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LES MONUMENTS CIVILS. — LES PLACES PUBLIQUES

'est encore sous l'invocation d'un saint que se place l'antique histoire de nos monuments civils. Son image orne le frontispice de ce livre. Depuis sept cents ans il forme le sceau de la cité. Depuis plus de quatre siècles, campé sur la flèche de l'hôtel de ville, la tête haute et l'épée au vent, il indique au voyageur le chemin de la capitale. C'est l'archange Michel, le chef des milices célestes. D'après l'Apocalypse il a terrassé le génie du mal; il pèsera les âmes dans sa balance au jour du jugement dernier. Les princes et les populations le choisissaient volontiers pour patron dans les temps reculés, parce qu'il symbolisait pour les uns le triomphe de l'autorité par la force, pour les autres le triomphe de l'Église par la foi. La plus belle représentation du

Sceau de la ville.

peseur d'âmes est celle que Memling en a donnée dans son magnifique tableau de l'église de Notre-Dame à Dantzig. On connaît le Saint Michel terrassant le Démon, par Raphaël, au musée du Louvre, et le groupe en bronze représentant le même sujet, qui décore le jubé de la cathédrale de Tournai (i). Memling a peint l'archange avec des ailes, un glaive et une cuirasse. Son contemporain, le chaudronnier bruxellois Martin Van Rode, lui a mis en outre dans la main gauche un petit bouclier ou rondache pour se défendre contre les atteintes de l'ange des ténèbres qui rugit à ses pieds. C'était un habile homme que cet artisan brabançon, connaissant à fond la mécanique et les exigences

de l'art monumental. Il a combiné son travail de telle sorte que tous les membres du personnage principal étant sur la même ligne donnent sur tous les points une égale prise au vent et que le groupe entier tourne comme une simple girouette à la plus faible brise. Sa statue, fort laide et presque grotesque vue de près, composée de plaques de métal ingénieusement agencées, découpe dans l'air une silhouette à la fois gracieuse et hardie.

On n'est pas d'accord au sujet de l'année où le saint Michel fut hissé sur la tour.

120J et i.lflo.

Sceau de la ville.

Sceau de la ville.

D'après l'indication d'un manuscrit de la Bibliothèque de Bourgogne, il fut placé en 1455, le lendemain de la fête de sainte Marie-Madeleine. J'en ai trouvé une autre dans une chronique manuscrite du siècle dernier, où il est dit : en het magistract heeft op den toren doen stellen 1445 het Bild van Sint Micha'el. Cette allégation concorde avec celle d'un écrit des religieux de Rouge-Cloitrc. Gramaye donne la date de 1434; YAlmaiiach de 1682 celle de 1443; M. Wauters enfin se prononce pour 1455, parce qu'en cette année Martin Van

(1) Belgique illustrée, II, p. Co. — Un beau saint Michel de Marochetti décore le tombeau du chancelier de l'Hospital à Champmotteux (Seine-et-Oise). Voir le Magasin pittoresque, 1837, p. 345.

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