CHAPITRE X
arsenal et un vaste hôpital. Cette journée fut, sans contredit, l'une des plus mémorables et certainement la plus glorieuse des annales bruxelloises.
La nuit du 26 au 27 se passa à renforcer les travaux d'attaque et de défense. Jusque vers deux heures du matin, on entendit le bruit de la générale, du tocsin et, de temps en temps, de la fusillade et même du canon; on faisait partout bonne garde. On vint alors prévenir le poste du Treurenberg qu'un nombreux renfort de troupes de toutes armes arrivait aux ennemis par la porte de Schaerbeek ; à quatre heures, ce rapport se confirma. On redoubla de vigilance, on se tint préparé à tout; on n'avait pas encore montré autant d'ardeur, de confiance et de discipline.
Au point du jour, les bourgeois qui s'étaient réunis en grand nombre aux barricades commencèrent, comme les jours précédents, un feu roulant et soutenu dans toutes les directions des lignes conservées la veille au soir par la troupe. Plus de 4,000 coups de fusil furent tirés en quelques minutes. Un silence profond régnait dans le camp ennemi. Enfin vers cinq heures du matin, quelques patriotes intrépides pénétrèrent dans le Parc et le trouvèrent complètement abandonné.
Au même moment arrivèrent les rapports annonçant la retraite des troupes hollandaises par les portes de Louvain et de Schaerbeek, entre trois et quatre heures du matin.
On s'élança aussitôt en masse dans le Parc au cri de Victoire! On s'empara à la hâte de tous les palais, de tous les postes; le drapeau brabançon, gage de victoire et de liberté, fut arboré au sommet des palais du roi et des princes et sur les principaux édifices.
Pas un soldat n'était resté dans la ville ni dans les faubourgs, à l'exception de quelques trainards oubliés dans les maisons de la rue Ducale et des boulevards et qui furent sur-le-champ désarmés et faits prisonniers.
A six heures du matin, le bourdon de Saintc-Gudule annonçait déjà la délivrance de Bruxelles. Un beau soleil de septembre éclairait la journée du 27; c'était un contraste avec le temps froid et pluvieux des jours précédents; on eût dit que la nature souriait à l'ère nouvelle qui s'ouvrait pour la patrie.
A la mcm'c heure, Juan Van Halen écrivait au gouvernement provisoire : « L'ennemi, dont sans doute la chaude journée d'hier a complété la démoralisation, a senti l'impossibilité d'une plus longue résistance et vient d'abandonner nos murs. L'héroïque Bruxelles est libre. Le Parc et toutes les portes de la ville sont occupés par nos braves... -
Vers huit heures M. Vandcrlindcn d'I looghvorst, suivi de quelques officiers, parut autour du Parc. Il fut reconnu par la foule, qui l'accueillit avec enthousiasme aux cris de Vive la liberté! Vive notre commandant! Ce dut être, pour cet homme de bien, une douce récompense des services qu'il avait rendus à la patrie.
Quand les braves qui, la veille, avaient, à quatre reprises, attaqué le Parc, descendirent dans les ravins et virent la force réelle de ce poste : les chemins tortueux et profonds, les retranchements creusés par les soldats et renforcés par les bancs des allées, les abatis d'arbres qui en formaient des citadelles inexpugnables, ils se demandèrent avec surprise comment ils avaient pu forcer à la retraite une armée aussi bien abritée. Ils comprirent alors seulement tout l'avantage que la possession du haut de la ville avait donné aux Hollandais. Ils s'étonnèrent d'avoir pu résister à un ennemi si bien fortifié. Ils se félicitaient en même temps de n'avoir pas été dirigés par un chef exercé à la tactique militaire, qui peut-être n'eût pas osé attaquer de front une aussi redoutable citadelle, et qu'une aveugle témérité les eût seule excités à tenir tête à une armée maîtresse d'une aussi forte position soutenue par une artillerie formidable.
Il serait difficile de dépeindre l'aspect de Bruxelles dans cette journée du 27, surtout aux environs du Parc et dans le haut de la ville. Des milliers de personnes de tout âge, de tout rang, que la crainte avait retenues au fond de leurs demeures depuis quatre jours, sortaient de leur retraite et circulaient partout; la joie, le triomphe étaient peints sur leur visage ; on s'embrassait sans se connaître ; on pleurait d'allégresse; on se félicitait de la victoire remportée et de la délivrance de la patrie.
Mais à ces sentiments de douce satisfaction venaient se joindre de tristes pensées : on contemplait avec douleur les décombres, les dévastations que ces quelques jours de lutte avaient accumulés sur tous les points.
C'était, en effet, un spectacle affreux que la vue de ce beau Parc, théâtre de longs et terribles combats : des arbres mutilés, les allées teintes du sang des morts et des blessés, et encombrées de débris de caissons et d'affûts; des cadavres gisant çà et là, à peine recouverts d'un peu de feuillage; des statues, des grilles de fer renversées; ici une barricade faite de bancs et de troncs d'arbres, là une redoute formée de cadavres de chevaux.
