CHAPITRE X
Le premier soin du gouvernement provisoire et de l'autorité militaire fut d'organiser la défense, en cas d'une nouvelle attaque, tout improbable qu'elle était. On ordonna ensuite que des honneurs fussent rendus aux braves, morts pour la liberté, et l'on prit les mesures nécessaires pour distribuer des secours à ceux qui survivaient à leurs blessures.
Toute la journée du 27 se passa dans une tranquillité parfaite, qui contrastait
Joli.y. de Pottkb. Sylvain Van de Wcter. Baron de Coppin. Vandeilikden. Alexandre Gendebien. Charles Riioieb. C.untc I ïi ix m Mi il. m IIak.iv Vanderi imh.n n'H hv.phm
Le gouvernement provisoire.
D'après le tableau de l'icqué, appartenant à la ville de Bruxelles.
avec le tumulte des jours précédents. La foule circulait sur tous les points qui avaient été le théâtre de la bataille; il n'y eut pas le moindre désordre.
De nombreux corps de garde furent établis à tous les postes de la ville avec un ordre et une régularité admirables.
Des détachements de nouveaux auxiliaires arrivèrent en plus grand nombre que les jours précédents, animés d'une ardeur patriotique, mais heureux d'apprendre que leur secours était désormais inutile.
Cette journée fut terminée par un événement marquant qui vint assurer au gouvernement provisoire l'assentiment du peuple. M. de Potter, dont le nom avait 11. 48
été mêlé aux cris de liberté, rentra dans sa patrie appelé par le gouvernement provisoire.
Depuis Tournai jusqu'à Bruxelles son voyage ne fut qu'une longue ovation. - Il aurait pu, dit l'auteur des Esquisses historiques, faire ces vingt lieues, porté ou plutôt traîné à bras. De toutes parts on accourait sur son passage; les bourgmestres, les autorités, les sociétés de musique l'attendaient ou l'escortaient; on se disputait
l'honneur de le recevoir et de l'accueillir; à Tournai, Leuze, Ath, Enghien, Hal et enfin à Bruxelles, on détela sa voiture (i), des hommes la traînèrent, malgré toutes ses instances. On criait partout Vive la liberté! Vive de Potter! Vive le La Fayette belge; Vive notre défenseur! Des dames, des demoiselles briguaient l'honneur de l'embrasser, en lui présentant des fleurs, des lauriers. Il pleurait de joie et d'attendrissement.
« A six heures du soir, le 27, il arriva à la porte d'Anderlecht, suivi d'une foule innombrable et de plusieurs contingents de volontaires armés qui l'avaient rejoint en route. Il y trouva un détachement nombreux de la garde bourgeoise et plus de 20,000 de nos concitoyens, parmi lesquels on remarquait plusieurs de nos
(1) Sa chaise de poste était surmontée du drapeau brabançon. (Lesur.)
Signatures des membres du gouvernement provisoire.
Communiqué par M. Van Zèle, chef de cabinet de M. Bara, ministre de la justice.