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Fac-similé du manuscrit original de la Brabançonne conservé à la Bibliothèque royale.
M. Rouppc, s'inscrivit en tète de la liste. Quelques jours après, le gouvernement provisoire octroya - à la mère du brave Jenneval, mort au champ d'honneur - , une pension de 400 florins, qui fut augmentée plus tard de i5o francs (2).
Enfin, le 4 janvier i83i, les artistes du théâtre de la Monnaie organisèrent une représentation au bénéfice de la mère de leur ancien camarade. On joua une pièce patriotique montée tout exprès pour cette soirée philanthropique et fraternelle.
(1) A côté de Y hôtel de Vienne.
(2) Mmc Jenneval mère mourut à Paris en octobre 1846, âgée de quatre-vingt-cinq ans. M. Louis Labarre a fait représenter en 185g, au théâtre des Galeries Saint-Hubert, une pièce en un acte, intitulée Jenneval.
Cette pièce, de la composition de M. Petipa, maitre de ballet, dont M. Snel, premier violon solo de l'orchestre, avait fait la musique, était intitulée :
23, 24, 25 et 26 Septembre ou les Journées mémorables de Bruxelles.
La pièce était divisée en six tableaux :
Ier tableau. Rue et porte de Flandre.
2e tableau. Estaminet de l' Aigle d'or.
3e tableau. Grande place de l'hôtel de ville.
4e tableau. Intérieur du Parc et place de la Victoire.
5e tableau. Un intérieur de chambre de la mère d'un chasseur.
6e tableau. Place des Martyrs et apothéose des braves morts pour la patrie.
La pièce eut un grand succès, dont la meilleure part revint à Campenhout, qui, dans le 2e tableau, « à l'estaminet de l'Aigle d'or », vint chanter la Brabançonne, et à son collègue Lemoigne, qui produisit une profonde émotion dans toute la salle, lorsqu'il apparut, au 5e tableau, sous les traits de Jenneval, dont il était parvenu à imiter si parfaitement la physionomie et la tournure, que chacun croyait revoir Jenneval lui-même.
A côté de Jenneval, plaçons la sympathique et populaire physionomie de son collaborateur François Van Campenhout, dit Campenhout (1), Flamand celui-là de père en fils (2), né à Bruxelles en 1779 et y décédé en 1848. Excellent musicien, possédant une voix de ténor bien timbrée et très étendue, notre compatriote remporta de nombreux succès sur les scènes lyriques de Belgique et de France. Il était premier ténor à Gand en 1828, lorsque son embonpoint le força de renoncer au théâtre. Depuis cette époque, il se consacra exclusivement à la composition. Son œuvre est considérable et comprend tous les genres. Mais, comme l'a dit François Fétis, dans sa Biographie des musiciens, « la Brabançonne sera plus efficace pour le faire passer à la postérité que toutes ses autres productions. Ce chant a les qualités nécessaires aux choses de ce genre; il a de la franchise, du naturel et de la force rythmique. Arrangé en harmonie militaire et à grand orchestre, il est devenu le signal obligé de toutes les fêtes en Belgique ». Tout récemment, ce que son auteur n'eût jamais rêvé, il a salué l'arrivée du roi Léopold II en Hollande.
La première édition de ce chant national, publiée à Bruxelles, chez Mmc Nolot, marchande de musique et d'instruments, Montagne de la Cour, n° 12, fut mise en vente au profit des blessés de septembre. Elle était ornée d'une vignette représentant un volontaire en blouse, portant un fusil en bandoulière et deux pistolets à la ceinture. Il est en contemplation, la tête découverte et le bonnet à la main, devant
(1) C'est à Brest, en 1801, que Van Campenhout, engagé au théâtre de cette ville, supprima de son nom la particule Van et se fit appeler Campenhout tout court. Les Français prononçaient Campenout.
(2) Il signait une lettre qu'il adressait en 1841 à M. Félix Delhasse : il vecchio Fiamingo, le vieux Flamand.