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LE CONGRÈS NATIONAL EST INSTALLÉ

Le Congrès invita le gouvernement provisoire à conserver le pouvoir exécutif jusqu'au moment où l'État serait définitivement constitué. Il s'empressa ensuite de sanctionner irrévocablement l'indépendance du peuple belge par le décret suivant, qui fut adopté à l'unanimité :

« Au nom du peuple belge,

- Le Congrès national de la Belgique proclame l'indépendance du peuple belge, « sauf les relations du Luxembourg avec la Confédération germanique.

« Bruxelles, le 18 novembre i83o. »

Le 22 novembre, par 174 voix contre i3, le Congrès proclamait que le peuple belge adoptait la monarchie constitutionnelle et représentative.

Le Congrès devait également se prononcer sur l'exclusion des membres de la maison d'Orange-Nassau de tout pouvoir en Belgique. C'était une question redoutable, car elle pouvait, disait-on, allumer une guerre européenne. Mais le Congrès, sous la pression du peuple, ne pouvait pas reculer. Le cabinet du Palais-Royal essaya de l'intimider. Un agent du ministère français (M. de Langsdorff) vint à Bruxelles et menaça le gouvernement provisoire des plus terribles calamités, même du partage de la Belgique, s'il passait outre. Bravant ces menaces, le Congrès vota résolument l'ordre du jour. « L'assemblée, dit un témoin (1), n'eut pas un instant de doute ni d'hésitation, et l'on vit alors, ce qui se voit rarement dans les grandes assemblées, les esprits d'avis contraires faire abstraction d'eux-mêmes, renoncer à leur opinion, même hautement professée dans les débats publics. Nombre de membres, qui avaient repoussé la proposition, déclarèrent à l'instant qu'ils l'adopteraient en présence d'une

(1) La vie et l'œuvre du Congrès national de i83o. Discours prononcé à la séance publique de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, le 7 mai 187g, par M. M.-N.-J. Leclercq.

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