CHAPITRE VII
ensuite une seconde balustrade, qui aboutit à Yhàtel de Belle-Vue, fondé vers 1780 par le sieur De Proft. D'après Wauters, celui-ci avait acquis dès 1776 le terrain, mesurant i3,ooo pieds carrés, pour la somme insignifiante de 2,5oo florins. Gautier, dans son Conducteur, nous apprend que la Chambre héraldique fut jusqu'en 1794 un musée d'armures. Le même auteur, qui écrivait en 1824, nous dit : - Le Palais de Sa Majesté masque maintenant la Chambre héraldique qui en fait partie. Il se compose de deux ailes réunies par une nouvelle bâtisse faite provisoirement pour entretenir la communication entre les deux bâtiments. Lorsque le plan de M. Vander Straeten sera exécuté, l'édifice sera régulier et d'une architecture simple et imposante. Déjà la façade qui donne sur le boulevard de la porte de Louvain est presque terminée. Le palais sera isolé de toutes parts et présentera du côté du Parc un frontispice mieux achevé que celui du conseil de Brabant ». Notons ici que ce n'est pas Vander Straeten mais bien Suys père qui édifia l'avant-corps très vanté jadis à cause de la dimension de ses colonnes monolithes dont chacune, sans le piédestal et le chapiteau, pèse au delà de 18,000 livres.
L'album de Vitzthumb renferme un dessin de la colonnade au cours des travaux. Nous n'avons pas cru devoir le reproduire parce qu'il ne remet en lumière aucun détail de quelque intérêt. Il dut être question de reconstruire à nouveau le Palais tout entier, car nous avons vu un plan de 18 18 signé Henry, sur lequel figure un portique monumental orné de statues entre deux galeries à colonnes corinthiennes terminées par deux pavillons à frontons. Sur l'entablement du portique on lit ces mots : Gulieltno primo régi civium Bclgicœ MDCCCXVIII . Il est intéressant de comparer ce projet avec celui de M. Alphonse Balat, qui figure à la page 108 du premier volume de la Belgique illustrée.
Le Palais du prince d'Orange, construit aux frais de la nation pour servir de résidence à l'héritier présomptif de la couronne, occupe l'emplacement d'un refuge de l'abbaye de Parcq. Il fut bâti sur les dessins de Vander Straeten, en pierres d'Arquennes et des Kcaussinnes. La façade percée de douze croisées est d'ordre ionique. Rarement un hôtel princier fut décoré avec plus de luxe. Des marbres splendides recouvraient les murs des appartements et l'on y marchait sur des parquets polis comme des miroirs. Le prince d'Orange, le futur Guillaume II, y avait sa magnifique collection de tableaux, dispersée au feu des enchères il y a une trentaine d'années. On sait que ce prince affectionnait Bruxelles et préférait la vie élégante et facile de notre capitale à la cour monotone et formaliste de La Haye. Passionné pour les plaisirs, on le voyait toujours à la tête des amusements qui rendaient la cité si attrayante pour les étrangers. Il fréquentait les bals et les spectacles et dirigeait en hiver les joyeuses courses de traineaux autour du Parc et à l'Allée-Verte. Ses manières lui avaient attaché la jeunesse belge et l'usage qu'il faisait de sa fortune le rendait l'idole des marchands et le sujet de l'admiration des classes inférieures qui aimaient à parler de l'éclat de ses fêtes, de la beauté de ses chevaux,