiviste communal, insérée dans le Cahier d'explications à l'appui du budget de i883, nous fournit les détails suivants à propos de ces édifices :
« Le terrain sur lequel sont bâties les six maisons du haut de la place appartenait en majeure partie à la ville, qui en avait fait l'acquisition vers 1441. Les actes d'achat existent en copie à l'hôtel de ville, dans un manuscrit du temps. Deux des maisons appartenaient dès lors à des corps de métiers : l'une aux maçons, l'autre aux charpentiers. Toutes formaient un édifice régulier, divisé en six habitations complètement conformes l'une à l'autre. Après le bombardement de i6g5, qui avait bouleversé tout le centre de Bruxelles, et afin de se procurer de l'argent, le magistrat résolut de vendre cette propriété. C'est alors que l'on conçut et exécuta le projet d'élever de ce côté l'immense bâtiment qui va de la rue de la Colline à la rue des Chapeliers et où tous les détails sont uniformes et se correspondent, bien qu'il y ait autant de propriétés distinctes que de maisons. »
Au frontispice de la Bourse, qui formait la sixième de ces propriétés, on plaça le chronogramme suivant :
Ah! VeLoX /VrlbVnDa eXaVsIt FranCIa bVrsaM. NVnc eX eXVsta paX soLIDaM trlbVIt.
Et sur la façade de la Colline ce distique :
Collis est in cineres nuper fuit igne redudus Altior e busto denuo crescit apex.