La ville offrait un aspect non moins attristant. De tous côtés, des ruines et des décombres. Le Manège incendié et avec lui les nombreux bâtiments qui l'entouraient ; à la porte de Schaerbeek, seize maisons nouvellement construites, devenues la proie des flammes et ne formant maintenant qu'un amas de cendres; l'hôtel Torrington et ses dépendances, les bâtiments attenant à l'aile droite du palais du roi et des files entières de maisons des boulevards ensevelis sous leurs décombres; le café de l'Amitié, Y hôtel de Belle-Vue, les autres hôtels de la place Royale, des rues de Louvain et de Namur criblés de balles et de boulets; les fenêtres brisées, les intérieurs ruinés et dévastés, partout la désolation, la ruine.
La plume est impuissante pour décrire toutes ces scènes. La peinture et la lithographie ont représenté quelques-uns de ces épisodes émouvants. Les reproductions que nous donnons en sont une copie fidèle.
JOURNÉES DE SEPTEMBRE. 345
irt' journée, jeudi 23. — Arrivée des Hollandais à la porte de Lacken. Fac-similé d'un dessin de P. Lauters. (Voir page 324.)
I« jouknéE, JEUDI 23. — Réception des Hollandais dans la rue de Flandre. Fac-similt d'un dessin de 1'. Lauters. (Voir page 324.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
Tr'- journée, jeudi 23. — Fuite des Hollandais par la perte de Flandre. Dessin de F-. Puttaert, d'après l'original de P. Vitzthumb. (Voir page 325.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
ire journée, jeudi 23. — Attaque des Hollandais à la porte de Schaerbeek. Fac-similé d'un dessin de Simoneau. (Voir page 325.)
ir* Journée, jeudi 23. — Défense des volontaires a la porte de Schaerbeek. Fac-similé d'un dessin de Simoneau. (Voir page 325.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
i" journée, jeudi 23. — Entrée des troupes par la porte de Schaerbeek Fac-simiU d'un dessin de P. Lauters. (Voir page 325.)
I™ journée, jeudi 23. — Entrée des Hollandais par la rue Royale. Fac-simiU d'un dessin de P. Lauters. (Voir page 325.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
ln journée, jeudi 23. — Détachement hollandais fait prisonnier dans la rue de Louvain. Fac-similé d'un dessin de Van Hemelryck. (Voir page 325.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
ir*' journée, jeudi 23. — Entrée des troupes par la porte de Naniiir. Fac-similé d'un dessin de P. Lauters. (Voir p. 326.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
i"1 journée, jeudi 23. — Les volontaires devant le Parc. Fac-similé d'un dessin de Stunn. (Voir page 328.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
i" journée, jeudi 23. — Défense des volontaires liégeois retranchés dans l'Observatoire. Fac-similé d'un dessin de Simoneau. (Voir page 327.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE. 36 1
2» journée, vendredi 24. — Attaque des bourgeois a la Montagne du l'art. Fac-similé d'un dessin de 1'. Lauters. (Voir page 33o.j
2'' journée, vendredi 24. — Défense des troupes hollandaises à l'intérieur du l'arc, devant la barricade de la Montagne du l'arc.
Fac-similé d'un dessin de Simoneau. (Voir page 33o )
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
s journée, vendredi 24. — Batterie d'obusiers dressée sur les buttes situées derrière le Palais du prince d'Orange. Fae-simile d'un dessin de Th Founnois. (Voir page 33o.j
2' journée, vendredi 24. — Vue du Manège incendié par les Hollandais. Fac-similé d'un dessin de P. Lauters. (Voir page 33o.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
2' journée, vendredi 24. — Position des grenadiers à l'intérieur du Parc. Fac-timile d'un dessin de T -S. Crrper. I\'< ir pnce 33o.)
21' journée, vendredi 24. — Patriotes embusqués dans une cave de la rue Royale. Fac-similt d'un dessin de P. Lauters (Voir page 333.)
J'' journée, samedi 25. — La rue de Schaerbeek mitraillée par l'artillerie hollandaise. Fac-similé d'un dessin de l' . Lautcrs (Voir page 334.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
3'' journée, samedi 25. — Attaque de l'hôtel de Iielle-Yue par les troupes. Fac-similé d'un dessin de P. Lanters. (Voir page 335.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
3" journée, samedi 25 — Défense île I hôtel de Belle-Vue par les volontaires Fdc-similt d'un dessin de T. -S ("ooper. i\'i>ir pape 335 i
4"" jcl'rnée, dimanche 26. — Position des volontaires devant le Faro. Fac-similé d'un dessin de 1J. Lauters iVoir page 33g.)
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
JOURNÉES DE SEPTEMBRE
L'hôtel de Belle-Vue après la bataille.
Fac-similé d'un dessin de Sturm. (Voir page 344.)