‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 154 sur 192 · AVANIE · texte numérisé non relu

AVANIE

J'étais venu chercher une couronne J'ai perdu mon chapeau.

Reproduction d'une ancienne estampe appartenant à la collection de M. Molenschot. (Voir la note, p. 384.)

blessés. Il fit à pied le trajet jusqu'à l'hôtel de ville, accompagné de tout ce cortège qui grossissait à chaque instant.

« La foule était si grande qu'il eut peine à pénétrer dans l'hôtel de ville. Il y

fut reçu par tous les membres du gouvernement provisoire qui s'étaient portés à sa rencontre et qui l'embrassèrent avec effusion en le nommant le principal auteur de la révolution.

Vers sept heures il parut au balcon du côté de YAmigo.

L'agent général Engelspach- Larivière le présenta au peuple, à qui de Potter adressa quelques paroles qui se perdirent au milieu de l'enthousiasme qu'excitait sa présence; peu d'instants après M. Vanderlinden d'Hooghvorst le présenta également à la foule, du côté de la Grand'Place. Il y répéta son allocution dont on ne put guère saisir que cesmots :

« Je viens me dévouer pour « ma patrie, mais à condition « qu'il n'y ait plus de ven- « geances, plus de réactions... » Un tonnerre d'applaudissements couvrit sa voix (i). » Le lendemain, les Bruxellois lisaient sur les murs l'affiche suivante :

Un de nos meilleurs citoyens, M. de Potter, que le vœu national rappelait à grands cris depuis le commencement de notre glorieuse révolution, est entré dans nos murs. Le gouvernement provisoire s'est empressé de se l'adjoindre. En conséquence, à partir du 28 septembre i83o, M. de Potter fera partie du gouvernement provisoire. Bruxelles, 28 septembre i83o.

Signé : Ch. Rogier, F. de Mérode, S. Van de Weyer, Jolly, F. de Coppin, J. Vanderlinden, J. Nicolaï, baron E. Vanderlinden d'Hooghvorst, A. Gendebien.

Qui dort sous ceTombenu couvert par la- Jîctoire

Des tioIIm attributs de* l'immortalité /

De simples citoyens dont uivnwt dit Ihistoirc: MORTS POUR LA. LIBERTÉ !

(jenncvaZ.J

Communiqué par M. Hippert

(1) L'engouement des Bruxellois pour de Potter ne fut pas de longue durée. Quatre semaines après les événements que nous rapportons, il n'obtenait que onze voix pour le Congrès, et, moins de quatre mois plus tard, il devait s'enfuir de la ville où ses jours n'étaient plus en sûreté.

C'est probablement ce revirement de l'opinion publique qui a inspiré l'auteur du rarissime dessin dont nous donnons

un fac-similé à la page précédente.

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