‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 142 sur 192 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

mais tous guidés par la même pensée patriotique : celle de défendre leur nationalité.

La nuit vint mettre fin à cette lutte sanglante. Tous les bourgeois rentrèrent paisiblement chez eux; il semblait qu'il n'y eût plus aucun danger; que c'était une partie de plaisir et que le joueur adverse devait attendre, pour recommencer, le bon plaisir de l'autre.

Quelques chefs de section s'étaient assemblés vers le soir. Ils furent bientôt rejoints par M. Vanderlinden d'Hooghvorst. Reconnaissant l'urgence de sortir de l'état d'anarchie où se trouvait la ville, l'assemblée nomma dans son sein une commission provisoire d'ordre public, composée de MM. le baron Vanderlinden d'Hooghvorst, président; Jolly, vice-président; Pourbaix, Vermeulen-Decock, de Coppin et Delfosse, membres; Van Hoorde et Lippens, secrétaires.

Cette commission, voulant d'abord arrêter l'effusion de sang, résolut d'envoyer une députation au prince Frédéric. Cette députation, composée de MM. Vanderlinden d'Hooghvorst, Palmaert fils, Pourbaix, de Coppin et Delfosse, était chargée de représenter au prince Frédéric l'état d'exaspération des esprits et l'injustice de la guerre qu'il faisait à Bruxelles. Le prince lui fit bon accueil et paraissait disposé a faire retirer ses troupes, lorsque l'arrivée du général Constant de Rebecque, cj ui revenait de la ville, changea tout à coup ses dispositions. Il remit aux députés une espèce d'ultimatum et leur permit de se retirer. Ceux-ci, qui avaient quitté Bruxelles à onze heures du soir, y rentrèrent le lendemain à cinq heures et demie du matin. La commission provisoire d'ordre public et quelques notables habitants, après une mûre délibération, décidèrent que les propositions du prince étaient humiliantes et qu'on n'y répondrait qu'à coups de canon.

Cette commission fut alors remplacée par une commission administrative investie du double pouvoir, civil et militaire; elle se composait de MM. Vanderlinden d'Hooghvorst, Ch. Rogier et Jolly; de Coppin et Vanderlinden, secrétaires. M. Engelspach-Larivière fut nommé agent général du pouvoir exécutif.

Des munitions étaient arrivées pendant la nuit; des renforts accouraient, de plus en plus nombreux. Les villageois abandonnaient leurs travaux pour voler à la défense de la ville. Louvain avait été attaqué en même temps que Bruxelles, et la bourgeoisie avait repoussé les troupes royales. Cette nouvelle, communiquée aux Bruxellois par le commandant en chef de la garde bourgeoise de Louvain, qui annonçait en même temps que les Louvanistes accouraient à leur secours, les électrisait. L'enthousiasme était au comble et faisait présager que le combat s'engagerait le lendemain avec un redoublement d'ardeur.

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