‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 156 sur 192 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

faire les élections pour le Congrès national et paraissait vouloir attendre l'issue des délibérations au sujet du gouvernement de la Belgique.

On préparait avec activité la réunion de ce Congrès qui devait décider du sort de notre pays. La loi sur les élections est publiée, on se prépare à faire des choix

Position des volontaires belges près du pont de Walhem, le 21 octobre i83o. Fac-similé d'une lithographie communiquée par M. Hippert.

dignes de la nation; les tribunaux, les administrations communales sont réorganisés. On remédie à plusieurs abus. Le peuple belge salue l'aurore d'une ère de prospérité.

Mais les Hollandais occupent encore le territoire belge. Les volontaires, les soldats citoyens, revêtus de la simple blouse, les traquent sans relâche. Le 18 octobre ils entrent dans Lierre. Malines est en leur pouvoir. Un combat sanglant s'engage au pont de Walhem. Les Hollandais mis en déroute y mettent le feu, mais les volontaires franchissent le pont à moitié consumé, arrêtent le ravage des flammes et refoulent les fuyards jusqu'à Berchem sous le canon d'Anvers, où le combat s'engage de nouveau. Les corps de Niellon et de Mellinct font des prodiges de valeur. M. le comte Frédéric de Mérodc, frère d'un des membres du gouvernement provisoire, est grièvement blessé dans cette affaire ; on est forcé de lui faire

l'amputation de la cuisse, et il meurt en s'informant si le succès continue à couronner les armes des patriotes.

Jenneval tombait frappé par un boulet sous les murs de Lierre. Son corps fut ramené à Bruxelles, avec celui du jeune sergent-major, Jules Niellon, neveu du commandant en chef.

La garde bourgeoise se rendit au devant du convoi jusqu'à T rois-Fontaines, et

salua son apparition par une décharge de mousqueterie. Pendant une halte de quelques minutes, la voiture fut ouverte et quelques personnes purent voir Jenneval et Niellon couchés l'un à côté de l'autre dans l'uniforme qu'ils portaient au moment où ils avaient reçu le coup fatal.

Après les absoutes données à Sainte- Gudule, les corps furent exposés pendant quelques jours, sur un lit de parade, dans le grand vestibule du palais du prince d'Orange, où toute la population de Bruxelles vint saluer une dernière fois les restes de ces courageux citoyens. Une lyre était suspendue au chevet de Jenneval. L'inhumation eut lieu le 24 octobre. Le cortège, escorté par les chasseurs Chasteler et la garde bourgeoise, se rendit à la place des Martyrs. Le clergé de Sainte-Gudule y assistait, avec les membres du gouvernement provisoire. On s'arrêta devant les tombes ouvertes à quatre heures de relevée.

Jenneval fut déposé sous le trottoir du parterre situé entre la rue d'Argent et la rue du Persil, vis-à-vis de la maison n° 12 de la place. Un dessin de Madou, que nous reproduisons plus loin (p. 3g5), a perpétué le souvenir de cette touchante cérémonie.

Voyant l'inutilité de ses efforts de conciliation, le prince d'Orange se décida à quitter Anvers, et avant de partir, il publia une nouvelle proclamation (1) :

(1) Belges!

J'ai tâché de vous faire tout le bien qu'il était en mon pouvoir d'opérer, sans avoir pu atteindre le noble but auquel tendaient tous mes efforts : la pacification de vos belles provinces.

Vous allez maintenant délibérer sur les intérêts de la patrie dans le Congrès national qui se prépare; je crois donc avoir rempli, pour autant qu'il dépendait de moi en ce moment, mes devoirs envers vous, et je pense en remplir encore un, bien

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